Budget de fonctionnement (0,20 % / 0,22 %)
L'employeur verse au CSE une subvention de fonctionnement égale à 0,20 % de la masse salariale brute (50 à moins de 2 000 salariés) ou 0,22 % (au moins 2 000 salariés). Budget distinct des ASC, il finance le fonctionnement du comité et ses attributions économiques (art. L2315-61).
Le budget de fonctionnement est une subvention annuelle que l'employeur verse au CSE pour lui permettre de fonctionner et d'exercer ses attributions économiques et professionnelles. Son montant est fixé par la loi : 0,20 % de la masse salariale brute dans les entreprises de 50 à moins de 2 000 salariés, et 0,22 % dans celles d'au moins 2 000 salariés (article L2315-61).
Ce budget n'existe que dans les entreprises d'au moins 50 salariés, seuil à partir duquel le CSE acquiert ses attributions économiques (consultations récurrentes, recours à l'expertise, formation économique des élus…). En deçà de 50 salariés, il n'y a pas de subvention de fonctionnement obligatoire.
À quoi sert le budget de fonctionnement ?
Il couvre le fonctionnement courant du comité et l'exercice de ses attributions économiques et professionnelles, notamment :
- la formation économique des élus titulaires (entreprises d'au moins 50 salariés) ;
- le recours à une expertise libre financée par le comité ;
- la documentation, l'abonnement à des revues juridiques, l'assistance d'un avocat ou d'un expert ;
- les frais administratifs : matériel, fournitures, déplacements liés aux missions, communication aux salariés.
Conditions d'application
Le versement du budget de fonctionnement obéit à des conditions précises tenant à l'effectif, au taux applicable et à l'assiette de calcul.
- Un effectif d'au moins 50 salariés. La subvention de fonctionnement n'est obligatoire qu'à partir de ce seuil, qui ouvre les attributions économiques du CSE (article L2315-61).
- Un taux fonction de l'effectif. 0,20 % de la masse salariale brute de 50 à moins de 2 000 salariés ; 0,22 % à partir de 2 000 salariés.
- Une assiette : la masse salariale brute. Elle correspond à l'ensemble des gains et rémunérations soumis à cotisations de sécurité sociale au sens de l'article L242-1 du Code de la sécurité sociale (assiette déclarée en DSN).
Ce que recouvre la « masse salariale brute »
L'assiette retenue est celle des sommes soumises à cotisations sociales : salaires, primes, gratifications, avantages en nature. La jurisprudence a précisé qu'en sont notamment exclues certaines sommes pour la part qui n'est pas soumise à cotisations, en particulier les indemnités de rupture (pour leur fraction non assujettie). L'employeur ne peut donc pas calculer la subvention sur une assiette arbitraire.
Une formation économique financée par ce budget
Dans les entreprises d'au moins 50 salariés, la formation économique des membres titulaires (jusqu'à 5 jours) est imputée sur le budget de fonctionnement du CSE. C'est l'une des dépenses les plus structurantes pour la professionnalisation des élus.
Procédure / mode d'emploi
En pratique, la subvention se calcule, se verse, s'utilise puis, en cas d'excédent, peut être partiellement transférée vers le budget ASC. Voici le mode d'emploi.
1. Calculer le montant dû
Le montant annuel est obtenu en appliquant le taux légal à la masse salariale brute de l'année (article L2315-61).
| Effectif de l'entreprise | Taux de la subvention | Base de calcul |
|---|---|---|
| 50 à moins de 2 000 salariés | 0,20 % | Masse salariale brute (assiette cotisations SS, L242-1 CSS) |
| 2 000 salariés et plus | 0,22 % | Masse salariale brute (assiette cotisations SS, L242-1 CSS) |
2. Verser la subvention
L'employeur verse la subvention au CSE selon les modalités convenues (souvent par acomptes périodiques avec régularisation annuelle). Le comité tient une comptabilité distincte du budget de fonctionnement et du budget ASC.
3. Utiliser le budget de fonctionnement
Les dépenses imputables sont celles liées au fonctionnement et aux attributions économiques : formation économique des élus, expertise libre, documentation et abonnements, assistance juridique, frais administratifs et de communication. Les dépenses relevant des activités sociales et culturelles ne peuvent pas être financées sur ce budget.
4. Transférer l'excédent (délibération)
En fin d'exercice, en cas de reliquat, le CSE peut décider par délibération de transférer tout ou partie de l'excédent. Les transferts entre budgets sont plafonnés.
| Sens du transfert | Plafond | Article |
|---|---|---|
| Excédent fonctionnement → ASC | 10 % de l'excédent | L2315-61, R2315-31-1 |
| Excédent ASC → fonctionnement | 10 % de l'excédent | L2312-84 |
Jurisprudence
Sur la subvention de fonctionnement, l'apport jurisprudentiel porte principalement sur la définition de l'assiette « masse salariale brute » et sur le caractère étanche des deux budgets du CSE.
- Définition de l'assiette. La masse salariale brute servant de base à la subvention s'entend des sommes constituant l'assiette des cotisations de sécurité sociale (art. L242-1 CSS), c'est-à-dire l'ensemble des gains et rémunérations soumis à cotisations. L'employeur ne peut pas retenir une assiette réduite de façon discrétionnaire.
- Exclusions de l'assiette. Les sommes qui ne sont pas soumises à cotisations sociales en sont écartées : tel est le cas, notamment, des indemnités de rupture du contrat de travail pour leur part non assujettie. À l'inverse, les éléments de rémunération soumis à cotisations entrent dans l'assiette même s'ils sont variables (primes, gratifications).
- Étanchéité des deux budgets. Les budgets de fonctionnement et des activités sociales et culturelles sont juridiquement distincts : les sommes affectées à l'un ne peuvent financer les dépenses de l'autre, sous la seule réserve des transferts d'excédent expressément autorisés et plafonnés (L2315-61, L2312-84, R2315-31-1).
- Encadrement des transferts. Le transfert d'excédent d'un budget vers l'autre suppose une délibération du comité et reste limité à 10 % de l'excédent annuel ; au-delà, l'affectation est irrégulière.
Cas pratiques
Exemples illustratifs (situations types, anonymisées) pour comprendre le calcul, l'utilisation et les transferts du budget de fonctionnement.
Cas n° 1 — Calcul de la subvention dans une PME industrielle
Une entreprise de 180 salariés affiche une masse salariale brute annuelle de 6 000 000 €. L'effectif étant inférieur à 2 000 salariés, le taux applicable est de 0,20 %. La subvention de fonctionnement due au CSE s'élève donc à 12 000 € par an (6 000 000 × 0,20 %). Le comité affecte une partie de ce budget à la formation économique de ses élus titulaires.
Cas n° 2 — Passage du seuil de 2 000 salariés
Après plusieurs croissances externes, un groupe atteint 2 100 salariés. Le taux de la subvention passe de 0,20 % à 0,22 % de la masse salariale brute. Sur une masse salariale de 90 M€, la subvention annuelle passe ainsi de 180 000 € à 198 000 €.
Cas n° 3 — Transfert d'un excédent de fonctionnement vers les ASC
En fin d'exercice, un CSE constate un excédent de 5 000 € sur son budget de fonctionnement. Par délibération inscrite au procès-verbal, il décide d'en transférer 10 % vers le budget des activités sociales et culturelles, soit 500 €, conformément aux articles L2315-61 et R2315-31-1. Le reste de l'excédent demeure affecté au fonctionnement.
Questions fréquentes
Sources officielles
- Code du travail – art. L2315-61 (subvention de fonctionnement, Légifrance)
- Code du travail – art. L2312-84 (transfert excédent ASC, Légifrance)
- Code du travail – art. R2315-31-1 (transfert excédent fonctionnement, Légifrance)
- URSSAF – L'assiette des cotisations de sécurité sociale
- Ministère du Travail – Le comité social et économique (CSE)
Mise à jour : 28/05/2026.