Article L3133-6 · indemnité de 100 %

1er mai travaillé :
le salaire doublé, et pour qui c'est légal

Seul jour férié obligatoirement chômé du calendrier, le 1er mai obéit à un régime unique : interdiction de travailler sauf activités qui ne peuvent s'arrêter — et pour celles-ci, salaire doublé. Qui est concerné, ce qui change en 2026, et ce que valent les autres fériés.

Le régime unique du 1er mai

Chômé
seul férié obligatoirement chômé, sans perte de salaire
× 2
salaire + indemnité de 100 % si travaillé (L3133-6)
0 €
majoration légale les autres fériés (hors convention)

Le 1er mai est le seul jour de l'année férié et chômé pour tous les salariés (article L3133-4 du Code du travail), sans condition d'ancienneté et sans perte de rémunération (L3133-5). Une seule exception : les établissements qui, par nature, ne peuvent interrompre leur activité — et pour leurs salariés, la loi impose le doublement du salaire.

Qui peut légalement travailler le 1er mai ?

SecteurTravail le 1er maiRémunération
Hôpitaux, EHPAD, soins, secoursAutorisé (activité ne pouvant s'interrompre)Salaire × 2
(indemnité d'ordre public, non remplaçable par un repos)
Industrie à feu continu, énergie, eau
Transports, hôtellerie, sécurité
Presse, audiovisuel, spectacles
Boulangers-pâtissiers et fleuristes artisanauxToléré depuis 2026 (volontariat)Salaire × 2
Commerce ordinaire, bureaux, BTP, industrie standardInterditJour chômé payé normalement

L'appréciation se fait au cas par cas : c'est la nature de l'activité qui justifie la dérogation, jamais l'opportunité commerciale. Un salarié à qui l'on demande de travailler un 1er mai hors de ces cas peut refuser sans risque de sanction ni de licenciement.

Ce qui a changé pour 2026 : boulangers et fleuristes

Après les amendes infligées à des boulangers ayant ouvert lors des 1ers mai précédents — le sujet qui a relancé tout le débat — le gouvernement a annoncé que les boulangers-pâtissiers et fleuristes artisanaux pourraient ouvrir le 1er mai 2026 : instruction donnée aux services de l'État, strict volontariat des salariés, et paiement double conforme à la loi. Les industriels de ces secteurs restent exclus de la tolérance. Une clarification législative et des négociations de branche sont en cours — cette page sera mise à jour dès qu'un texte définitif sera publié.

Le calcul du « payé double », concrètement

  • Le salarié perçoit son salaire normal du jour + une indemnité égale (article L3133-6) : 8 heures à 15 € brut = 120 € + 120 € d'indemnité = 240 € brut ;
  • L'indemnité est d'ordre public : aucun accord, aucun contrat ne peut la remplacer par un repos compensateur — c'est la différence majeure avec les autres fériés ;
  • Elle s'ajoute aux majorations éventuelles prévues par la convention collective (travail de nuit, dimanche…) quand elles ont un objet différent ;
  • Employeur en infraction : amende par salarié concerné, salaire double restant dû, dommages-intérêts possibles.

Et les autres jours fériés ?

Contrairement à une idée très répandue, aucune majoration légale n'existe pour un férié ordinaire travaillé : un 14 juillet ou un 25 décembre peut être payé au tarif normal si votre convention ne prévoit rien. Ce sont les conventions collectives qui accordent les majorations (souvent 50 % ou 100 %) — vérifiez la vôtre avec l'outil jours fériés par convention collective. À l'inverse, un férié chômé est payé sans condition dès 3 mois d'ancienneté (L3133-3), et le seul férié « gratuit » est celui choisi pour la journée de solidarité. Toutes les dates de l'année : calendrier fériés & ponts.

Sources officielles : articles L3133-4 à L3133-6 (Légifrance), service-public.fr, code.travail.gouv.fr. Règles vérifiées en juillet 2026 — page mise à jour à chaque évolution (tolérance 2026 incluse).

Questions fréquentes

Oui : dans les établissements qui ne peuvent interrompre le travail en raison de la nature de leur activité, les salariés occupés le 1er mai ont droit, en plus de leur salaire, à une indemnité égale au montant de ce salaire (article L3133-6 du Code du travail). C'est un doublement d'ordre public : aucun accord ne peut le remplacer par un repos compensateur, contrairement aux autres fériés.

Uniquement les établissements et services qui, en raison de la nature de leur activité, ne peuvent interrompre le travail : hôpitaux et soins, hôtels, transports, industries à feu continu, sécurité, énergie… L'appréciation se fait au cas par cas ; un commerce ordinaire ne peut pas invoquer une simple opportunité commerciale. Le 1er mai est le seul jour férié obligatoirement chômé pour tous les autres salariés, sans condition d'ancienneté et sans perte de salaire.

Après les amendes infligées à des boulangers ayant ouvert les 1ers mai précédents, le gouvernement a annoncé pour le 1er mai 2026 que les boulangers-pâtissiers et fleuristes artisanaux pourraient ouvrir, sur la base du volontariat des salariés, payés double conformément à la loi — instruction donnée aux services de l'État, dans l'attente d'une clarification législative et de négociations de branche. Les industriels du secteur restent exclus de cette tolérance.

Une amende par salarié concerné (contravention), le paiement du salaire doublé restant dû au salarié, et des dommages-intérêts possibles. Le salarié qui refuse de travailler un 1er mai hors des cas légaux ne peut être ni sanctionné ni licencié pour ce motif.

Il ne donne droit à aucune compensation particulière pour les salariés qui ne devaient de toute façon pas travailler : pas de jour de récupération (sauf accord collectif plus favorable). Pour ceux qui travaillent habituellement le dimanche (commerce alimentaire, soins…), les règles du 1er mai s'appliquent normalement : chômé sauf activité continue, payé double sinon.

Non, pas par la loi : en dehors du 1er mai, le Code du travail ne prévoit aucune majoration pour un férié travaillé — un salarié peut travailler un 14 juillet payé au tarif normal. Les majorations (souvent 50 % ou 100 %) viennent des conventions collectives : vérifiez la vôtre. Un férié chômé est en revanche payé sans condition pour les salariés ayant 3 mois d'ancienneté.