Convention Remontées Mécaniques 2026 : Salaires, Droits des Saisonniers et Primes (IDCC 0454)
Perchiste, conducteur de télésiège, pisteur-secouriste, nivoculteur, dameur ou chef d'exploitation : si vous travaillez dans un domaine skiable ou sur une remontée mécanique, votre contrat relève de la convention collective nationale des téléphériques et engins de remontées mécaniques (IDCC 0454). C'est un secteur à part : environ huit salariés sur dix sont des saisonniers employés quatre à cinq mois par hiver, dans le froid, en altitude et sept jours sur sept. Ce guide décrypte, section par section, la classification en huit groupes, la grille des salaires saisonniers et permanents 2026, les protections spécifiques aux saisonniers (reconduction, prime de fin de saison, chômage entre deux hivers), les primes de froid, d'altitude et de risque, les conditions de travail extrêmes et vos droits en cas de rupture.
Sommaire
- Qui est couvert et la saisonnalité du secteur
- Classification : du groupe 1 au groupe 8
- Grille des salaires 2026 (saisonniers & permanents)
- Saisonnalité : reconduction, prime de fin de saison, chômage
- Primes : froid, altitude, risque, dimanche/férié, panier
- Conditions de travail : froid, altitude, sécurité avalanches
- Temps de travail : modulation saisonnière
- Congés & vie personnelle
- Rupture & préavis
- Points de vigilance pour votre paie
- Sources officielles
- Questions fréquentes
1. Qui est couvert par l'IDCC 0454 et pourquoi la saison change tout
La convention collective nationale des téléphériques et engins de remontées mécaniques (IDCC 0454) s'applique aux entreprises qui exploitent les domaines skiables : sociétés de remontées mécaniques, régies communales, exploitants de téléskis, télésièges, télécabines et téléphériques. Elle couvre l'ensemble des métiers de la montagne hivernale, du perchiste posté en bas d'un téléski au pisteur-secouriste qui sécurise les pentes, en passant par le nivoculteur qui fabrique la neige de culture et le dameur qui prépare les pistes la nuit.
Ce qui distingue radicalement ce secteur de toutes les autres branches, c'est la saisonnalité. Environ 80 % des salariés sont employés en CDD saisonnier, généralement de décembre à avril, soit quatre à cinq mois d'activité intense suivis de plusieurs mois sans contrat. Une station ne vit que quand elle est enneigée et ouverte : tout l'emploi se concentre donc sur l'hiver, avec des journées qui démarrent dès l'aube et se prolongent après la fermeture des pistes. Comprendre ses droits de saisonnier — la reconduction, le cumul d'ancienneté, l'indemnisation entre deux hivers — est donc bien plus déterminant ici que dans un emploi permanent classique.
À cette particularité s'ajoute un environnement de travail exigeant. Les salariés des pistes travaillent en extérieur par des températures pouvant descendre sous les -20 °C, en altitude, exposés au vent et à la neige, et parfois face au risque d'avalanche. C'est l'un des rares secteurs où le froid extrême et le danger en montagne font partie du quotidien — et la convention prévoit, en contrepartie, des droits spécifiques (primes, équipements, sécurité) que nous détaillons plus bas.
L'IDCC applicable figure obligatoirement sur votre bulletin de paie (mention « convention collective ») et dans votre contrat de travail. Si votre bulletin mentionne l'IDCC 0454 ou « remontées mécaniques », l'ensemble des droits décrits sur cette page vous est applicable — que vous soyez saisonnier ou permanent. Votre contrat ou un accord d'entreprise peut uniquement prévoir mieux, jamais moins.
2. Classification : du groupe 1 au groupe 8
Votre groupe, inscrit sur le bulletin de paie, détermine votre salaire minimum conventionnel. La grille de la branche s'étage du groupe 1 — agent d'exploitation des pistes sans qualification exigée — au groupe 8 — directeur d'exploitation. Entre les deux se déploie toute la diversité des métiers de la montagne. C'est la mission réellement exercée et la qualification (brevets, habilitations) qui doivent guider le positionnement, et non le bon vouloir de l'employeur : un salarié qui conduit une installation ne relève pas du même groupe qu'un agent affecté au seul balisage des pistes.
Agent d'exploitation / Perchiste / Cabinier
Entretien et balisage des pistes, accueil et embarquement des skieurs, surveillance des remontées. Qualification acquise par formation interne. Salaire au départ du SMIC.
Conducteur / Pisteur-secouriste / Nivoculteur
Conduite de télésiège, télécabine ou téléphérique, secours sur pistes et déclenchement d'avalanches (PIDA), production de neige de culture. Brevet pisteur, CATEX, habilitations.
Chef d'exploitation / Responsable technique / Directeur
Encadrement des équipes pistes et remontées, gestion technique du domaine, direction d'exploitation. Diplôme d'ingénieur ou expérience confirmée. Postes permanents.
Cette progression illustre la double réalité du secteur. Les groupes 1 à 3 concentrent l'essentiel des effectifs saisonniers — ceux qui font tourner les remontées au quotidien. Les groupes 4 et 5 correspondent à des métiers à forte technicité et responsabilité de sécurité (pisteur-secouriste, nivoculteur, chef de secteur), qui exigent des brevets et habilitations spécifiques. Les groupes 6 à 8, enfin, sont des postes d'encadrement et de direction, presque toujours permanents et stables sur l'année.
Si vous conduisez des installations (télésiège, télécabine) alors que vous êtes classé en groupe 1 ou 2, vous pouvez demander un reclassement en groupe 3 — c'est votre droit, et il implique un salaire minimum supérieur. En cas de litige, ce sont les tâches effectivement exercées qui priment sur l'intitulé du contrat, et un rappel de salaire peut être réclamé sur 3 ans devant le conseil de prud'hommes.
3. Grille des salaires 2026 (saisonniers & permanents)
Les salaires minimaux sont fixés par groupe, et la convention opère une distinction propre au secteur entre les saisonniers et les permanents. Quel que soit votre statut, la règle d'or ne change pas : votre employeur ne peut pas vous payer en dessous du minimum de votre groupe, et le minimum du groupe 1 ne peut jamais descendre sous le SMIC. Les montants ci-dessous sont des minima conventionnels bruts mensuels indicatifs 2026 pour un temps plein (151,67 heures), à confronter à votre situation réelle.
| Groupe | Métier type | Saisonnier (brut/mois) | Permanent (brut/mois) |
|---|---|---|---|
| 1 | Agent d'exploitation des pistes | SMIC (1 867,03 €) | 1 810 € |
| 2 | Perchiste / Cabinier | ~ 1 830 € | ~ 1 870 € |
| 3 | Conducteur télésiège / télécabine | ~ 1 880 € | ~ 1 950 € |
| 4 | Pisteur-secouriste / Nivoculteur | ~ 1 950 € | ~ 2 100 € |
| 5 | Technicien confirmé / Chef de secteur pistes | ~ 2 100 € | ~ 2 300 € |
| 6 | Chef d'exploitation | — | ~ 2 600 € |
| 7 | Responsable technique / Cadre | — | ~ 3 000 € |
| 8 | Directeur d'exploitation | — | ~ 3 500 € et + |
Minima conventionnels indicatifs 2026 (« ~ »), à vérifier sur l'avenant salaires en vigueur de la convention IDCC 0454 publié sur Légifrance. Le groupe 1 ne peut être inférieur au SMIC mensuel (1 867,03 € au 1ᵉʳ janvier 2026).
Un point de vigilance majeur pour les saisonniers : vous êtes le plus souvent employé sur quatre à cinq mois seulement, ce qui rend le contrôle du taux horaire plus important que celui du salaire mensuel global. Vérifiez que votre taux horaire de base respecte bien le minimum de votre groupe — c'est lui qui doit être conforme, indépendamment de la durée de votre contrat. Et rappelez-vous que la grille ci-dessus ne représente que le socle : en station, les primes de froid, d'altitude et les majorations dimanche/férié (voir section 5) s'ajoutent au salaire de base et gonflent souvent sensiblement la rémunération réelle.
Vérifiez votre minimum 2026
Sélectionnez votre groupe et votre statut pour afficher le salaire minimum conventionnel mensuel indicatif applicable en 2026.
Estimation indicative basée sur les minima conventionnels 2026 (« ~ »). Hors primes de froid, altitude et majorations dimanche/férié. Net avant impôt sur le revenu.
Progression par groupe
Salaire minimum mensuel brut indicatif 2026 (statut permanent), du groupe 1 au groupe 8.
4. Saisonnalité : la clé du secteur
C'est LE sujet central des remontées mécaniques. Avec environ 80 % de salariés en CDD saisonnier employés de décembre à avril, la branche a bâti des protections spécifiques pour ces travailleurs précaires par nature. Les connaître, c'est faire la différence entre subir la fin de chaque saison et sécuriser un emploi durable d'un hiver sur l'autre.
4.1. La reconduction et le droit de priorité au réembauchage
La convention prévoit une clause de reconduction : à l'approche de la saison suivante, l'employeur doit en priorité proposer un nouveau contrat au saisonnier qui a déjà travaillé pour lui. Ce droit de priorité au réembauchage est le pilier de la sécurité de l'emploi saisonnier. Surtout, l'ancienneté se cumule d'une saison sur l'autre : trois hivers de cinq mois chez le même exploitant comptent comme quinze mois d'ancienneté, ce qui ouvre les droits réservés aux salariés de plus d'un an (maintien de salaire en maladie, congés d'ancienneté, etc.).
Vous êtes perchiste depuis 3 saisons consécutives chez le même exploitant, à raison de 5 mois par hiver. Votre ancienneté cumulée atteint 15 mois : vous bénéficiez donc des avantages liés à plus d'un an d'ancienneté. Si l'exploitant refuse de vous réembaucher pour la 4ᵉ saison, il doit vous en informer par écrit et motiver sa décision — à défaut, vous pouvez contester devant le conseil de prud'hommes.
4.2. Prime de fin de saison, congés et précarité
À l'issue d'un contrat saisonnier, plusieurs sommes peuvent vous revenir. Une prime de fin de saison peut être prévue par accord d'entreprise — vérifiez le vôtre. Les congés payés, eux, sont systématiquement versés sous forme d'indemnité compensatrice de 10 % avec le solde de tout compte, puisque le saisonnier n'a généralement pas le temps de poser ses congés pendant la saison. Particularité légale à connaître : les CDD saisonniers ne donnent pas droit à la prime de précarité de 10 % applicable aux autres CDD — c'est une exception prévue par la loi, et non un oubli de l'employeur.
4.3. Le chômage entre deux saisons
Entre la fermeture du domaine au printemps et la réouverture l'hiver suivant, le saisonnier peut s'inscrire à France Travail et percevoir l'allocation de retour à l'emploi (ARE), sous réserve de remplir les conditions d'affiliation (durée minimale travaillée sur les derniers mois). L'indemnisation court pendant la période creuse ; si vous êtes reconduit la saison suivante, vos droits sont suspendus le temps du contrat puis reprennent ensuite si nécessaire. C'est ce système qui permet à de nombreux saisonniers de vivre à l'année malgré une activité concentrée sur l'hiver.
Ne tardez pas à vous rapprocher de France Travail à la fermeture du domaine : l'inscription et l'examen de vos droits prennent du temps, et la période d'indemnisation entre deux saisons est limitée. Conservez vos attestations employeur de chaque saison, qui servent à reconstituer vos droits.
5. Les primes & majorations : ce qui s'ajoute au salaire
En station, le salaire de base ne dit pas tout. Plusieurs primes et majorations, propres aux conditions de la montagne et à l'ouverture continue des domaines, viennent s'ajouter à la rémunération. Elles doivent apparaître sur des lignes distinctes de votre bulletin de paie — leur absence, alors que vous y avez droit, constitue une infraction.
Prime de froid / altitude
Indemnité pour le travail en extérieur par températures extrêmes et en haute altitude. Varie selon le poste et l'altitude de la station.
Prime de risque (PIDA)
Pour les pisteurs-secouristes intervenant sur le PIDA (déclenchement d'avalanches). Compense le danger lié à la manipulation d'explosifs.
Dimanche / Férié
Les stations sont ouvertes 7j/7. Majoration pour chaque dimanche et jour férié travaillé. Le 1ᵉʳ Mai est majoré à 100 %.
Panier repas montagne
Indemnité de repas lorsque le salarié ne peut pas regagner un lieu de restauration. Fréquent pour les postes en altitude isolés.
La prime de froid et d'altitude est la plus emblématique : elle indemnise les salariés qui travaillent dehors par grand froid et en haute montagne, et son montant varie selon l'altitude du poste et la rigueur des conditions. Les perchistes postés en altitude et les pisteurs-secouristes y ont systématiquement droit. La prime de risque, elle, récompense la dangerosité du travail des pisteurs intervenant sur le PIDA, qui manipulent des explosifs pour déclencher préventivement les avalanches.
Les majorations dimanche et jours fériés pèsent lourd dans une fiche de paie de station : un domaine skiable est ouvert tous les jours de la saison, dimanches compris, et chaque dimanche ou férié travaillé doit être majoré — le 1ᵉʳ Mai bénéficiant de la majoration légale de 100 %. Enfin, le panier repas montagne indemnise les salariés qui, sur un poste isolé en altitude, ne peuvent pas rejoindre un lieu de restauration le midi.
Les primes de froid, de risque et les majorations dimanche/férié doivent apparaître sur des lignes distinctes de votre bulletin. Si vous travaillez tous les dimanches en saison et qu'aucune majoration n'apparaît, votre employeur est en infraction : le rappel des sommes dues est récupérable sur 3 ans. Conservez vos plannings et vos bulletins.
6. Conditions de travail : froid, altitude, sécurité avalanches
Travailler dans un domaine skiable, c'est affronter des conditions extrêmes au quotidien. La convention et le Code du travail imposent à l'employeur des obligations strictes de protection, car le froid, l'altitude et le risque d'avalanche constituent des dangers professionnels bien réels. Connaître ces obligations, c'est pouvoir exiger les équipements dus et, en cas de danger grave, refuser une situation dangereuse en toute légalité.
6.1. Froid extrême et altitude
L'employeur doit fournir des équipements de protection individuelle (EPI) adaptés au froid : vêtements thermiques, gants, lunettes de protection contre le vent et la réverbération. En cas de grand froid, des pauses de réchauffement doivent être aménagées, et le travail en extérieur par températures inférieures à -18 °C avec vent appelle des mesures renforcées. Le Document Unique d'évaluation des risques (DUERP) doit évaluer spécifiquement l'exposition au froid et à l'altitude, qui ne sont pas des aléas mais des risques permanents du métier.
6.2. Sécurité des pistes et déclenchement d'avalanches
La sécurisation des pentes repose sur le PIDA (Plan d'Intervention pour le Déclenchement des Avalanches), obligatoire dans chaque domaine. Les pisteurs-secouristes y manipulent des explosifs (systèmes CATEX, Gazex, tirs manuels) pour provoquer préventivement les avalanches avant l'ouverture des pistes : une activité qui exige une formation spécifique obligatoire. Chaque salarié travaillant sur les pistes doit par ailleurs être formé au secourisme en montagne, et le risque d'avalanche fait l'objet d'une évaluation quotidienne par les pisteurs et le nivologiste.
Si votre employeur ne vous fournit pas les EPI adaptés au froid, ou vous expose à un danger grave et imminent (risque d'avalanche, tempête), vous pouvez exercer votre droit de retrait : vous interrompez votre activité et vous mettez en sécurité. Aucune sanction ni retenue de salaire ne peut être prise contre vous dans ce cas. Alertez en parallèle le CSE et, si besoin, l'inspection du travail.
7. Temps de travail : la modulation saisonnière
Le secteur des remontées mécaniques est soumis à une forte saisonnalité, avec des pics d'activité pendant les vacances scolaires et les week-ends d'affluence. Pour y faire face, la convention autorise une modulation du temps de travail : les heures se calculent sur l'année (ou sur la durée du contrat pour les saisonniers) plutôt que semaine par semaine, ce qui permet d'alterner semaines chargées et périodes plus calmes.
7.1. La haute saison
Pendant les vacances et les week-ends de forte affluence, l'amplitude horaire peut atteindre jusqu'à 44 heures par semaine. La journée commence souvent dès 7 h (ouverture des pistes) et peut se prolonger après 18 h pour le damage et la sécurisation. Le repos hebdomadaire peut être décalé et ne tombe pas forcément le dimanche, puisque la station fonctionne en continu. Les heures effectuées au-delà de 35 heures par semaine ouvrent droit à des repos compensateurs, mécanisme central de la modulation.
7.2. Le décompte annualisé et les repos obligatoires
Avec la modulation, les heures supplémentaires ne se déclenchent qu'au-delà de 1 607 heures annuelles pour les permanents ; pour les saisonniers, le seuil est proratisé sur la durée du contrat. Quelle que soit l'intensité de la saison, deux garde-fous légaux restent intangibles : un repos quotidien de 11 heures consécutives entre deux journées et un repos hebdomadaire d'au moins 35 heures consécutives (24 h + 11 h). Ces minima protègent la santé des salariés malgré la pression de l'affluence.
| Repère temps de travail | Règle applicable |
|---|---|
| Amplitude en haute saison | Jusqu'à 44 h / semaine |
| Déclenchement heures sup. (permanents) | Au-delà de 1 607 h / an |
| Déclenchement heures sup. (saisonniers) | Proratisé sur la durée du contrat |
| Repos quotidien | 11 h consécutives |
| Repos hebdomadaire | 35 h consécutives minimum |
8. Congés & vie personnelle
Au-delà du temps de travail, la convention organise les congés payés, les congés liés aux événements familiaux et la protection en cas de maladie. Pour les saisonniers, ces droits sont adaptés à la nature courte et répétée des contrats, mais ils existent bel et bien.
Congés payés
- 25 jours ouvrés (5 semaines) par an pour les permanents
- Saisonniers : indemnité compensatrice de 10 % versée en fin de contrat
- Congés supplémentaires d'ancienneté après cumul de plusieurs saisons
- Congés souvent pris hors saison (mai à novembre)
Congés familiaux
- Mariage : 5 jours
- Naissance / adoption : 3 jours
- Décès d'un enfant : 5 jours
- Décès du conjoint : 5 jours
- Enfant malade : 3 à 5 jours par an
Maladie & prévoyance
- Maintien de salaire après 1 an d'ancienneté (cumulée pour les saisonniers)
- Complément IJSS par l'employeur pendant 30 à 90 jours selon l'ancienneté
- Mutuelle obligatoire, participation employeur 50 % minimum
Les congés familiaux indiqués sont des minima : pour certains événements, le Code du travail peut prévoir davantage, auquel cas c'est la règle la plus favorable qui s'applique. Côté maladie, le point déterminant pour les saisonniers est le cumul d'ancienneté évoqué plus haut : c'est lui qui ouvre, après un an cumulé sur plusieurs hivers, le droit au maintien de salaire par l'employeur en complément des indemnités journalières de la Sécurité sociale.
9. Rupture & préavis
La fin du contrat ne suit pas les mêmes règles selon que vous êtes saisonnier en CDD ou salarié permanent en CDI. Pour les permanents, la convention fixe la durée du préavis selon le groupe et l'ancienneté ; pour les saisonniers, c'est la fin de saison qui rythme la séparation.
| Groupe | Ancienneté | Préavis |
|---|---|---|
| 1-3 (Agents / Conducteurs) | < 6 mois | 1 semaine |
| 1-3 (Agents / Conducteurs) | 6 mois à 2 ans | 1 mois |
| 1-3 (Agents / Conducteurs) | > 2 ans | 1 mois |
| 4-5 (Pisteurs / Techniciens) | Toute ancienneté | 2 mois |
| 6-8 (Cadres / Direction) | Toute ancienneté | 3 mois |
Pour les CDD saisonniers, la fin du contrat coïncide avec la fermeture du domaine skiable : aucun préavis n'est dû, sauf clause contraire dans le contrat. L'indemnité compensatrice de congés payés (10 %) est versée avec le solde de tout compte, et — rappel important déjà évoqué — les CDD saisonniers ne donnent pas droit à la prime de précarité de 10 %.
En cas de CDI rompu par licenciement, l'indemnité légale est due à partir de 8 mois d'ancienneté (hors faute grave) : son montant minimum suit le barème légal, soit 1/4 de mois de salaire par année pour les dix premières années, puis 1/3 de mois au-delà. Les cadres (groupes 6 à 8) bénéficient fréquemment de conditions plus favorables prévues par accord d'entreprise.
Que vous soyez saisonnier ou permanent, l'employeur doit vous remettre votre certificat de travail, votre attestation France Travail et le solde de tout compte. Pour un saisonnier, l'attestation France Travail est essentielle : c'est elle qui ouvre vos droits à l'ARE entre deux saisons. Vérifiez que le solde inclut bien l'indemnité compensatrice de congés payés.
10. Points de vigilance pour votre paie
En fin ou en cours de saison, quelques vérifications rapides permettent souvent de récupérer des sommes dues. Prenez cinq minutes pour passer en revue votre situation :
- Taux horaire conforme à votre groupe : comme vous êtes employé sur quelques mois, contrôlez le taux horaire de base plutôt que le seul brut mensuel ; un perchiste (groupe 2) ne peut être payé sous le minimum de son groupe.
- Groupe cohérent avec vos missions : si vous conduisez une installation tout en étant classé en groupe 1-2, demandez un reclassement en groupe 3, avec rappel récupérable sur 3 ans.
- Primes et majorations présentes : froid, altitude, risque PIDA et majorations dimanche/férié doivent figurer sur des lignes distinctes du bulletin.
- Ancienneté cumulée prise en compte : vos saisons successives chez le même exploitant doivent se cumuler ; vérifiez que les droits liés à plus d'un an d'ancienneté vous sont bien appliqués.
Votre contrat et les accords d'entreprise peuvent toujours prévoir plus favorable que la convention (salaire supérieur au minimum, prime de fin de saison, 13ᵉ mois…). En revanche, sur les minima de salaire, la classification et les garanties de sécurité, aucun accord ne peut descendre sous le socle de la branche IDCC 0454.
11. Sources officielles
Les informations de cette page s'appuient sur la convention collective nationale des téléphériques et engins de remontées mécaniques (IDCC 0454) et sur le Code du travail. Les minima conventionnels et les barèmes légaux étant régulièrement réévalués, vérifiez toujours la version à jour auprès des sources officielles ci-dessous :
- Légifrance — texte intégral de la convention IDCC 0454, avenants salaires et Code du travail ;
- Code du travail numérique (Ministère du Travail) — fiches pratiques : CDD saisonnier, durée du travail, préavis, rupture ;
- Service-Public.fr — droits des salariés : CDD saisonnier, congés, calcul des indemnités ;
- INRS — prévention des risques : travail au froid, en altitude, sécurité avalanches ;
- France Travail — indemnisation chômage (ARE) entre deux saisons et conditions d'affiliation ;
- Domaines Skiables de France — organisation professionnelle du secteur des remontées mécaniques.
12. Questions fréquentes
Perchiste
Agent posté en bas ou en haut d'un téléski, télésiège ou télécabine. Assure l'embarquement et le débarquement des skieurs en toute sécurité.
Nivoculteur
Technicien chargé de la production de neige de culture (canons à neige). Travaille souvent de nuit pour profiter du froid optimal.
PIDA
Plan d'Intervention pour le Déclenchement des Avalanches. Sécurisation des pistes par déclenchement préventif (CATEX, Gazex, tirs manuels).
Damage
Préparation des pistes avec une dameuse, généralement la nuit ou tôt le matin avant l'ouverture du domaine skiable.
Canon à neige
Enneigeur mécanique qui produit de la neige de culture en projetant de l'eau sous pression dans l'air froid. Géré par le nivoculteur.
CATEX / Gazex
Dispositifs de déclenchement à distance des avalanches (câble transporteur d'explosifs, souffle de gaz), opérés dans le cadre du PIDA.