Convention Collective Commerce de Gros 2026 (IDCC 573) : Salaires, Primes, Préavis
Préparateur de commandes, cariste, chauffeur-livreur, commercial BtoB, gestionnaire ADV ou cadre : si vous travaillez dans une entreprise de négoce ou de distribution en gros, votre contrat relève de la convention collective nationale des commerces de gros (IDCC 573, brochure 3044). Ce guide décrypte la classification en 10 niveaux, la grille nationale 2026, la garantie d'ancienneté (souvent confondue avec une prime), les majorations de nuit, de dimanche et de froid, le maintien de salaire en cas de maladie et les règles de rupture — avec la source officielle à chaque étape.
Sommaire
- Qui est couvert par l'IDCC 573 ?
- Classification : 10 niveaux I à X
- La grille des salaires 2026
- La garantie d'ancienneté (pas une prime)
- Primes : nuit, dimanche, froid, repas
- Congés pour événements familiaux
- Maladie, maternité, prévoyance
- Rupture : préavis et indemnités
- Points de vigilance pour votre paie
- Sources officielles
- Questions fréquentes
1. Qui est couvert par l'IDCC 573 ?
La convention collective nationale des commerces de gros couvre les entreprises dont l'activité principale est d'acheter des marchandises pour les revendre, en gros, principalement à des professionnels (revendeurs, collectivités, autres entreprises) : grossistes alimentaires et non alimentaires, centrales d'achat, plateformes logistiques de distribution, intermédiaires du commerce. C'est l'activité réelle de l'entreprise qui déclenche son application, pas l'intitulé de votre poste.
Si votre entreprise vend principalement à des particuliers (commerce de détail), l'IDCC 573 ne s'applique pas. De même, certains négoces ont leur propre convention (matériaux de construction, produits du sol, etc.). En revanche, comme l'accord de salaires est étendu, la grille s'impose à toutes les entreprises du commerce de gros, qu'elles adhèrent ou non à une organisation patronale.
Métiers les plus concernés : logistique (caristes, préparateurs de commandes, magasiniers), transport (chauffeurs-livreurs PL / VL), commerce (commerciaux itinérants, télévendeurs, ADV) et fonctions support (comptabilité, RH, administration). L'IDCC inscrit sur votre bulletin de paie confirme votre rattachement.
2. Classification : 10 niveaux, deux familles
La grille compte 10 niveaux (I à X), eux-mêmes subdivisés en échelons qui dépendent de l'expérience, des diplômes et de la polyvalence mobilisée dans l'emploi :
Ouvriers, employés, techniciens et agents de maîtrise
Du préparateur débutant (niveau I) à l'agent de maîtrise confirmé (niveau VI). Les niveaux I à IV regroupent l'exécution et la qualification, les niveaux V et VI la technicité et l'encadrement de proximité. Rémunération exprimée en mensuel.
Cadres
Du cadre débutant (niveau VII) au cadre dirigeant (niveau X). Leur rémunération minimale est exprimée en salaire annuel garanti (et non en mensuel), pour intégrer les éventuelles primes et le 13ᵉ mois.
Classification de la CCN des commerces de gros (IDCC 573) — Code du travail numérique.
3. La grille des salaires 2026
Contrairement au BTP, la grille du commerce de gros est nationale : un même niveau a le même minimum partout en France. La grille en vigueur résulte de l'accord du 17 mars 2026, applicable au 1ᵉʳ mars 2026, avec une revalorisation moyenne de 1,25 %. Les niveaux I à VI sont exprimés en mensuel, les niveaux VII à X (cadres) en salaire annuel garanti.
| Niveau | Catégorie | Minimum 2026 (échelons 1 à 3) |
|---|---|---|
| I | Employé / ouvrier | 1 839,81 € à 1 861,96 € / mois |
| II | Employé / ouvrier | 1 873,13 € à 1 895,67 € / mois |
| III | Employé qualifié | 1 907,05 € à 1 930,00 € / mois |
| IV | Employé qualifié | 1 941,58 € à 1 964,95 € / mois |
| V | Technicien / AM | 1 973,03 € à 2 123,78 € / mois |
| VI | Technicien / AM | 2 203,43 € à 2 371,78 € / mois |
| VII | Cadre | 30 338 € à 33 448 € / an |
| VIII | Cadre | 38 709 € à 46 838 € / an |
| IX | Cadre | 51 522 € à 56 674 € / an |
| X | Cadre dirigeant | 65 176 € à 78 211 € / an |
Accord du 17 mars 2026 relatif aux salaires minima de la CCN des commerces de gros, applicable au 1ᵉʳ mars 2026 — grille consultable sur LégiSocial et Légifrance.
Au 1ᵉʳ juin 2026, le SMIC est de 1 867,02 € brut par mois (12,31 €/h). Or les minima des niveaux I à IV (et le bas du niveau V) lui sont inférieurs : dans ces cas, c'est le SMIC qui s'applique, pas le chiffre de la grille, tant que la branche n'a pas revalorisé au-dessus. Conséquence concrète : passer d'un échelon à l'autre dans le bas de grille ne change parfois rien à la paie, puisque tout le monde est ramené au SMIC.
Vérifiez votre minimum 2026
Sélectionnez votre niveau. Le simulateur applique automatiquement le plancher SMIC quand la grille lui est inférieure.
Échelon 1 retenu pour les niveaux I-VI ; mensuel approché (annuel ÷ 12) pour les cadres VII-X. Net avant impôt sur le revenu.
Progression par niveau
Minima mensuels bruts 2026 (échelon 1 ; cadres en équivalent mensuel). La ligne pointillée marque le SMIC.
4. La garantie d'ancienneté (et non une prime mensuelle)
C'est le point le plus mal compris de cette convention. Beaucoup d'employés cherchent en vain une ligne « prime d'ancienneté » sur leur bulletin de paie : elle n'existe pas dans le commerce de gros. À la place, la convention prévoit — dans le secteur non alimentaire — une garantie d'ancienneté annuelle.
Le principe : on additionne les 12 salaires mensuels bruts conventionnels de l'année, on applique une majoration selon l'ancienneté, et l'employeur doit régulariser en fin d'année si votre rémunération réelle est en dessous de ce seuil garanti.
| Ancienneté dans l'entreprise | Majoration garantie |
|---|---|
| À partir de 4 ans | + 5 % |
| À partir de 8 ans | + 9 % |
| À partir de 12 ans | + 13 % |
| À partir de 16 ans | + 17 % |
Garantie d'ancienneté du secteur non alimentaire de la CCN des commerces de gros — synthèse sur LégiSocial. Disposition propre au non-alimentaire ; vérifiez votre secteur et vos accords d'entreprise.
Simulateur de garantie d'ancienneté
Estimez le seuil annuel garanti à partir de votre salaire mensuel conventionnel et de votre ancienneté (secteur non alimentaire).
La majoration s'applique sur les minima conventionnels annuels, pas sur votre salaire réel s'il est déjà supérieur. Premier palier à 4 ans révolus.
5. Primes et majorations : nuit, dimanche, froid, repas
Le commerce de gros — entrepôts, plateformes frigorifiques, livraisons matinales — fait largement appel au travail décalé. La convention prévoit donc des majorations spécifiques, sourcées ci-dessous :
Travail de nuit
Majoration du taux horaire pour les heures de nuit, plus forte si la nuit est occasionnelle.
+ 10 % habituel · + 25 % occasionnelTravail du dimanche
Majoration pour le dimanche habituel (15 % pour les surgelés) ; le dimanche exceptionnel est payé double avec repos compensateur.
+ 10 % habituel · + 100 % exceptionnelPrime de froid
Pour le travail en milieu surgelé ou congelé, calculée sur le minimum du niveau I, échelon 1.
4 % du minimum niveau IRepas de nuit
Pour au moins 4 heures travaillées entre 22 h et 6 h : l'employeur fournit un repas ou verse une indemnité.
1,5 × le taux horaire minimumLes heures supplémentaires suivent les majorations légales :
| Heures effectuées | Majoration |
|---|---|
| De la 36ᵉ à la 43ᵉ heure hebdomadaire | + 25 % |
| À partir de la 44ᵉ heure | + 50 % |
Majorations nuit, dimanche, froid et indemnité de repas de nuit de la CCN des commerces de gros — synthèse sur LégiSocial. Les indemnités de repas sont indexées sur les plafonds d'exonération URSSAF, revalorisés chaque 1ᵉʳ janvier.
6. Congés pour événements familiaux
Sur ce point, la règle d'or est le principe de faveur : on applique toujours le chiffre le plus avantageux entre la convention et le Code du travail. Or, depuis les dernières réformes, la loi est devenue plus généreuse que la convention sur le décès d'un enfant.
| Événement | Convention (IDCC 573) | Code du travail | À retenir |
|---|---|---|---|
| Mariage / PACS du salarié | 4 jours | 4 jours | 4 jours |
| Naissance ou adoption | 3 jours | 3 jours | 3 jours |
| Décès du conjoint / partenaire | 3 jours | 3 jours | 3 jours |
| Décès d'un enfant | 3 jours | 5 à 14 jours + congé de deuil | La loi |
Le Code du travail prévoit 5 jours ouvrables, portés à 7 jours ouvrés si l'enfant a moins de 25 ans (ou était lui-même parent), auxquels s'ajoute un congé de deuil de 8 jours. C'est nettement plus que les 3 jours de la convention : ne vous laissez pas imposer le chiffre conventionnel, la loi prime.
7. Maladie, maternité et prévoyance
En cas d'arrêt maladie, le salarié justifiant d'au moins 1 an d'ancienneté bénéficie d'un maintien de salaire par l'employeur, en complément des indemnités journalières de la Sécurité sociale (IJSS), après un délai de carence de 7 jours :
Délai de carence — 7 jours
Le maintien employeur démarre après 7 jours d'arrêt (la Sécurité sociale verse ses IJSS après son propre délai de carence de 3 jours).
30 premiers jours indemnisés — 90 %
Maintien de 90 % du salaire brut, sous déduction des IJSS.
30 jours suivants — deux tiers
Le maintien passe ensuite aux deux tiers du salaire brut. Ces durées s'allongent avec l'ancienneté du salarié.
Au-delà, c'est le régime de prévoyance de la branche (et de l'entreprise) qui prend le relais. La convention prévoit par ailleurs un régime de prévoyance et de frais de santé, et un maintien de salaire plus favorable pour les cadres pendant le congé maternité dans de nombreuses entreprises.
Maintien de salaire maladie de la CCN des commerces de gros — Code du travail numérique.
8. Rupture du contrat : préavis et indemnités
8.1. Le préavis
| Catégorie | Préavis |
|---|---|
| Employés et ouvriers | 1 mois (2 mois au-delà de 2 ans d'ancienneté, en cas de licenciement) |
| Techniciens et agents de maîtrise | 2 mois |
| Cadres | 3 mois |
Durées de préavis de la CCN des commerces de gros — Code du travail numérique.
8.2. L'indemnité de licenciement
Hors faute grave et à partir de l'ancienneté requise, le salarié perçoit la plus favorable de l'indemnité légale et de l'indemnité conventionnelle :
| Barème | Condition | Calcul |
|---|---|---|
| Indemnité légale | dès 8 mois | 1/4 de mois par année jusqu'à 10 ans, 1/3 de mois par année au-delà |
| Indemnité conventionnelle | selon ancienneté | 1/5 de mois par année + 2/15 de mois par année au-delà de 10 ans |
L'indemnité est doublée en cas d'inaptitude d'origine professionnelle rendant le reclassement impossible. Comme le barème légal est généralement plus favorable, c'est lui qui s'applique le plus souvent — le simulateur ci-dessous retient automatiquement le plus avantageux.
Indemnité de licenciement de la CCN des commerces de gros — LégiSocial.
Simulateur d'indemnité de licenciement
Compare le barème légal (1/4 puis 1/3) et le barème conventionnel (1/5 + 2/15 au-delà de 10 ans) et retient le plus favorable.
Estimation indicative, hors faute grave. Indemnité doublée en cas d'inaptitude d'origine professionnelle sans reclassement possible.
9. Points de vigilance pour votre paie
- SMIC vs grille : dans les niveaux I à IV, comparez votre brut au SMIC (1 867,02 €), pas seulement au chiffre de la grille qui lui est inférieur.
- Garantie d'ancienneté (non alimentaire) : à 4, 8, 12 et 16 ans, vérifiez en fin d'année que votre rémunération annuelle atteint le seuil majoré — sinon, régularisation due.
- Majorations décalées : nuit, dimanche, froid et repas de nuit doivent figurer distinctement sur le bulletin dès que vous y avez droit.
- Décès d'un enfant : la loi (jusqu'à 14 jours + congé de deuil) prime sur les 3 jours de la convention.
Votre contrat et les accords d'entreprise peuvent toujours prévoir plus favorable que la convention (13ᵉ mois, primes, mutuelle renforcée…). À l'inverse, aucun accord ne peut descendre sous la grille de branche ni sous le SMIC, et la loi s'impose quand elle est plus avantageuse que la convention.
10. Sources officielles
- Commerces de gros — Code du travail numérique (Ministère du Travail), fiches pratiques par thème ;
- Convention collective 573 (brochure 3044) — LégiSocial, synthèse à jour 2026 ;
- Légifrance — texte intégral de la convention et accords salaires étendus ;
- Accord du 17 mars 2026 relatif aux salaires minima (grille applicable au 1ᵉʳ mars 2026, revalorisation 1,25 %).