Primavera P6

Découvrir Primavera P6 et structurer son projet

Module 1 / 3

Module 1 : Découvrir P6 et structurer son projet 21 min de lecture

1.3 Calendriers et paramètres de projet

On croit souvent qu'une durée de « 10 jours » suffit à savoir quand une tâche finit. C'est faux : tout dépend du calendrier. Dix jours sur une base 5 jours/semaine avec des fériés ne tombent pas du tout à la même date que dix jours sur une base 7 jours. Le calendrier est le paramètre le plus silencieux et le plus déterminant de P6 : il transforme une durée en dates réelles. Ce chapitre explique les trois niveaux de calendriers, pourquoi ils sont critiques, comment les affecter, quels paramètres de projet régler dès le départ, et les pièges classiques — appliqués au calendrier de l'atelier industriel.

Même durée, dates différentes — l'effet du calendrier
Calendrier 5 jours / semaine

Une activité de 10 jours démarrée un lundi…

  • Week-ends non travaillés
  • Se termine 2 semaines plus tard (le vendredi)
  • Réaliste pour un chantier classique
Calendrier 7 jours / semaine

La même activité de 10 jours démarrée un lundi…

  • Tous les jours travaillés
  • Se termine 10 jours calendaires plus tard
  • Réservé aux travaux en continu (arrêts d'usine, postés)

Le même chiffre de durée produit des dates de fin très différentes selon le calendrier affecté.

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Les trois niveaux de calendriers

Primavera P6 distingue trois familles de calendriers, du plus large au plus précis. Comprendre cette hiérarchie évite bien des surprises sur les dates.

  • Calendriers globaux (global) : partagés par toute la base de données, donc disponibles pour tous les projets. On y trouve les calendriers standards de l'entreprise (5 jours, 7 jours, postés…). Ils sont gérés par l'administration et servent de socle commun.
  • Calendriers projet (project) : propres à un projet donné. On les crée quand un projet a des règles spécifiques (fériés régionaux particuliers, arrêt estival du chantier, semaine de travail aménagée) qui n'ont pas vocation à exister ailleurs.
  • Calendriers ressource (resource) : attachés à une ressource précise (une équipe, un engin) qui ne travaille pas selon le rythme général — par exemple une grue louée disponible seulement certains jours, ou une équipe en horaires décalés.

On accède à la gestion des calendriers via le menu Enterprise > Calendars, qui permet de basculer entre globaux, projet et ressource. La règle de bon sens : utiliser un calendrier global standard tant que possible, et ne créer un calendrier projet ou ressource que lorsqu'une vraie spécificité l'exige.

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Pourquoi les calendriers sont critiques

Le calendrier n'est pas un détail de paramétrage : c'est lui qui traduit une durée en dates réelles. Quand vous saisissez « 10 jours » sur une activité, P6 ne sait pas encore quand elle finira tant qu'il ne connaît pas le calendrier : combien de jours par semaine, quels fériés, quelles exceptions.

L'effet est cumulatif. Sur un projet de plusieurs centaines de jours, une différence de rythme hebdomadaire ou quelques jours fériés oubliés se répercutent sur toutes les dates en aval. Une date de fin de projet peut glisser de plusieurs semaines uniquement à cause d'un calendrier mal réglé, sans qu'aucune durée n'ait été modifiée.

Le calendrier détermine aussi le chemin critique (vu au module 2) : deux activités de même durée mais sur des calendriers différents n'occupent pas la même place dans le temps, ce qui change quelles activités deviennent critiques.

Réflexe : avant de s'alarmer ou de se réjouir d'une date calculée par P6, toujours vérifier quel calendrier est affecté aux activités concernées. Une date « bizarre » vient neuf fois sur dix d'un calendrier inattendu.
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Jours ouvrés, fériés, congés et exceptions

Concrètement, paramétrer un calendrier revient à décrire le temps de travail réel. Trois éléments principaux le composent :

  • La semaine de travail : quels jours sont travaillés (typiquement lundi à vendredi), et le cas échéant le nombre d'heures par jour si vous travaillez en durées horaires plutôt qu'en jours.
  • Les jours fériés et exceptions « chômées » : les jours non travaillés à inscrire explicitement (fériés nationaux, ponts, fermeture annuelle). Un férié non saisi sera traité comme un jour travaillé — et toutes les dates en seront faussées.
  • Les exceptions « travaillées » : à l'inverse, un jour normalement chômé que l'on décide de travailler (un samedi de rattrapage, par exemple) doit être déclaré comme exception travaillée.

Ces éléments se gèrent dans l'éditeur de calendrier accessible depuis Enterprise > Calendars, en ouvrant le calendrier concerné. On y peint, jour par jour ou semaine type, le temps travaillé et non travaillé. Un calendrier soigné en amont, c'est des dates fiables pour tout le projet.

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Affecter un calendrier au projet et aux activités

Une fois les calendriers définis, encore faut-il qu'ils soient appliqués aux bons éléments. Deux niveaux d'affectation comptent.

Le calendrier par défaut du projet : dans les paramètres du projet (vue Enterprise > Projects, puis l'onglet des réglages par défaut des activités), on désigne le calendrier qui sera attribué automatiquement à toute nouvelle activité. Régler ce défaut correctement dès le départ évite d'avoir à corriger des dizaines d'activités plus tard.

Le calendrier de chaque activité : chaque activité porte un champ « calendrier » (visible et modifiable dans la vue des activités, colonne ou onglet dédié). On peut donc surcharger le défaut pour une activité particulière qui suit un rythme différent — par exemple des essais réalisés en continu sur un projet par ailleurs en 5 jours.

La discipline à tenir : vérifier le calendrier par défaut avant de saisir la moindre activité, puis ne surcharger au cas par cas que les rares activités qui le justifient. Multiplier les exceptions au niveau activité rend le planning difficile à auditer.

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Les paramètres de projet à régler dès le départ

Au-delà du calendrier, quelques réglages du projet conditionnent le comportement de tout le planning. Les libellés exacts varient selon la version, mais les notions sont stables. On les trouve dans les paramètres du projet, dans les onglets de réglages par défaut et d'options de planification.

  • L'unité de durée par défaut : décider si l'on raisonne en jours ou en heures, et s'y tenir. Mélanger des unités est une source classique d'incohérences.
  • Le type de pourcentage d'avancement par défaut : la manière dont P6 mesure l'avancement d'une activité (par exemple selon la durée écoulée, ou selon une saisie manuelle). Le choix par défaut s'applique aux nouvelles activités ; le fixer évite des incohérences au moment du suivi.
  • Les options de planification (scheduling) : les règles que P6 applique quand il (re)calcule le planning — notamment le traitement des relations et des contraintes. On les laisse souvent sur les réglages standards au début, mais il faut savoir qu'elles existent.
  • La data date initiale : la date d'arrêté de départ du planning, généralement calée sur la date de début prévue du projet. C'est le point zéro à partir duquel on fera avancer le suivi.

Régler ces paramètres avant de saisir les activités, c'est garantir que chaque tâche créée hérite des bons comportements. Les corriger après coup oblige souvent à reprendre activité par activité.

Le paramétrage initial dans le bon ordre
1

Calendriers

définir / choisir avant tout

2

Calendrier par défaut

l'affecter au projet

3

Unité & % d'avancement

fixer les défauts

4

Data date initiale

caler le point zéro

… et seulement ensuite, saisir les activités (module 2).

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Pièges classiques et cas fil rouge de l'atelier

Trois pièges reviennent sans cesse chez les débutants. Les connaître, c'est déjà les éviter :

Oublier les fériés

Un calendrier sans fériés gonfle artificiellement la capacité de travail et avance toutes les dates de fin.

Mélanger des calendriers

Des activités liées portant des calendriers incohérents produisent des enchaînements et des marges trompeurs.

Mauvaise unité de durée

Saisir en heures sur un projet pensé en jours (ou l'inverse) fausse durées et avancement.

Cas fil rouge — le calendrier de l'atelier : pour notre construction d'atelier industriel, on retient un calendrier 5 jours/semaine (lundi-vendredi), on y inscrit les jours fériés de l'année et un arrêt estival de chantier (fermeture de quelques semaines en été) déclaré en jours non travaillés. L'unité de durée est le jour, et la data date initiale est calée sur la date de démarrage du terrassement. Avec ce socle, les ~80 activités à venir produiront des dates réalistes — week-ends, fériés et arrêt d'été automatiquement pris en compte.
À retenir
  • Le calendrier transforme une durée en dates réelles : « 10 jours » ne dit rien tant qu'on ne connaît pas le calendrier.
  • Trois niveaux : global (toute la base), projet (spécifique), ressource (rythme propre à une ressource). Gérés via Enterprise > Calendars.
  • Les fériés et exceptions doivent être saisis explicitement ; un férié oublié est traité comme un jour travaillé.
  • Affecter un calendrier par défaut au projet avant toute saisie, et ne surcharger au niveau activité que par exception.
  • Paramètres à régler dès le départ : unité de durée, type de % d'avancement, options de planification, data date initiale.
  • Pièges classiques : fériés oubliés, calendriers incohérents, mauvaise unité de durée. Cas atelier : 5 j + fériés + arrêt estival, en jours.