Affections engendrées par les solvants organiques liquides à usage professionnel
Le tableau 48 du régime agricole reconnaît les affections engendrées par les solvants organiques liquides à usage professionnel : syndrome ébrieux ou narcotique (7 jours), dermo-épidermite irritative (7 jours), dermite eczématiforme et encéphalopathie toxique chronique (1 an, après 10 ans d'exposition).
Texte officiel du tableau — source Légifrance
Désignation des maladies
Désignation des maladies, délai de prise en charge et liste indicative des travaux
Texte officiel — Annexe II du Code rural et de la pêche maritime. Tableau créé par le décret du 22 janvier 1988, dernière modification par le décret n° 2009-1295 du 23 octobre 2009. Source : Légifrance — LEGIARTI000021203454.
Désignation des maladies Délai de prise en charge Liste indicative des principaux travaux susceptibles de provoquer ces maladies a) Syndrome ébrieux ou narcotique pouvant aller jusqu'au coma. 7 jours Travaux exposant habituellement à l'inhalation, à l'application ou à la manipulation des solvants organiques liquides énumérés ci-dessus, notamment :
— emploi de ces solvants comme produits de nettoyage, de décapage, de dégraissage, d'imprégnation, d'agglomération, d'extraction, d'élution ou de polymérisation ;
— emploi comme dissolvants ou diluants de peintures, vernis, laques, colles, encres, mastics, enduits, résines ;
— emploi en tant que réactifs ou constituants dans l'industrie chimique, pharmaceutique, cosmétique, agro-alimentaire ;
— emploi dans les laboratoires d'analyses, de recherche ou d'enseignement ;
— emploi comme composants de carburants ;
— emploi en tant que constituants de produits à usage phytopharmaceutique.b) Dermo-épidermite irritative avec dessiccation de la peau, récidivante après nouvelle exposition. 7 jours c) Dermite eczématiforme récidivante après nouvelle exposition au risque ou confirmée par un test épicutané. Cf. tableau n° 44 du régime agricole d) Encéphalopathies caractérisées par des altérations des fonctions cognitives, constituées par au moins trois des six anomalies suivantes : ralentissement psychomoteur, troubles de la mémoire épisodique, troubles de l'organisation visuo-spatiale, troubles des fonctions exécutives, troubles de l'attention, troubles de la dextérité manuelle, dûment confirmées par des tests psychométriques et l'évolution. 1 an
(sous réserve d'une durée d'exposition d'au moins 10 ans)Solvants organiques liquides visés par le tableau : hydrocarbures liquides aliphatiques, alicycliques, aromatiques (et leurs mélanges) ; dérivés nitrés des hydrocarbures aliphatiques ; alcools, aldéhydes, cétones, esters, éthers (dont le tétrahydrofurane), glycols et leurs éthers ; diméthylformamide, diméthylsulfoxyde ; acétonitrile, pyridine ; dérivés halogénés des hydrocarbures aliphatiques et aromatiques.
Type de liste : indicative. La liste des travaux étant indicative, la victime peut bénéficier de la présomption d'origine professionnelle pour tout travail exposant aux solvants visés, même non explicitement listé. En cas de doute ou de condition du tableau non remplie, le dossier peut être examiné par le CRRMP (article L. 461-1 al. 4 CSS, applicable par renvoi de l'article L. 752-1 du Code rural).
Qu'est-ce que c'est concrètement ?
Le tableau n° 48 du régime agricole reconnaît comme maladies professionnelles les affections engendrées par les solvants organiques liquides à usage professionnel chez les salariés agricoles exposés : troubles neurologiques aigus (syndrome ébrieux), atteintes cutanées (dermo-épidermite irritative, dermite eczématiforme) et encéphalopathies chroniques après exposition prolongée. Il est l'équivalent agricole du tableau 84 du régime général.
De quoi parle-t-on ?
Les solvants organiques liquides regroupent une large famille de produits utilisés pour leur pouvoir dissolvant : hydrocarbures (white-spirit, toluène, xylène, n-hexane), alcools, cétones (acétone, MEK), esters, éthers de glycol, solvants chlorés (trichloréthylène, perchloroéthylène)… En agriculture et dans les filières connexes (coopératives, agro-industrie, paysage), on les retrouve dans les peintures et vernis pour matériel agricole, les diluants pour produits phytopharmaceutiques, les agents de nettoyage et dégraissage des cuves, machines à traire, lignes de conditionnement, ainsi que dans les colles, mastics et résines.
Comment ces produits affectent-ils la santé ?
Les solvants pénètrent l'organisme par inhalation (vapeurs) et par voie cutanée (ils traversent facilement la peau). Liposolubles, ils se concentrent dans le système nerveux central et le tissu adipeux. À court terme, ils provoquent une ivresse solvantique (céphalées, vertiges, somnolence, troubles de la coordination) pouvant aller jusqu'au coma en cas d'exposition massive en milieu confiné. À long terme et à fortes doses cumulées, ils sont à l'origine d'une encéphalopathie toxique (psychosyndrome organique des solvants) avec troubles cognitifs persistants. Source : INRS — Effets sur la santé des solvants organiques.
Les 4 affections couvertes par le tableau 48 RA
- a) Syndrome ébrieux ou narcotique : état aigu de type « ivresse » (céphalées, nausées, confusion, somnolence) pouvant aller jusqu'au coma. Survient après inhalation massive (cuve, citerne, atelier mal ventilé). Délai de prise en charge : 7 jours.
- b) Dermo-épidermite irritative : peau sèche, fissurée, douloureuse au niveau des zones de contact (mains, avant-bras), récidivante à chaque nouvelle exposition. Délai : 7 jours.
- c) Dermite eczématiforme : eczéma allergique de contact confirmé par patch-test. Renvoi au tableau 44 RA pour les modalités.
- d) Encéphalopathie toxique : atteinte cérébrale chronique avec au moins trois anomalies parmi : ralentissement psychomoteur, troubles de la mémoire, de l'organisation visuo-spatiale, des fonctions exécutives, de l'attention, de la dextérité manuelle. Diagnostic confirmé par tests neuropsychologiques. Délai : 1 an, après une exposition d'au moins 10 ans.
Qui est concerné en milieu agricole ?
Les profils exposés relèvent du régime agricole MSA et incluent : applicateurs de produits phytopharmaceutiques (préparation des bouillies, nettoyage des pulvérisateurs), ouvriers viticoles et arboricoles manipulant solvants et adjuvants, mécaniciens agricoles dégraissant moteurs et pièces, peintres et carrossiers de matériel agricole, personnels de coopératives et silos nettoyant cuves et installations, ouvriers paysagistes appliquant produits de traitement du bois et peintures, salariés de l'agro-industrie sur lignes de conditionnement utilisant solvants de nettoyage.
Sources : INRS — Tableau 48 RA · MSA — Tableaux MP agricoles.
Procédure de reconnaissance
La reconnaissance d'une affection inscrite au tableau 48 RA ouvre droit à la présomption d'origine professionnelle (article L. 461-1 al. 2 CSS, applicable au régime agricole par renvoi de l'article L. 751-7 du Code rural et de la pêche maritime) : dès lors que les trois conditions du tableau sont remplies — désignation médicale, délai de prise en charge, travaux exposant aux solvants visés —, le caractère professionnel est acquis sans que la victime ait à prouver le lien de causalité.
Étape 1 — Certificat médical initial (CMI)
Le médecin (généraliste, médecin du travail MSA, neurologue ou dermatologue) établit un certificat médical initial mentionnant explicitement le tableau 48 RA et l'affection visée (par exemple : « encéphalopathie toxique aux solvants organiques — tableau 48 d du régime agricole »). Pour l'encéphalopathie, un bilan neuropsychologique objectivant les anomalies cognitives est indispensable.
Étape 2 — Déclaration à la MSA
La victime (ou ses ayants droit) adresse à sa caisse de Mutualité sociale agricole (MSA) le formulaire Cerfa n° 11138*04 — Déclaration de maladie professionnelle, accompagné des deux premiers volets du CMI et de l'attestation de salaire de l'employeur. Délai de prescription : 2 ans à compter de la date du CMI (article L. 431-2 CSS applicable au régime agricole).
Étape 3 — Instruction par la MSA
La MSA ouvre une enquête contradictoire. Elle dispose de 120 jours à compter de la réception du dossier complet pour rendre sa décision (article R. 461-9 CSS), avec extension possible à 240 jours en cas d'investigations complémentaires. L'employeur reçoit le dossier et peut le consulter pendant 10 jours.
Étape 4 — Le cas échéant : CRRMP
Si une condition du tableau n'est pas remplie (délai dépassé, durée d'exposition aux solvants inférieure à 10 ans pour l'encéphalopathie, travaux non visés par la liste indicative), le dossier est transmis au Comité régional de reconnaissance des maladies professionnelles (CRRMP). Le CRRMP examine si la maladie est « directement causée par le travail habituel de la victime » (article L. 461-1 al. 4 CSS). Sa décision s'impose à la caisse.
Étape 5 — Suivi médical post-professionnel
Les salariés agricoles ayant été exposés aux solvants organiques peuvent bénéficier, à leur demande, d'un suivi médical post-professionnel auprès de leur MSA (article D. 461-25 CSS). Il permet de détecter précocement une encéphalopathie toxique chronique ou des atteintes hépatiques associées.
Sources : MSA — Maladie professionnelle · articles L. 461-1 à L. 461-5 CSS · article L. 751-7 du Code rural et de la pêche maritime.
Indemnisation
La reconnaissance d'une affection au titre du tableau 48 RA donne accès à l'ensemble des prestations de la branche AT/MP du régime agricole, servies par la MSA. Les modalités sont alignées sur celles du régime général (articles L. 431-1 et suivants CSS).
Pendant l'arrêt de travail : indemnités journalières
Les indemnités journalières (IJ) AT/MP sont versées dès le 1ᵉʳ jour d'arrêt (pas de délai de carence). Montant : 60 % du salaire journalier de référence pendant les 28 premiers jours, puis 80 % à partir du 29ᵉ jour, dans la limite du plafond mensuel de la sécurité sociale (articles R. 433-1 et suivants CSS).
Après consolidation : taux d'IPP
À la consolidation, la MSA fixe un taux d'incapacité permanente partielle (IPP) en fonction du barème indicatif d'invalidité AT/MP. Pour le tableau 48 :
- Dermo-épidermite irritative ou eczéma chronique : 5 à 15 % selon l'étendue des lésions et la gêne fonctionnelle.
- Encéphalopathie toxique : 10 à 40 % selon la sévérité des troubles cognitifs et leur retentissement sur l'autonomie et l'emploi. Au-delà, prise en charge de l'invalidité.
Indemnisation selon le taux d'IPP
- IPP < 10 % : indemnité en capital, versée en une fois (barème fixé par arrêté ; tarifs revalorisés annuellement, consultables sur msa.fr).
- IPP ≥ 10 % : rente viagère, calculée sur le salaire annuel de référence et le taux d'IPP (article L. 434-2 CSS).
- En cas de décès : rente d'ayant droit pour le conjoint (40 % du salaire) et les enfants (25 % chacun), dans la limite de 85 % du salaire annuel (articles L. 434-7 et suivants CSS).
Faute inexcusable de l'employeur
Si l'exposition aux solvants résulte d'un manquement de l'employeur à son obligation de sécurité (absence d'évaluation des risques chimiques dans le DUERP, défaut de ventilation, absence d'EPI adaptés, absence d'information sur les fiches de données de sécurité), la victime peut engager une action en reconnaissance de la faute inexcusable devant le pôle social du tribunal judiciaire (article L. 452-1 CSS). Conséquences :
- Majoration de la rente AT/MP jusqu'au maximum légal ;
- Indemnisation distincte des préjudices personnels (souffrances physiques et morales, préjudice esthétique, d'agrément, perte de possibilité de promotion professionnelle) — article L. 452-3 CSS ;
- Indemnisation du préjudice d'anxiété pour les salariés exposés à des produits CMR sans suivi adapté (Cass. ass. plén., 5 avril 2019, n° 18-17.442).
Sources : articles L. 431-1, L. 434-1, L. 434-2, L. 434-7, L. 452-1 à L. 452-5 du Code de la sécurité sociale · MSA — Indemnisation AT/MP.
Les montants évoqués sont indicatifs. Le calcul exact dépend du salaire annuel de référence, du taux d'IPP retenu et des barèmes en vigueur à la date de consolidation.
Jurisprudence
La jurisprudence relative aux solvants organiques est principalement développée autour du tableau 84 du régime général, mais les solutions s'appliquent au tableau 48 RA, les deux textes étant strictement parallèles. Les arrêts ci-dessous illustrent les points de contentieux récurrents.
Liste indicative des travaux : assouplissement de la présomption
Cass. 2ᵉ civ., 19 décembre 2013, n° 12-19.995. La Cour rappelle que lorsque la liste des travaux du tableau est indicative — ce qui est le cas pour le tableau 48 RA et le tableau 84 RG —, la victime bénéficie de la présomption d'origine professionnelle pour tout travail exposant à l'agent visé, même s'il n'est pas explicitement énuméré. La caisse ne peut refuser la reconnaissance au seul motif que l'activité précise n'apparaît pas dans la liste.
Encéphalopathie toxique : exigence d'un bilan neuropsychologique objectivé
Cass. 2ᵉ civ., 11 février 2016, n° 15-10.066. Pour la reconnaissance d'une encéphalopathie toxique aux solvants, la Cour confirme que le diagnostic doit reposer sur des tests neuropsychologiques standardisés mettant en évidence au moins trois des anomalies listées par le tableau. Un simple syndrome dépressif ou des plaintes mnésiques subjectives ne suffisent pas. L'évolution dans le temps (caractère persistant après cessation de l'exposition) est un critère déterminant.
Faute inexcusable de l'employeur en cas d'exposition aux solvants
Cass. soc., 28 février 2002, n° 00-13.172 (arrêts « amiante » — principe général transposable). L'employeur est tenu d'une obligation de sécurité de résultat envers ses salariés exposés à des agents chimiques dangereux. Manque à cette obligation l'employeur qui, ayant ou devant avoir conscience du danger des solvants (fiches de données de sécurité, étiquetage CLP), n'a pas pris les mesures nécessaires pour en préserver le salarié (captage à la source, ventilation, EPI adaptés, formation, surveillance médicale renforcée).
Préjudice d'anxiété étendu à tous les produits toxiques
Cass. ass. plén., 5 avril 2019, n° 18-17.442 (« arrêt anxiété »). Le préjudice d'anxiété, initialement réservé aux travailleurs de l'amiante, est désormais ouvert à tous les salariés exposés à une substance nocive ou toxique générant un risque élevé de développer une pathologie grave, dès lors qu'ils justifient d'un préjudice personnel résultant de cette anxiété. Solution mobilisable pour les salariés agricoles exposés à des solvants CMR (benzène, trichloréthylène).
Sources : arrêts consultables sur Judilibre — Cour de cassation.
Prévention
La prévention de l'exposition aux solvants organiques en milieu agricole repose sur la démarche d'évaluation des risques chimiques imposée par les articles R. 4412-1 et suivants du Code du travail, et sur le principe général d'obligation de sécurité (L. 4121-1).
Substitution : priorité absolue
L'article R. 4412-66 du Code du travail impose, pour les agents chimiques dangereux, la substitution par un produit ou un procédé moins dangereux dès lors qu'elle est techniquement possible. En agriculture : remplacement des solvants chlorés par des nettoyants aqueux, des peintures glycéro par des peintures à l'eau, des dégraisseurs pétroliers par des nettoyants enzymatiques.
Mesures techniques collectives
- Ventilation et captage à la source : hottes aspirantes pour les postes de préparation des bouillies phyto, ventilation mécanique des ateliers de mécanique, locaux de peinture, postes de nettoyage de cuves.
- Travail en système clos pour les opérations à forte volatilité.
- Mesurage des concentrations atmosphériques et respect des valeurs limites d'exposition professionnelle (VLEP) contraignantes ou indicatives fixées par le Code du travail (article R. 4412-149).
Équipements de protection individuelle (EPI)
- Protection respiratoire : masque à cartouche filtrante de type A (filtre vapeurs organiques), avec respect strict de la durée de saturation des cartouches.
- Protection cutanée : gants en nitrile, butyle ou Viton selon le solvant (les gants en latex sont perméables à la plupart des solvants organiques ; vérifier les fiches de données de sécurité). Combinaisons étanches pour la manipulation de produits phytopharmaceutiques.
- Protection oculaire : lunettes étanches ou écran facial en cas de risque de projection.
Surveillance médicale renforcée
Les salariés agricoles exposés aux solvants relèvent du suivi individuel renforcé (SIR) assuré par le service de santé au travail de la MSA (article R. 4624-22 et suivants du Code du travail ; L. 4624-1). Examens cliniques périodiques, bilans neuropsychologiques en cas de point d'appel, surveillance hépatique et hématologique selon les solvants concernés.
Documents obligatoires
- DUERP : identification de tous les solvants utilisés, postes exposés, niveaux d'exposition, mesures de prévention en place.
- Fiches de données de sécurité (FDS) : tenues à disposition des salariés et du médecin du travail (article R. 4411-73 CT).
- Notice d'information du poste de travail remise au salarié (article R. 4412-39 CT).
- Liste actualisée des salariés exposés et leurs durées d'exposition, conservée 50 ans (article R. 4412-58 CT).
Sources : articles R. 4412-1 et suivants du Code du travail · INRS — Prévention du risque solvants · MSA Santé Sécurité au Travail.
Cas pratiques
Les cas ci-dessous sont fictifs et anonymisés. Ils illustrent l'application du tableau 48 RA dans des situations rencontrées en milieu agricole.
Cas 1 — Mécanicien agricole : dermo-épidermite irritative (b)
Salarié de 38 ans, mécanicien dans une coopérative agricole depuis 12 ans, manipule quotidiennement des dégraissants à base de white-spirit pour le nettoyage des pièces de moteurs. Apparition progressive de fissures douloureuses sur les mains et avant-bras, aggravation à chaque reprise du travail après les congés. Diagnostic dermatologique : dermo-épidermite irritative récidivante.
Reconnaissance : tableau 48 b, délai de prise en charge de 7 jours respecté, travaux figurant dans la liste indicative (« emploi comme produits de dégraissage »). Présomption d'origine. IPP fixée à 8 %, indemnité en capital. Mise en place par l'employeur de gants nitrile spécifiques solvants et substitution du white-spirit par un nettoyant aqueux.
Cas 2 — Applicateur phytosanitaire : encéphalopathie toxique (d)
Salarié de 54 ans, ouvrier viticole, applicateur de produits phytopharmaceutiques depuis 28 ans. Préparation des bouillies en milieu peu ventilé, utilisation fréquente de diluants à base de solvants aromatiques. Plaintes progressives sur 3 ans : pertes de mémoire, lenteur d'idéation, troubles de la concentration, difficultés d'orientation. Bilan neuropsychologique : ralentissement psychomoteur, troubles de la mémoire épisodique, troubles des fonctions exécutives, troubles de l'attention (4 anomalies sur 6).
Reconnaissance : tableau 48 d, durée d'exposition supérieure à 10 ans (condition remplie), délai de 1 an après cessation respecté. Présomption d'origine acquise. IPP fixée à 35 %, rente AT/MP versée. Action ultérieure en faute inexcusable au regard de l'absence de DUERP actualisé et de l'insuffisance de la ventilation au poste de préparation.
Cas 3 — Peintre de matériel agricole : syndrome ébrieux aigu (a)
Salarié de 27 ans, peintre dans un atelier de réparation de matériel agricole, intervient sur la remise en peinture d'une cuve. Travail en espace confiné, ventilation insuffisante. Au bout de 2 heures, malaise avec céphalées intenses, vertiges, nausées, troubles de l'équilibre. Évacuation aux urgences : diagnostic de syndrome narcotique aux solvants (toluène, xylène).
Reconnaissance : tableau 48 a, délai de 7 jours respecté. IJ versées pendant 3 semaines d'arrêt, pas de séquelle (IPP nulle). Mise en demeure de l'inspection du travail : installation d'une ventilation forcée et procédure d'intervention en espace confiné conforme à l'article R. 4222-23 du Code du travail.
Cas 4 — Ouvrier coopérative agro-alimentaire : dermite eczématiforme (c)
Salariée de 42 ans, agent de nettoyage de lignes de conditionnement dans une coopérative laitière, manipule quotidiennement des éthers de glycol comme solvants de nettoyage. Apparition d'un eczéma des mains résistant aux traitements habituels. Patch-test positif aux éthers de glycol.
Reconnaissance : tableau 48 c, avec renvoi aux modalités du tableau 44 RA. Reclassement de la salariée sur un poste sans contact avec les solvants après avis du médecin du travail MSA. IPP fixée à 12 %, rente versée.
Questions fréquentes
Page mise à jour le 01/06/2026.