Démission légitime · règle des 88 jours (avril 2025)

Nouveau job décevant après un licenciement :
la fenêtre des 88 jours pour partir

Vous avez enchaîné directement sur un CDI après un licenciement ou une fin de CDD, sans passer par la case France Travail — et le poste ne convient pas. Le règlement vous laisse une fenêtre : démissionner avant 88 jours travaillés reste légitime.

Le scénario que la règle protège

Licencié ou en fin de CDD, vous avez rebondi directement dans un CDI — sans même passer par France Travail. Trois semaines plus tard, le poste se révèle très loin de la promesse. Faut-il rester prisonnier de peur de perdre le chômage lié à votre licenciement ? Non : le règlement (art. 2) vous laisse une fenêtre de sortie de 88 jours travaillés.

Les 3 conditions cumulatives

  • Une perte involontaire d'abord : le contrat précédent s'est terminé par un licenciement (personnel ou économique), une rupture conventionnelle ou une fin de CDD ;
  • Pas d'inscription entre les deux : vous ne vous êtes pas inscrit comme demandeur d'emploi entre la rupture et la reprise (sinon, c'est l'autre cas — voir plus bas) ;
  • Une démission avant 88 jours travaillés du nouvel emploi en CDI — seuil en vigueur depuis le 1er avril 2025 (65 jours auparavant), soit environ 4 mois de travail effectif.
À quoi sert cette règle ? À encourager le rebond immédiat : accepter un CDI tout de suite après un licenciement ne doit pas être plus risqué que de s'inscrire au chômage. Si l'essai n'est pas concluant — de votre fait — vos droits d'origine restent mobilisables.

Compter les 88 jours sans se tromper

  • Ce sont des jours travaillés, pas des jours calendaires : week-ends, congés et absences ne comptent pas ;
  • Gardez plannings et bulletins de paie : c'est votre décompte qui sera vérifié ;
  • Ne jouez pas la limite : viser 80-85 jours maximum absorbe les aléas de décompte ;
  • La rupture de période d'essai à votre initiative est un départ volontaire : c'est exactement ce que cette règle sécurise. (Si c'est l'employeur qui rompt l'essai, aucun problème — perte involontaire, droits ouverts sans condition particulière.)

Sur quoi l'allocation est-elle calculée ?

Sur l'ensemble de vos périodes d'emploi des 24 derniers mois, comme toujours — l'épisode bref du nouvel emploi s'ajoute à l'historique, il n'efface rien. Le point d'ancrage juridique est la rupture involontaire initiale : c'est elle qui rend la privation d'emploi indemnisable malgré la démission finale.

Vous étiez déjà inscrit ? C'est l'autre porte

Si vous vous étiez inscrit à France Travail entre les deux contrats (même sans être encore indemnisé), votre situation relève du régime de la démission en cours de droits : le reliquat est conservé si l'emploi quitté représente moins de 88 jours ou 610 heures, ou durait moins de 6 jours, ou moins de 17 heures par semaine. Le mode d'emploi complet est dans notre page démissionner d'un emploi repris en cours d'indemnisation.

Si vous ratez la fenêtre

Au-delà de 88 jours, la démission redevient un départ volontaire classique : pas d'indemnisation immédiate. Restent les filets communs : retravailler 88 jours (ou 610 heures) pour neutraliser la démission, ou saisir l'instance paritaire régionale après 121 jours de chômage non indemnisé avec des preuves de recherche active — le versement peut alors reprendre au 122e jour.

Vos droits d'origine, chiffrés
Le simulateur calcule sur l'ensemble de vos 24 derniers mois — épisode bref compris.
Simuler mon chômage →

Sources officielles : unedic.org, service-public.fr.

Questions fréquentes

Votre démission est légitime si trois conditions sont réunies : votre précédent contrat a été rompu involontairement (licenciement, rupture conventionnelle, fin de CDD) ; vous ne vous êtes pas inscrit comme demandeur d'emploi entre les deux contrats ; et vous démissionnez du nouvel emploi (CDI) avant d'avoir totalisé 88 jours travaillés — seuil en vigueur depuis le 1er avril 2025, contre 65 jours auparavant.

Sur l'ensemble de vos périodes d'affiliation, comme d'habitude — l'essentiel étant que la rupture involontaire initiale (le licenciement ou la fin de CDD) fonde l'ouverture des droits. Le passage éclair dans le nouvel emploi n'annule rien.

En jours travaillés (pas calendaires), soit environ 4 mois de travail. La prudence commande de garder une marge : rassemblez plannings et bulletins pour établir le décompte précis, c'est la pièce clé du dossier.

Vous relevez alors d'un autre cas, encore plus favorable : le demandeur d'emploi indemnisé qui reprend un emploi puis démissionne conserve son reliquat de droits sous conditions (moins de 88 jours ou 610 heures travaillés). Voir notre page « démission en cours d'indemnisation ».

Oui, rompre l'essai à votre initiative est un départ volontaire — c'est précisément ce que cette règle des 88 jours vient sécuriser. À l'inverse, si c'est l'employeur qui rompt l'essai, la perte est involontaire et vos droits sont ouverts sans condition particulière.