En intérim, votre rémunération de mission se compose de trois blocs : le salaire de référence, qui ne peut pas être inférieur à celui d'un salarié de l'entreprise utilisatrice occupant le même poste, l'indemnité de fin de mission (10 %) et l'indemnité compensatrice de congés payés (10 %). Ces deux indemnités ne sont pas des primes : elles sont dues par la loi.
Le principe : vous ne pouvez pas être payé moins que le salarié du poste
Le contrat de mise à disposition conclu entre l'agence et l'entreprise utilisatrice doit mentionner « le montant de la rémunération avec ses différentes composantes, y compris, s'il en existe, les primes et accessoires de salaire que percevrait dans l'entreprise utilisatrice, après période d'essai, un salarié de qualification professionnelle équivalente occupant le même poste de travail » (article L1251-43). Et la rémunération perçue par l'intérimaire ne peut pas être inférieure à celle prévue dans ce contrat (article L1251-18).
Une heure en intérim vaut-elle une heure en CDI ?
Comparez le taux horaire d'une mission, IFM et congés payés compris, avec le taux horaire d'un poste en CDI.
IFM : 10 % de la rémunération totale brute (article L1251-32). ICCP : au moins 10 % de la rémunération totale brute de la mission, IFM comprise (article L1251-19). Montants bruts, avant cotisations.
Calculateur IFM / ICCP completLes deux indemnités, en détail
IFM — indemnité de fin de mission
Souvent appelée « prime de précarité ». Elle est destinée à compenser la précarité de la situation, et vaut 10 % de la rémunération totale brute due pour la mission. L'agence la verse avec le dernier salaire et la fait figurer sur le bulletin de paie correspondant.
Elle n'est pas due lorsque l'intérimaire est embauché immédiatement en contrat à durée indéterminée par l'entreprise utilisatrice à l'issue de la mission — ainsi que dans les autres cas d'exclusion prévus par le Code du travail.
ICCP — indemnité compensatrice de congés payés
Quelle que soit la durée de la mission, l'intérimaire a droit à une indemnité compensatrice de congés payés. Elle ne peut être inférieure au dixième de la rémunération totale brute perçue pendant la mission, et se règle à la fin de celle-ci.
Comme l'IFM fait partie de la rémunération brute de la mission, elle entre dans l'assiette de l'ICCP : c'est ce que les agences appellent « les 10 % des 10 % ». Sur 1 000 € de salaire, l'IFM vaut 100 € et l'ICCP se calcule sur 1 100 €, soit 110 €.
Intérim ou CDI : ce que l'écart de taux ne dit pas
| Critère | Mission d'intérim | CDI en production |
|---|---|---|
| Rémunération horaire | + 20 % environ avec IFM et ICCP | Taux nu, mais accessoires conventionnels acquis |
| Continuité des revenus | Dépend de l'enchaînement des missions | Stable |
| Ancienneté | Repart de zéro à chaque entreprise | Ouvre primes, congés supplémentaires et droits conventionnels |
| Accès au crédit et au logement | Souvent plus difficile | Plus simple après la période d'essai |
| Formation | Dispositifs propres à la branche du travail temporaire | Plan de développement des compétences de l'entreprise |
| Découverte de plusieurs sites | Fort : c'est le principal atout en début de carrière | Limité à un employeur |
En début de parcours, l'intérim reste la porte d'entrée la plus efficace en production : il permet de tester plusieurs secteurs, d'accumuler des heures sur des machines différentes et de se faire repérer. La bascule vers le CDI se justifie dès que la polyvalence est acquise, parce que l'ancienneté et les accessoires conventionnels finissent par dépasser les 20 % d'indemnités.
Sources
- Code du travail, articles L1251-18 et L1251-43 (rémunération du salarié temporaire), L1251-32 (indemnité de fin de mission), L1251-19 (indemnité compensatrice de congés payés) — Légifrance et Code du travail numérique
- SMIC au 1er juin 2026 : 12,31 €/h — décret du 22 mai 2026

