Règlement Unédic en vigueur · à jour 2026

Chômage après un CDD :
vos droits, sans mauvaise surprise

La fin d'un CDD est une perte d'emploi involontaire : elle ouvre droit au chômage dès 6 mois travaillés — et même 5 mois pour les nouveaux entrants depuis avril 2026. Reste à éviter les pièges : différés, refus de CDI, inscription tardive.

Fin de CDD = droit au chômage, sans discussion

L'arrivée du terme d'un CDD est une privation involontaire d'emploi : aucun débat sur le motif, contrairement à une démission. La seule vraie condition est l'affiliation : 130 jours travaillés ou 910 heures (environ 6 mois) sur les 24 derniers mois — 36 mois à partir de 55 ans — tous employeurs et tous contrats confondus.

Nouveau depuis le 1er avril 2026 : si vous n'avez jamais été indemnisé par l'assurance chômage (ou pas depuis plus de 20 ans), 5 mois travaillés sur les 36 derniers mois suffisent pour ouvrir des droits. Une vraie porte d'entrée pour les jeunes qui enchaînent les premiers CDD.

Ce que devient votre solde de tout compte

Somme reçue en fin de CDDEffet sur l'allocationEffet sur le calendrier
Salaire du dernier mois Compte dans le calcul de l'ARE
Prime de précarité (10 %) N'augmente pas l'ARE (indemnité de rupture, exclue du salaire de référence) Aucun différé
Indemnité de congés payés non pris (ICCP) N'augmente pas l'ARE Crée un différé « congés payés » (plafonné à 30 jours)

Chiffrez votre solde exact avec le calculateur solde de tout compte CDD et votre prime de précarité.

Le calendrier réel du premier versement

  • J+0 : fin du contrat. Inscrivez-vous dès le lendemain sur francetravail.fr (l'attestation employeur est transmise automatiquement via la DSN) ;
  • Délai d'attente : 7 jours incompressibles, une seule fois par période de 12 mois ;
  • Différé congés payés : votre ICCP divisée par votre salaire journalier ≈ autant de jours non indemnisés en plus ;
  • Premier paiement : en début de mois suivant, après votre première actualisation.

En pratique : entre 2 et 6 semaines après l'inscription pour un CDD classique. D'où l'importance de ne pas « prendre des vacances » avant de s'inscrire — rien n'est rétroactif.

Le piège 2026 : refuser un CDI après son CDD

Si votre employeur vous propose un CDI sur le même emploi (ou similaire), au même lieu, à rémunération au moins équivalente, et que vous refusez deux fois en 12 mois ce type de proposition à l'issue de CDD, France Travail peut refuser l'ouverture de vos droits. Les employeurs ont l'obligation de signaler ces refus. Un CDI moins payé, plus loin ou sur un autre poste ne compte pas — mais gardez les écrits.

Enchaîner CDD et chômage : comment le système gère

Le régime est pensé pour l'emploi discontinu :

  • Cumul allocation-salaire : si vous reprenez un CDD en cours d'indemnisation, 70 % de votre nouveau salaire brut est déduit de l'ARE du mois — le total dépasse toujours l'allocation seule, et les jours non consommés repoussent votre fin de droits ;
  • Rechargement : à l'épuisement de vos droits, 130 jours (ou 910 heures) retravaillés ouvrent un nouveau droit calculé sur les derniers contrats ;
  • Fin de droits : anticipez la date avec le calculateur de fin de droits — et si l'horizon se rapproche, vérifiez l'ASS (5 ans d'activité requis) et le RSA.
Votre allocation nette, votre durée, votre date de 1er versement
Le simulateur applique le règlement Unédic en vigueur, différés compris.
Simuler mon chômage →

Et pendant l'indemnisation ?

L'ARE se cumule avec la aide au logement et, si vous reprenez une activité réduite, avec la prime d'activité. L'actualisation mensuelle reste votre seule obligation récurrente : un oubli suspend tout. Références : unedic.org, francetravail.fr.

Questions fréquentes

Oui. L'arrivée du terme d'un CDD est une privation involontaire d'emploi : elle ouvre droit à l'ARE si vous justifiez d'au moins 130 jours travaillés ou 910 heures (environ 6 mois) sur les 24 derniers mois (36 mois à partir de 55 ans). Depuis le 1er avril 2026, les primo-demandeurs — qui n'ont jamais été indemnisés — ouvrent des droits dès 5 mois travaillés sur les 36 derniers mois.

Non, dans les deux sens : l'indemnité de fin de contrat (10 %) est une indemnité de rupture, exclue du salaire de référence qui sert à calculer votre allocation — elle n'augmente donc pas l'ARE — mais elle ne génère pas non plus de différé d'indemnisation, contrairement aux congés payés non pris.

Au minimum 7 jours (délai d'attente incompressible), auxquels s'ajoute un différé « congés payés » si une indemnité compensatrice de congés payés vous a été versée avec le solde de tout compte (plafonné à 30 jours). En pratique : de 1 semaine à un peu plus d'un mois après l'inscription.

Oui, c'est le piège récent : si vous refusez deux fois en 12 mois un CDI portant sur le même emploi (ou un emploi similaire), au même lieu et à rémunération au moins équivalente, à l'issue de vos CDD, France Travail peut refuser l'ouverture de vos droits. L'employeur a l'obligation de notifier ces refus.

Oui, le système le prévoit : vos droits non consommés sont conservés, et le rechargement permet d'ouvrir de nouveaux droits après 130 jours retravaillés. Chaque mois travaillé en cours d'indemnisation se cumule partiellement avec l'ARE selon la règle du cumul allocation-salaire.

Vous avez 12 mois après la fin du contrat pour vous inscrire, mais chaque jour de retard est un jour d'allocation potentiellement perdu : les droits ne sont jamais rétroactifs avant l'inscription. Le bon réflexe : s'inscrire dès le lendemain du dernier jour de contrat.