Pourquoi seuls 16 % des ingénieurs croient à la réindustrialisation

YouTube 8 vues 03/05/2026

Seuls 16 % des ingénieurs français croient à la réindustrialisation du pays. C'est le chiffre choc d'une étude récente publiée par l'IESF (Ingénieurs et Scientifiques de France). Dans le contexte du plan France 2030 et de l'engouement médiatique pour les gigafactories, ce scepticisme massif des principaux acteurs technique du sujet interpelle.

Cette enquête analyse les raisons du scepticisme des ingénieurs et propose un débat sur les conditions réelles d'une réindustrialisation française durable. Indispensable pour comprendre le climat de l'industrie en 2026 — du côté des cadres techniques.

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Les 5 freins identifiés par les ingénieurs

1. Coût de l énergie

L électricité française reste 2 à 3 fois plus chère que l américaine, même si moins chère qu en Allemagne. Pour une fonderie, cimenterie ou usine d hydrogène, c est rédhibitoire vs concurrence US ou asiatique.

2. Main-d œuvre qualifiée

70 000 postes industriels non pourvus en permanence. Les techniciens, soudeurs, automaticiens, tourneurs-fraiseurs manquent partout. La formation initiale ne suit pas le rythme.

3. Délais administratifs

5 à 7 ans pour implanter une usine ICPE entre l idée et la mise en service. Recours, étude d impact, enquête publique, autorisations préfectorales. Aux USA, ces délais sont de 12-18 mois.

4. Fiscalité de production

CFE, CVAE, taxes foncières, cotisations sociales : malgré les baisses récentes, le coût total reste plus élevé que dans la plupart des pays concurrents. Les ingénieurs perçoivent un déséquilibre durable.

5. Incohérence des politiques publiques

Annonces gigafactories d un côté, normes environnementales restrictives de l autre, débat permanent sur le nucléaire et les renouvelables. Les ingénieurs réclament une vision de long terme stable sur 10-15 ans, garante des investissements lourds.

Les motifs d'espoir

Malgré ces freins, plusieurs signaux positifs émergent :

  • Plan France 2030 — 54 milliards d euros d investissement public ciblé,
  • Gigafactories batteries — Douvrin (ACC), Dunkerque (Verkor, Envision, Prologium), Douai,
  • Programme nucléaire EPR2 — 6 nouveaux réacteurs annoncés,
  • Hydrogène vert — Lhyfe, McPhy, Hynamics,
  • Semi-conducteurs — STMicroelectronics-GlobalFoundries (Crolles, 5,7 Md€),
  • Réindustrialisation locale — relocalisation de productions critiques (médicaments, électronique défense).
L IESF appelle à une politique publique cohérente sur la durée, des investissements massifs en formation technique (filières CAP/Bac pro/BTS), une simplification réglementaire pour les implantations industrielles, et une fiscalité de production alignée sur la moyenne européenne. Les conditions du succès sont identifiées — reste à les mettre en œuvre.

Pour aller plus loin

Source vidéo : YouTube · Données : IESF (Ingénieurs et Scientifiques de France), enquête nationale, Banque de France, Bpifrance.

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Questions fréquentes

L étude IESF identifie 5 freins majeurs : 1) Coût de l énergie (électricité 2-3× plus chère qu aux États-Unis), 2) Main-d œuvre qualifiée (70 000 postes industriels vacants), 3) Délais administratifs (5-7 ans pour implanter une usine ICPE vs 12-18 mois aux USA), 4) Fiscalité de production plus élevée que la moyenne européenne, 5) Incohérence des politiques publiques (annonces gigafactories + normes restrictives).

L IESF appelle à : une politique publique cohérente sur 10-15 ans (vs cycles électoraux), des investissements massifs en formation technique (filières CAP/Bac pro/BTS), une simplification réglementaire pour les implantations industrielles, une fiscalité de production alignée sur la moyenne européenne, une stratégie nucléaire et énergétique stable et explicite.

Oui pour les ingénieurs interrogés, à hauteur des montants engagés (54 Md€). Mais la mise en œuvre concrète reste leur préoccupation : combien de gigafactories effectivement construites et productives ? Avec quels emplois directs vs effet d annonce ? L exemple emblématique reste Verkor à Dunkerque (1 200 emplois prévus) et ACC à Douvrin.

Oui pour l industrie intensive en énergie (chimie, sidérurgie, ciment, fonderies, hydrogène). Le prix industriel français reste 2-3 fois supérieur au prix américain. Cela limite drastiquement la compétitivité de ces secteurs vs concurrence US. La France compense par son nucléaire bas-carbone (atout pour les certifications produits décarbonés), mais la facture reste élevée.

Selon les ingénieurs IESF : nucléaire (programme EPR2 + SMR), aéronautique-spatial (Airbus, Safran, Thales Alenia Space), batteries (gigafactories du Nord), hydrogène vert (Lhyfe, McPhy, Hynamics), semi-conducteurs (STMicroelectronics-GlobalFoundries Crolles), biotech-pharma (relocalisation de productions critiques). Secteurs en difficulté : électroménager, textile, métallurgie de base.

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