Procédure employeur · 2026

Recruter un salarié hors UE
dans l'industrie

Autorisation de travail, opposabilité de l'emploi, pièces à fournir, délais, taxe employeur. Générez la checklist exacte de votre dossier en 5 questions, avec rétroplanning daté et export PDF.

2 mois
d'instruction préfectorale — silence = refus
3 semaines
de publication d'offre si l'emploi est opposable
55 %
de taxe employeur, plafonnée à 2 567 €
22 k€
d'amende max. par salarié en cas d'emploi non autorisé

Générateur de checklist

Sauvegarde automatique

5 questions. Aucune inscription, aucune donnée envoyée : tout reste dans votre navigateur.

Étape 1 / 5

Quelle est la situation du candidat ?

C'est ce qui détermine si une autorisation de travail est nécessaire.

Quel type de contrat envisagez-vous ?

La durée conditionne le régime de la taxe employeur.

Pour un CDI, indiquez la durée d'engagement prévisible (24 mois par défaut).

Le poste figure-t-il sur la liste des métiers en tension ?

Si oui, la situation de l'emploi ne vous est pas opposable : vous n'avez pas à publier l'offre pendant 3 semaines. La liste est régionalisée et fixée par l'annexe I de l'arrêté du 21 mai 2025.

Vérifiez votre métier et votre région dans l'annexe I de l'arrêté au Journal officiel. Un même métier peut être en tension dans une région et pas dans une autre.

Rémunération et spécificités du poste

Sert à estimer la taxe employeur et à contrôler la condition de salaire.

€ brut / mois
Doit être au moins égal au SMIC (1 867,02 € brut pour 35 h) ou au minimum conventionnel de la branche, si celui-ci est supérieur.

Quand souhaitez-vous que le salarié prenne son poste ?

L'outil remonte le fil pour vous donner la date limite de chaque démarche.

1. Qui a besoin d'une autorisation de travail ?

Tout ressortissant étranger qui n'est pas citoyen de l'Union européenne, de l'Espace économique européen ou de la Suisse doit être autorisé à exercer une activité salariée en France. C'est le principe posé par l'article L5221-2 du code du travail : l'étranger doit produire, à l'appui de sa demande de titre de séjour, un contrat de travail ou une promesse d'embauche, et l'autorisation de travail est délivrée au vu de la situation qu'il occupe.

Le point que beaucoup d'employeurs découvrent trop tard : c'est vous qui déposez la demande, pas le candidat. La procédure est intégralement dématérialisée sur la plateforme ANEF du ministère de l'Intérieur. Le salarié vous transmet ses pièces, vous constituez et téléversez le dossier, et la décision vous est notifiée.

Le récépissé de dépôt ne vaut pas autorisation. Tant que la décision n'est pas rendue, faire travailler le salarié relève de l'emploi d'un étranger non autorisé (art. L8251-1 du code du travail).

2. Les titres qui dispensent d'autorisation de travail

Un certain nombre de titres emportent par eux-mêmes le droit de travailler. Dans ce cas, aucune démarche d'autorisation n'est à engager — mais l'obligation de vérification préalable, elle, demeure.

Titre détenu par le candidat Autorisation de travail
Carte de résident (10 ans)Non requise
Carte « vie privée et familiale » / VLS-TS correspondantNon requise
Carte « Talent » (ex-passeport talent)Non requise
Carte de résident longue durée-UE obtenue en FranceNon requise
Bénéficiaire d'une protection internationaleNon requise
Carte « salarié détaché ICT » / mobilité intragroupeNon requise
Carte « recherche d'emploi ou création d'entreprise »Non requise
Visa vacances-travailNon requise
Titre « étudiant »Non requise — plafond 964 h/an
Carte « salarié » ou « travailleur temporaire »Requise pour chaque nouveau contrat

Source : service-public.gouv.fr — fiche F2728, code du travail art. L5221-2, CESEDA art. L414-1 et s.

La vérification préalable vous protège. Lorsque le salarié détient déjà un titre, adressez au préfet du département du lieu d'embauche une demande de vérification d'authenticité, au moins 2 jours ouvrables avant la prise de poste. Sans réponse dans ce délai, votre obligation est réputée remplie — c'est ce qui vous met à l'abri si le titre s'avère falsifié (art. L5221-8 et R5221-41 du code du travail).

3. L'opposabilité de la situation de l'emploi

C'est le principal motif de refus. L'administration peut vous opposer que le poste est susceptible d'être pourvu par une personne déjà présente sur le marché du travail. Pour écarter cet argument, vous devez démontrer que vous avez réellement cherché à recruter localement :

  • publication de l'offre auprès du service public de l'emploi pendant 3 semaines consécutives ;
  • publication intervenue dans les 6 mois précédant le dépôt de la demande ;
  • bilan des candidatures reçues, établissant qu'aucun candidat ne répondait aux caractéristiques du poste.

Ce bilan est la pièce que les préfectures examinent le plus attentivement. Un document générique (« aucune candidature satisfaisante ») affaiblit le dossier. Détaillez : nombre de candidatures reçues, motifs objectifs d'écartement, compétences manquantes au regard de la fiche de poste.

L'exception : les métiers en tension. Si le métier et la zone géographique figurent sur la liste fixée par l'annexe I de l'arrêté du 21 mai 2025 (pris pour l'application de l'article L414-13 du CESEDA), la situation de l'emploi ne vous est pas opposable : ni publication d'offre, ni bilan de candidatures. Cet arrêté a abrogé celui du 1er avril 2021 et la liste est régionalisée — un métier peut y figurer en Hauts-de-France et pas en Occitanie.

Ne confondez pas deux listes différentes. Les « métiers en tension » de l'arrêté du 21 mai 2025 (droit des étrangers) n'ont rien à voir avec les métiers en tension au sens de l'enquête Besoins en main-d'œuvre de France Travail (statistique de recrutement). Seule la première produit un effet juridique sur l'autorisation de travail.

4. Les pièces du dossier

La liste est fixée par l'arrêté du 1er avril 2021, modifié par l'arrêté du 3 janvier 2025 qui a ajouté deux pièces souvent oubliées : la copie de la pièce d'identité du représentant légal et l'attestation sur l'honneur de logement décent mentionnant l'adresse précise.

Côté employeur

  • Pièce d'identité du représentant légal (recto/verso)
  • Justificatif d'existence légale (K-bis, avis SIRENE…)
  • Attestation de vigilance URSSAF de moins de 6 mois
  • Contrat de travail daté et signé des deux parties
  • Lettre de motivation du recrutement
  • Attestation sur l'honneur de logement décent
  • Si l'emploi est opposable : offre publiée, preuve de publication 3 semaines, bilan des candidatures

Côté salarié

  • Passeport ou document de voyage en cours de validité
  • Titre de séjour recto/verso s'il réside déjà en France
  • CV, diplômes et justificatifs d'expérience
  • Si profession réglementée : justificatif des conditions d'exercice

Les fichiers se téléversent en PDF sur l'ANEF, avec une limite de taille par pièce.

Sources : arrêté du 1er avril 2021, arrêté du 3 janvier 2025.


5. Délais et déroulé de l'instruction

Le préfet dispose de 2 mois pour statuer à compter du dépôt du dossier complet. Point crucial : le silence gardé vaut décision implicite de refus. Il ne faut donc pas interpréter l'absence de réponse comme un feu vert, et il faut anticiper le recours éventuel.

ÉtapeDélaiÀ la charge de
Publication de l'offre (si emploi opposable)3 semaines consécutives, dans les 6 mois précédant le dépôtEmployeur
Dépôt de la demande sur l'ANEFEmployeur
Instruction préfectorale2 mois — silence = refusPréfecture
Demande de visa long séjour (si recrutement depuis l'étranger)Variable selon le consulatSalarié
Validation du VLS-TS en ligneDans les 3 mois suivant l'arrivéeSalarié
Vérification du titre auprès du préfetAu moins 2 jours ouvrables avant l'embaucheEmployeur
Déclaration préalable à l'embauche (DPAE)Dans les 8 jours précédant l'embaucheEmployeur

En pratique, pour un recrutement depuis l'étranger sur un métier non listé en tension, il faut raisonner en 4 à 6 mois entre le lancement de la publication et la prise de poste effective. Le générateur ci-dessus calcule ce rétroplanning à partir de votre date cible.


6. Ce que ça coûte à l'employeur

L'employeur qui embauche un travailleur étranger acquitte une taxe prévue à l'article L436-10 du CESEDA. Depuis le 1er janvier 2023, elle n'est plus versée à l'OFII mais recouvrée par la DGFiP : elle se déclare et se paie annuellement, à terme échu, en annexe de la déclaration de TVA de l'année suivante.

Durée du contratMontant de la taxe
12 mois ou plus 55 % du salaire brut mensuel, retenu dans la limite de 2,5 × SMIC (soit une base plafonnée à 4 667,55 €, donc une taxe maximale de 2 567,15 €)
3 à moins de 12 mois Forfait : 74 € si le salaire ≤ SMIC (1 867,02 €) · 210 € si ≤ 1,5 SMIC (2 800,53 €) · 300 € au-delà
Travailleur saisonnier50 € par mois complet ou incomplet
Moins de 3 moisTaxe non due

Les seuils exprimés en SMIC sont recalculés à chaque revalorisation. Ceux affichés ici se basent sur le SMIC brut mensuel de 1 867,02 € (35 h, en vigueur au 1er juin 2026). Certains employeurs sont exonérés — notamment les particuliers employeurs et, sous conditions, certains organismes de recherche et établissements d'enseignement supérieur.

Sources : CESEDA art. L436-10 et s., BOFiP BOI-TPS-EMOE.


7. Ce que vous risquez en cas d'erreur

L'emploi d'un étranger non autorisé à travailler est interdit par l'article L8251-1 du code du travail. La loi du 26 janvier 2024 a remplacé l'ancienne contribution spéciale versée à l'OFII par une amende administrative prononcée par le ministre chargé de l'immigration.

21 750 €
Amende administrative maximale, par travailleur
65 250 €
Maximum en cas de réitération
5 ans
d'emprisonnement et 15 000 € d'amende au pénal

L'amende administrative est au plus égale à 5 000 fois le taux horaire du minimum garanti (4,35 € au 1er juin 2026), portée à 15 000 fois en cas de réitération. Son montant tient compte des capacités financières de l'auteur, du degré d'intentionnalité et de la gravité de la négligence. Au pénal s'ajoutent des peines complémentaires : fermeture de l'établissement, exclusion des marchés publics, remboursement des aides publiques perçues. Pour une personne morale, l'amende est quintuplée.

Sources : code du travail art. L8251-1 à L8256-8, loi n° 2024-42 du 26 janvier 2024. Voir aussi notre fiche article L8251-1 du code du travail.


8. Régularisation « métiers en tension » : ce que l'employeur doit savoir

L'article L435-4 du CESEDA, créé par la loi du 26 janvier 2024, ouvre jusqu'au 31 décembre 2026 une voie d'admission exceptionnelle au séjour pour les personnes en situation irrégulière justifiant d'une ancienneté de résidence en France et d'une activité salariée d'au moins 12 mois, consécutifs ou non, au cours des 24 derniers mois, dans un métier et une zone géographique en tension.

Deux points souvent mal compris côté employeur :

  • La démarche appartient au salarié, qui la dépose en préfecture. Elle peut être engagée sans l'accord de l'employeur — c'est une différence majeure avec l'ancien dispositif.
  • Ce dispositif ne régularise pas rétroactivement une situation d'emploi illégal. Si vous employez aujourd'hui une personne sans titre, vous restez exposé aux sanctions de la section 7 tant que le titre n'est pas délivré.

Les conditions d'appréciation ont été resserrées par l'instruction ministérielle du 23 janvier 2025, qui a abrogé la circulaire dite « Valls ». Ce dispositif étant temporaire et d'appréciation préfectorale, orientez la personne concernée vers la préfecture compétente ou un professionnel du droit des étrangers plutôt que de vous prononcer.

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Questions fréquentes

C'est l'employeur qui dépose la demande, en ligne, sur la plateforme ANEF du ministère de l'Intérieur. Le salarié ne peut pas la déposer à votre place. Il fournit en revanche des pièces (passeport, diplômes, CV) que vous téléversez dans le dossier.

Le préfet dispose de 2 mois pour statuer à compter du dépôt du dossier complet, et le silence gardé au terme de ce délai vaut décision implicite de refus. En amont, si la situation de l'emploi est opposable, il faut ajouter 3 semaines de publication de l'offre. Comptez au minimum 3 mois, davantage si le salarié doit ensuite obtenir un visa.

La taxe de l'article L436-10 du CESEDA est de 55 % du salaire brut mensuel pour un contrat de 12 mois ou plus, dans la limite de 2,5 fois le SMIC. Pour un contrat de 3 à moins de 12 mois, c'est un forfait de 74, 210 ou 300 € selon le niveau de salaire. Pour un saisonnier, 50 € par mois. Elle est déclarée et payée à la DGFiP avec la déclaration de TVA de l'année suivante.

C'est la possibilité pour l'administration de refuser l'autorisation au motif que le poste pourrait être pourvu par un demandeur d'emploi déjà présent sur le marché. Pour la lever, il faut avoir publié l'offre 3 semaines auprès du service public de l'emploi et produire un bilan des candidatures. Si le métier et la zone figurent sur la liste de l'arrêté du 21 mai 2025, cette condition n'est pas opposable.

Non. Le récépissé atteste uniquement que la demande a été déposée. Faire travailler un salarié avant l'obtention effective de l'autorisation constitue l'emploi d'un étranger non autorisé à travailler, sanctionné par l'article L8251-1 du code du travail.

Une amende administrative au plus égale à 5 000 fois le taux horaire du minimum garanti par travailleur concerné, portée à 15 000 fois en cas de réitération. S'y ajoutent des sanctions pénales pouvant aller jusqu'à 5 ans d'emprisonnement et 15 000 € d'amende, quintuplée pour une personne morale, ainsi que des peines complémentaires.

Oui, dans la limite de 964 heures par an, soit 60 % de la durée annuelle légale de travail. La période de référence est de 12 mois glissants à compter de la validité du titre, et non l'année civile. Aucune autorisation de travail n'est requise, mais le dépassement du quota fait perdre à l'activité son caractère accessoire.

Oui, lorsque le salarié détient déjà un titre l'autorisant à travailler. La demande de vérification est à adresser au préfet du département du lieu d'embauche au moins 2 jours ouvrables avant la prise de poste. Sans réponse dans ce délai, l'obligation est réputée remplie. C'est cette démarche qui protège l'employeur en cas de faux titre.
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Déposer la demande

La demande d'autorisation de travail se dépose exclusivement en ligne, par l'employeur, sur la plateforme officielle du ministère de l'Intérieur.

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