ITER, fusion nucléaire en chantier – Reportage

YouTube 96 vues 07/05/2026

Sur le site de Cadarache, dans les Bouches-du-Rhône, se construit depuis 2010 le plus grand projet scientifique au monde : ITER (International Thermonuclear Experimental Reactor). Un tokamak géant qui doit démontrer la faisabilité industrielle de la fusion nucléaire — l'\\'énergie qui anime les étoiles. Coût : 20 milliards d'\\'euros, partenaires : 35 pays, premier plasma prévu : fin 2025 (après plusieurs décalages).

Cette vidéo plonge au cœur du chantier ITER : le tokamak, les composants supraconducteurs, l'\\'aimant central de 1 000 tonnes, les défis techniques inédits. Indispensable pour les ingénieurs nucléaires, étudiants en physique, journalistes scientifiques et passionnés de mégaprojets.

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ITER en chiffres

IndicateurValeur
Puissance fusion attendue500 MW (pour 50 MW d'\\'apport — gain Q=10)
Hauteur du tokamak30 m
Diamètre du tokamak30 m
Masse totale23 000 t
Température du plasma150 millions de °C (10x le cœur du Soleil)
Champ magnétique des aimants13 teslas (vs 0,00005 T au sol terrestre)
PartenairesUE, Chine, Inde, Japon, Corée, Russie, USA — 35 pays
Coût total~ 20 milliards € (estimation 2024)
Premier plasma prévuFin 2025 (initialement 2020)
Plein régime D-TAprès 2035

Comment fonctionne la fusion ?

Contrairement à la fission nucléaire utilisée dans les centrales actuelles (cassure de gros atomes d'\\'uranium), la fusion reproduit la réaction du Soleil : on fait fusionner deux noyaux légers (deutérium + tritium) pour former un atome plus lourd (hélium) en libérant une énergie colossale. Avantages :

  • Combustible quasi inépuisable : deutérium dans l'\\'eau de mer (33 g par m³), tritium produit en interne par l'\\'interaction des neutrons avec le lithium.
  • Pas de réaction en chaîne incontrôlée : la fusion s'\\'arrête naturellement en cas de défaillance (contrairement à la fission).
  • Pas de déchets longue durée : pas de déchets radioactifs HAVL, seuls les composants internes activés (durée de vie ~ 100 ans).
  • Densité énergétique extrême : 1 g de combustible fusion = équivalent de 8 tonnes de pétrole.
Attention : ITER est un réacteur expérimental, pas commercial. Son successeur DEMO, en cours de conception, est censé produire de l'\\'électricité en réseau à partir des années 2050. La fusion industrielle ne sera donc pas une solution avant 2050-2060 — d'\\'où la nécessité de continuer à investir dans toutes les autres énergies décarbonées.

Les défis techniques inédits

  • Confinement magnétique du plasma à 150 millions de °C — aucun matériau ne peut le contenir physiquement, seuls des champs magnétiques le retiennent.
  • Aimants supraconducteurs géants refroidis à -269 °C (4 K) avec de l'\\'hélium liquide.
  • Première paroi exposée au plasma : tungstène et béryllium pour résister aux flux thermiques de plusieurs MW/m².
  • Tritium breeding : production en interne du combustible tritium par interaction neutronique avec le lithium des couvertures.
  • Coordination internationale : 35 pays, 7 entités responsables (Domestic Agencies), des composants fabriqués sur tous les continents et assemblés à Cadarache.
Bon à savoir : en parallèle d'\\'ITER, le CEA Cadarache exploite le tokamak WEST qui sert de banc d'\\'essai. WEST a battu en février 2025 le record mondial de durée de plasma maintenu : 22 minutes en continu. Ces records valident les choix techniques d'\\'ITER et préparent DEMO.

Les enjeux pour la France

  • Souveraineté scientifique : ITER place la France au cœur de la recherche mondiale en physique des plasmas.
  • Emploi local : 4 000 emplois directs sur le chantier en pic, ~ 9 000 emplois indirects en région PACA.
  • Filière industrielle : Framatome, Alstom, Vinci, GE Steam Power impliqués sur les composants critiques.
  • Formation : centaines d'\\'ingénieurs et techniciens formés aux technologies fusion sur le site.
  • Pari à long terme : pas de retour énergétique avant 2050-2060, mais positionnement clé sur la révolution énergétique du XXIᵉ siècle.

Pour aller plus loin

« ITER est un pari à 30 ans : si la fusion devient industrielle vers 2050, l'\\'humanité aura accès à une énergie quasiment illimitée et propre. C'\\'est l'\\'un des plus grands projets scientifiques de l'\\'histoire — et il se construit en France. »

Source vidéo : YouTube

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Questions fréquentes

International Thermonuclear Experimental Reactor — plus grand projet scientifique au monde. Tokamak géant en construction à Cadarache (Bouches-du-Rhône) depuis 2010 pour démontrer la faisabilité industrielle de la fusion nucléaire. Coût ~ 20 milliards €, 35 pays partenaires (UE, Chine, Inde, Japon, Corée, Russie, USA).

Fission : cassure de gros atomes d'uranium (centrales actuelles). Fusion : combinaison d'atomes légers (deutérium + tritium → hélium), reproduisant la réaction du Soleil. Avantages fusion : combustible quasi inépuisable, pas de réaction en chaîne, pas de déchets longue durée, densité énergétique extrême.

Pas avant 2050-2060 minimum. ITER est expérimental (premier plasma fin 2025, plein régime D-T après 2035). Son successeur DEMO, en cours de conception, doit produire de l'électricité en réseau à partir des années 2050. La fusion ne remplacera pas le nucléaire actuel ni les renouvelables avant longtemps.

Pour vaincre la répulsion électromagnétique entre noyaux et permettre leur fusion. C'est 10 fois la température au cœur du Soleil. Aucun matériau ne peut contenir physiquement un tel plasma — seuls des champs magnétiques (13 teslas dans ITER) le retiennent dans le tokamak en forme de tore.

Le tokamak WEST du CEA Cadarache (banc d'essai d'ITER) a maintenu un plasma pendant 22 minutes en continu en février 2025, record mondial. Ces résultats valident les choix techniques d'ITER et préparent DEMO. La France est au cœur de la R&D mondiale en fusion.

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