Entrée en vigueur le 1er janvier 2024, la nouvelle convention collective de la métallurgie est l'un des plus grands chantiers conventionnels de l'histoire récente du droit du travail français. Elle concerne 1,5 million de salariés et fusionne 76 anciens textes territoriaux et nationaux en une convention unique.
Cette analyse de Smart Job (BFM) revient sur les points qui ont cristallisé les tensions : nouvelle classification par cotation des emplois, refonte des minima salariaux, prévoyance, congés, statut cadre. Une vidéo essentielle pour les RH, dirigeants de PME industrielles, élus CSE et salariés qui veulent comprendre ce qui change concrètement dans leur entreprise.
Ce qui change avec la convention 2024
La précédente convention nationale de la métallurgie datait de 1975 pour les ingénieurs et cadres, et de conventions territoriales (parfois des années 70) pour les ouvriers. Elle était devenue illisible : un salarié ouvrier de Toulouse n'avait pas les mêmes minima qu'un salarié ouvrier de Lille. La refonte vise à harmoniser et à simplifier, mais bouleverse de nombreux acquis.
| Volet | Avant 2024 | Depuis 2024 |
|---|---|---|
| Classification | Coefficients (P1, P2, P3…) | Cotation à 6 critères, 18 classes, 3 catégories (O/ETAM/Cadre) |
| Statut cadre | Position III à III C selon mission | Cadre dès la classe 12, hors automatisme |
| Minima salariaux | Variables par territoire | Grille nationale unique par classe |
| Prévoyance | Multiples accords | Régime obligatoire harmonisé |
| Congés | Variables par convention territoriale | Règles nationales unifiées |
| Période d'essai | Variable | Plafonds nationaux par catégorie |
Le point de friction principal : la cotation des emplois
La grande nouveauté est la cotation à 6 critères classants (complexité, autonomie, contribution, communication, encadrement, connaissances) qui remplace les anciens coefficients. Chaque emploi est évalué et placé dans une classe (de A1 à I18). Le passage de l'ancien au nouveau système est obligatoire et ne doit pas entraîner de baisse de rémunération.
Les nouveaux minima salariaux 2026
La grille 2026 (revalorisée chaque année par accord paritaire) fixe des minima nationaux par classe d'emploi. À titre indicatif :
- Classe A1 (entrée) : minimum proche du SMIC + 0,5 %.
- Classe E5 (technicien confirmé) : ~ 28 500 € bruts annuels.
- Classe G9 (cadre junior) : ~ 38 000 € bruts annuels.
- Classe H13 (cadre confirmé) : ~ 52 000 € bruts annuels.
- Classe I18 (cadre supérieur) : ~ 95 000 € bruts annuels.
Ce que doit faire l'employeur
- Établir la cartographie des emplois et coter chaque poste selon les 6 critères.
- Notifier individuellement à chaque salarié sa nouvelle classification et son statut.
- Réviser les contrats de travail par avenant si nécessaire (nouvelle classe, nouveau coefficient, statut).
- Consulter le CSE obligatoirement sur la nouvelle politique de classification.
- Tenir une grille de transposition consultable par les salariés et l'inspection du travail.
Pour aller plus loin
- La convention collective de la métallurgie sur Travail-Industrie
- L'outil Simulateur de salaire pour vérifier vos minima conventionnels
- Notre fiche métier Responsable RH
- Les autres vidéos du portail Droit du travail / RH
« La nouvelle convention collective de la métallurgie n'est pas un toilettage. C'est une refondation, et comme toute refondation, elle a ses gagnants et ses perdants. » – Smart Job / BFM
Source vidéo : Smart Job / BFM