Manager HSE Chantier

Urgence, accident et amélioration continue

Module 5 / 5

Module 5 : Urgence et accident 22 min de lecture

5.1 Organiser les secours sur un chantier

Sur un chantier, l'organisation des secours ne s'improvise pas le jour de l'accident : elle se prépare AVANT, dans le PGC et le PPSPS. Sauveteurs présents dans les équipes, trousse de secours, point de rassemblement, numéros affichés, accès dégagé pour l'ambulance. Ce chapitre vous donne tout ce que le manager HSE met en place et vérifie chaque semaine pour que, le jour où ça arrive, la chaîne de secours fonctionne en quelques minutes.

Les secours se préparent AVANT l'accident, pas pendant
Des secouristes
SST formés dans chaque équipe
Des moyens
Trousse, point de rassemblement
Une alerte
Numéros affichés, message structuré
Un accès
L'ambulance doit pouvoir entrer
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L'organisation des secours se décide dans le PGC et le PPSPS

La première erreur de débutant : croire que les secours, c'est « on appellera les pompiers le moment venu ». Sur un chantier, l'organisation des secours est un sujet écrit, anticipé, intégré aux documents de prévention.

Deux documents portent ce sujet :

  • Le Plan Général de Coordination (PGC), rédigé par le coordonnateur SPS, fixe les dispositions communes à toutes les entreprises : moyens de secours mutualisés, point de rassemblement, organisation de l'alerte sur l'opération.
  • Le PPSPS (Plan Particulier de Sécurité et de Protection de la Santé) de chaque entreprise précise, pour ses propres salariés, l'organisation des secours : qui est sauveteur, où est la trousse, comment alerter.

Le manager HSE ne rédige pas forcément ces documents, mais il en est le garant sur le terrain : il vérifie que ce qui est écrit existe réellement, et que ce qui existe sur le terrain est bien à jour dans les documents. Un PPSPS qui désigne un sauveteur parti du chantier depuis trois semaines est un document mort.

Les secours qui sauvent, ce ne sont pas ceux qu'on improvise : ce sont ceux qu'on a écrits, affichés et répétés avant que l'accident arrive.
— Principe de l'organisation des secours sur chantier
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Les moyens humains : des sauveteurs secouristes du travail dans les équipes

Le premier maillon, ce sont des humains formés présents là où le travail se fait. Le Sauveteur Secouriste du Travail (SST) est un salarié formé pour porter les premiers secours en attendant l'arrivée des secours professionnels. Sur un chantier dispersé, où une équipe peut être à plusieurs centaines de mètres de la base-vie, avoir des secouristes répartis dans les équipes change tout : ce sont eux qui agissent dans les premières minutes, celles qui comptent le plus.

Le manager HSE ne se contente pas de savoir « combien il y a de SST sur le chantier ». Il vérifie qu'ils sont répartis (pas tous dans la même équipe), présents (un SST en congé ne secourt personne) et que leur formation est à jour (le maintien et l'actualisation des compétences SST est périodique).

Pour aller plus loin : la formation de Sauveteur Secouriste du Travail est détaillée dans notre parcours de sensibilisation SST — gestes d'urgence, protéger, examiner, alerter, secourir.
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Les moyens matériels : trousse, affichage, point de rassemblement

Autour des secouristes, des moyens matériels simples mais indispensables :

  • La trousse de secours : accessible, identifiée, complète et non périmée. Sur un grand chantier, plusieurs trousses réparties valent mieux qu'une seule trousse parfaite à l'autre bout du site.
  • L'affichage des numéros d'urgence : le 15 (SAMU), le 18 (pompiers), le 112 (numéro d'urgence européen), et surtout les numéros de secours internes propres au chantier (responsable, base-vie, gardien). Affiché dans la base-vie, près des téléphones, lisible.
  • Le point de rassemblement : connu de tous, balisé, accessible, utilisé lors des exercices d'évacuation. C'est là qu'on compte les personnes en cas de sinistre.
  • Les moyens de communication : sur un chantier où le réseau mobile passe mal, prévoir comment l'alerte remonte réellement (radio, téléphone fixe de base-vie).
Le piège classique : une trousse vide ou périmée, un affichage déchiré ou avec d'anciens numéros, un point de rassemblement bloqué par un stockage. Ces détails se vérifient sur le terrain, pas dans un classeur.
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L'accès des secours : l'ambulance doit pouvoir entrer

Voici le point que les débutants oublient le plus : avoir des secouristes et une trousse ne sert à rien si l'ambulance ne peut pas arriver jusqu'à la victime. Sur un chantier, l'accès change tous les jours — une tranchée creusée en travers de la voie, un portail neuf fermé à clé, une benne posée devant l'entrée, de la boue qui bloque un camion.

Le manager HSE veille en permanence à ce que l'accès secours soit dégagé :

  • Une adresse précise du chantier connue de tous ceux qui pourraient passer l'appel — pas « le chantier près du rond-point » mais une adresse postale exacte, voire des coordonnées GPS.
  • Un plan d'accès affiché et transmis : par où l'ambulance entre, où elle se gare, comment elle atteint la zone de travaux.
  • Un itinéraire dégagé en permanence : la voie d'accès secours ne se transforme jamais en zone de stockage ou de stationnement.
  • Quelqu'un pour guider les secours depuis l'entrée jusqu'à la victime — sur un grand chantier, on perd des minutes vitales à chercher.
À retenir : sur chantier, l'accès secours est un sujet vivant. Ce qui était dégagé hier peut être bloqué aujourd'hui. C'est l'un des points que le manager HSE re-vérifie au fil des évolutions du chantier.
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Les cas particuliers du chantier : hauteur, fouille, électrisation

Certaines situations de chantier exigent des secours préparés bien au-delà du simple appel. Trois cas tuent régulièrement quand ils sont mal anticipés :

Victime en hauteur

Un travailleur qui chute et reste suspendu à son harnais est en danger : la suspension prolongée est dangereuse en elle-même. Il faut un plan de sauvetage du harnais écrit et des moyens pour redescendre la victime vite, pas seulement le harnais qui l'a retenue.

Victime dans une fouille

Sortir une victime d'une fouille ou d'une tranchée est délicat : risque d'éboulement secondaire, accès étroit. On ne descend pas tête baissée. On sécurise les parois et on utilise des moyens d'extraction adaptés.

Électrisation

Toucher une victime encore en contact avec le courant, c'est devenir la deuxième victime. Règle absolue : couper l'alimentation AVANT de toucher. Tant que le courant n'est pas coupé, on ne touche pas.

Pour chacun de ces cas, le manager HSE s'assure que les moyens de sauvetage spécifiques sont prévus avant que l'activité commence, et que les équipes savent qu'on ne s'improvise pas sauveteur dans ces situations.

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L'alerte structurée : un message clair sauve des minutes

Quand l'accident survient, l'alerte mal passée fait perdre un temps précieux. Un message d'alerte se structure toujours de la même façon, et c'est ce que le manager HSE fait répéter lors des accueils et des exercices :

  • QUI appelle : nom et fonction de l'appelant, numéro de rappel.
  • : l'adresse précise du chantier, le point de repère pour entrer, l'endroit exact de la victime sur le site.
  • QUOI : la nature de l'accident (chute, électrisation, ensevelissement, malaise), les risques encore présents.
  • COMBIEN de victimes et leur état apparent (consciente, respire, saigne).
  • On ne raccroche pas le premier : on reste en ligne, on répond aux questions du SAMU ou des pompiers, on attend leur consigne avant de raccrocher.
Numéros à connaître : 15 (SAMU), 18 (pompiers), 112 (urgence européenne) — plus les numéros de secours internes du chantier.
— Numéros d'urgence à afficher
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Exercice : un accident joué minute par minute (chute d'un couvreur)

Pour ancrer tout ce qui précède, voici un scénario d'accident déroulé minute par minute. Un couvreur chute depuis une toiture et reste suspendu à son harnais antichute. Suivez l'enchaînement — c'est exactement ce qu'un exercice de secours fait répéter aux équipes.

  • T+0 Un compagnon voit le couvreur chuter et rester suspendu au harnais. Il ne grimpe pas seul : il alerte aussitôt le secouriste le plus proche et le responsable.
  • T+1 min Le secouriste sécurise la zone (personne dessous), évalue la victime à distance, déclenche le plan de sauvetage du harnais prévu : la suspension prolongée est dangereuse, on ne laisse pas la victime pendre.
  • T+2 min Un second intervenant passe l'alerte structurée au 15/112 : qui, où (adresse précise du chantier), quoi (chute de hauteur, victime suspendue), combien (une victime). Il reste en ligne.
  • T+4 min Une personne est envoyée à l'entrée pour guider l'ambulance. L'accès secours a été vérifié le matin : il est dégagé.
  • T+6 min Les secouristes redescendent la victime au sol avec les moyens prévus, la protègent, surveillent ses fonctions vitales en attendant le SAMU.
  • Ce qui a fait gagner du temps : rien n'a été improvisé. Secouriste présent, plan de sauvetage harnais prêt, accès dégagé le matin, message d'alerte connu. Le scénario joué à blanc avant l'accident est ce qui fait que la chaîne fonctionne le jour J.
Ce que le manager HSE vérifie chaque semaine
La trousse de secours est complète et non périmée
L'affichage des numéros d'urgence est lisible et à jour
Des SST sont présents et répartis dans le planning de la semaine
L'accès secours est dégagé malgré l'évolution du chantier
Le point de rassemblement est balisé et libre d'accès
Les moyens de sauvetage spécifiques (harnais, fouille) sont prêts
Ressources de référence
À retenir
  • L'organisation des secours se décide AVANT l'accident, dans le PGC et le PPSPS — le manager HSE en est le garant terrain.
  • Quatre piliers : des SST répartis dans les équipes, des moyens (trousse, point de rassemblement), une alerte structurée, un accès secours dégagé.
  • L'ambulance doit pouvoir entrer : adresse précise, plan d'accès, voie dégagée en permanence, quelqu'un pour guider.
  • Cas particuliers chantier : victime en hauteur (plan de sauvetage du harnais, suspension dangereuse), fouille, et électrisation (couper avant de toucher).
  • Alerte structurée : QUI, OÙ, QUOI, COMBIEN de victimes — et on ne raccroche pas le premier. Numéros : 15, 18, 112 + secours internes.
  • Chaque semaine, le manager HSE vérifie trousse, affichages, présence des SST au planning et accès secours.