Nouveau job décevant après un licenciement :
la fenêtre des 88 jours pour partir
Vous avez enchaîné directement sur un CDI après un licenciement ou une fin de CDD, sans passer par la case France Travail — et le poste ne convient pas. Le règlement vous laisse une fenêtre : démissionner avant 88 jours travaillés reste légitime.
Le scénario que la règle protège
Licencié ou en fin de CDD, vous avez rebondi directement dans un CDI — sans même passer par France Travail. Trois semaines plus tard, le poste se révèle très loin de la promesse. Faut-il rester prisonnier de peur de perdre le chômage lié à votre licenciement ? Non : le règlement (art. 2) vous laisse une fenêtre de sortie de 88 jours travaillés.
Les 3 conditions cumulatives
- Une perte involontaire d'abord : le contrat précédent s'est terminé par un licenciement (personnel ou économique), une rupture conventionnelle ou une fin de CDD ;
- Pas d'inscription entre les deux : vous ne vous êtes pas inscrit comme demandeur d'emploi entre la rupture et la reprise (sinon, c'est l'autre cas — voir plus bas) ;
- Une démission avant 88 jours travaillés du nouvel emploi en CDI — seuil en vigueur depuis le 1er avril 2025 (65 jours auparavant), soit environ 4 mois de travail effectif.
Compter les 88 jours sans se tromper
- Ce sont des jours travaillés, pas des jours calendaires : week-ends, congés et absences ne comptent pas ;
- Gardez plannings et bulletins de paie : c'est votre décompte qui sera vérifié ;
- Ne jouez pas la limite : viser 80-85 jours maximum absorbe les aléas de décompte ;
- La rupture de période d'essai à votre initiative est un départ volontaire : c'est exactement ce que cette règle sécurise. (Si c'est l'employeur qui rompt l'essai, aucun problème — perte involontaire, droits ouverts sans condition particulière.)
Sur quoi l'allocation est-elle calculée ?
Sur l'ensemble de vos périodes d'emploi des 24 derniers mois, comme toujours — l'épisode bref du nouvel emploi s'ajoute à l'historique, il n'efface rien. Le point d'ancrage juridique est la rupture involontaire initiale : c'est elle qui rend la privation d'emploi indemnisable malgré la démission finale.
Vous étiez déjà inscrit ? C'est l'autre porte
Si vous vous étiez inscrit à France Travail entre les deux contrats (même sans être encore indemnisé), votre situation relève du régime de la démission en cours de droits : le reliquat est conservé si l'emploi quitté représente moins de 88 jours ou 610 heures, ou durait moins de 6 jours, ou moins de 17 heures par semaine. Le mode d'emploi complet est dans notre page démissionner d'un emploi repris en cours d'indemnisation.
Si vous ratez la fenêtre
Au-delà de 88 jours, la démission redevient un départ volontaire classique : pas d'indemnisation immédiate. Restent les filets communs : retravailler 88 jours (ou 610 heures) pour neutraliser la démission, ou saisir l'instance paritaire régionale après 121 jours de chômage non indemnisé avec des preuves de recherche active — le versement peut alors reprendre au 122e jour.
Le simulateur calcule sur l'ensemble de vos 24 derniers mois — épisode bref compris.
Sources officielles : unedic.org, service-public.fr.