Capacité d'emprunt en intérim ou en CDD
La règle des 35 % est la même pour tout le monde. Ce qui change, quand le contrat est précaire, c'est le revenu que la banque accepte de retenir. Ce simulateur rend cet écart visible — et montre sur quels leviers vous pouvez réellement agir.
Votre situation
Ce que la banque regarde, et ce qu'elle ne regarde pas
Une idée fausse circule : « on ne peut pas emprunter en intérim ». Aucun texte ne l'interdit, et la règle prudentielle est rigoureusement la même pour tous. L'obstacle est ailleurs, et il est double : la reconstitution du revenu et la durée d'activité.
Le revenu est lissé, pas photographié
Pour un salarié en CDI, la banque prend le dernier bulletin de salaire. Pour un contrat précaire, elle reconstitue un revenu moyen sur une période longue — le plus souvent deux ans, parfois trois — à partir des avis d'imposition et des bulletins. Un bon mois ne compte donc pas plus qu'un mois creux, et une interruption entre deux missions pèse dans la moyenne.
Les IFM et les congés payés sont du revenu variable
C'est le point le moins compris, et le plus lourd de conséquences. L'indemnité de fin de mission et l'indemnité compensatrice de congés payés représentent ensemble plus d'un cinquième de ce que touche un intérimaire. Mais elles n'existent que s'il y a des missions : les établissements les traitent donc comme du revenu variable, retenu à une fraction de son montant, parfois écarté.
Aucun texte ne fixe cette fraction — d'où le curseur du simulateur. Faites-le varier : vous verrez que l'écart entre 0 % et 100 % de prise en compte pèse davantage sur votre capacité que le taux d'intérêt lui-même. C'est aussi ce qui explique que deux banques répondent différemment au même dossier.
La règle des 35 %, la même pour tous
Le taux d'effort maximal de 35 % des revenus nets, assurance emprunteur comprise, et la durée maximale de 25 ans — portée à 27 ans lorsque le remboursement commence après une phase de différé — résultent d'une décision du Haut Conseil de stabilité financière, juridiquement contraignante depuis le 1er janvier 2022.
Les banques disposent d'une marge de flexibilité portant sur 20 % de leur production trimestrielle de crédits, qu'elles réservent en priorité à l'acquisition d'une résidence principale. C'est une marge, pas un droit : elle ne se demande pas, elle s'obtient sur la qualité du reste du dossier.
Trois leviers concrets
Le seuil des 414 heures
Le FASTT, le fonds d'action sociale du travail temporaire, ouvre ses services d'accès au crédit et au logement à partir de 414 heures d'intérim sur les douze derniers mois. Le seuil a été abaissé : il était auparavant de 600 heures. Les services de base, eux, sont accessibles gratuitement dès la première mission.
Le CDI intérimaire
C'est un véritable contrat à durée indéterminée, conclu avec l'entreprise de travail temporaire et prévu aux articles L1251-58-1 et suivants du code du travail. Il garantit une rémunération mensuelle minimale y compris entre les missions — exactement la visibilité qui manque à la banque en intérim classique. Il ouvre aussi les services du FASTT sans condition d'heures.
L'apport et l'épargne régulière
L'apport ne modifie pas votre taux d'effort : il réduit le capital emprunté. Son effet réel est ailleurs — une épargne constituée régulièrement, mois après mois, démontre précisément ce que la banque cherche à vérifier quand les revenus sont irréguliers : que vous savez absorber les creux.
Sources et méthode
- Taux d'effort de 35 % assurance comprise, durée de 25 ans (27 ans avec différé) et marge de flexibilité de 20 % : décision du Haut Conseil de stabilité financière, contraignante depuis le 1er janvier 2022.
- Seuil de 414 heures d'intérim sur douze mois pour l'accès aux services crédit et logement, gratuité dès la première mission : FASTT, fonds d'action sociale du travail temporaire.
- CDI intérimaire : articles L1251-58-1 et suivants du code du travail.
- Indemnité de fin de mission et indemnité compensatrice de congés payés : articles L1251-32 et L1251-19 du code du travail.
La pondération des revenus variables ne relève d'aucun texte : c'est une politique propre à chaque établissement. Le simulateur la laisse volontairement à votre main plutôt que de figer une valeur qui ne vaudrait pour aucune banque en particulier. Résultat indicatif, qui ne vaut pas accord de prêt.
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