ARCE 60 % · règles avril 2025 & 2026 intégrées

Créer sa boîte au chômage :
ARCE ou maintien, le choix à 10 000 €

Le chômage est le premier financeur des créateurs d'entreprise en France. Deux formules exclusives l'une de l'autre : le capital tout de suite (ARCE) ou le filet mensuel (maintien). Le bon choix dépend de votre projet — et les règles ont changé.

Deux formules, un choix exclusif

Demandeur d'emploi indemnisé, vous créez ou reprenez une entreprise : l'assurance chômage vous finance — mais il faut choisir entre le capital (ARCE) et le revenu mensuel (maintien de l'ARE). Les deux sont exclusifs, et deux réformes récentes ont rebattu les cartes.

ARCE (capital)Maintien de l'ARE
Ce que vous recevez 60 % des droits restants, en 2 versements : moitié au démarrage, solde à 6 mois si l'activité se poursuit Votre allocation mensuelle, réduite de 70 % des rémunérations que vous vous versez
Plafond Les 40 % restants sont conservés en réserve Depuis le 1er avril 2025 : cumul plafonné à 60 % du capital de droits restants à la date de création
Condition d'accès Bénéficier de l'ACRE — depuis 2026, à demander à l'URSSAF dans les 60 jours suivant la création (plus automatique) Rester inscrit + actualiser chaque mois en déclarant les revenus
Fiscalité Imposable à l'IR Imposable comme l'ARE classique
Si l'activité échoue Réinscription possible : le reliquat de 40 % est mobilisable (délais de déchéance) Les droits non consommés reprennent simplement

Comment choisir : la grille de décision

  • ARCE si le projet exige de la trésorerie immédiate (machines, stock, local, véhicule — fréquent dans l'artisanat et l'industrie) et que des revenus arriveront vite. Vous encaissez, vous ne dépendez plus de l'actualisation ;
  • Maintien si la montée en charge sera lente (conseil, freelance, micro-entreprise) : le filet mensuel sécurise le foyer pendant la construction du chiffre d'affaires — dans la limite, désormais, de 60 % du capital de droits ;
  • Le montant des droits pèse : avec de gros droits restants (long historique, bon salaire), les deux formules sont confortables ; avec des droits faibles, le maintien protège plus longtemps qu'un petit capital vite consommé.
Le nouveau piège 2026 : l'ACRE (exonération partielle de cotisations, porte d'entrée de l'ARCE) n'est plus automatique pour personne — la demande se fait auprès de l'URSSAF dans les 60 jours suivant la création. Dossier oublié = ARCE inaccessible. C'est LA formalité à caler dès le jour 1.

Micro-entreprise : la mécanique fine du maintien

France Travail calcule la réduction de 70 % sur vos revenus après abattement forfaitaire (71 % achat-revente, 50 % services BIC, 34 % BNC). Un CA de 1 000 € en prestation de services ne « compte » donc que 500 €, soit 350 € déduits de l'ARE. Les premiers mois à faible chiffre d'affaires laissent l'allocation presque intacte — déclarez le CA à chaque actualisation, même nul. Pour les calculs détaillés propres aux auto-entrepreneurs, notre dossier ARE et auto-entrepreneur complète cette page.

Et si vous êtes encore salarié ?

Le bon ordre : sécuriser la sortie d'abord (rupture conventionnelle, ou démission-reconversion avec projet validé avant le départ), ouvrir les droits, puis choisir ARCE ou maintien. Démissionner sèchement pour créer vous prive des deux formules — sauf à compter sur le filet de la création échouée, le plan le plus fragile.

Combien font vos 60 % ?
Estimez d'abord vos droits totaux — la base des deux formules.
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Sources officielles : francetravail.fr (ARCE, guide créateur 2026), entreprendre.service-public.fr, urssaf.fr (ACRE).

Questions fréquentes

L'aide à la reprise ou création d'entreprise convertit 60 % de vos droits ARE restants en capital, versé en deux fois : la moitié au démarrage, le solde 6 mois plus tard si l'activité se poursuit. Condition d'accès : bénéficier de l'ACRE — qui, depuis 2026, doit être demandée à l'URSSAF dans les 60 jours suivant la création (elle n'est plus automatique). L'ARCE est imposable.

Vous restez inscrit et percevez chaque mois votre allocation, réduite de 70 % des rémunérations que vous vous versez. Nouveauté du 1er avril 2025 : ce cumul est plafonné à 60 % du capital de droits restants à la date de création — le maintien ne peut plus consommer la totalité des droits pendant la phase de lancement.

ARCE si votre projet exige de la trésorerie immédiate (stock, machine, local) et que vous êtes confiant sur des revenus rapides. Maintien si vous voulez sécuriser un revenu mensuel pendant une montée en charge lente, notamment en micro-entreprise à faibles revenus initiaux. Les deux sont exclusifs — et le choix de l'ARCE est définitif pour les droits convertis. Il reste 40 % des droits mobilisables si l'activité ARCE cesse.

Avec l'ARCE : vous pouvez retrouver le reliquat de vos droits (les 40 % non convertis) en vous réinscrivant, dans la limite des délais de déchéance. Avec le maintien : les droits non consommés reprennent simplement. Et si vous aviez démissionné pour créer sans passer par France Travail, le cas « création d'entreprise échouée » peut requalifier votre démission — voir la page dédiée.

En micro-entreprise, France Travail retient vos revenus après abattement forfaitaire (71 %, 50 % ou 34 % selon l'activité) pour calculer la réduction de 70 % — un chiffre d'affaires modeste laisse donc souvent l'ARE quasi intacte les premiers mois. Déclarez le CA à chaque actualisation, même nul.