Code de l'environnement — art. L511-1

ICPE : définition, nomenclature et régimes de classement

Ce qu'est une installation classée, comment lire un numéro de rubrique, ce que change chaque régime — déclaration, contrôle périodique, enregistrement, autorisation — et comment le statut SEVESO s'y rattache.

22 761
ICPE non SEVESO recensées
590
SEVESO seuil haut
539
SEVESO seuil bas
4
séries de rubriques

Qu'est-ce qu'une ICPE ?

Le sigle signifie installation classée pour la protection de l'environnement. Ce n'est pas une catégorie d'entreprise ni un label : c'est un statut administratif, attaché à une activité et à un volume, qui déclenche des obligations précises.

La définition légale

L'article L511-1 du code de l'environnement vise toute exploitation industrielle, agricole ou artisanale susceptible de générer des risques accidentels, des risques chroniques ou des nuisances — pour le voisinage, la santé, la sécurité et la salubrité publiques, l'agriculture, la nature ou l'environnement.

Deux conséquences pratiques découlent de cette définition. D'abord, le classement ne dépend pas de la taille de l'entreprise : une petite menuiserie, un élevage ou un garage peuvent être classés là où une grande entreprise de services ne l'est pas. Ensuite, il ne dépend pas de l'intention mais de la capacité installée : c'est le volume stocké ou la puissance en jeu qui compte, pas l'usage réel qui en est fait.

Lire la nomenclature : les quatre séries

La nomenclature des installations classées est annexée à l'article R511-9 du code de l'environnement. Elle liste les activités et les substances concernées, chacune sous un numéro de rubrique. Le premier chiffre donne immédiatement la famille.

1000 — Substances

Classement par nature de produit présent sur le site.

  • 13xx — explosifs
  • 14xx — inflammables
  • 15xx — combustibles
  • 16xx — corrosifs
  • 17xx — radioactifs
2000 — Branches d'activité

Classement par métier, indépendamment des produits.

  • 21xx — activités agricoles et animaux
  • 22xx — agroalimentaire
  • 23xx — textiles et cuirs
  • 24xx — bois, papier, carton
  • 25xx — matériaux, minerais, métaux
  • 26xx — chimie, caoutchouc
  • 27xx — déchets
  • 29xx — divers
3000 — Directive IED

Marque l'appartenance à l'annexe I de la directive 2010/75/UE relative aux émissions industrielles. Ces installations relèvent des meilleures techniques disponibles et d'un réexamen périodique de leurs prescriptions.

Signal fort une rubrique 3xxx implique toujours le régime d'autorisation.

4000 — Substances dangereuses (SEVESO 3)

Substances et mélanges dangereux au sens de la directive SEVESO 3.

  • 41xx — toxiques
  • 42xx — explosifs
  • 43xx — inflammables
  • 44xx — autoréactifs
  • 45xx — dangereux pour l'environnement

Ce sont ces rubriques qui déterminent le seuil bas ou le seuil haut.

Le mécanisme en vidéo : on identifie la rubrique, on compare la quantité au seuil, on en déduit le régime.

ICPE : rubriques, nomenclature et régimes de classement
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Les régimes : D, DC, E et A

Chaque rubrique fixe des seuils — une quantité stockée, une puissance, une capacité de production. Selon le seuil franchi, la même activité relève d'un régime différent, du plus léger au plus lourd. C'est le principe central du dispositif : le régime dépend du volume, pas de l'activité seule.

D Déclaration

Les activités aux risques les moins élevés. Télédéclaration avant la mise en service, avec délivrance immédiate d'une preuve de dépôt par voie électronique, mise à disposition du public pendant trois ans au minimum. L'exploitant applique des prescriptions générales fixées par arrêté ministériel ou préfectoral.

DC Déclaration avec contrôle périodique

Même procédure que la déclaration, mais l'installation est en plus soumise à un contrôle périodique par un organisme agréé. Le « C » accolé au « D » dans la colonne de la nomenclature est le seul indice : il faut le repérer rubrique par rubrique.

E Enregistrement

Une autorisation simplifiée, créée pour les secteurs dont les enjeux environnementaux et les risques sont bien connus et encadrés par des prescriptions nationales. Elle ne s'applique ni aux installations relevant de la directive IED, ni à celles soumises à évaluation environnementale systématique. Le préfet peut basculer le dossier en autorisation si le contexte local le justifie.

A Autorisation

Les installations les plus dangereuses. Le dossier passe par l'autorisation environnementale : étude d'impact, étude de dangers, instruction par les services de l'État et consultation du public. C'est le régime de tous les établissements SEVESO.

Le contrôle périodique des installations DC

C'est la partie la plus méconnue du dispositif, et celle qui met le plus d'exploitants en défaut : beaucoup savent qu'ils ont déclaré leur installation, peu savent qu'un contrôle est dû.

Situation Échéance
Périodicité générale 5 ans au maximum
Installation certifiée ISO 14001 par un organisme accrédité 10 ans au maximum
Organisation enregistrée EMAS Dispensée
Premier contrôle — installation nouvelle Dans les 6 mois suivant la mise en service
Premier contrôle — installation déjà déclarée sans contrôle Dans les 2 ans
Premier contrôle — installation auparavant soumise à autorisation ou enregistrement Dans les 5 ans
Remise du rapport de visite à l'exploitant Dans les 60 jours suivant la visite

ICPE et SEVESO : comment les deux s'articulent

La confusion est fréquente, y compris dans la presse. SEVESO n'est pas un régime parallèle à l'ICPE : un établissement SEVESO est une installation classée. Le statut SEVESO est une couche supplémentaire, déclenchée par les quantités de substances dangereuses relevant des rubriques 4000.

1
L'installation est classée parce qu'une de ses activités ou une de ses substances franchit un seuil de la nomenclature.
2
Le régime est déterminé par la rubrique la plus contraignante : déclaration, enregistrement ou autorisation.
3
Le cumul des substances dangereuses est examiné au titre des rubriques 4000, qui transposent la directive SEVESO 3.
4
Le statut SEVESO en découle : seuil bas ou seuil haut, avec les obligations renforcées correspondantes — dont l'étude de dangers, et pour le seuil haut le plan d'opération interne et le plan particulier d'intervention.

Autrement dit : tout site SEVESO est une ICPE en autorisation, mais l'immense majorité des ICPE ne sont pas SEVESO. Les chiffres de la base le montrent bien : 22 761 installations classées non SEVESO recensées, contre 1 129 établissements SEVESO.

Voir les installations près de chez vous

23 890 sites recensés sur la carte interactive : 22 761 installations classées et 1 129 établissements SEVESO. Filtrez par type, région, département ou secteur.

Ouvrir la carte

Pour le détail des deux seuils et de ce qu'ils changent pour les riverains, voir notre dossier sur les différences entre seuil haut et seuil bas, et la carte des sites SEVESO en France.

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Qui contrôle les installations classées

Le contrôle relève de l'inspection des installations classées, qui exerce une mission de police environnementale. Elle est portée par les DREAL — la DRIEAT en Île-de-France — et, pour une partie des activités agricoles, par les directions départementales de la protection des populations.

Son action se déploie sur trois plans : les visites d'inspection sur site, la proposition au préfet de mises en demeure et de sanctions administratives lorsque les prescriptions ne sont pas respectées, et la constatation des infractions pénales. Exploiter une installation sans la déclaration, l'enregistrement ou l'autorisation requis constitue une infraction, indépendamment de toute pollution constatée.

Portée de cette page. Elle présente le cadre général du classement ICPE à partir des textes en vigueur et des publications officielles. Elle ne se substitue pas à l'examen de votre situation : le classement d'une installation donnée suppose de confronter chacune de ses activités et de ses substances à la nomenclature en vigueur, et se vérifie auprès de la DREAL ou de la préfecture compétente. La nomenclature est régulièrement modifiée.

Questions fréquentes sur les ICPE

Une installation classée pour la protection de l'environnement est, au sens de l'article L511-1 du code de l'environnement, toute exploitation industrielle, agricole ou artisanale susceptible de générer des risques accidentels, des risques chroniques ou des nuisances pour le voisinage, la santé, la sécurité, la salubrité publique, l'agriculture, la nature ou l'environnement. Ce n'est donc pas une catégorie d'entreprise mais un statut administratif, attaché à une activité et à un volume.

En confrontant chaque activité et chaque substance présente sur le site à la nomenclature des installations classées, annexée à l'article R511-9 du code de l'environnement. Chaque rubrique fixe des seuils de quantité ou de capacité : c'est le franchissement d'un seuil qui déclenche le classement et détermine le régime applicable. Une même installation peut relever de plusieurs rubriques simultanément.

Ce sont les trois régimes, par dangerosité croissante. La déclaration concerne les activités aux risques les moins élevés : elle se fait en ligne avant la mise en service et une preuve de dépôt est délivrée immédiatement. L'enregistrement est une autorisation simplifiée, réservée aux secteurs dont les enjeux sont bien connus et encadrés par des prescriptions nationales. L'autorisation vise les installations les plus dangereuses et passe par une autorisation environnementale, avec étude d'impact, étude de dangers et consultation du public.

DC désigne une installation soumise à déclaration avec contrôle périodique par un organisme agréé. Le contrôle a lieu au moins tous les cinq ans, porté à dix ans maximum si l'installation est certifiée ISO 14001 par un organisme accrédité ; les organisations enregistrées EMAS en sont dispensées. Le premier contrôle intervient dans les six mois suivant la mise en service d'une installation nouvelle.

Le premier chiffre indique la famille. Les rubriques 1000 visent les substances (explosifs, inflammables, combustibles, corrosifs, radioactifs), les 2000 les branches d'activité (agriculture, agroalimentaire, textile, bois, matériaux, chimie, déchets), les 3000 les activités relevant de la directive européenne sur les émissions industrielles (IED), et les 4000 les substances et mélanges dangereux au sens de la directive SEVESO 3.

SEVESO n'est pas un régime distinct : un établissement SEVESO est une ICPE. Ce sont les rubriques 4000 de la nomenclature, qui traitent des substances et mélanges dangereux, qui déterminent si un établissement relève du seuil bas ou du seuil haut. Tout site SEVESO relève donc du régime d'autorisation, mais l'inverse est faux : la grande majorité des ICPE ne sont pas SEVESO.

L'inspection des installations classées, exercée par les DREAL (DRIEAT en Île-de-France) et, pour certaines activités agricoles, par les directions départementales de la protection des populations. Elle conduit une mission de police environnementale : contrôles sur site, propositions de mise en demeure et de sanctions administratives au préfet, constatation des infractions pénales.

Sources officielles

  • Code de l'environnement, article L511-1 (définition) et article R511-9 ainsi que son annexe (nomenclature)
  • Ministère chargé de la Transition écologique — « Les installations classées pour la protection de l'environnement : des activités sous surveillance »
  • AIDA / Ineris — nomenclature des installations classées
  • service-public.gouv.fr (entreprendre) — régimes, procédures et contrôle périodique
  • Directive 2010/75/UE (émissions industrielles, dite IED) et directive 2012/18/UE (dite SEVESO 3)
  • Données des sites recensés : base Géorisques (ministère de la Transition écologique / BRGM)

Informations vérifiées en septembre 2026.