Nouvelle convention collective de la métallurgie : pourquoi la grogne ?

Smart Job / BFM 18 vues 04/05/2026

Entrée en vigueur le 1er janvier 2024, la nouvelle convention collective de la métallurgie est l'un des plus grands chantiers conventionnels de l'histoire récente du droit du travail français. Elle concerne 1,5 million de salariés et fusionne 76 anciens textes territoriaux et nationaux en une convention unique.

Cette analyse de Smart Job (BFM) revient sur les points qui ont cristallisé les tensions : nouvelle classification par cotation des emplois, refonte des minima salariaux, prévoyance, congés, statut cadre. Une vidéo essentielle pour les RH, dirigeants de PME industrielles, élus CSE et salariés qui veulent comprendre ce qui change concrètement dans leur entreprise.

Publicité

Ce qui change avec la convention 2024

La précédente convention nationale de la métallurgie datait de 1975 pour les ingénieurs et cadres, et de conventions territoriales (parfois des années 70) pour les ouvriers. Elle était devenue illisible : un salarié ouvrier de Toulouse n'avait pas les mêmes minima qu'un salarié ouvrier de Lille. La refonte vise à harmoniser et à simplifier, mais bouleverse de nombreux acquis.

Volet Avant 2024 Depuis 2024
ClassificationCoefficients (P1, P2, P3…)Cotation à 6 critères, 18 classes, 3 catégories (O/ETAM/Cadre)
Statut cadrePosition III à III C selon missionCadre dès la classe 12, hors automatisme
Minima salariauxVariables par territoireGrille nationale unique par classe
PrévoyanceMultiples accordsRégime obligatoire harmonisé
CongésVariables par convention territorialeRègles nationales unifiées
Période d'essaiVariablePlafonds nationaux par catégorie

Le point de friction principal : la cotation des emplois

La grande nouveauté est la cotation à 6 critères classants (complexité, autonomie, contribution, communication, encadrement, connaissances) qui remplace les anciens coefficients. Chaque emploi est évalué et placé dans une classe (de A1 à I18). Le passage de l'ancien au nouveau système est obligatoire et ne doit pas entraîner de baisse de rémunération.

Attention : certains salariés ont perdu leur statut cadre en passant en classe 11 alors qu'ils étaient en Position II. Le maintien du statut cadre repose sur la classe d'emploi, pas sur le diplôme ou l'ancienneté. C'est le principal motif de contentieux depuis 2024.

Les nouveaux minima salariaux 2026

La grille 2026 (revalorisée chaque année par accord paritaire) fixe des minima nationaux par classe d'emploi. À titre indicatif :

  • Classe A1 (entrée) : minimum proche du SMIC + 0,5 %.
  • Classe E5 (technicien confirmé) : ~ 28 500 € bruts annuels.
  • Classe G9 (cadre junior) : ~ 38 000 € bruts annuels.
  • Classe H13 (cadre confirmé) : ~ 52 000 € bruts annuels.
  • Classe I18 (cadre supérieur) : ~ 95 000 € bruts annuels.
Bon à savoir : ces minima sont annuels et tous éléments compris (13ᵉ mois, primes contractuelles), à l'exception de l'intéressement, de la participation et des heures supplémentaires. Un salarié payé en 12 mois sans prime peut donc se retrouver en dessous du minimum annuel — l'employeur doit alors verser un complément en fin d'année.

Ce que doit faire l'employeur

  • Établir la cartographie des emplois et coter chaque poste selon les 6 critères.
  • Notifier individuellement à chaque salarié sa nouvelle classification et son statut.
  • Réviser les contrats de travail par avenant si nécessaire (nouvelle classe, nouveau coefficient, statut).
  • Consulter le CSE obligatoirement sur la nouvelle politique de classification.
  • Tenir une grille de transposition consultable par les salariés et l'inspection du travail.

Pour aller plus loin

« La nouvelle convention collective de la métallurgie n'est pas un toilettage. C'est une refondation, et comme toute refondation, elle a ses gagnants et ses perdants. » – Smart Job / BFM

Source vidéo : Smart Job / BFM

Publicité

Questions fréquentes

Environ 1,5 million de salariés du secteur de la métallurgie en France, qu'ils soient ouvriers, ETAM ou cadres, dans toutes les entreprises adhérentes à l'UIMM ou couvertes par l'extension.

Le 1er janvier 2024. Elle remplace 76 conventions collectives territoriales et nationales par un texte unique applicable à toute la France.

Chaque emploi est évalué selon 6 critères classants (complexité, autonomie, contribution, communication, encadrement, connaissances) et placé dans une classe de A1 à I18. Le statut (Ouvrier / ETAM / Cadre) découle de la classe, pas de l'ancien coefficient.

Oui. Le maintien du statut cadre dépend de la classe d'emploi, pas du diplôme ni de l'ancienneté. Certains salariés en Position II ont basculé en classe 11 ETAM. C'est l'un des principaux motifs de contentieux depuis 2024.

Cartographier les emplois, coter chaque poste, notifier individuellement la nouvelle classification, réviser les contrats par avenant si nécessaire, consulter le CSE et tenir une grille de transposition consultable par salariés et inspection du travail.

Vidéos similaires