Démission légitime · plainte requise

Victime d'actes délictueux au travail :
partir protégé, indemnisé

Violences physiques, harcèlement moral ou sexuel, menaces : quand l'infraction se produit au travail, le règlement d'assurance chômage ne vous oblige pas à rester. La démission est légitime dès lors qu'une plainte est déposée.

Le principe : nul n'est tenu de rester sur les lieux d'une infraction

Violences, harcèlement moral ou sexuel, menaces, agression par un client : lorsque vous êtes victime d'un acte délictueux à l'occasion de l'exécution de votre contrat de travail, votre démission est légitime (art. 2 du règlement général) — vos droits au chômage s'ouvrent comme après un licenciement, dès lors que vous avez déposé plainte.

Ce qui entre dans le champ

  • Les faits : tout acte pénalement répréhensible subi au travail — violences physiques, harcèlement moral ou sexuel, agression sexuelle, menaces, discrimination délictuelle, vol avec violence… ;
  • L'auteur : peu importe — employeur, supérieur, collègue, client, usager ou tiers, dès lors que les faits surviennent à l'occasion du travail ;
  • La preuve exigée : le récépissé du dépôt de plainte (commissariat, gendarmerie ou courrier au procureur). Une main courante ne suffit pas ; l'issue de la plainte est indifférente pour France Travail.

Avant de partir : les leviers internes

Le règlement n'impose aucune démarche préalable, mais deux actions renforcent votre position (et parfois règlent le problème sans départ) :

  • Alerte écrite à l'employeur (recommandé AR, copie CSE) : il est débiteur d'une obligation de sécurité — rester passif engage sa responsabilité ;
  • Signalement aux représentants du personnel : le CSE dispose d'un droit d'alerte en cas d'atteinte aux droits des personnes ; le référent harcèlement sexuel (obligatoire dès 250 salariés, et au CSE dans toutes les entreprises) peut être saisi ;
  • La médecine du travail documente l'impact sur votre santé — utile pour la suite (et pour vous situer).

Démission légitime, prise d'acte, ou les deux

La démission légitime vous met à l'abri vite : chômage sécurisé dès le dossier France Travail validé. La prise d'acte ou la résiliation judiciaire peuvent transformer la rupture en licenciement nul ou sans cause (indemnités, y compris le barème Macron — voire au-delà en cas de harcèlement, le barème ne s'appliquant pas au licenciement nul), mais au prix d'une procédure longue. Stratégie fréquente : démission légitime pour sécuriser le revenu, puis action prud'homale au fond pour faire juger les faits — les deux sont parfaitement compatibles.

Les erreurs à éviter

  • Démissionner avant de déposer plainte (le récépissé doit exister pour le dossier chômage) ;
  • Tout régler à l'oral : sans écrits (alertes, témoignages, certificats), l'action au fond s'étiole ;
  • Confondre main courante et plainte — seule la seconde vaut pour le règlement ;
  • Négliger l'accompagnement : Défenseur des droits (discriminations), inspection du travail, associations d'aide aux victimes (France Victimes, 116 006) — tous gratuits.
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Sources officielles : unedic.org, service-public.fr, defenseurdesdroits.fr.

Questions fréquentes

Les actes délictueux dont vous êtes victime à l'occasion de l'exécution de votre contrat de travail : violences physiques, harcèlement moral ou sexuel, agression, menaces, vol avec violence… L'auteur peut être l'employeur, un collègue ou un tiers (client, usager).

Le récépissé du dépôt de plainte (police, gendarmerie ou courrier au procureur de la République). Une main courante ne suffit pas, et l'issue pénale de la plainte n'a pas à être attendue : c'est le dépôt qui conditionne la légitimité de la démission.

Ce n'est pas une condition du règlement, mais c'est fortement recommandé : l'employeur est tenu d'une obligation de sécurité. L'alerter par écrit (avec copie au CSE ou aux représentants du personnel) documente le dossier — et peut déboucher sur des mesures qui évitent d'avoir à partir.

Elle est la plus rapide pour se mettre en sécurité en conservant le chômage. La prise d'acte ou la résiliation judiciaire peuvent en plus faire produire à la rupture les effets d'un licenciement nul ou sans cause (dommages-intérêts), mais elles sont plus longues et aléatoires. Rien n'empêche de démissionner (légitimement) puis d'agir aux prud'hommes.

Oui : mêmes montants, durée et différés qu'un licenciement, sous réserve de l'affiliation habituelle. Les faits subis n'ont par ailleurs aucune incidence négative sur le calcul — le salaire de référence reste celui de vos 24 derniers mois.