Tableau 15 · Régime Agricole · En vigueur

Mycoses cutanées, périonyxis et onyxis d'origine professionnelle

Le tableau 15 du régime agricole couvre les mycoses cutanées, périonyxis et onyxis contractés par les salariés agricoles au contact d'animaux d'élevage, en milieu humide, ou à la manipulation de fruits sucrés. 5 items (A à E), délais 7 ou 30 jours, liste limitative.

Numéro
15
Régime
Régime Agricole
Agent causal
Champignons (dermatophytes, Candida)
Type de liste
Limitative
Durée d'exposition
Non précisée
Dernière modif.
19/08/1993

Texte officiel du tableau — source Légifrance

Désignation des maladies

Désignation des maladies, délai de prise en charge et liste limitative des travaux

Texte officiel — Annexe II du Code rural et de la pêche maritime, tableau n° 15 du régime agricole. Tableau créé par le décret du 8 août 1955, dernière modification par le décret du 19 août 1993. Source : Légifrance — LEGIARTI000022080748 · INRS — RA 15.

Tableaux équivalents au régime général : RG 46 (mycoses cutanées) et RG 77 (périonyxis et onyxis).

La nature mycosique de l'atteinte doit être confirmée par examen direct et culture.

Désignation des maladies Délai de prise en charge Liste limitative des travaux susceptibles de provoquer ces maladies
A. Mycoses de la peau glabre :
Lésions érythémato-vésiculeuses et squameuses, circinées, appelées encore herpès circiné.
30 jours Maladies désignées en A, B, C :
Travaux exposant au contact de mammifères d'élevage, vivants ou tués :
— élevages, animaleries, garderies d'animaux, ménageries ;
— abattoirs, chantiers d'équarrissage.
Travaux exécutés dans les brasseries et laiteries.

Maladies désignées en C :
Travaux exécutés en milieu aquatique.
B. Mycoses du cuir chevelu :
Plaques squameuses du cuir chevelu supportant un mélange de cheveux sains et de cheveux cassés courts, accompagnées quelquefois d'une folliculite suppurée (Kerion).
30 jours
C. Mycoses des orteils :
Lésions érythémato-vésiculeuses et squameuses avec fissuration des plis interdigitaux, ou aspect blanc nacré, épaissi de l'épiderme digital ou interdigital accompagné ou non de décollement, de fissures épidermiques. Ces lésions peuvent atteindre un ou plusieurs orteils, s'accompagner éventuellement d'onyxis (généralement du gros orteil).
30 jours
D. Périonyxis et onyxis des doigts :
Inflammation périunguéale, douloureuse, d'origine infectieuse accompagnée ou non de modifications de l'ongle telles que fissurations, striations, dentelures du bord libre, coloration brunâtre, onycholyse.
7 jours Manipulation et emploi des fruits sucrés et de leurs résidus.
Préparation, manipulation et emploi des jus de fruits sucrés.
Travaux de plonge en restauration.
E. Onyxis des orteils :
Onyxis localisé habituellement au seul gros orteil, caractérisé par des déformations de l'ongle telles que destruction totale ou partielle, épaississement, striations, fissurations accompagnées d'hyperkératose sous ou périunguéale.
30 jours Travaux en galeries souterraines (percement), chantiers du bâtiment, chantiers de terrassement.
Travaux dans les abattoirs au contact des animaux et de leurs viscères.
Type de liste : limitative. Seuls les travaux figurant dans la colonne de droite ouvrent droit à la présomption d'origine professionnelle. En cas d'exposition hors liste, le dossier relève du CRRMP (article L. 461-1 al. 4 CSS, applicable au régime agricole via l'article L. 752-1 du Code rural).

Qu'est-ce que c'est concrètement ?

Le tableau n° 15 du régime agricole couvre les mycoses cutanées, périonyxis et onyxis d'origine professionnelle contractés par les salariés agricoles ou assimilés au contact d'animaux d'élevage, en milieu humide, ou lors de la manipulation de fruits sucrés et de leurs jus. Il s'agit d'infections cutanées et unguéales provoquées par des champignons (dermatophytes, levures du genre Candida) dont le réservoir est animal, végétal ou environnemental.

De quoi parle-t-on ?

Les mycoses professionnelles sont des affections dermatologiques causées par la prolifération de champignons microscopiques sur la peau, le cuir chevelu ou les ongles. En agriculture, trois grands réservoirs sont en cause :

  • Réservoir animal (dermatophytes zoophiles) : Trichophyton verrucosum, Trichophyton mentagrophytes, Microsporum canis… transmis par contact avec bovins, ovins, caprins, équidés, volailles ou animaux de laboratoire. Lésions typiquement inflammatoires (herpès circiné, kérion).
  • Réservoir humide (levures) : Candida albicans et autres Candida spp., favorisés par la macération (plonge, milieux humides, manipulation de jus de fruits sucrés). Atteinte préférentielle des plis interdigitaux et du pourtour des ongles.
  • Réservoir environnemental : dermatophytes anthropophiles ou géophiles dans les milieux confinés et humides (galeries, abattoirs, vestiaires collectifs).

Les 5 catégories d'affections couvertes

  • A — Mycoses de la peau glabre (« herpès circiné ») : plaques rondes érythémateuses à bordure active, prurigineuses, fréquentes sur les bras, le tronc, le visage. Cause typique : contact avec bovins (teigne du veau).
  • B — Mycoses du cuir chevelu : plaques d'alopécie avec cheveux cassés courts, parfois forme inflammatoire suppurée (Kérion de Celse). Touche surtout les éleveurs au contact de jeunes bovins.
  • C — Mycoses des orteils (« pied d'athlète » professionnel) : macération et fissuration des espaces interdigitaux, surtout en milieu aquatique (pisciculture, conchyliculture) ou dans les chaussures de sécurité portées longtemps.
  • D — Périonyxis et onyxis des doigts : inflammation douloureuse du pourtour de l'ongle, déformation et coloration de la tablette unguéale. Étiologie principale : Candida chez les personnels de plonge et les manipulateurs de fruits sucrés.
  • E — Onyxis des orteils : destruction et épaississement de l'ongle, le plus souvent au gros orteil, chez les travailleurs des galeries souterraines, du BTP et des abattoirs.

Pourquoi un délai de prise en charge de 7 ou 30 jours ?

Contrairement aux tableaux à longue latence (amiante, silice), les mycoses ont une incubation très courte : quelques jours à quelques semaines. Le délai de prise en charge inscrit au tableau correspond au temps maximal pouvant s'écouler entre la fin de l'exposition et l'apparition des lésions pour bénéficier de la présomption d'origine. Le délai très court de 7 jours pour les périonyxis-onyxis des doigts (item D) reflète la rapidité d'installation de l'inflammation candidosique après une exposition prolongée à l'humidité sucrée.

Qui est concerné ?

Les salariés relevant du régime agricole de la MSA : éleveurs bovins, ovins, caprins, équidés, ouvriers d'abattoir, employés d'animaleries et de ménageries, salariés de brasseries et laiteries, personnels des conserveries de fruits, salariés de la restauration collective agricole (plonge, cuisines), ouvriers des chantiers de bâtiment et de terrassement en milieu rural, travailleurs des galeries souterraines, salariés de la pisciculture et de la conchyliculture. Les vétérinaires libéraux, non salariés agricoles, relèvent du régime de la MSA en tant qu'exploitants (cf. MSA).

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Procédure de reconnaissance

La reconnaissance d'une affection inscrite au tableau 15 du régime agricole ouvre droit à la présomption d'origine professionnelle (article L. 461-1 al. 2 CSS, applicable aux salariés agricoles via l'article L. 751-7 du Code rural) : dès lors que les trois conditions du tableau sont remplies (désignation médicale + délai de prise en charge + travaux figurant sur la liste limitative), le caractère professionnel est acquis sans que la victime ait à prouver le lien de causalité.

Étape 1 — Certificat médical initial (CMI)

Le médecin (généraliste, dermatologue, médecin du travail de la MSA) établit un certificat médical initial mentionnant explicitement le tableau 15 RA et l'item visé (ex. : « mycose du cuir chevelu — tableau 15 B RA »). Le diagnostic mycologique (examen direct et culture) doit obligatoirement figurer au dossier, conformément à la mention liminaire du tableau.

Étape 2 — Déclaration à la MSA

La victime (ou ses ayants droit) adresse à sa caisse de Mutualité Sociale Agricole (MSA) le formulaire Cerfa n° 11138*05 « Déclaration de maladie professionnelle », accompagné des deux premiers volets du CMI et de l'attestation de salaire de l'employeur agricole. Délai de prescription : 2 ans à compter de la date du CMI (article L. 461-5 CSS).

Étape 3 — Instruction par la MSA

La MSA ouvre une enquête contradictoire. Elle dispose de 120 jours à compter de la réception du dossier complet pour rendre sa décision (article R. 461-9 CSS), avec extension possible à 240 jours en cas d'investigations complémentaires. L'employeur (exploitant agricole, coopérative, abattoir, etc.) reçoit le dossier et peut le consulter pendant 10 jours.

Étape 4 — Le cas échéant : CRRMP

Si une condition du tableau n'est pas remplie (délai de prise en charge dépassé, travaux hors liste limitative), le dossier est transmis au Comité régional de reconnaissance des maladies professionnelles (CRRMP). Le CRRMP examine si la maladie est « directement causée par le travail habituel de la victime » (article L. 461-1 al. 4 CSS). Sa décision s'impose à la MSA.

Spécificités du régime agricole

La branche AT/MP agricole est gérée par la MSA pour le compte du régime obligatoire (loi du 25 octobre 1972 instituant l'assurance obligatoire AT/MP des salariés agricoles). Les prestations et taux de cotisation sont alignés sur le régime général (article L. 751-8 du Code rural) ; en revanche, l'instruction des dossiers, le recouvrement et la prévention relèvent de la MSA et non de la CPAM/CARSAT.

Sources : MSA — Maladies professionnelles · articles L. 461-1 à L. 461-5 et R. 461-9 du Code de la sécurité sociale · articles L. 751-1 et suivants du Code rural et de la pêche maritime.

Indemnisation

Une maladie professionnelle reconnue au titre du tableau 15 RA ouvre droit aux mêmes prestations que dans le régime général, versées par la MSA en lieu et place de la CPAM (article L. 751-8 du Code rural).

Pendant l'arrêt de travail : indemnités journalières

Les IJSS sont versées par la MSA dès le 1ᵉʳ jour d'arrêt (pas de délai de carence en MP, article R. 433-1 CSS) :

  • du 1ᵉʳ au 28ᵉ jour : 60 % du salaire journalier de référence ;
  • à partir du 29ᵉ jour : 80 % du salaire journalier de référence.

La convention collective nationale agricole applicable (ex. CCN production agricole, abattoirs, coopératives laitières) peut prévoir un complément employeur. Les mycoses superficielles entraînent en pratique des arrêts courts (généralement quelques jours à quelques semaines, le temps du traitement antifongique).

Séquelles et taux d'incapacité permanente (IPP)

Les mycoses cutanées et unguéales du tableau 15 guérissent le plus souvent sans séquelles sous traitement antifongique adapté. Cependant, certaines formes peuvent laisser :

  • une dystrophie unguéale persistante (onyxis chronique), surtout après plusieurs récidives ;
  • une alopécie cicatricielle après un kérion (item B) ;
  • une sensibilisation cutanée avec eczéma de contact secondaire.

Lorsque des séquelles persistent, la MSA évalue un taux d'IPP selon le barème indicatif d'invalidité (annexe I de l'article R. 434-32 CSS). En pratique, les IPP sont faibles (souvent < 10 %), donnant lieu à une indemnité en capital versée en une seule fois ; au-delà de 10 %, une rente viagère est servie.

Reclassement et inaptitude

Si la mycose récidive de manière chronique au poste de travail malgré les mesures de prévention, le médecin du travail de la MSA peut prononcer une inaptitude au poste (articles L. 4624-3 et L. 4624-4 du Code du travail). L'employeur agricole doit alors rechercher un reclassement avant d'envisager un licenciement pour inaptitude (article L. 1226-10 du Code du travail).

Faute inexcusable de l'employeur

Si le salarié démontre que l'employeur agricole avait ou aurait dû avoir conscience du danger (absence d'EPI, absence de vestiaires séparés, absence de point d'eau pour le lavage des mains, défaut de surveillance vétérinaire des cheptels) et qu'il n'a pas pris les mesures nécessaires (article L. 452-1 CSS), la rente est majorée et la victime obtient l'indemnisation des préjudices personnels : souffrances physiques et morales, préjudice esthétique, préjudice d'agrément.

Sources : articles L. 431-1, L. 433-1, L. 434-1 à L. 434-14, L. 452-1 à L. 452-5 du Code de la sécurité sociale ; articles L. 751-1 et suivants du Code rural ; MSA — Indemnisation MP.

Jurisprudence

Le contentieux relatif aux mycoses professionnelles agricoles est moins abondant que celui de l'amiante ou des TMS, mais plusieurs lignes jurisprudentielles structurent la matière, notamment sur les conditions strictes d'application du tableau et sur l'obligation de sécurité de l'employeur agricole.

1. L'application stricte de la liste limitative de travaux

Cass. 2ᵉ civ., 18 mars 2010, n° 09-12.943 — La Cour de cassation rappelle qu'une mycose cutanée chez un salarié dont l'activité ne correspond pas exactement à l'un des travaux énumérés par la liste limitative du tableau 15 RA ne peut être reconnue par voie de présomption : il appartient à la caisse de transmettre le dossier au CRRMP pour examen du lien direct avec le travail habituel (article L. 461-1 al. 4 CSS). L'arrêt confirme la rigueur d'interprétation des tableaux à liste limitative.

2. L'obligation de sécurité de l'employeur agricole

Cass. soc., 28 février 2002, n° 99-17.221 et arrêts « amiante » — La jurisprudence fondatrice sur l'obligation de sécurité s'applique pleinement à l'employeur agricole : il est tenu envers son salarié d'une obligation de sécurité dont « le manquement a le caractère d'une faute inexcusable [...] lorsque l'employeur avait ou aurait dû avoir conscience du danger auquel était exposé le salarié et qu'il n'a pas pris les mesures nécessaires pour l'en préserver ». Pour les mycoses zoonotiques, la conscience du danger est présumée dès lors que l'élevage présentait des animaux atteints de teigne diagnostiquée par le vétérinaire.

3. La présomption d'origine en l'absence de diagnostic mycologique formel

Cass. 2ᵉ civ., 22 mars 2005, n° 03-30.551 — La présomption d'origine professionnelle ne peut jouer que si le diagnostic mycologique exigé par le tableau (examen direct et culture, mention figurant en tête du tableau 15 RA) est documenté. À défaut, la caisse peut refuser la reconnaissance par voie de tableau et orienter vers le CRRMP. Cette exigence diagnostique stricte protège contre les confusions avec des dermatoses non mycosiques (psoriasis, eczéma).

Pour aller plus loin, rechercher sur Judilibre les mots-clés « tableau 15 régime agricole » ou « mycose professionnelle MSA ».

Prévention

La prévention des mycoses professionnelles agricoles repose sur trois piliers : maîtrise du réservoir animal et environnemental, hygiène individuelle et collective, surveillance médicale. Elle relève de l'obligation générale de sécurité de l'employeur (article L. 4121-1 du Code du travail) et du document unique d'évaluation des risques (DUERP).

Maîtrise du réservoir animal

  • Surveillance vétérinaire des cheptels : dépistage et traitement systématique des teignes bovines et ovines (les jeunes veaux et agneaux étant les principaux porteurs). Quarantaine des animaux entrants suspects.
  • Désinfection régulière des locaux d'élevage (bâtiments, étables, stalles, matériel) avec un produit fongicide homologué.
  • Lutte contre les rongeurs (réservoirs de dermatophytes) dans les bâtiments d'élevage et de stockage.

Hygiène individuelle et EPI

  • Gants étanches (nitrile ou caoutchouc) pour les contacts directs avec les animaux malades, la plonge prolongée, la manipulation de fruits sucrés et de jus.
  • Bottes de sécurité imperméables et changement de chaussettes en cas d'humidité (item C : pied d'athlète).
  • Tenue de travail dédiée ne quittant pas l'exploitation, lavée à 60 °C minimum.
  • Lavage des mains et des bras systématique avant les pauses, avec savon antiseptique disponible sur les postes.

Aménagement des locaux

L'employeur agricole doit mettre à disposition : vestiaires séparés (côté « propre » / côté « sale ») conformément à l'article R. 4228-2 du Code du travail, douches pour les travaux salissants (R. 4228-8), points d'eau en nombre suffisant. Les sols des locaux humides (laiteries, abattoirs, plonges) doivent être conçus pour faciliter le drainage et le nettoyage.

Surveillance médicale renforcée

Les salariés agricoles exposés bénéficient d'un suivi individuel renforcé (SIR) par le médecin du travail de la MSA (article R. 4624-23 du Code du travail) : visite médicale d'aptitude initiale, examens périodiques rapprochés, dépistage clinique régulier des dermatoses. À la moindre lésion suspecte, prélèvement mycologique (examen direct et culture) et traitement précoce.

Information et formation

L'employeur agricole doit dispenser une formation à la sécurité (article L. 4141-2 du Code du travail) couvrant : les zoonoses (dont les dermatomycoses), les gestes d'hygiène, l'utilisation des EPI, la conduite à tenir en cas de lésion. La MSA et l'INRS publient des supports de formation dédiés aux risques biologiques en agriculture.

Sources : INRS — Risques biologiques ; MSA — Santé sécurité au travail ; articles R. 4228-1 et suivants, R. 4424-1 et suivants du Code du travail (agents biologiques).

Cas pratiques

Les cas ci-dessous sont anonymisés et reconstitués à des fins pédagogiques à partir de situations types rencontrées par les caisses de MSA, les médecins du travail et les conseils de prud'hommes. Ils n'identifient aucune entreprise.

Cas 1 — Herpès circiné chez un éleveur de veaux (tableau 15 A RA)

M. A., 34 ans, salarié dans une exploitation bovin-lait depuis 5 ans. À la suite de l'entrée d'un lot de jeunes veaux présentant des plaques d'alopécie circulaires, il développe en 3 semaines plusieurs lésions érythémateuses circinées sur les avant-bras et le cou. Le médecin du travail de la MSA prélève : examen direct positif, culture isolant Trichophyton verrucosum. CMI rédigé au titre du tableau 15 A RA. La MSA reconnaît la MP (délai de 30 jours respecté, contact avéré avec bovins). Arrêt de travail de 3 semaines, traitement antifongique systémique (terbinafine) + local. Guérison sans séquelle, pas d'IPP.

Cas 2 — Kérion du cuir chevelu chez un ouvrier d'abattoir (tableau 15 B RA)

M. B., 47 ans, employé en abattoir de petits ruminants depuis 12 ans. Apparition en 2 semaines d'une plaque inflammatoire et suppurée du cuir chevelu de 5 cm de diamètre. Diagnostic dermatologique de kérion de Celse, confirmé par mycologie (Trichophyton mentagrophytes). MP reconnue au titre du tableau 15 B RA. Traitement antifongique systémique 8 semaines + corticoïde local. Séquelle : alopécie cicatricielle de 3 cm. IPP fixée à 4 % → indemnité en capital.

Cas 3 — Périonyxis candidosique chez une plongeuse en restauration collective (tableau 15 D RA)

Mme C., 28 ans, employée à la plonge dans une cantine d'une coopérative agricole, exposée 7 heures par jour à l'eau chaude savonneuse. Apparition d'une inflammation douloureuse du pourtour des ongles des deux index et du majeur droit, avec déformations transversales de la tablette unguéale. Prélèvement : Candida albicans. CMI au titre du tableau 15 D RA. Délai de 7 jours respecté (lésions apparues en cours d'emploi). MP reconnue par la MSA. Reclassement temporaire en service (hors plonge) pendant 4 mois, port de gants étanches au retour. Pas de séquelle.

Cas 4 — Mycose des orteils chez un ouvrier en milieu aquatique, CRRMP saisi

M. D., 52 ans, pisciculteur depuis 18 ans, en bottes de sécurité humides la moitié de la journée. Apparition de lésions érythémato-vésiculeuses avec fissuration des plis interdigitaux chroniques et récidivantes. Le CMI est rédigé au titre du tableau 15 C RA. La MSA constate cependant que le diagnostic mycologique n'a pas été initialement documenté (culture non réalisée). Refus de présomption d'origine, transmission au CRRMP, qui après nouvel examen mycologique (positif à Trichophyton rubrum) et au vu des conditions de travail (humidité prolongée des pieds), retient un lien direct avec le travail habituel. MP reconnue, IPP 6 %.

Questions fréquentes

Mycoses cutanées, périonyxis et onyxis d'origine professionnelle. Le tableau couvre 5 items (A à E) : mycoses de la peau glabre, mycoses du cuir chevelu, mycoses des orteils, périonyxis et onyxis des doigts, onyxis des orteils. Il a été créé par le décret du 8 août 1955 et modifié pour la dernière fois par le décret du 19 août 1993.

30 jours pour les items A (peau glabre), B (cuir chevelu), C (orteils) et E (onyxis des orteils). 7 jours pour l'item D (périonyxis et onyxis des doigts), reflétant la rapidité d'installation des candidoses des manipulateurs de fruits sucrés et personnels de plonge.

Éleveurs (bovins, ovins, caprins, équidés), ouvriers d'abattoirs et d'équarrissage, salariés d'animaleries et ménageries, employés de brasseries et laiteries, personnels de pisciculture et conchyliculture, manipulateurs de fruits sucrés et de jus, plongeurs en restauration agricole, ouvriers des galeries souterraines et chantiers de BTP rural.

Oui, la liste est limitative. Si l'exposition ne figure pas dans la colonne de droite du tableau, la présomption d'origine professionnelle ne joue pas. Le dossier est alors transmis au Comité régional de reconnaissance des maladies professionnelles (CRRMP) qui examine le lien direct avec le travail habituel (article L. 461-1 al. 4 CSS).

Faire établir un certificat médical initial mentionnant le tableau 15 RA et l'item visé, avec confirmation mycologique (examen direct et culture, obligatoire selon le tableau). Adresser à la MSA le formulaire Cerfa 11138*05 dans les 2 ans suivant le CMI, accompagné des volets médicaux et de l'attestation de salaire. La MSA dispose de 120 jours pour rendre sa décision.

Oui. Le tableau RG 46 couvre les mycoses cutanées (peau glabre, cuir chevelu, orteils) du régime général, et le tableau RG 77 couvre les périonyxis et onyxis. Les salariés du régime général exposés à des contacts animaliers (vétérinaires salariés, chercheurs, animaleries de laboratoire) relèvent de ces deux tableaux gérés par la CPAM.
Avertissement : cette fiche a une vocation informative. Pour toute démarche concrète de reconnaissance d'une maladie professionnelle, contactez votre médecin du travail, votre CPAM ou un professionnel du droit social. Pour le texte officiel en vigueur, référez-vous à Légifrance.
Page mise à jour le 29/05/2026.