Salaires & Rémunération Boulangerie industrielle IDCC 1747

Grille des salaires Boulangerie Industrielle 2026 : pétrisseur, four, conditionnement (IDCC 1747)

Près de 60 000 salariés dans la boulangerie industrielle française : pétrisseurs, fourniers, conducteurs de ligne, conditionneurs. La convention collective IDCC 1747 structure les salaires en 6 niveaux. Le décryptage complet du barème 2026, des primes (panier, nuit, froid, 13ᵉ mois), des coefficients et des perspectives d'évolution dans ce secteur en pleine modernisation.

Dossier conventions collectives & agroalimentaire
Mis à jour : mai 2026 • Lecture : 12 min
Section 01

Le secteur en France et l'IDCC 1747

La boulangerie industrielle française regroupe environ 200 entreprises et près de 60 000 salariés. Elle produit le pain de mie, les viennoiseries (croissants, pains au chocolat), les pains spéciaux préemballés, les pâtisseries industrielles, les pizzas et autres produits de boulangerie pour la grande distribution, la restauration commerciale et collective. Acteurs majeurs : Bridor, La Boulangère, Pasquier, Délifrance, Vandemoortele, Lantmännen Unibake, Groupe Soufflet (Boulangeries de France).

Le secteur est encadré par la convention collective nationale des Industries de la boulangerie-pâtisserie (IDCC 1747), à distinguer impérativement de la boulangerie artisanale (IDCC 843) qui couvre les boulangeries de quartier et les pâtisseries traditionnelles. Les rémunérations, les coefficients et les primes diffèrent significativement entre les deux conventions.

La CCN 1747 a été révisée en profondeur en 2018 puis actualisée chaque année par avenant pour les salaires minima. La grille 2026 a été négociée en décembre 2025 et publiée par avenant au Journal officiel. Elle s'applique à toutes les entreprises de plus de 11 salariés relevant des codes NAF 10.71B (cuisson de produits de boulangerie), 10.71C (industries du pain et de la pâtisserie fraîche), et 10.71D (pâtisserie).

Section 02

Classification en 6 niveaux

La convention 1747 organise les salariés en 6 niveaux principaux, eux-mêmes subdivisés en 2 ou 3 échelons. Cette grille remplace les anciens coefficients depuis la révision de 2018.

Niveau Profil-type Autonomie / responsabilité Formation typique
I Manœuvre, agent polyvalent débutant Tâches simples, supervision directe Sans qualification
II Opérateur de fabrication, conditionneur, cariste Tâches répétitives, autonomie limitée CAP/BEP boulangerie ou agroalimentaire
III Pétrisseur, façonneur, fournier Compétences spécialisées, autonomie sur poste CAP/BP Boulanger ou expérience
IV Conducteur de ligne, technicien process Pilotage d'une installation, animation d'une équipe Bac pro PSPA ou BTS bioqualité
V Chef d'équipe, responsable de ligne Encadrement de 5 à 15 personnes Bac+2 / BTS technico-commercial agroalimentaire
VI Cadre : chef de production, responsable qualité Direction d'un atelier, budget, projets Ingénieur agro / Bac+5

À l'intérieur de chaque niveau, 2 à 3 échelons (A, B, C) permettent une progression : à compétences égales, l'ancienneté et la prise de responsabilités font passer de A à C. Un même métier (pétrisseur) peut donc être classé III A, III B ou III C selon le poste et l'expérience.

Section 03

Barème salaires 2026 par niveau et échelon

Salaires minima conventionnels pour 35h hebdomadaires, applicables au 1ᵉʳ janvier 2026 (avenant n° 119 du 12 décembre 2025). Beaucoup d'entreprises versent au-delà de ces minima.

Niveau Échelon Salaire mensuel brut (151,67h) Taux horaire brut Salaire annuel brut
I A 1 826 € 12,04 € 21 912 €
B 1 845 € 12,17 € 22 140 €
II A 1 870 € 12,33 € 22 440 €
B 1 905 € 12,56 € 22 860 €
C 1 945 € 12,82 € 23 340 €
III A 1 985 € 13,09 € 23 820 €
B 2 030 € 13,38 € 24 360 €
C 2 080 € 13,71 € 24 960 €
IV A 2 180 € 14,37 € 26 160 €
B 2 290 € 15,10 € 27 480 €
V A 2 480 € 16,35 € 29 760 €
B 2 750 € 18,13 € 33 000 €
VI A 3 250 € 21,43 € 39 000 €
B 3 850 € 25,38 € 46 200 €
Note : ces minima conventionnels sont des planchers : les entreprises peuvent (et le font souvent) verser des salaires supérieurs, surtout sur les profils en tension (pétrisseurs expérimentés, fourniers de nuit, conducteurs de ligne automatisée). Pour les cadres, l'écart entre minimum conventionnel et salaire de marché peut atteindre 30 à 50 %.
Section 04

Salaires détaillés par métier 2026

Salaires de marché observés (hors minima conventionnels), incluant primes habituelles. Données issues de l'Apec, France Travail et études salariales sectorielles 2025.

Pétrisseur

Niveau : III A à III C

Mission : préparation de la pâte (mélange farines, eau, levure, sel), gestion du pétrissage et fermentation.

Salaire : 24 à 32 k€ brut/an, primes incluses.

Façonneur / formeur

Niveau : II C à III A

Mission : mise en forme manuelle ou automatisée des pâtes (croissants, baguettes, pains spéciaux).

Salaire : 22 à 28 k€ brut/an.

Fournier (cuiseur)

Niveau : III B à III C, IV A en industrie automatisée

Mission : pilotage des fours (température, durée, vapeur), garant de la qualité finale du produit cuit.

Salaire : 26 à 34 k€ brut/an avec primes nuit.

Conditionneur

Niveau : II A à II C

Mission : emballage des produits finis, contrôle visuel, palettisation.

Salaire : 22 à 26 k€ brut/an.

Conducteur de ligne

Niveau : IV A à IV B

Mission : pilotage d'une ligne automatisée (pétrissage, façonnage, cuisson, conditionnement) et coordination des opérateurs.

Salaire : 28 à 36 k€ brut/an.

Technicien maintenance

Niveau : IV B à V A

Mission : maintenance préventive et curative des équipements (pétrins, fours, lignes d'emballage).

Salaire : 30 à 42 k€ brut/an, profil très recherché.

Chef d'équipe production

Niveau : V A à V B

Mission : animation d'une équipe de 8 à 20 personnes, suivi de production, qualité, sécurité.

Salaire : 32 à 42 k€ brut/an.

Responsable qualité

Niveau : VI A

Mission : management de la sécurité alimentaire (HACCP, IFS, BRC), audits clients, gestion des non-conformités.

Salaire : 38 à 52 k€ brut/an.

Chef de production

Niveau : VI B

Mission : direction d'un atelier (50 à 200 personnes), pilotage des indicateurs, plan de progrès.

Salaire : 48 à 75 k€ brut/an.

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Primes : panier, nuit, froid, 13ᵉ mois

Les primes représentent 10 à 25 % de la rémunération totale en boulangerie industrielle, particulièrement pour les postes en 3×8 et de nuit. Les éléments à connaître pour évaluer une offre.

Prime de panier

Montant 2026 : 6,80 € à 7,30 € par jour travaillé selon entreprise.

Versée pour chaque journée travaillée incluant un repas pris hors du domicile. Exonérée de charges sociales dans la limite des plafonds URSSAF (10,30 €/jour en 2026).

Prime de nuit

Majoration : 25 % à 50 % du taux horaire selon les entreprises et l'horaire de la plage de nuit.

Travail de nuit défini par la CCN : entre 21h et 6h. Très fréquent en boulangerie industrielle (équipes de nuit pour livrer le matin).

Prime de froid

Montant : 0,30 € à 0,50 €/heure ouvrée en chambre froide ou local négatif.

Pour les opérateurs travaillant dans les chambres réfrigérées (pâtes pré-pousses, viennoiseries crues surgelées) ou de surgélation (-18°C).

Habillage / déshabillage

Compensation : 5 à 10 minutes par jour rémunérées au taux horaire normal.

Pour le port de tenues spécifiques (blouses, charlottes, surchaussures) imposé par la sécurité alimentaire HACCP. Ce temps est du temps de travail effectif depuis Cass. soc. 2022.

13ᵉ mois

Prévu par la CCN 1747 : versement d'un mois de salaire supplémentaire au prorata du temps de présence.

Souvent payé en deux fois : prime de vacances en juin (50 %) et prime de fin d'année en décembre (50 %).

Prime de 3×8

Montant : 10 à 20 % de prime sur le salaire de base.

Pour les salariés en cycle de travail 3×8 ou 4×8 (travail posté permanent). Variation selon l'entreprise et l'accord d'établissement.

Cumul réel : un fournier de nuit en 3×8 (salaire base 2 100 €) peut percevoir, primes incluses, environ 2 800 à 3 100 € brut/mois, soit 35 à 38 k€ annuels. C'est ce qui rend ces postes attractifs malgré les contraintes horaires.
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Conditions de travail et 3×8

La boulangerie industrielle se distingue par ses horaires atypiques : plus de 60 % des salariés de production travaillent en équipes postées (2×8, 3×8 ou 4×8) pour assurer la production continue 7 jours sur 7. Les livraisons aux grandes surfaces se font tôt le matin, ce qui impose des cycles de cuisson de nuit et tôt le matin.

Les conditions sont physiquement éprouvantes : chaleur des fours (40 à 50°C en zone cuisson), bruit des machines (80 à 90 dB), port de charges (sacs de farine de 25 kg historiquement, 12 kg aujourd'hui par décret), exposition à la farine (allergies respiratoires, maladie professionnelle reconnue tableau RG 66 bis). La sécurité alimentaire (HACCP) impose des règles strictes : tenue, lavage des mains, traçabilité.

Risques professionnels typiques
  • Asthme du boulanger : exposition à la farine, tableau RG 66 bis
  • Stress thermique : 40-50°C en zone cuisson
  • Bruit : 80-90 dB, port d'EPI auditifs
  • TMS : gestes répétitifs (façonnage, emballage)
  • Décalage horaire : impact santé du travail de nuit
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Évolution de carrière et formations

Formations initiales

CAP Boulanger (2 ans), BP Boulanger (2 ans après CAP), Bac pro PSPA (Pilote de Système de Production Automatisée), BTS Bioqualité ou BTSA STA (Sciences et Technologies des Aliments).

Parcours-type

Niveau I (manœuvre) → Niveau II (opérateur) en 2-3 ans → Niveau III (pétrisseur, fournier) en 5-7 ans → Niveau IV (conducteur ligne) en 8-10 ans → Niveau V (chef d'équipe) après formation interne.

Reconversion adulte

CQP (Certificat de Qualification Professionnelle) Conducteur de ligne en 8-12 mois, financés par OPCO (OCAPIAT pour l'agroalimentaire). Formations courtes pétrisseur et fournier en 6 mois (CFA Cordon Bleu, École de Boulangerie, Compagnons du Devoir).

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Tendances 2026 : pénurie de profils, automatisation, salaires en hausse

Pénurie de personnel

Selon l'ANIA, la boulangerie industrielle ne pourvoit que 70 % de ses postes ouverts en 2025. Pénurie particulièrement forte sur les pétrisseurs, fourniers et techniciens maintenance. Conséquence : salaires en hausse de 6 à 10 % par an depuis 2022.

Automatisation accélérée

Investissements massifs en lignes automatisées et robots de palettisation. Création de nouveaux profils : conducteur de ligne automatisée, technicien automatisme, programmeur SCADA. Disparition progressive des postes 100 % manuels (façonnage manuel notamment).

Bio et clean label

Croissance de la demande pour les produits bio, sans additifs, sans gluten, fermentation lente. Génère des profils spécialisés mieux rémunérés (boulanger pâtissier R&D, ingénieur procédés naturels). Formations spécifiques en pleine croissance.

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Questions fréquentes

Les deux secteurs relèvent de conventions collectives différentes. La boulangerie industrielle (IDCC 1747) regroupe les usines de production en grande série destinées à la grande distribution, à la restauration et à l export (Bridor, La Boulangère, Pasquier, Délifrance). La boulangerie artisanale (IDCC 843) couvre les boulangeries de quartier, les pâtisseries traditionnelles et les terminaux de cuisson. Les rémunérations diffèrent : généralement plus élevées en industrielle pour les ouvriers qualifiés (effet primes, 13e mois, équipes postées), mais les artisans peuvent atteindre des salaires comparables avec leur statut indépendant. Les conditions de travail sont également distinctes : production en série avec lignes automatisées vs production manuelle en petite série.

Le salaire d un pétrisseur dépend de son niveau et de son ancienneté. Le minimum conventionnel 2026 (niveau III A, salaire de base) est d environ 1 985 € brut mensuel pour 35 heures. Avec les primes habituelles (panier, nuit, 3×8, 13e mois), un pétrisseur expérimenté en équipe de nuit peut atteindre 2 800 à 3 100 € brut mensuel, soit 33 à 37 k€ annuels. Les pétrisseurs en CDI dans les grands groupes (Bridor, La Boulangère) sont mieux payés que les minima conventionnels et bénéficient de participation et intéressement.

La convention collective des industries de la boulangerie-pâtisserie (IDCC 1747) prévoit obligatoirement : la prime de panier pour chaque journée travaillée hors du domicile (6,80 à 7,30 € en 2026), la majoration pour travail de nuit (25 à 50 pour cent selon les entreprises, plage 21h-6h), la rémunération du temps d habillage et déshabillage (5 à 10 minutes par jour), et le 13e mois (souvent versé en deux fois : juin et décembre). La prime de froid (chambre réfrigérée), la prime de 3×8 et les autres primes sectorielles dépendent des accords d entreprise mais sont quasi systématiques dans les grands groupes.

Oui, plusieurs postes sont accessibles sans qualification initiale : agent de fabrication, opérateur de conditionnement, manutentionnaire, cariste (avec CACES R489-3 financé par l employeur). Salaire d entrée : niveau I (SMIC, environ 1 826 € brut mensuel en 2026). À partir de ces postes, la progression vers des métiers qualifiés (pétrisseur, fournier) est rapide via des formations internes ou des CQP financés par l OPCO OCAPIAT. La boulangerie industrielle est l un des secteurs agroalimentaires les plus accueillants pour les profils débutants ou en reconversion : forte tension de recrutement et politiques actives de formation des nouveaux embauchés.

Très fréquent mais pas systématique. Plus de 60 pour cent des salariés de production travaillent en équipes postées (2×8, 3×8 ou 4×8) pour assurer la production continue, avec une partie des effectifs en équipe de nuit. Les livraisons aux grandes surfaces se font tôt le matin, ce qui impose des cycles de cuisson nocturnes. Cependant, il existe aussi des postes en équipe de jour (8h-16h) ou en équipes décalées (5h-13h, 13h-21h). Lors de la signature du contrat, les horaires doivent être précisés. Le travail de nuit (21h-6h selon la CCN) est rémunéré avec une majoration de 25 à 50 pour cent selon les accords d entreprise.

Oui, l asthme du boulanger est reconnu comme maladie professionnelle par le tableau RG 66 bis (régime général de la Sécurité sociale). Il est causé par l inhalation chronique de farines (notamment de blé), provoquant une rhinite puis un asthme allergique. Les boulangers sont parmi les professionnels les plus touchés en France. La prise en charge est intégrale : indemnités journalières, soins, et en cas d incapacité permanente, rente. Pour la prévention : aspiration à la source au-dessus des pétrins, EPI respiratoires (masques FFP2), surveillance médicale renforcée. Le dépistage précoce permet souvent un changement de poste avant l aggravation.
Sources & références
  • Convention collective nationale des industries de la boulangerie-pâtisserie (IDCC 1747)
  • Avenant salaires n° 119 du 12 décembre 2025 (grille 2026)
  • ANIA — Panorama des industries alimentaires 2025
  • OCAPIAT — Opérateur de Compétences agroalimentaire
  • Tableau RG 66 bis (asthme du boulanger)
  • France Travail — Codes ROME D1102 (boulanger), H2102 (conducteur de ligne agroalimentaire)