Convention Vins, Cidres et Spiritueux 2026 (IDCC 493) : Salaires et Droits

Mise à jour : 10/05/2026 Convention collective

La convention collective nationale des vins, cidres, jus de fruits, sirops, spiritueux et liqueurs de France (IDCC 493, brochure JO 3029) couvre près de 45 000 salariés employés par les maisons de champagne, négociants en vins, distilleries et embouteilleurs. Particularité du secteur : saisonnalité marquée (vendanges en automne, embouteillage au printemps, expéditions des fêtes), polarisation forte entre grandes maisons prestigieuses (LVMH, Pernod Ricard, Castel, Rémy Cointreau) avec rémunérations élevées, et PME / coopératives régionales.

Employé de chai N1
~ 1 855 €
brut / 35h
Caviste qualifié N3
~ 2 100 €
brut / 35h
Anc. plafond
15 %
après 15 ans
Salariés couverts
~ 45 000
en France

1. Présentation IDCC 493

Signée le 13 février 1969 et étendue par arrêté du 26 octobre 1970, la convention IDCC 493 régit les relations entre les entreprises de transformation et de négoce des vins, cidres, jus de fruits, sirops, spiritueux et liqueurs, et leurs salariés. Elle est négociée côté employeurs par la Fédération des Exportateurs de Vins et Spiritueux (FEVS), l'UMVin (Union des Maisons et Marques de Vin), Vin & Société et plusieurs syndicats régionaux. Côté salariés, les cinq syndicats représentatifs (CFDT, CFE-CGC, CFTC, CGT, FO) y siègent.

Elle s'applique aux entreprises dont l'activité principale relève des codes NAF 11.02A/B (vins), 11.01Z (spiritueux), 10.32Z (jus de fruits), 11.03Z (cidres). Important : la viticulture en amont (taille, vendange en propre, travaux de la vigne) relève généralement de la convention collective agricole locale, pas de l'IDCC 493 qui couvre la transformation et le négoce.

2. Les métiers du vin et des spiritueux

Famille de métiersMétiers principauxNiveau type
Chai / caveEmployé de chai, caviste, maître de chai, œnologueN1 à N5
EmbouteillageOpérateur ligne, étiqueteur, conditionneur, contrôle qualitéN1 à N3
Logistique / expéditionMagasinier, cariste, préparateur de commandes, expéditeurN1 à N3
Œnologie techniqueTechnicien œnologue, responsable laboratoire, analysteN3 à N5
CommercialCommercial sédentaire, attaché, ambassadeur de marque, brand managerN3 à cadre
Administratif / supportAssistant commercial, comptable, RHN1 à N4
DirectionDirecteur production, directeur commercial, directeur généralCadre / dirigeant

3. Classification et coefficients

La grille IDCC 493 distingue 5 niveaux principaux pour les ouvriers, employés, techniciens et cadres, avec des coefficients allant de 130 à 600+. La classification s'effectue selon les compétences techniques, l'autonomie et la responsabilité.

Niveau Coefficient Profil type
1130 – 150Employé d'exécution (manutention, conditionnement, employé de chai)
2155 – 195Opérateur qualifié (embouteillage, étiquetage, magasinier)
3200 – 250Caviste qualifié, technicien laboratoire, commercial sédentaire
4255 – 320Agent de maîtrise, chef d'équipe, technicien œnologue
5330 – 600+Cadre (maître de chai, responsable production, brand manager)

Source : Convention IDCC 493, annexe classification. Texte intégral sur Légifrance.

4. Grille de salaires 2026

Les minima conventionnels vins et spiritueux sont fixés par accord paritaire annuel. Pour 2026, l'accord NAO du 17 décembre 2025 a relevé les minima de + 2,3 %. Les montants ci-dessous sont en brut mensuel pour 35 heures hebdomadaires (151,67 h/mois).

Niveau Coefficient Mini brut 35h Profil type
11401 855 €Employé chai débutant, manutentionnaire
11501 905 €Employé de chai, conditionneur
21601 950 €Opérateur embouteillage
21951 990 €Opérateur qualifié, étiqueteur, magasinier confirmé
32002 060 €Caviste, technicien laboratoire débutant
32502 100 €Caviste qualifié, commercial sédentaire
42552 350 €Chef d'équipe production
43202 480 €Technicien œnologue, agent de maîtrise
5330+2 900 € et plusMaître de chai, brand manager junior
5500+4 500 € et plusResponsable production, directeur de site
SMIC au 1er juin 2026 : le SMIC est passé à 1 867,02 € brut mensuel (12,31 €/h) au 1er juin 2026. Les minima conventionnels inférieurs à ce montant ne s'appliquent plus en l'état : l'employeur doit verser au moins le SMIC pour un temps plein 35 h, tant que la branche n'a pas revalorisé sa grille.

5. Simulateur de paie

Simulateur paie vins 2026

Salaire de base + heures supplémentaires + ancienneté.

35404448
03691215+
Salaire de base 35h2 100 €
Heures supplémentaires+ 0 €
Prime d'ancienneté+ 0 €
Brut mensuel2 100 €
Net estimé (≈ 78 %)1 638 €

Hors 13ᵉ mois, primes et bouteilles offertes (LVMH, Moët, etc.).

Échelle salariale vins 2026

Minima conventionnels par coefficient (35h hors HS).

SMIC 20261 867 €
Médian N32 100 €
Anc. max15 %

6. Calendrier saisonnier

L'activité vins et spiritueux est rythmée par trois pics majeurs dans l'année. La convention autorise la modulation annuelle pour absorber ces variations, avec un horaire pouvant varier de 25 à 48 h/semaine en moyenne sur l'année (compensation des semaines hautes par des semaines basses).

Jan
Fév
Mars
Avr
Mai
Juin
Juil
Août
Sept
Oct
Nov
Déc
Vendanges (août-octobre)
Embouteillage du nouveau millésime (printemps)
Expéditions fêtes de fin d'année
Activité normale
  • Vendanges (août-octobre) : embauche massive de saisonniers, heures sup intenses (jusqu'à 48 h/semaine), travail le week-end fréquent ;
  • Mise en bouteille (avril-juin) : pic d'embouteillage des nouveaux millésimes et du Beaujolais nouveau préparé en novembre ;
  • Expéditions de fin d'année (novembre-décembre) : pic d'activité pour les spiritueux, champagne, vins de garde, marchés US et asiatiques (Noël, Nouvel An).

7. Vendanges et saisonniers

Les vendanges (généralement août à octobre selon les régions) requièrent une main-d'œuvre importante pendant une courte période (10-25 jours par exploitation). Les saisonniers sont recrutés massivement, avec un cadre juridique spécifique.

Le contrat saisonnier classique

  • CDD à terme imprécis lié à la fin des vendanges (durée habituellement 8 à 21 jours) ;
  • Salaire au SMIC horaire minimum, souvent majoré (10-20 % en champagne, primes de cadence) ;
  • Heures supplémentaires majorées (25 % puis 50 %) — pratique courante en pleine vendange ;
  • ICCP (Indemnité Compensatrice de Congés Payés) 10 % due en fin de contrat ;
  • Pas d'IFM (prime de précarité) car classé contrat d'usage agricole ;
  • Hébergement parfois fourni (camping, dortoir) et repas (cantine sur place).

Le contrat vendanges spécifique

Pour étudiants, retraités, salariés en congés

Le « contrat vendanges » spécifique (article L718-4 du Code rural) est ouvert aux étudiants, retraités, demandeurs d'emploi et salariés en congés payés. Durée maximum : 1 mois par employeur, 2 mois cumulés par an chez plusieurs employeurs. Avantage majeur : exonération partielle des cotisations salariales pour les jeunes (étudiants et apprentis) et exonération de l'impôt sur le revenu jusqu'à un certain plafond.

Conditions de travail vendanges

  • Pénibilité reconnue : postures penchées, manutention de seaux/cagettes (5-15 kg), exposition au soleil et chaleur ;
  • Pauses obligatoires : 20 min après 6 h consécutives, hydratation obligatoire à fournir par l'employeur ;
  • Horaires typiques : 7h-12h puis 14h-19h (10h/jour), avec repos en milieu de journée ;
  • Durée maximale légale : 48 h/semaine, mais 44 h en moyenne sur 12 semaines glissantes.

8. Prime d'ancienneté

La prime d'ancienneté IDCC 493 progresse par paliers tous les 3 ans, calculée sur le minimum conventionnel correspondant au coefficient.

AnciennetéTauxExemple caviste (2 100 €)
3 ans3 %+ 63 € / mois
6 ans6 %+ 126 € / mois
9 ans9 %+ 189 € / mois
12 ans12 %+ 252 € / mois
15 ans et +15 %+ 315 € / mois

9. Avantages chez les grandes maisons

Les grandes maisons (LVMH/Moët Hennessy, Pernod Ricard, Castel, Rémy Cointreau, Marie Brizard, William Pitters) offrent des conditions nettement supérieures au minimum conventionnel, via des accords d'entreprise négociés. Voici un aperçu :

LVMH / Moët Hennessy : conditions premium

Le groupe Moët Hennessy (Moët & Chandon, Veuve Clicquot, Dom Pérignon, Krug, Hennessy, Belvedere, Glenmorangie, Château d'Yquem) est réputé pour ses conditions sociales très avantageuses : 13ᵉ mois + prime de fin d'année (équivalent 14 mois), intéressement et participation pouvant atteindre 2 à 4 mois de salaire, plan d'épargne entreprise avec abondement, mutuelle prise en charge à 100 %, allocation produits annuelle (caisses de bouteilles offertes ou achat à prix de revient), formation continue à l'Académie LVMH, mobilité internationale, restaurant d'entreprise subventionné.

AvantageModalités typiques (grandes maisons)
13ᵉ moisVersement intégral en décembre (universel chez les grandes maisons)
Prime de fin d'annéeÉquivalent 1 mois supplémentaire (LVMH, Pernod Ricard)
Intéressement1 à 4 mois selon les résultats du groupe
Participation1 à 3 mois selon les exercices
PEE / PERCO avec abondementAbondement employeur jusqu'à 300 % du versement salarié
Allocation produitsCaisse de bouteilles offerte annuellement, ou achats à prix de revient
MutuellePrise en charge à 70-100 % (selon ancienneté et catégorie)
Formation continueAcadémie interne (LVMH, Pernod Ricard University)
Restaurant d'entrepriseSubventionné (souvent 1-3 €/repas pour le salarié)
Mobilité internationalePossibilité de mutation Asie, USA, Europe pour les cadres

10. Maladie, prévoyance et inaptitude

Maintien de salaire en cas de maladie

AnciennetéMaintien à 100 %Maintien à 75 %
1 à 5 ans30 jours30 jours suivants
5 à 10 ans40 jours40 jours suivants
10 à 15 ans50 jours50 jours suivants
+ 15 ans60 jours60 jours suivants

Inaptitude au poste

Les métiers du chai et de l'embouteillage exposent aux TMS (lombalgies, tendinites épaule et poignets), aux risques de chute, aux gaz (CO2 en fermentation — risque mortel d'asphyxie en cave mal ventilée), aux produits chimiques (sulfites, désinfectants). En cas d'inaptitude prononcée par le médecin du travail, l'employeur a un mois pour proposer un reclassement (article L1226-2 ou L1226-10 selon origine). À défaut, licenciement avec indemnité conventionnelle ou légale, doublée si origine professionnelle.

Risque CO2 en cave

Le gaz carbonique (CO2) dégagé lors de la fermentation alcoolique est plus dense que l'air et s'accumule au sol des caves. À forte concentration, il provoque asphyxie en quelques minutes (accident mortel régulièrement constaté en France). Obligations : ventilation forcée, détecteurs de CO2, formation spécifique, interdiction de descendre seul en cave de fermentation, consignes de secours affichées.

11. Préavis et indemnités de rupture

Catégorie Démission Licenciement < 2 ans Licenciement ≥ 2 ans
Niveaux 1 et 2 (ouvriers, employés)1 mois1 mois2 mois
Niveau 3 (cavistes qualifiés, techniciens)2 mois2 mois2 mois
Niveau 4 (AM)3 mois3 mois3 mois
Niveau 5 (cadres)3 mois3 mois3 mois

Indemnité de licenciement

Barème légal renforcé (article R1234-2) : 1/4 de mois par année d'ancienneté jusqu'à 10 ans, puis 1/3 de mois au-delà. L'assiette inclut salaire de base, prime d'ancienneté, 13ᵉ mois proratisé et heures supplémentaires structurelles. L'intéressement et la participation sont exclus sauf garantie contractuelle.

12. Questions fréquentes

Quel salaire pour un caviste en 2026 ?

Un caviste qualifié coefficient 250 (niveau 3) perçoit en 2026 environ 2 100 € brut de base mensuelle, auquel s'ajoutent la prime d'ancienneté (jusqu'à + 315 €), un 13ᵉ mois (~ 175 € en équivalent annuel) et les heures supplémentaires en vendanges. Total typique : 2 500 à 2 900 € brut mensuels. Dans les maisons de champagne prestigieuses, on peut atteindre 3 200 à 3 500 € avec les primes et avantages.

Les vendanges sont-elles obligatoires si je suis salarié de la cave ?

Pour les salariés permanents dont le contrat prévoit la polyvalence, oui : la participation aux vendanges est une mission normale. Pour ceux dont le contrat ne le mentionne pas, le passage en horaires intensifs (10h/jour, week-end) peut nécessiter un avenant. Les heures supplémentaires sont obligatoirement payées majorées (25 % puis 50 %).

Quelles primes pour un commercial en spiritueux ?

Les commerciaux dans les spiritueux et le vin perçoivent typiquement : un salaire fixe (coefficient 250-330), une part variable (commissions, primes sur objectifs, 15 à 30 % de la rémunération annuelle), véhicule de fonction (en itinérance), notes de frais représentation client, allocation bouteilles. Chez les grandes maisons, la rémunération totale d'un commercial confirmé atteint facilement 50 000 à 80 000 € brut annuels avec variable.

Comment est rémunéré le travail le dimanche en vendanges ?

Le travail le dimanche en pleine vendange est majoré de 100 % (article 14 CCN). Les heures effectuées sont également comptabilisées comme heures supplémentaires si elles dépassent 35 h hebdomadaires. Au total, un dimanche de vendanges peut représenter 2 à 3 fois le taux horaire normal. Le repos hebdomadaire de 35 h consécutives doit être respecté (dimanche compensateur en semaine).

Comment connaître mon coefficient ?

Il doit figurer sur votre contrat de travail et sur votre bulletin de paie. Si la mention manque, demandez-la par écrit. La fiche de poste précise vos missions et permet de vérifier la cohérence entre coefficient et tâches réellement effectuées.

Sources : Convention collective nationale des vins, cidres, jus de fruits, sirops, spiritueux et liqueurs de France (IDCC 493, brochure JO 3029) du 13 février 1969. Accord paritaire NAO 2026 du 17 décembre 2025. Code du travail (articles L1226-2, L1226-10, L3121-1, L3133-6, L3245-1, R1234-2). Code rural (article L718-4 sur le contrat vendanges). Publications FEVS, UMVin, Vin & Société, INRS (dossier CO2 en cave). Page mise à jour le 10 mai 2026.
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