Cancers du larynx et de l'ovaire provoqués par l'inhalation de poussières d'amiante
Le tableau 30 ter du régime général, créé par le décret du 14 octobre 2023, reconnaît comme maladies professionnelles le cancer primitif du larynx (et la dysplasie de haut grade) et le cancer primitif de l'ovaire (localisations ovarienne, tubaire, péritonéale) consécutifs à l'inhalation de poussières d'amiante. Délai de prise en charge de 35 ans, durée d'exposition minimale de 5 ans.
Texte officiel du tableau — source Légifrance
Désignation des maladies
Désignation des maladies, délai de prise en charge et liste limitative des travaux
Texte officiel — Annexe II du Code de la sécurité sociale, article R. 461-3. Tableau créé par le décret n° 2023-946 du 14 octobre 2023 (JORF du 15 octobre 2023), en vigueur depuis le 16 octobre 2023. Source : Légifrance — LEGIARTI000048208082.
Désignation des maladies Délai de prise en charge Liste limitative des travaux susceptibles de provoquer ces maladies A. Cancer primitif du larynx et dysplasie primitive de haut grade du larynx. 35 ans
(sous réserve d'une durée d'exposition de 5 ans)Travaux directement associés à la production des matériaux contenant de l'amiante.
Travaux nécessitant l'utilisation d'amiante en vrac.
Travaux d'isolation utilisant des matériaux contenant de l'amiante.
Travaux de retrait d'amiante.
Travaux de pose et de dépose de matériaux isolants à base d'amiante.
Travaux de construction et de réparation navale.
Travaux d'usinage, de découpe et de ponçage de matériaux contenant de l'amiante.
Fabrication de matériels de friction contenant de l'amiante.
Travaux d'entretien ou de maintenance effectués sur des équipements contenant des matériaux à base d'amiante.
Travaux de cardage, filage et tissage de l'amiante et fabrication de matériaux composites à base d'amiante.
Travaux nécessitant le port habituel de vêtements contenant de l'amiante.
Travaux de manipulation et d'assemblage de matériaux contenant de l'amiante.
Travaux effectués dans des locaux exposant à l'inhalation de poussières d'amiante libre.B. Cancer primitif de l'ovaire à localisation ovarienne, séreuse tubaire ou séreuse péritonéale. 35 ans
(sous réserve d'une durée d'exposition de 5 ans)Type de liste : limitative. En dehors des travaux listés, le dossier peut être soumis au CRRMP (article L. 461-1 al. 4 CSS). Tableau récent (2023) intégrant les conclusions du CIRC qui classe l'amiante comme cancérogène avéré pour le larynx (depuis 2012) et l'ovaire (depuis 2012).
Qu'est-ce que c'est concrètement ?
Le tableau n° 30 ter du régime général, créé par le décret n° 2023-946 du 14 octobre 2023, reconnaît comme maladies professionnelles le cancer du larynx et le cancer de l'ovaire consécutifs à l'inhalation de poussières d'amiante. Il s'agit du dernier-né des tableaux amiante, qui vient compléter les tableau 30 (affections bénignes et leurs complications) et tableau 30 bis (cancer broncho-pulmonaire primitif).
Pourquoi un nouveau tableau en 2023 ?
Le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC), agence de l'OMS, a classé l'amiante comme cancérogène avéré (groupe 1) pour le larynx dès 2012 (monographie volume 100C). De même pour l'ovaire : le CIRC a reconnu en 2012 que « les preuves épidémiologiques sont suffisantes pour conclure que l'amiante provoque le cancer de l'ovaire ». L'ANSES, saisie par le ministère du Travail, a publié en 2019 puis 2022 deux rapports d'expertise concluant à la nécessité d'inscrire ces deux cancers à un nouveau tableau MP. Le décret du 14 octobre 2023 acte cette inscription.
Cancer du larynx — A
Le larynx est un organe de la gorge situé entre le pharynx et la trachée. Le tableau 30 ter couvre :
- le cancer primitif du larynx, le plus souvent un carcinome épidermoïde (cordes vocales, sus-glotte, sous-glotte) ;
- la dysplasie primitive de haut grade du larynx, lésion précancéreuse dont l'évolution maligne est fréquente.
Les symptômes d'alerte : dysphonie persistante (voix rauque depuis plus de 3 semaines), dysphagie, douleurs pharyngées, otalgies, adénopathie cervicale, dyspnée. Le diagnostic repose sur la fibroscopie ORL et la biopsie. Le pronostic dépend du stade au diagnostic et de l'atteinte ganglionnaire : globalement plus favorable que le cancer du poumon.
Cancer de l'ovaire — B
Le tableau couvre trois localisations du cancer primitif : ovarienne stricto sensu, séreuse tubaire (trompe utérine) et séreuse péritonéale. Ces trois localisations sont aujourd'hui regroupées sous l'appellation de cancer pelvien séreux de haut grade, partageant la même origine cellulaire (épithélium tubaire pour la majorité). Diagnostic par échographie pelvienne, IRM, dosage CA-125, puis confirmation chirurgicale et histologique.
Mécanisme physiopathologique
Pour le larynx : l'inhalation des fibres d'amiante entraîne une inflammation chronique de la muqueuse, avec persistance des fibres dans les ganglions et la paroi laryngée, induisant des lésions génétiques cumulatives. Pour l'ovaire : l'amiante atteint le pelvis par voie lymphatique ascendante (à travers le diaphragme), ou par la voie respiratoire ascendante des trompes. Les fibres ont été retrouvées dans le tissu ovarien et péritonéal de patientes exposées professionnellement.
Qui est concerné ?
Tous les travailleurs ayant été exposés au moins 5 ans à des travaux d'amiante (production, isolation, désamiantage, construction navale, ferroviaire, maintenance industrielle, cardage textile, port de vêtements amiantés). Pour le cancer de l'ovaire en particulier, la reconnaissance s'adresse aux ouvrières du textile-amiante, du tri de minerais, des chantiers navals, ainsi qu'aux femmes ayant occupé des postes de désamiantage ou de maintenance industrielle. Le tableau ouvre également la voie à des reconnaissances rétroactives pour des cas anciennement rejetés.
Procédure de reconnaissance
La procédure de reconnaissance suit le régime général des maladies professionnelles (article L. 461-1 CSS), avec une particularité : comme le tableau date d'octobre 2023, de nombreux cas anciens peuvent désormais être présentés pour reconnaissance rétroactive.
Étape 1 — Certificat médical initial (CMI)
Établi par l'oncologue, le chirurgien ORL (cancer du larynx) ou le gynéco-oncologue (cancer de l'ovaire). Le CMI mentionne explicitement « cancer primitif du larynx — tableau 30 ter A — amiante » ou « cancer primitif de l'ovaire — tableau 30 ter B — amiante », avec référence au compte rendu anatomopathologique (type histologique, localisation primitive).
Étape 2 — Déclaration à la CPAM
La victime adresse à sa CPAM le formulaire Cerfa S6100 avec :
- les deux volets du CMI ;
- le compte rendu anatomopathologique ;
- l'attestation d'exposition à l'amiante (employeur ou reconstitution par CARSAT) ;
- l'attestation de salaire pour les IJSS et la rente.
Délai de prescription : 2 ans à compter du CMI (article L. 461-5 CSS). Cas particulier des reconnaissances rétroactives : pour un diagnostic posé avant 2023, la jurisprudence retient comme point de départ du délai de prescription la date de publication du décret (16 octobre 2023) lorsque la pathologie n'était pas auparavant inscrite à un tableau.
Étape 3 — Reconstitution des expositions
La condition centrale : 5 ans minimum d'exposition à des travaux figurant à la liste limitative, dans le délai de 35 ans avant le diagnostic. Pour les expositions anciennes ou multiples, la CARSAT peut être saisie pour reconstituer le parcours professionnel (bulletins de salaire, registres du personnel, attestations Pôle emploi, témoignages).
Étape 4 — Instruction et CRRMP
La CPAM dispose de 120 jours (prorogeables à 240) pour instruire (R. 461-9 CSS). En cas de durée d'exposition documentée inférieure à 5 ans, ou de travaux non listés, le dossier est transmis au CRRMP. Le CRRMP examine si la pathologie est directement causée par le travail habituel de la victime.
Étape 5 — FIVA
Le Fonds d'indemnisation des victimes de l'amiante est accessible pour les pathologies inscrites au tableau 30 ter. La demande FIVA est indépendante de la CPAM. Compte tenu de l'inscription récente au tableau, le FIVA s'attend à un afflux de dossiers concernant le cancer du larynx et de l'ovaire : il a publié des grilles d'indemnisation actualisées en 2024.
Cas spécifique des dossiers antérieurs à 2023
Les victimes ayant vu leur dossier rejeté avant le 16 octobre 2023 (faute de tableau spécifique) peuvent déposer une nouvelle demande sur la base du tableau 30 ter. La CPAM examine le dossier au regard du nouveau tableau, indépendamment des décisions antérieures.
Sources : décret n° 2023-946 du 14 octobre 2023 ; articles L. 461-1, L. 461-5, R. 461-9 CSS ; Améli — Reconnaissance MP ; FIVA.
Indemnisation
L'indemnisation suit le régime général AT/MP, complété par les dispositifs spécifiques amiante.
IJSS pendant l'arrêt
Versées dès le 1ᵉʳ jour, sans délai de carence : 60 % du salaire journalier du 1ᵉʳ au 28ᵉ jour, puis 80 % au-delà (R. 433-1 CSS). Complément employeur selon convention collective.
Rente d'incapacité permanente (IPP)
Évaluée à la consolidation selon le barème indicatif (annexe I de l'article R. 434-32 CSS) :
- Cancer du larynx : IPP variable selon le traitement et les séquelles — laryngectomie totale (perte de la voix naturelle, trachéostomie permanente, troubles de la déglutition) entraîne une IPP de 80 à 100 % ; laryngectomie partielle ou radiothérapie 30 à 60 %.
- Cancer de l'ovaire : IPP de 70 à 100 % en cours de traitement, 40 à 80 % en rémission selon les séquelles chirurgicales (annexectomie bilatérale, hystérectomie, fatigue chronique, neuropathies post-chimiothérapie).
Rente versée trimestriellement, calculée sur le salaire des 12 derniers mois × taux corrigé. Prestation complémentaire pour tierce personne possible si IPP ≥ 80 %.
En cas de décès
Rente de survivants au profit du conjoint (40 % du salaire annuel du défunt, 60 % à partir de 55 ans) et des enfants à charge (25 % chacun, dans la limite globale de 85 %), conformément aux articles L. 434-7 à L. 434-14 CSS. Capital décès le cas échéant.
Faute inexcusable de l'employeur
L'action en faute inexcusable (article L. 452-1 CSS) permet :
- la majoration de la rente au taux maximum ;
- l'indemnisation intégrale des préjudices personnels : souffrances physiques et morales, préjudice esthétique (particulièrement marqué après laryngectomie ou chirurgie pelvienne lourde), préjudice d'agrément, préjudice sexuel et d'établissement (pertinent dans le cancer de l'ovaire chez les femmes jeunes), perte de chance de promotion professionnelle.
Le préjudice d'anxiété est indemnisable depuis Cass. ass. plén., 5 avril 2019, n° 18-17.442.
FIVA
Le FIVA indemnise l'intégralité des préjudices liés à l'amiante (loi du 23 décembre 2000), y compris pour les pathologies récemment inscrites au tableau 30 ter. Les barèmes FIVA 2024 prennent en compte :
- le préjudice fonctionnel, calculé sur la base du taux d'IPP ;
- le préjudice moral et physique ;
- le préjudice d'agrément ;
- les frais de tierce personne le cas échéant.
Le FIVA doit faire une offre dans les 6 mois de la saisine (article 53 V de la loi de 2000).
ACAATA
L'allocation de cessation anticipée d'activité des travailleurs de l'amiante reste accessible aux salariés ayant travaillé dans des établissements classés (loi du 23 décembre 1998). Cumulable avec la rente MP.
Sources : articles L. 431-1, L. 433-1, L. 434-1 à L. 434-14, L. 452-1 à L. 452-5 CSS ; loi n° 98-1194 (ACAATA) ; loi n° 2000-1257 (FIVA) ; barèmes FIVA 2024.
Jurisprudence
Le tableau 30 ter étant récent (octobre 2023), le contentieux directement fondé sur ce tableau émerge progressivement. La jurisprudence applicable se compose des principes généraux de l'indemnisation amiante et des décisions ouvrant la voie à la reconnaissance des cancers du larynx et de l'ovaire avant 2023 (alors examinés par le CRRMP).
1. Reconnaissance des cancers du larynx par le CRRMP avant 2023
Cass. 2ᵉ civ., 4 avril 2019, n° 18-15.005 — Avant la création du tableau 30 ter, la Cour de cassation avait validé la reconnaissance d'un cancer du larynx au titre du système complémentaire (CRRMP) dès lors que l'exposition à l'amiante était documentée et que les expertises médicales établissaient le lien direct avec le travail habituel. Cette jurisprudence reste utile pour les contestations sur les expositions courtes ou les périodes mal documentées.
2. Faute inexcusable — application aux cancers tableau 30 ter
Cass. soc., 28 février 2002, n° 99-17.221 et arrêts joints (« arrêts amiante ») — Les principes posés en 2002 s'appliquent intégralement aux pathologies du tableau 30 ter : obligation de sécurité de résultat, conscience du danger amiante présumée acquise dès 1977. Tout employeur qui n'a pas pris les mesures nécessaires (EPI, surveillance médicale, formation, VLEP) commet une faute inexcusable, ouvrant droit à la majoration de la rente et à l'indemnisation des préjudices personnels.
3. Préjudice d'anxiété élargi
Cass. ass. plén., 5 avril 2019, n° 18-17.442 — Tout salarié justifiant d'une exposition à l'amiante générant un risque élevé de pathologie grave peut demander réparation de son préjudice d'anxiété, hors entreprises classées ACAATA. Cette extension bénéficie aux salariés exposés susceptibles de développer un cancer du larynx ou de l'ovaire, même avant l'apparition de la maladie.
4. Effet du décret 2023 sur les dossiers antérieurs
Bien que la jurisprudence post-2023 soit encore parcellaire, plusieurs cours d'appel (Paris, Aix-en-Provence) ont admis en 2024 le réexamen de dossiers anciennement rejetés pour cancer du larynx ou de l'ovaire, dès lors que les conditions du nouveau tableau 30 ter sont remplies. Le délai de prescription est apprécié au regard de la publication du décret du 14 octobre 2023, et non du diagnostic médical initial.
5. CRRMP — système complémentaire toujours mobilisable
Pour les cas où la durée d'exposition documentée est inférieure à 5 ans, ou pour des travaux hors liste limitative, le système complémentaire CRRMP (article L. 461-1 al. 4 CSS) reste mobilisable. La Cour de cassation rappelle que le CRRMP doit motiver sa décision de manière circonstanciée et tenir compte des expertises médicales (Cass. 2ᵉ civ., 19 janvier 2017, n° 16-12.218).
Pour suivre la jurisprudence en temps réel : Judilibre, mots-clés « tableau 30 ter », « cancer larynx amiante », « cancer ovaire amiante ».
Prévention
La prévention du cancer du larynx et de l'ovaire d'origine professionnelle repose sur les mêmes mesures que les autres pathologies amiante : élimination de la source (amiante interdit depuis 1997), protection collective (confinement, aspiration à la source), protection individuelle (EPI respiratoires), et surveillance médicale renforcée.
Cadre réglementaire commun
Articles R. 4412-94 à R. 4412-148 du Code du travail : champ d'application, repérage avant travaux, sous-section 3 (désamiantage) et sous-section 4 (interventions ponctuelles), VLEP de 10 fibres par litre d'air sur 8 heures, niveaux d'empoussièrement, formation obligatoire.
Spécificité du tableau 30 ter
L'inscription du cancer du larynx et de l'ovaire au tableau MP en 2023 rappelle un point essentiel : l'amiante n'agit pas seulement sur les poumons et la plèvre, mais aussi sur des organes plus éloignés via la circulation sanguine et lymphatique. Toute exposition, même prolongée et apparemment « faible », doit être prévenue avec la même rigueur. Il n'existe pas de seuil sans risque.
EPI respiratoires — adaptés au niveau d'empoussièrement
- Niveau 1 (< 100 f/L) : demi-masque FFP3 ou masque à ventilation assistée TM3P.
- Niveau 2 (100 à 6 000 f/L) : masque à ventilation assistée TM3P obligatoire, sas 3 compartiments.
- Niveau 3 (≥ 6 000 f/L) : masque à adduction d'air, combinaison étanche, sas 5 compartiments avec douche de décontamination.
Surveillance médicale renforcée et SMPR
Les travailleurs exposés bénéficient d'un suivi individuel renforcé (SIR) par le médecin du travail (articles R. 4624-22 et s.). À la cessation d'exposition, une attestation d'exposition est délivrée, ouvrant droit au suivi médical post-professionnel (SMPR) à la charge de la CPAM (arrêté du 28 février 1995 modifié) : examen clinique tous les 5 ans, scanner thoracique tous les 5 à 10 ans selon l'exposition cumulée.
Le suivi SMPR pourrait être étendu à des examens ORL réguliers (pour le cancer du larynx) et à un dépistage gynécologique renforcé (pour le cancer de l'ovaire) — recommandations en cours d'élaboration par l'INRS et la HAS depuis l'inscription du tableau 30 ter en 2023.
Formation et information
Tout travailleur susceptible d'être exposé doit recevoir une formation spécifique (R. 4412-117 SS3, R. 4412-140 SS4) : 5 jours pour les opérateurs SS3, 2 jours pour les opérateurs SS4, recyclage 1 jour tous les 3 ans. L'information doit explicitement mentionner les risques de cancer du larynx et de l'ovaire, conformément aux mises à jour réglementaires de 2023.
Droit de retrait
En cas de danger grave et imminent (absence d'EPI adapté, contournement du repérage, défaillance du confinement), le salarié peut exercer son droit de retrait (article L. 4131-1 du Code du travail) sans qu'aucune sanction ne puisse en résulter.
Facteurs co-exposants
Pour le larynx, le tabac et l'alcool sont des co-facteurs majeurs : le sevrage doit être systématiquement proposé. Pour l'ovaire, le tabagisme et certaines expositions professionnelles complémentaires (talc industriel, poussières chimiques) peuvent majorer le risque. Le suivi médical du travail intègre ces dimensions.
Sources : INRS — Amiante ; ANSES — rapports d'expertise 2019 et 2022 ; CIRC monographies volume 100C ; articles R. 4412-94 à R. 4412-148 du Code du travail.
Cas pratiques
Cas anonymisés et reconstitués à des fins pédagogiques.
Cas 1 — Cancer du larynx chez un ancien désamianteur (reconnaissance immédiate)
M. I., 64 ans, désamianteur sous-section 3 entre 1995 et 2018. Carcinome épidermoïde de la corde vocale gauche diagnostiqué en 2024. Le CMI mentionne le tableau 30 ter A. Toutes les conditions sont remplies : désignation (cancer primitif du larynx), délai (fin d'exposition en 2018, diagnostic en 2024, dans les 35 ans), durée d'exposition (23 ans à des travaux figurant à la liste). La CPAM reconnaît la MP. IPP fixée à 40 % (cordectomie partielle, voix conservée mais altérée). Le FIVA complète l'indemnisation.
Cas 2 — Cancer de l'ovaire chez une ancienne ouvrière du textile-amiante
Mme J., 70 ans, ouvrière dans un site de fabrication de textiles amiantés (cardage, tissage) entre 1972 et 1996. Diagnostic d'un cancer séreux de haut grade péritonéal à 67 ans. Avant 2023, la reconnaissance avait été refusée faute de tableau. Nouvelle demande déposée en novembre 2023 sur la base du tableau 30 ter B. Conditions remplies : désignation (cancer primitif séreux péritonéal), délai (fin d'exposition en 1996, diagnostic à 67 ans soit en 2020, dans le délai de 35 ans), durée (24 ans à des travaux de cardage et tissage figurant à la liste). Reconnaissance MP acquise rétroactivement. Rente recalculée. Mme J. saisit le FIVA pour l'indemnisation intégrale des préjudices, y compris du préjudice moral lié au refus initial de reconnaissance.
Cas 3 — Cancer du larynx — CRRMP pour durée d'exposition insuffisante
M. K., 61 ans, ancien mécanicien naval ayant manipulé occasionnellement des matériaux amiantés (joints, calorifugeage) entre 1986 et 1989. Cancer du larynx découvert en 2024. Durée d'exposition documentée : 3 ans. Les conditions strictes du tableau 30 ter ne sont pas remplies (minimum 5 ans). Le dossier est transmis au CRRMP qui retient un lien direct avec le travail habituel, compte tenu de l'intensité de l'exposition documentée par des fiches de poste de l'époque et de l'absence d'autres facteurs identifiés. Reconnaissance accordée par le CRRMP.
Cas 4 — Décès et action des ayants droit pour cancer de l'ovaire
Mme L., 58 ans, ancienne agente de maintenance dans un site industriel construit avant 1997. Décédée d'un cancer de l'ovaire en 2024. Son conjoint, ignorant l'inscription récente du tableau 30 ter, ne saisit la CPAM qu'en 2026. Le délai de prescription de 2 ans est apprécié à compter de la publication du décret de 2023 pour les pathologies antérieurement non inscrites — la demande est donc recevable. Reconstitution des expositions par la CARSAT à partir des fiches de poste, attestations Pôle emploi et témoignages d'anciens collègues. Reconnaissance MP rétroactive : rente de survivants pour le conjoint, capital décès, indemnisation FIVA pour les préjudices personnels du conjoint et des enfants à charge.
Questions fréquentes
Page mise à jour le 26/05/2026.