Régleur Plasturgie

Sécurité, environnement et carrière

Module 5 / 5

Module 5 : Sécurité, environnement et carrière 20 min de lecture

5.2 Environnement, déchets et recyclage des plastiques

La plasturgie est aujourd'hui au cœur des enjeux de réduction des déchets plastiques, d'économie de matière et d'énergie. Au poste de réglage, les gestes quotidiens du régleur ont un impact réel : un bon réglage, c'est moins de rebuts ; un tri rigoureux, c'est de la matière qui repart en production. Ce chapitre fait le tour des déchets de production, du recyclage, des économies d'énergie et des règles à connaître.

Le recyclage des thermoplastiques en boucle

Carottes & rebuts

Grappes, pièces de démarrage, purges, pièces non conformes.

Broyage

Broyeur en bord de presse ou centralisé, par matière et par couleur.

Régénéré

La matière broyée, prête à être réintroduite.

Réincorporation

Dans la proportion autorisée par les spécifications.

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Les enjeux environnementaux de la plasturgie

La plasturgie est directement concernée par plusieurs grands enjeux environnementaux qui pèsent sur la profession :

  • La réduction des déchets plastiques : limiter ce qui part en déchet, valoriser ce qui peut l'être.
  • L'économie de matière : la matière première représente une part importante du coût d'une pièce, et chaque gramme gaspillé est un gramme perdu pour l'environnement.
  • L'économie d'énergie : l'injection plastique est un procédé énergivore (chauffage, presses).
  • L'image des plastiques : le secteur travaille sur sa réputation, ce qui passe par des pratiques responsables au quotidien.
Le régleur n'est pas un simple exécutant face à ces enjeux. Ses choix de réglage et ses gestes de tri ont un effet mesurable sur la quantité de déchets et la consommation d'énergie de l'atelier.
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Les déchets de production et le recyclage

Une production d'injection génère plusieurs types de déchets propres à la matière :

  • Les carottes et grappes : la matière figée dans les canaux d'alimentation (canaux froids).
  • Les pièces de démarrage et de réglage : produites le temps de stabiliser le procédé.
  • Les rebuts : pièces non conformes écartées au contrôle.
  • Les purges : la matière évacuée lors des changements ou des nettoyages de fourreau.

La plupart des thermoplastiques se recyclent. Le principe : on broie ces déchets (au broyeur en bord de presse ou centralisé) pour obtenir un régénéré (la matière broyée), que l'on réincorpore dans la production dans une proportion autorisée par les spécifications.

RèglePourquoi
Respecter le taux de régénéré autoriséUn excès de régénéré dégrade les propriétés mécaniques de la pièce.
Ne pas mélanger des matières incompatiblesUn mélange de polymères différents est inexploitable.
Trier par matière et par couleurGarantit un régénéré utilisable et conforme.
Le régénéré n'est pas une matière « gratuite » sans limite : au-delà du taux prévu par la spécification, la qualité de la pièce n'est plus garantie.
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Le tri des déchets et les filières

Le tri est la condition d'un recyclage efficace. Au poste, on distingue plusieurs flux :

  • Les déchets de matière recyclables : triés par matière et par couleur pour partir au broyage.
  • Les matières non recyclables : orientées vers les filières appropriées.
  • Les déchets dangereux : huiles, chiffons souillés, solvants de purge. Ils suivent une filière dédiée et ne doivent jamais être jetés à l'égout ni dans la poubelle courante.
⚠️ Verser un solvant de purge ou une huile à l'égout est interdit et polluant. Ces déchets dangereux ont leur propre contenant et leur propre filière de traitement.
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L'énergie et les émissions

L'injection est un procédé énergivore : il faut chauffer la matière et actionner les presses. Quelques bonnes pratiques limitent la consommation :

  • Éviter les marches à vide et les purges inutiles.
  • Mettre les équipements en veille lors des arrêts prolongés.
  • Optimiser le temps de cycle et la température, sans nuire à la qualité de la pièce.
  • Entretenir les équipements : un matériel bien entretenu consomme mieux.

À noter que les presses électriques sont généralement plus sobres que les presses hydrauliques.

Côté émissions, la dégradation de la matière (surchauffe, temps de séjour trop long dans le fourreau) dégage des fumées et des COV (composés organiques volatils). Pour les limiter :

  • Éviter la dégradation par un bon réglage (température, temps de séjour) et des purges maîtrisées.
  • Assurer une ventilation et une captation à la source.
  • Consulter les fiches de données de sécurité (FDS) des matières et des additifs.
Bien régler la température et le temps de séjour, c'est d'une pierre deux coups : moins de pièces dégradées (donc moins de rebuts) et moins de fumées et de COV émis.
Les éco-gestes du régleur au poste

Trier

Par matière et par couleur, sans mélange.

Limiter

Purges et marches à vide inutiles.

Éviter

La dégradation et les COV par un bon réglage.

Gérer

Le broyé selon le taux autorisé.

Isoler

Déchets dangereux en filière dédiée.

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Le contact alimentaire et la réglementation

Pour les pièces destinées au contact des denrées alimentaires, des règles spécifiques s'appliquent. Les matières et les additifs doivent être aptes au contact alimentaire, et la profession se réfère notamment au règlement (UE) n° 10/2011 relatif aux matériaux et objets en matière plastique destinés à entrer en contact avec des denrées alimentaires.

Concrètement, cela impose :

  • L'utilisation de matières et d'additifs conformes à cet usage.
  • Une propreté irréprochable du poste, des moules et des contenants.
  • La traçabilité des matières employées.
Sur une production contact alimentaire, on ne réincorpore pas n'importe quel régénéré et on ne mélange pas les flux : la conformité et la propreté priment.
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Le rôle concret du régleur

Au quotidien, le régleur agit sur l'empreinte environnementale de l'atelier de plusieurs façons :

  • Limiter les rebuts : un bon réglage stable, c'est mécaniquement moins de pièces non conformes, donc moins de déchets.
  • Trier correctement les déchets par matière et par couleur, et isoler les déchets dangereux.
  • Gérer le broyé selon les consignes et le taux de régénéré autorisé.
  • Signaler les fuites et les surconsommations détectées au poste.
  • Travailler propre : un poste rangé et propre facilite le tri et garantit la qualité.

Pour aller plus loin sur la prévention des risques chimiques liés aux fumées et COV en plasturgie, l'INRS publie des ressources de référence : www.inrs.fr.

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Mes réflexes terrain
  • Je vérifie le taux de régénéré autorisé par la spécification avant d'en réincorporer.
  • Je trie par matière et par couleur et je ne mélange jamais des polymères différents.
  • Je dépose les solvants de purge, huiles et chiffons souillés dans leur filière dédiée, jamais à l'égout ni à la poubelle courante.
  • Je surveille la dégradation matière (fumées, temps de séjour) pour limiter rebuts et COV.
À retenir
  • La plasturgie est concernée par la réduction des déchets, l'économie de matière et d'énergie ; les gestes du régleur ont un impact réel.
  • La plupart des thermoplastiques se recyclent : on les broie en régénéré, réincorporé dans la proportion autorisée par les spécifications.
  • Trier par matière et par couleur, ne jamais mélanger des polymères différents.
  • Les déchets dangereux (huiles, chiffons souillés, solvants de purge) vont en filière dédiée, jamais à l'égout.
  • L'injection est énergivore : limiter marches à vide et purges, mettre en veille, optimiser cycle et température ; la dégradation dégage fumées et COV (ventilation, captation, FDS).
  • Pour le contact alimentaire : matières et additifs conformes (règlement (UE) n° 10/2011), propreté et traçabilité.
Cette formation est un contenu de sensibilisation. Elle ne remplace ni un diplôme, ni les habilitations obligatoires, et ne certifie aucune compétence.