Comment se passe un test CACES
De l'organisme testeur aux résultats : les deux épreuves, les seuils de réussite, la durée de chacune et ce qui se passe après un échec. Les règles décrites ici sont celles des huit recommandations R482 à R490, dans leurs versions de mai 2026.
Un test CACES comporte deux épreuves, une théorique et une pratique, toutes deux évaluées par un organisme testeur certifié à partir des fiches d'évaluation annexées à la recommandation de l'engin (R.489A, p. 8). Le certificat n'est délivré que si les deux sont réussies. Le contenu détaillé de chaque épreuve dépend de la recommandation : il est décrit sur sa page, de la R482 à la R490. Cette page décrit ce qui se passe, dans l'ordre, ce qui est commun à toutes.
Avant le test : ce qu'il faut avoir
- Une formation à la conduite. Pour se présenter, le candidat doit présenter une attestation, établie par un organisme spécialisé ou par son employeur, indiquant qu'il a reçu une formation lui donnant au minimum les connaissances théoriques et le savoir-faire pratique du référentiel de la recommandation. Une simple « formation au passage du CACES », qui se limiterait à préparer aux questions et aux gestes de l'épreuve, ne suffit pas à remplir l'obligation de formation (R.489A, p. 7).
- Une attestation médicale, recommandée en amont. Les recommandations conseillent à l'employeur de s'assurer que le salarié détient une attestation d'absence de contre-indications médicales à la conduite, en cours de validité, avant de l'engager dans la formation et le test. Un organisme formateur ou testeur peut aussi l'exiger par contrat (R.489A, p. 6). Les gerbeurs à conducteur accompagnant (R485) et les ponts roulants (R484) ont leur propre règle, expliquée sur la page autorisation de conduite.
- Le permis de conduire, si l'engin l'exige. Quand la conduite de l'engin sur la voie publique demande une catégorie de permis, le salarié doit en être titulaire avant de s'engager dans la formation et le test (R.489A, p. 11).
- Des équipements de protection. Le candidat et le testeur doivent disposer des EPI adaptés à l'engin et au site, au minimum ceux du tableau plus bas (R.489A, p. 10).
Sources : R.489A, p. 6, 7, 10 et 11 ; mêmes dispositions dans les sept autres recommandations.
Qui fait passer le test
Seul un organisme testeur certifié (OTC) peut délivrer un CACES. Il est certifié par un organisme certificateur (OC), lui-même accrédité par le Cofrac. La certification porte sur chaque catégorie : le certificat de l'OTC doit mentionner la catégorie visée (R.489A, p. 3 et 11). La liste des organismes testeurs est consultable sur le site de l'INRS ou auprès du service prévention de la caisse régionale (Carsat, Cramif ou CGSS) (p. 3).
- Le testeur est une personne physique inscrite sur la liste de l'OTC pour les catégories concernées, et titulaire lui-même du CACES en cours de validité pour la catégorie (p. 9 et 13).
- Pour l'épreuve pratique, le testeur n'est jamais le formateur : il ne doit avoir participé en aucune façon à la formation des salariés de la session (p. 8).
- 12 candidats au maximum par testeur présent dans la salle pour l'épreuve théorique (p. 10).
- Un jour de test est plafonné : 7 unités de test par jour pour un salarié, toutes épreuves cumulées, et pour le testeur 7 dont 6 au plus d'épreuves pratiques (p. 9).
- L'ordre des épreuves, théorique puis pratique ou l'inverse, est laissé à l'appréciation de chaque OTC (p. 9).
Un OTC est le plus souvent un organisme spécialisé, mais ce peut aussi être une entreprise utilisatrice qui met en œuvre des engins dans le cadre de son activité (p. 11). Quand un OTC propose à la fois la formation et le test, l'offre commerciale du test doit apparaître de façon parfaitement distincte (p. 11).
Sources : R.489A, p. 3, 8, 9, 10, 11 et 13.
L'épreuve théorique
C'est un test de 100 questions à 1 point (1 pour une bonne réponse, 0 sinon), d'une durée de 1 unité de test, soit 1 heure à plus ou moins 10 minutes. Il est le même pour toutes les catégories d'une recommandation. Les questions portent sur des thèmes fixés par le texte : connaissances générales, technologie et stabilité, exploitation, élingage pour les appareils de levage, entretien… Chaque thème a son nombre de points, détaillé sur la page de la recommandation.
La réussite exige deux conditions à la fois : au moins 70 points sur 100, et au moins la moyenne dans chaque thème. Un thème raté fait échouer au test théorique même avec un bon total.
- Le test est rédigé en français. Pour un salarié qui éprouve des difficultés à comprendre le français écrit, les questions peuvent être lues à voix haute, dans la même langue (R.489A, p. 10).
- Pour harmoniser le niveau des épreuves, un guide d'évaluation de l'INRS prévoit plusieurs grilles de questions que les OTC doivent utiliser de façon aléatoire (p. 10).
Pour s'y préparer : les examens blancs de 100 questions reprennent ce format et la règle des deux seuils, et les fiches de chaque recommandation couvrent les thèmes un par un.
Sources : R.489A, p. 10 et 32 ; seuils et nombre de questions identiques dans les huit textes (relevé du 23/10/2026).
L'épreuve pratique
Elle se passe en situation de travail, sur l'engin : tous les moyens requis doivent être mis en œuvre et aucune simulation n'est admise, faute de quoi le CACES ne peut pas être délivré (R.489A, p. 8). L'engin doit être représentatif de sa catégorie (p. 5).
- Vérification de l'engin avant la session. Le testeur contrôle l'engin à la prise de poste et s'assure de la présence de la notice d'instructions en français, du rapport de vérification générale périodique valide, de l'examen d'adéquation et de la déclaration ou du certificat de conformité. Ces documents restent disponibles pendant le test (p. 10).
- Une exécution en continu, de façon fluide, sans hésitation ni ralentissement anormaux, dans la limite de temps de l'OTC. Les échanges entre testeur et salarié se font en français (p. 11).
- Réussite : au moins 70 points sur 100, au moins la moyenne dans chaque thème et une note supérieure à zéro à chaque point d'évaluation du barème.
- Temps : au-delà de 130 % du temps de référence, le point concerné vaut zéro et l'épreuve est échouée. Pour les grues mobiles (R483) et les grues à tour (R487), c'est le parcours de la charge 1 qui est noté zéro au-delà de 15 minutes.
- R482 uniquement : cinq critères éliminatoires sont listés (sauter de l'engin, ne pas garantir la sécurité des piétons, circuler avec une charge en hauteur, lever sans les dispositifs de sécurité appropriés, quitter l'engin sans arrêter le moteur). Les autres textes ne dressent aucune liste de ce type.
Sources : R.489A, p. 5, 8, 10, 11 et 31 ; R.482B, p. 35 ; R.483A, p. 28 ; R.487A, p. 28 ; temps de référence, p. 45 (R.489A), 56 (R.482B), 31 (R.484A), 32 (R.485A), 37 (R.486B), 28 (R.490A).
Durées et équipements, recommandation par recommandation
Les durées se comptent en unités de test (UT) : une UT représente 1 heure à plus ou moins 10 minutes. Les options se passent en plus de l'épreuve de base. Les EPI sont les minimums imposés par chaque texte, à compléter selon l'engin et le site.
| Recommandation | Théorique | Pratique, en UT | EPI minimum |
|---|---|---|---|
| R482 | 1 UT p. 53 |
A : 1,5 Autres catégories : 1 G : 1,2 Option porte-engins : 0,5 Option télécommande : 0,5 p. 53 |
casque de chantier, chaussures de sécurité, gants, vêtement rétro-réfléchissant p. 11 |
| R483 | 1 UT p. 30 |
A : 1,5 B : 1,5 Option télécommande : 0,5 Option circulation en charge : 0,5 p. 30 |
casque de chantier, chaussures de sécurité, gants, vêtement rétro-réfléchissant p. 11 |
| R484 | 1 UT p. 29 |
1 : 0,75 2 : 0,75 Option commande au sol : 0,5 p. 29 |
casque, chaussures de sécurité, gants, vêtement rétro-réfléchissant p. 10 |
| R485 | 1 UT p. 30 |
1 : 0,75 2 : 0,75 p. 30 |
chaussures de sécurité, gants, vêtement rétro-réfléchissant p. 10 |
| R486 | 1 UT p. 34 |
A : 1 B : 1 C : 1 Option porte-engins : 0,5 p. 34 |
chaussures de sécurité, EPI contre les chutes de hauteur, gants, protections auditives, vêtement rétro-réfléchissant p. 10 |
| R487 | 1 UT p. 30 |
1 : 1,2 2 et 3 : 1 Option télécommande : 0,5 Option conduite en cabine : 0,5 Option translation sur rails : 0,5 p. 30 |
casque de chantier, chaussures de sécurité, gants, vêtement rétro-réfléchissant p. 10 |
| R489 | 1 UT p. 42 |
1A : 0,5 1B : 0,75 2A et 2B : 0,5 3 et 4 : 1 5, 6 et 7 : 0,75 p. 42 |
chaussures de sécurité, gants, protections auditives, vêtement rétro-réfléchissant p. 10 |
| R490 | 1 UT p. 27 |
R.490 : 1 Option télécommande : 0,5 p. 27 |
casque de chantier, chaussures de sécurité, gants, vêtement rétro-réfléchissant p. 10 |
Sources : fiches de durée des épreuves (annexe 3) et paragraphe « Épreuves pratiques » de chacune des huit recommandations, éditions de mai 2026 ; pages indiquées dans le tableau.
Les résultats
- Réussite aux deux épreuves : l'OTC délivre le CACES de la catégorie pour laquelle le candidat a été évalué, et seulement pour celle-là (R.489A, p. 13). Le certificat porte les coordonnées de l'OTC, la famille et la catégorie, et il est signé par un responsable de l'organisme (p. 14).
- Date d'obtention : c'est la date à laquelle le salarié a réussi la seconde des deux épreuves, quelle qu'elle soit (p. 9). C'est de cette date que court la validité.
- Qui garde le certificat : en règle générale, il est remis au salarié, qui le présente à son employeur pour que celui-ci délivre l'autorisation de conduite après avoir rempli les autres exigences réglementaires. S'il est remis à l'employeur, ce dernier doit le transmettre au salarié après la délivrance de l'autorisation (p. 13).
- Duplicata : l'OTC est tenu d'en délivrer un à tout titulaire qui en fait la demande ; garder une copie de chaque certificat, avec les coordonnées de l'OTC et le numéro, facilite la démarche (p. 13).
Sources : R.489A, p. 9, 13 et 14 ; mêmes dispositions dans les sept autres textes.
Échec : ce qui est prévu
Les textes prévoient deux situations, et aucune limite au nombre de passages n'y figure.
Échec aux deux épreuves
L'OTC remet une attestation de non-réussite qui précise les compétences validées et non validées, ainsi que le contenu et la durée de la formation adaptée qui permettra de se présenter de nouveau (R.489A, p. 9).
Échec à une seule épreuve
Le candidat garde 12 mois le bénéfice de la partie réussie. Dans ce délai, après une formation adaptée, il n'a qu'à repasser la partie ratée, à condition de poursuivre avec le même OTC (p. 9).
Un autre délai de 12 mois existe pour changer de catégorie : après un premier CACES, le salarié garde le bénéfice de la partie théorique pendant 12 mois, sous réserve de présenter le CACES initial, et n'a qu'à réussir la partie pratique de la nouvelle catégorie. La date d'échéance de ce nouveau CACES est alors la même que celle du CACES initial (p. 9). Pour une option omise au passage initial, les recommandations R482, R483, R484, R486, R487 et R490 prévoient de repasser les épreuves pratiques en même temps que celles de l'option, dans les 12 mois suivant l'obtention du CACES initial ; l'échéance reste celle du CACES initial.
Sources : R.489A, p. 9 ; option omise : R.482B, R.483A, R.484A et R.486B, p. 10 ; R.487A et R.490A, p. 9.
Après le test
- La validité : le CACES se renouvelle au moins tous les 5 ans, et tous les 10 ans pour la R482, avec un report possible des épreuves pratiques à 10 ans pour les grues (R483, R487, R490). Le détail par recommandation est dans le vérificateur de validité, qui permet aussi de retrouver un CACES en ligne.
- L'autorisation de conduite : le CACES ne suffit pas pour conduire. L'employeur délivre l'autorisation, après une évaluation, la vérification de l'attestation médicale et la connaissance des lieux. Voir CACES et autorisation de conduite.
- Ce qui a changé en 2026 : le contenu des tests est identique à celui en vigueur depuis le 1er janvier 2020 ; seul le volet médical a été mis à jour. Le détail, texte par texte.
Questions fréquentes
Combien de temps dure un test CACES ?
Le test théorique dure une unité de test, soit 1 heure à plus ou moins 10 minutes, dans les huit recommandations. L'épreuve pratique se compte aussi en unités de test : de 0,5 à 1,5 selon la recommandation et la catégorie, plus 0,5 par option. Un candidat ne peut pas subir plus de 7 unités de test par jour, toutes épreuves cumulées (R.489A, p. 9 et 42).
Faut-il réussir le test théorique pour passer l'épreuve pratique ?
Les recommandations ne fixent pas d'ordre : l'ordre de passage des épreuves théorique et pratique est laissé à l'appréciation de chaque organisme testeur certifié. Le CACES n'est délivré que si les deux épreuves sont réussies (R.489A, p. 9).
Que se passe-t-il si j'échoue à une seule des deux épreuves ?
Le candidat garde pendant 12 mois le bénéfice de la partie réussie. Dans ce délai, il peut obtenir le CACES en repassant uniquement la partie ratée, après une formation adaptée, à condition de poursuivre avec le même organisme testeur (R.489A, p. 9).
Que reçoit-on en cas de non-réussite ?
L'organisme testeur délivre une attestation précisant les compétences validées et non validées, ainsi que le contenu et la durée de la formation adaptée qui permettra de se présenter à nouveau au test (R.489A, p. 9).
Peut-on passer le test théorique si l'on lit mal le français ?
Le test est rédigé en français. Pour les salariés qui éprouvent des difficultés de compréhension de la langue française écrite, les questions peuvent être énoncées à voix haute, dans cette même langue (R.489A, p. 10).
Le testeur peut-il être mon formateur ?
Non pour l'épreuve pratique : le testeur doit être une personne autre que le formateur et ne doit avoir participé en aucune façon à la formation des salariés de la session de tests (R.489A, p. 8).
Sources : recommandations R.482B, R.483A, R.484A, R.485A, R.486B, R.487A, R.489A et R.490A de l'Assurance Maladie, éditions de mai 2026 (tableau des recommandations sur ameli.fr), texte vérifié le 24/10/2026. Les pages citées sont celles de la R.489A ; les autres textes reprennent ces dispositions à une ou deux pages près. Méthode : comment nos contenus sont produits. Une erreur ? Signalez-la.