Sur le site de Cadarache, dans les Bouches-du-Rhône, se construit depuis 2010 le plus grand projet scientifique au monde : ITER (International Thermonuclear Experimental Reactor). Un tokamak géant qui doit démontrer la faisabilité industrielle de la fusion nucléaire — l'\\'énergie qui anime les étoiles. Coût : 20 milliards d'\\'euros, partenaires : 35 pays, premier plasma prévu : fin 2025 (après plusieurs décalages).
Cette vidéo plonge au cœur du chantier ITER : le tokamak, les composants supraconducteurs, l'\\'aimant central de 1 000 tonnes, les défis techniques inédits. Indispensable pour les ingénieurs nucléaires, étudiants en physique, journalistes scientifiques et passionnés de mégaprojets.
ITER en chiffres
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Puissance fusion attendue | 500 MW (pour 50 MW d'\\'apport — gain Q=10) |
| Hauteur du tokamak | 30 m |
| Diamètre du tokamak | 30 m |
| Masse totale | 23 000 t |
| Température du plasma | 150 millions de °C (10x le cœur du Soleil) |
| Champ magnétique des aimants | 13 teslas (vs 0,00005 T au sol terrestre) |
| Partenaires | UE, Chine, Inde, Japon, Corée, Russie, USA — 35 pays |
| Coût total | ~ 20 milliards € (estimation 2024) |
| Premier plasma prévu | Fin 2025 (initialement 2020) |
| Plein régime D-T | Après 2035 |
Comment fonctionne la fusion ?
Contrairement à la fission nucléaire utilisée dans les centrales actuelles (cassure de gros atomes d'\\'uranium), la fusion reproduit la réaction du Soleil : on fait fusionner deux noyaux légers (deutérium + tritium) pour former un atome plus lourd (hélium) en libérant une énergie colossale. Avantages :
- Combustible quasi inépuisable : deutérium dans l'\\'eau de mer (33 g par m³), tritium produit en interne par l'\\'interaction des neutrons avec le lithium.
- Pas de réaction en chaîne incontrôlée : la fusion s'\\'arrête naturellement en cas de défaillance (contrairement à la fission).
- Pas de déchets longue durée : pas de déchets radioactifs HAVL, seuls les composants internes activés (durée de vie ~ 100 ans).
- Densité énergétique extrême : 1 g de combustible fusion = équivalent de 8 tonnes de pétrole.
Les défis techniques inédits
- Confinement magnétique du plasma à 150 millions de °C — aucun matériau ne peut le contenir physiquement, seuls des champs magnétiques le retiennent.
- Aimants supraconducteurs géants refroidis à -269 °C (4 K) avec de l'\\'hélium liquide.
- Première paroi exposée au plasma : tungstène et béryllium pour résister aux flux thermiques de plusieurs MW/m².
- Tritium breeding : production en interne du combustible tritium par interaction neutronique avec le lithium des couvertures.
- Coordination internationale : 35 pays, 7 entités responsables (Domestic Agencies), des composants fabriqués sur tous les continents et assemblés à Cadarache.
Les enjeux pour la France
- Souveraineté scientifique : ITER place la France au cœur de la recherche mondiale en physique des plasmas.
- Emploi local : 4 000 emplois directs sur le chantier en pic, ~ 9 000 emplois indirects en région PACA.
- Filière industrielle : Framatome, Alstom, Vinci, GE Steam Power impliqués sur les composants critiques.
- Formation : centaines d'\\'ingénieurs et techniciens formés aux technologies fusion sur le site.
- Pari à long terme : pas de retour énergétique avant 2050-2060, mais positionnement clé sur la révolution énergétique du XXIᵉ siècle.
Pour aller plus loin
- Notre fiche métier Ingénieur procédés
- L'outil Simulateur de salaire
- L'article DUERP : guide pratique 2026
- Les autres vidéos du portail Mégaprojets
« ITER est un pari à 30 ans : si la fusion devient industrielle vers 2050, l'\\'humanité aura accès à une énergie quasiment illimitée et propre. C'\\'est l'\\'un des plus grands projets scientifiques de l'\\'histoire — et il se construit en France. »
Source vidéo : YouTube