Convention Restauration Collective 2026 (IDCC 1266) : Salaires et Droits

Mise à jour : 14/05/2026 Convention collective

La convention collective nationale du personnel des entreprises de restauration de collectivités (IDCC 1266, brochure JO 3225) couvre plusieurs dizaines de milliers de salariés employés par les grands groupes de restauration en sites captifs. Distincte de la restauration commerciale (IDCC 1979 HCR), elle régit la restauration en entreprise, scolaire, hospitalière, EHPAD, militaire et médico-sociale. La classification s'organise en 9 niveaux (I à IX). Spécificité majeure : la reprise obligatoire du personnel en cas de changement de prestataire sur un site (avenant n° 3 du 26 février 1986).

Employé restauration N I
~ 1 803 €
brut / 35h
Cuisinier N IV
~ 1 866 €
brut / 35h
Prime anc. (employés)
4 %
après 20 ans
Niveaux de classification
I à IX
employés à cadres

1. Présentation IDCC 1266

Signée le 20 juin 1983 et étendue par arrêté du 2 février 1984, la convention IDCC 1266 couvre la restauration livrée à une clientèle captive (employés d'entreprise, écoliers, patients, militaires, résidents EHPAD). Elle est négociée côté employeurs par le SNRC (Syndicat National de la Restauration Collective). Côté salariés, les cinq syndicats représentatifs (CFDT, CFE-CGC, CFTC, CGT, FO) y siègent.

Elle s'applique aux entreprises dont l'activité principale relève du code NAF 56.29A (restauration collective sous contrat) et 56.29B (cantines et restaurants d'entreprise). Sont exclus : les restaurants traditionnels (HCR, IDCC 1979), la restauration rapide (IDCC 1501), les boulangeries pâtisseries (IDCC 1747), les restaurants gérés directement par les établissements publics (fonction publique).

2. Types de sites couverts

Restauration d'entreprise

Cantines et restaurants d'entreprise (RIE), grands comptes et PME.

Horaires : 7h-15h ou 8h-16h, semaine

Restauration scolaire

Cantines scolaires (écoles, collèges, lycées), centres aérés.

~ 14 sem. de vacances / an

Restauration hospitalière

Hôpitaux publics et privés, cliniques.

24h/24, dimanche, jours fériés

EHPAD et médico-social

Maisons de retraite, MAS, IME, foyers.

7j/7, repas du soir inclus

Restauration militaire

Casernes, écoles militaires, hôpitaux militaires.

7j/7, contraintes de sécurité

Restauration aérienne

Catering aérien (préparation de plateaux repas avion).

24h/24, 3x8 fréquent

3. Collective vs HCR : la différence

Clientèle captive vs ouverte

L'IDCC 1266 — Restauration collective couvre la fourniture de repas à une clientèle captive (employés, élèves, patients, résidents EHPAD) sans paiement direct au comptoir. L'IDCC 1979 — HCR (Hôtels, Cafés, Restaurants) couvre la restauration commerciale traditionnelle où la clientèle paie individuellement. La restauration collective offre généralement : horaires plus prévisibles (pas de service du soir tardif en entreprise/scolaire), 13ᵉ mois plus répandu, repos week-end fréquent en entreprise/scolaire. La HCR offre : potentiel de pourboires, ambiance plus dynamique, horaires plus étalés mais plus tardifs.

4. Classification et niveaux (I à IX)

Depuis l'avenant n° 47 (2011), la classification ne repose plus sur des coefficients numériques mais sur une grille à 9 niveaux (I à IX) évaluée selon des critères classants (technicité / polycompétence, autonomie / responsabilité, formation / diplôme, animation d'équipe, relation avec les convives), déclinés en degrés. Les niveaux I à V relèvent du statut employé, les niveaux VI à VIII du statut agent de maîtrise, et le niveau IX du statut cadre.

Niveau Statut Exemples de postes
IEmployéEmployé de restauration, plongeur
IIEmployéEmployé polycompétent de restauration
IIIEmployéEmployé technique, caissier, magasinier
IVEmployéEmployé qualifié, cuisinier, pâtissier
VEmployéChef de partie, responsable logistique
VIAgent de maîtriseChef de cuisine, diététicien, responsable de point de restauration
VIIAgent de maîtriseChef gérant
VIIIAgent de maîtriseChef de production, responsable de restaurant
IXCadreChef de secteur, directeur de restaurant

Source : Convention IDCC 1266, classification issue de l'avenant n° 47. Texte intégral sur Légifrance.

5. Grille de salaires 2026

Les minima conventionnels de la restauration collective sont fixés par accord de branche. Les montants ci-dessous correspondent aux salaires minima mensuels garantis issus de l'avenant n° 68 du 14 février 2025, en brut mensuel pour 35 heures hebdomadaires (151,67 h/mois), hors avantage en nature repas. Ces valeurs sont indicatives : vérifiez toujours le dernier accord en vigueur sur Légifrance.

Niveau Statut Taux horaire Mini brut 35h Profil type
IEmployé11,89 €1 803 €Plongeur, employé de restauration
IIEmployé11,95 €1 812 €Employé polycompétent
IIIEmployé12,10 €1 835 €Employé technique, caissier, magasinier
IVEmployé12,30 €1 866 €Employé qualifié, cuisinier, pâtissier
VEmployé12,96 €1 966 €Chef de partie, responsable logistique
VIMaîtrise13,46 €2 041 €Chef de cuisine, diététicien
VIIMaîtrise14,30 €2 169 €Chef gérant
VIIIMaîtrise15,02 €2 278 €Chef de production, responsable de restaurant
IXCadre19,31 €2 929 €Chef de secteur, directeur de restaurant
SMIC au 1er juin 2026 : le SMIC est passé à 1 867,02 € brut mensuel (12,31 €/h) au 1er juin 2026. Les minima des niveaux I à IV (1 803 € à 1 866 €) sont inférieurs à ce montant et ne s'appliquent donc plus en l'état : l'employeur doit verser au moins le SMIC pour un temps plein 35 h, tant que la branche n'a pas revalorisé sa grille au-dessus du SMIC.

6. Simulateur de paie

Simulateur paie 2026

Salaire de base + heures sup + ancienneté + dimanches travaillés.

05101520+
Salaire de base 35h1 866 €
Heures supplémentaires+ 0 €
Prime d'ancienneté+ 0 €
Dimanche (+ 50 %)+ 0 €
Brut mensuel1 866 €
Net estimé (≈ 78 %)1 456 €

Hors 13ᵉ mois (très répandu) et avantage en nature repas (5,45 €/repas).

Échelle salariale 2026

Minima conventionnels par niveau (35h hors HS).

SMIC 20261 867 €
Cuisinier N IV1 866 €
Repas URSSAF5,45 €

7. Avantage en nature repas

En restauration collective, le salarié bénéficie souvent du repas pris sur place pendant son service. Cet avantage en nature est valorisé selon le barème URSSAF et intégré au salaire brut imposable.

Barème URSSAF 2026

  • Forfait national : 5,45 € par repas pris (montant brut soumis à cotisations) ;
  • L'avantage est intégré au salaire brut mais ne donne pas lieu à versement en numéraire ;
  • Pour 20 jours travaillés par mois avec 1 repas/jour : 109 € d'avantage en nature soumis à cotisations (environ 24 € de cotisations salariales).
Gratuité ou tarif réduit

Dans certaines entreprises, le repas est totalement gratuit pour le salarié de restauration collective. Dans d'autres, il est facturé à un tarif réduit symbolique (~ 1 à 2 €). Dans les deux cas, l'avantage en nature URSSAF s'applique. Pour les salariés ne prenant pas leur repas sur place, une indemnité compensatrice peut être prévue par accord d'entreprise.

8. Reprise du personnel (avenant 3)

Particularité majeure du secteur : l'avenant n° 3 du 26 février 1986 à la convention IDCC 1266 organise la reprise obligatoire du personnel en cas de changement de prestataire sur un site (changement de marché public ou privé).

Conditions de la reprise

  • Changement de titulaire d'un marché de restauration collective sur un site donné ;
  • Salariés régulièrement affectés au site concerné, dans les conditions d'ancienneté et de temps de travail définies par l'annexe de la convention ;
  • Reprise obligatoire par le nouveau prestataire à conditions équivalentes : salaire de base, ancienneté, niveau de classification, qualification, contrat (CDI/CDD), horaires ;
  • Le nouvel employeur ne peut pas refuser la reprise des salariés éligibles.
Filet de sécurité essentiel

Dans un secteur où les marchés sont renouvelés régulièrement (appels d'offres publics, changements de prestataires en entreprise), la clause de reprise protège les salariés : elle permet de conserver leur emploi sur le site, sans interruption de contrat ni perte d'ancienneté, lorsqu'un nouveau prestataire remporte le marché.

Si le repreneur refuse ou propose des conditions dégradées

Si le nouveau prestataire refuse la reprise ou propose des conditions inférieures (baisse de salaire, perte d'avantages, modification d'horaires importante), le salarié peut refuser la mutation. Le licenciement éventuel est alors imputable à l'ancien employeur (qui perd le marché), ouvrant droit à l'indemnité conventionnelle ou légale de licenciement. C'est une protection majeure contre les pratiques de dumping social en appels d'offres.

9. Prime d'ancienneté

La prime d'ancienneté est prévue par l'article 11 de la convention collective IDCC 1266. Elle est réservée aux salariés de la catégorie « employés » justifiant d'au moins 5 ans d'ancienneté dans l'entreprise, et se calcule sur le salaire minimum mensuel conventionnel du niveau (et non sur le salaire réel).

Ancienneté (employés)TauxExemple employé N I (≈ 1 803 €)
Moins de 5 ans0 %
5 à 10 ans1 %≈ + 18 € / mois
10 à 15 ans2 %≈ + 36 € / mois
15 à 20 ans3 %≈ + 54 € / mois
20 ans et +4 %≈ + 72 € / mois
Points de vigilance avant un rappel de salaire
  • Le barème ci-dessus est le minimum conventionnel national. Les agents de maîtrise et cadres ne sont pas visés par cet article, sauf stipulation plus favorable.
  • Un accord d'entreprise peut prévoir un barème plus avantageux : c'est cet accord qui s'applique alors. Demandez-le par écrit à votre employeur ou aux représentants du personnel (CSE).
  • La prime se calcule sur le salaire minimum mensuel du niveau, pas sur votre salaire réel s'il est supérieur.
  • Avant toute action, vérifiez le texte en vigueur sur Légifrance (IDCC 1266) et, au besoin, faites valider votre calcul par un conseiller du salarié, un syndicat ou l'inspection du travail.

10. Maladie, prévoyance et inaptitude

Maintien de salaire en cas de maladie

AnciennetéMaintien à 90 %Maintien à 66,66 % (2/3)
1 à 5 ans30 jours30 jours suivants
6 à 10 ans40 jours40 jours suivants
11 à 15 ans50 jours50 jours suivants
16 à 20 ans60 jours60 jours suivants

Maintien de salaire employeur après 1 an d'ancienneté (7 mois pour un AT/MP), délai de carence de 7 jours, sous déduction des IJSS. Régime légal de mensualisation applicable à la branche.

Inaptitude et risques métier

Les métiers de cuisine et restauration collective exposent aux : brûlures (plaques, fours, friteuses, sortie d'autocuiseur), coupures (couteaux, robots coupe-légumes), chutes de plain-pied (sols glissants), TMS (lombalgies dues à la manutention de marmites / casseroles, tendinites épaule pour la plonge), allergies (latex, désinfectants, certains aliments). En cas d'inaptitude prononcée par le médecin du travail, l'employeur a un mois pour proposer un reclassement (article L1226-2 ou L1226-10). À défaut, licenciement avec indemnité doublée si origine professionnelle.

HACCP et hygiène alimentaire

Toute personne manipulant des denrées alimentaires doit suivre la formation HACCP (Hazard Analysis Critical Control Point — règlement CE 852/2004). La responsabilité pénale est engagée en cas d'intoxication alimentaire avérée. L'employeur doit fournir formation, vêtements de travail propres (tenue blanche + chaussures antidérapantes + charlotte / calotte), produits d'hygiène. Le suivi médical (visite médicale annuelle, vaccination Hépatite A recommandée) est obligatoire.

11. Préavis et indemnités de rupture

Catégorie Motif < 6 mois 6 mois à 2 ans > 2 ans
Employés (niveaux I à V)Démission8 jours1 mois1 mois
Employés (niveaux I à V)Licenciement8 jours1 mois2 mois
Agents de maîtrise (VI à VIII)Démission ou licenciement1 mois1 mois2 mois
Cadres (niveau IX)Démission ou licenciement3 mois3 mois3 mois

En cas de licenciement, le salarié bénéficie de 2 heures par jour travaillé pour rechercher un emploi, rémunérées. Source : convention IDCC 1266, dispositions relatives au préavis.

Indemnité de licenciement

À défaut de disposition conventionnelle plus favorable, l'indemnité légale de licenciement (article R1234-2) s'applique : 1/4 de mois de salaire par année d'ancienneté jusqu'à 10 ans, puis 1/3 de mois au-delà. Le salaire de référence retenu est le plus avantageux entre la moyenne des 12 ou des 3 derniers mois (primes et 13ᵉ mois inclus au prorata).

12. Questions fréquentes

Suis-je tenu de manger sur place ?

Non. Vous pouvez refuser le repas sur place et apporter votre propre repas (lunch box, fait maison) ou ne pas déjeuner. En revanche, si vous refusez de manger sur place, vous ne pouvez pas exiger une indemnité compensatrice en numéraire, sauf si elle est prévue par votre accord d'entreprise.

Mon employeur peut-il me changer de site ?

Le changement de site dans la même zone géographique (par exemple un autre établissement scolaire de la même commune) est une simple modification des conditions de travail qui s'impose au salarié. En revanche, un changement vers un site éloigné (≥ 1 heure aller domicile-travail supplémentaire) constitue une modification du contrat nécessitant votre accord. Dans le cas de la reprise de marché (avenant 3), le site est imposé mais à conditions équivalentes.

Quelles vacances pendant les fermetures scolaires ?

Pour les salariés en restauration scolaire, les fermetures (~ 14 semaines/an) sont gérées selon les accords d'entreprise. Trois modèles principaux : annualisation du temps de travail (horaires concentrés en période scolaire, congés payés pendant les vacances) ; contrat à temps partiel annualisé avec maintien de salaire mensuel constant ; chômage technique partiel pendant les vacances (rare). Le mode le plus courant est l'annualisation.

Combien gagne un cuisinier en restauration collective ?

Un cuisinier de niveau IV perçoit en 2026 un minimum conventionnel d'environ 1 866 € brut de base mensuelle — porté au SMIC (1 867,02 €) puisque ce niveau est légèrement en dessous. S'y ajoutent, selon l'entreprise, la prime d'ancienneté conventionnelle (1 à 4 % du minimum, pour les employés justifiant d'au moins 5 ans), le 13ᵉ mois lorsqu'un accord d'entreprise le prévoit, les majorations pour travail du dimanche en EHPAD ou à l'hôpital, et un éventuel intéressement. Les salaires réellement pratiqués par les grands groupes se situent souvent au-dessus de ces minima de branche. Pour un chef de cuisine de niveau VI, le minimum conventionnel est d'environ 2 041 € brut.

Comment connaître mon niveau de classification ?

Il doit figurer sur votre contrat de travail et sur votre bulletin de paie (niveau I à IX). Si la mention manque, demandez-la par écrit. La fiche de poste précise vos missions et permet de vérifier la cohérence entre votre niveau et les tâches réellement effectuées.

Sources : Convention collective nationale du personnel des entreprises de restauration de collectivités (IDCC 1266, brochure JO 3225) du 20 juin 1983, dont l'article 11 sur la prime d'ancienneté (barème employés : 1 % de 5 à 10 ans, 2 % de 10 à 15 ans, 3 % de 15 à 20 ans, 4 % au-delà). Avenant n° 3 du 26 février 1986 sur la reprise du personnel. Avenant n° 68 du 14 février 2025 relatif aux minima conventionnels. Classification issue de l'avenant n° 47. Code du travail numérique (fiches prime d'ancienneté, préavis et salaire minimum IDCC 1266). Code du travail (articles L1226-2, L1226-10, L3133-6, L3245-1, R1234-2). Règlement CE 852/2004 sur l'hygiène alimentaire (HACCP). Barème URSSAF 2026 sur l'avantage en nature repas. Publications SNRC (Syndicat National de la Restauration Collective). Page mise à jour le 14 mai 2026.
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