Convention SDLM Matériel Agricole 2026 (IDCC 1404) : Salaires Mécanicien et Droits

Mise à jour : 08/05/2026 Convention collective

La convention collective nationale des entreprises de la maintenance, distribution et location de matériels agricoles, de travaux publics, de bâtiment, de manutention et de motoculture de plaisance (dite SDLM, IDCC 1404, brochure JO 3131) couvre près de 50 000 salariés employés par les concessionnaires et réparateurs de matériels agricoles, de motoculture et d'espaces verts, de manutention industrielle et de bâtiment. Caractéristique majeure du métier : une saisonnalité forte (moissons, vendanges, semis) impose des pics d'heures supplémentaires plusieurs fois par an, et la modulation annuelle est largement utilisée.

Mécanicien niveau II
~ 1 965 €
brut / 35h (coeff A50)
Mécanicien niveau III
~ 2 135 €
brut / 35h (coeff A80)
Anc. plafond
13 %
après 15 ans
Salariés couverts
~ 50 000
en France

1. Présentation IDCC 1404

La convention IDCC 1404 (brochure JO 3131), dans sa version refondue du 23 avril 2012, régit les relations entre les concessionnaires et leurs salariés (mécaniciens, techniciens, magasiniers, vendeurs, administratifs). Elle est négociée côté employeurs par Sedima (Syndicat National des Entreprises de Service et Distribution du Machinisme Agricole et Espaces Verts) et le FNAR (réseau des spécialistes manutention et BTP). Côté salariés, les cinq syndicats représentatifs (CFDT, CFE-CGC, CFTC, CGT, FO) y siègent.

Elle s'applique aux entreprises dont l'activité principale relève des codes NAF 46.61Z (commerce de gros de matériel agricole), 33.12Z (réparation de machines), 46.69A/B (commerce de matériel industriel et de manutention). Concrètement : concessionnaires Claas, John Deere, Massey Ferguson, New Holland, Manitou, Kubota, ainsi que les distributeurs spécialisés en motoculture (Husqvarna, Stihl) et manutention (Linde, Toyota, Still).

2. Les 9 niveaux de qualification

Depuis l'harmonisation de sa classification, la grille SDLM distingue 9 niveaux (I à IX) répartis en trois catégories (ouvriers/employés, techniciens/agents de maîtrise, cadres), avec des coefficients codés de A10 à A80 (non-cadres exécution), B10 à B80 (techniciens et agents de maîtrise) et C10 à C60 (cadres). La classification s'effectue selon les compétences techniques, l'autonomie, la responsabilité et les fonctions exercées.

Catégorie Niveau Coefficients Exemples de postes
Ouvriers / employésIA10 – A20Manutentionnaire, lavage, réceptionniste pièces
IIA30 – A50Mécanicien débutant, magasinier, monteur
IIIA60 – A80Mécanicien confirmé (diagnostic, hydraulique, électronique)
Techniciens / agents de maîtriseIVB10 – B30Technicien SAV, chef d'atelier adjoint, technico-commercial
VB40 – B60Chef d'atelier, technicien expert
VIB70 – B80Responsable SAV, agent de maîtrise confirmé
CadresVIIC10 – C20Cadre technique, responsable de site
VIIIC30 – C40Directeur d'agence
IXC50 – C60Cadre dirigeant

Source : Convention IDCC 1404 (brochure 3131), annexe classification harmonisée, grille des minima fixée par l'avenant n°16 du 18 février 2026. Texte intégral sur Légifrance.

3. Grille de salaires 2026

Les minima conventionnels SDLM sont fixés par accord paritaire. Pour 2026, l'avenant n°16 du 18 février 2026 (étendu, applicable au 1er mars 2026) a revalorisé la grille de + 1,2 % en moyenne. Les montants ci-dessous sont en brut mensuel pour 35 heures hebdomadaires (151,67 h/mois), hors heures supplémentaires (très fréquentes en saison).

Catégorie Niveau Coefficient Mini brut 35h
Ouvriers / employésIA101 851,43 €
IA201 879,19 €
IIA301 907,42 €
IIA401 936,01 €
IIA501 965,04 €
IIIA602 020,06 €
IIIA702 076,62 €
IIIA802 134,76 €
Techniciens / agents de maîtriseIVB102 198,81 €
IVB202 297,75 €
IVB302 401,16 €
VB402 509,20 €
VB502 622,12 €
VB602 740,11 €
VIB702 863,42 €
VIB802 992,28 €
CadresVIIC103 141,90 €
VIIC203 456,10 €
VIIIC303 974,52 €
VIIIC404 570,68 €
IXC505 256,27 €
IXC606 044,71 €
SMIC au 1er juin 2026 : le SMIC est passé à 1 867,02 € brut mensuel (12,31 €/h) au 1er juin 2026. Les minima conventionnels inférieurs à ce montant ne s'appliquent plus en l'état : l'employeur doit verser au moins le SMIC pour un temps plein 35 h, tant que la branche n'a pas revalorisé sa grille.

4. Simulateur de paie mécanicien

Simulateur paie SDLM 2026

Salaire de base + heures supplémentaires + ancienneté.

35394348
0581115+
Salaire de base 35h1 965 €
Heures supplémentaires+ 0 €
Prime d'ancienneté+ 0 €
Brut mensuel1 965 €
Net estimé (≈ 78 %)1 533 €

Hors primes d'entreprise, 13ᵉ mois et indemnités de déplacement.

Progression salariale SDLM

Minima conventionnels 2026 (35h hors HS).

SMIC 20261 867 €
Méc. conf. III2 135 €
Cadre max6 045 €

5. Calendrier saisonnier et heures sup

L'activité du SDLM matériel agricole est extrêmement saisonnalisée : pics avant et pendant les grandes opérations agricoles. Voici un calendrier indicatif national (variable selon régions et cultures) :

Jan
Fév
Mars
Avr
Mai
Juin
Juil
Août
Sept
Oct
Nov
Déc
Haute saison (43-48 h/sem typiques)
Saison moyenne (39-43 h/sem)
Basse saison (35-39 h/sem)
  • Avril : préparation des semis printemps, pointes sur tracteurs, semoirs ;
  • Juillet–août : moissons (céréales) — pic d'urgences SAV moissonneuses ;
  • Septembre–octobre : vendanges, maïs, betteraves — pic charrues, déchaumeuses, machines à vendanger ;
  • Novembre–février : période creuse — entretien préventif, formations, congés.

Majorations heures supplémentaires

PlageMajoration
De la 36ᵉ à la 43ᵉ heure / semaine+ 25 % du taux horaire
Au-delà de la 43ᵉ heure+ 50 %
Au-delà de 220 h sup / anContrepartie obligatoire en repos compensateur
Dimanche travaillé (rare)+ 100 % du taux horaire
Jour férié travaillé+ 100 % + repos équivalent

6. Modulation annuelle du temps de travail

Pour absorber la saisonnalité, la convention SDLM autorise l'aménagement / modulation annuelle du temps de travail sur accord d'entreprise. Concrètement :

  • L'horaire hebdomadaire peut varier de 25 à 48 heures selon les périodes ;
  • Sur l'année, la moyenne doit rester à 35 heures hebdomadaires ;
  • Les semaines hautes (saisons) sont compensées par des semaines basses (creux d'hiver) ou des congés ;
  • Les heures sup ne sont décomptées qu'au-delà de 1 607 h annuelles ;
  • Un compteur de modulation doit être tenu et signé chaque mois.
Vérifiez votre compteur

Si votre employeur applique la modulation, vous avez droit à un récapitulatif mensuel signé par les deux parties. Sans ce suivi, la modulation est juridiquement contestable et chaque heure supplémentaire au-delà de 35h/sem doit être payée majorée. En fin d'année, si le compteur est positif (heures non rattrapées), elles sont dues en heures supplémentaires.

7. Prime d'ancienneté

La prime d'ancienneté SDLM (articles 0.21 et 4.23 CCN) progresse par paliers, calculée en pourcentage du salaire minimum mensuel conventionnel garanti du coefficient. Elle s'ajoute au salaire et figure sur une ligne distincte du bulletin de paie.

Ancienneté révolueTauxExemple mécanicien III (2 134,76 €)
5 ans5 %+ 107 € / mois
8 ans7 %+ 149 € / mois
11 ans10 %+ 213 € / mois
15 ans et +13 %+ 278 € / mois

Source : Convention IDCC 1404, articles 0.21 et 4.23 — prime d'ancienneté 5 % (5 ans), 7 % (8 ans), 10 % (11 ans), 13 % (15 ans), calculée sur le minimum conventionnel garanti. Code du travail numérique.

8. Primes spécifiques et indemnités

Indemnité / PrimeConditionsMontant typique 2026
Prime de salissure / outillageEntretien combinaisons et outils personnels30 à 80 € / mois
Indemnité kilométriqueIntervention chez le client agriculteur (véhicule perso)Barème URSSAF 2026 (0,53 à 0,67 €/km selon CV)
Panier de chantierRepas hors siège lors d'une intervention~ 11 € / jour (barème URSSAF)
Prime CACES / habilitationsDétenteur CACES R489 / R486 valides50 à 150 € / mois
Prime électricien / hydraulicienHabilitation électrique (B2, BR, BC)50 à 100 € / mois
Prime de fin de saisonVariable selon entreprise (octobre-novembre)200 à 800 € (variable)
Indemnité d'astreinteIntervention SAV en saison (week-end, soir)50 à 100 € / week-end + heures réelles

9. Formation et CQP du secteur

Le SDLM est rattaché à l'OPCO Mobilités. Plusieurs dispositifs sont accessibles :

  • CPF abondé pour les formations métiers (Pro-A, Bilan de compétences) ;
  • Contrat de professionnalisation pour les nouvelles embauches ou reconversions ;
  • VAE pour valider l'expérience d'un mécanicien autodidacte ;
  • Formations constructeurs (Claas Akademy, John Deere University, Manitou Group Academy) financées par les concessionnaires ;
  • CQP du SDLM : Mécanicien-Réparateur de matériel de motoculture, Technicien après-vente matériel agricole, Magasinier-Vendeur en équipement.
Métiers en très forte tension

Le secteur compte plus de 6 000 postes vacants en 2026. Les concessionnaires proposent des conditions attractives pour les mécaniciens qualifiés : 13ᵉ mois, primes de qualification, véhicule de service, contrats de professionnalisation pour formation rémunérée, carte essence. Excellent levier de négociation à l'embauche ou pour faire évoluer son salaire.

10. Maladie, prévoyance et inaptitude

Maintien de salaire en cas de maladie

Après 1 an d'ancienneté, maintien de salaire à 90 % puis 75 %, déduction faite des indemnités journalières de Sécurité sociale (IJSS) :

AnciennetéMaintien à 90 %Maintien à 75 %
1 à 5 ans30 jours30 jours suivants
5 à 10 ans40 jours40 jours suivants
10 à 15 ans50 jours50 jours suivants
+ 15 ans60 jours60 jours suivants

Pénibilité et inaptitude

Le métier de mécanicien agricole expose à plusieurs risques : postures contraignantes (bras au-dessus des épaules, à genoux), manutentions manuelles de charges, vibrations mécaniques, agents chimiques (huiles, solvants, gasoil) et bruit. Attention : depuis les ordonnances du 22 septembre 2017, quatre de ces facteurs (manutentions manuelles de charges, postures pénibles, vibrations mécaniques et agents chimiques dangereux) ne sont plus pris en compte par le Compte professionnel de prévention (C2P) ; ils relèvent désormais d'une éventuelle reconnaissance d'incapacité permanente pouvant ouvrir droit à un départ anticipé. Parmi les facteurs listés, seul le bruit (au-delà des seuils réglementaires) alimente encore le C2P, dont les points peuvent financer une formation, un passage à temps partiel ou un départ anticipé à la retraite. Vérifiez votre solde sur compteprofessionnelprevention.fr.

11. Préavis et indemnités de rupture

Catégorie Démission Licenciement
Niveaux I et II (ouvriers, employés)1 mois1 mois (< 2 ans) / 2 mois (≥ 2 ans)
Niveau III (ouvrier hautement qualifié)2 mois2 mois
Niveaux IV à VI (techniciens, agents de maîtrise)3 mois2 à 3 mois selon niveau et ancienneté
Niveaux VII à IX (cadres)3 mois3 mois

Source : Convention IDCC 1404, préavis de démission (I-II : 1 mois ; III : 2 mois ; IV-IX : 3 mois) — Code du travail numérique. En licenciement, la durée conventionnelle se combine avec le minimum légal (2 mois au-delà de 2 ans).

Indemnité de licenciement

Barème légal renforcé (article R1234-2) : 1/4 de mois par année d'ancienneté jusqu'à 10 ans, puis 1/3 de mois au-delà. L'assiette inclut salaire de base, prime d'ancienneté, primes de qualification, 13ᵉ mois proratisé et heures supplémentaires structurelles.

12. Questions fréquentes

Mon employeur peut-il me forcer à travailler plus en saison ?

Oui dans la limite légale (48 h hebdomadaires absolu, 44 h sur 12 semaines consécutives, 220 h supplémentaires annuelles maximum). Les heures supplémentaires sont obligatoires si l'employeur le demande, mais doivent être payées majorées. Le refus systématique peut justifier une sanction disciplinaire, sauf raison personnelle légitime.

Le déplacement chez l'agriculteur est-il du temps de travail ?

Le trajet de l'atelier au client est du temps de travail effectif (jurisprudence Cour de cassation). Le trajet domicile-atelier reste du trajet personnel non rémunéré, sauf clause contraire. Les heures de route comptent dans le décompte des 35h hebdomadaires et déclenchent les heures supplémentaires.

Que faire si mon outillage personnel est cassé ou volé en intervention ?

L'employeur a une obligation de sécurité (article L4121-1). Si votre outillage personnel est utilisé pour le travail (cas fréquent dans le SDLM), le matériel cassé ou volé pendant la mission doit être indemnisé par l'employeur. À défaut, l'assurance responsabilité civile de l'entreprise doit intervenir. Conservez les justificatifs (devis, factures de remplacement).

Comment se former en cours d'emploi ?

Plusieurs voies : 1) plan de développement des compétences de l'entreprise (formation à l'initiative de l'employeur, salaire maintenu), 2) CPF (à votre initiative, hors temps de travail ou sur accord), 3) Pro-A (reconversion par alternance avec maintien partiel du salaire), 4) Formation constructeur (Claas Akademy, John Deere University) — souvent prise en charge sur les nouveaux modèles.

Comment connaître mon coefficient ?

Il doit figurer sur votre contrat de travail et sur votre bulletin de paie. Si la mention manque, demandez-la par écrit. La fiche de poste précise vos missions et permet de vérifier la cohérence entre coefficient et tâches réelles.

L'astreinte SAV en saison est-elle obligatoire ?

L'astreinte n'est pas imposable sans clause au contrat ou accord d'entreprise. Si votre contrat la prévoit, vous devez accepter en saison, mais vous avez droit à une indemnité d'astreinte (forfait week-end ~ 50-100 €) plus les heures effectivement travaillées payées en heures supplémentaires majorées. L'astreinte ne peut empiéter sur les 11h consécutives de repos quotidien.

Sources : Convention collective nationale du SDLM matériel agricole, machines de motoculture et espaces verts, manutention industrielle (IDCC 1404, brochure JO 3131), version refondue du 23 avril 2012. Avenant n°16 du 18 février 2026 relatif aux salaires minima (en vigueur au 1er mars 2026). Code du travail (articles L1226-2, L1226-10, L3121-1 à L3121-67, L3245-1, L4121-1, R1234-2). Publications Sedima, OPCO Mobilités. Page mise à jour le 8 mai 2026.
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