Convention collective des 5 branches industries alimentaires diverses 2026 : grille des salaires, primes et droits
Numéro, brochure, codes NAF et texte officiel : voir la fiche technique IDCC 3109. Cette page décrypte les salaires, primes, préavis et droits de la convention.
Conductrice de ligne dans une biscuiterie, opérateur de conditionnement chez un fabricant de chocolat, technicien de maintenance d'une usine de céréales pour le petit déjeuner, cariste d'un torréfacteur de café, agent de production d'un fabricant de moutarde ou de glaces industrielles : tous relèvent en principe de la convention collective nationale des 5 branches industries alimentaires diverses du 21 mars 2012, numéro IDCC 3109, publiée au Journal officiel sous la brochure n° 3384. Depuis 2024, les fabricants de pâtes alimentaires sèches y sont rattachés.
C'est l'une des grandes conventions de l'agroalimentaire, mais pas la seule : la viande, le lait, la charcuterie, la boulangerie industrielle, la meunerie et les plats cuisinés ont chacun la leur. Son nom vient de l'histoire de la branche, pas d'une liste fermée : le texte de 2012 a remplacé trois conventions plus anciennes, et ses propres signataires ont décidé en mars 2026 de la renommer « industries alimentaires diverses », parce que l'intitulé « 5 branches » ne reflétait plus son périmètre.
Cette page reprend la grille de l'avenant n° 31 du 16 janvier 2026, étendu en avril 2026, avec ses vingt échelons et ses trois barèmes, la classification par points, deux simulateurs, puis les règles qui pèsent le plus sur la paie d'une usine : prime annuelle, prime d'ancienneté, travail de nuit et posté, prime de froid, congés, maladie, préavis et indemnités de départ. Chaque règle est comparée au code du travail ; quand la loi est plus favorable que la convention, nous le signalons.
Étape 0 : votre employeur relève-t-il de la convention des 5 branches ?
L'article 1.1 ne vise pas toute l'industrie alimentaire. Il retient une liste fermée d'activités, repérées par les codes NAF de 2008, et s'applique à l'établissement dont l'activité principale figure dans cette liste, y compris aux salariés dont le métier n'a rien d'alimentaire (comptabilité, logistique, maintenance). Le code NAF n'est qu'un indice : c'est l'activité réellement exercée qui décide. Le tableau ci-dessous reprend la rédaction étendue, en vigueur depuis le 16 avril 2014.
| Activité principale visée par l'article 1.1 | NAF 2008 |
|---|---|
| Biscotterie, biscuiterie, pâtisserie de conservation | 10.72Z |
| Chocolaterie, confiserie | 10.82Z |
| Céréales soufflées, grillées ou autrement transformées, notamment pour le petit déjeuner | 10.61B (en partie) |
| Transformation du thé et du café | 10.83Z |
| Condiments (cornichons, olives, mayonnaise, ketchup, moutarde, vinaigres) et épices | 10.84Z |
| Aliments adaptés à l'enfant et diététiques, hors laits pour nourrissons | 10.86Z |
| Glaces, sorbets et crèmes glacées, par des entreprises non immatriculées au répertoire des métiers | 10.52Z |
| Fruits à coque, arachides et graines, notamment pour l'apéritif | 10.39B (en partie) |
| Tapioca | 10.62Z (en partie) |
| Chicorée, bouillons et potages, levure, infusions, entremets, desserts lactés de conservation, petits déjeuners en poudre | 10.89Z (en partie) |
| Pâtes alimentaires sèches et couscous non préparé (champ fusionné par l'arrêté du 3 juin 2024) | 10.73Z |
Les confusions viennent surtout du mot « alimentaire ». Beaucoup de salariés cherchent la « convention collective agroalimentaire » en pensant qu'il n'en existe qu'une ; en réalité, le rattachement se fait produit par produit. Voici les voisines les plus souvent prises pour la convention des 5 branches.
Numéro, brochure et dates d'extension : voir la fiche technique IDCC 3109. Le bulletin de paie doit indiquer l'intitulé de la convention applicable (article R. 3243-1 du code du travail). En cas de doute, l'outil trouver ma convention collective part de votre code NAF.
1. D'où vient la convention des 5 branches : trois textes fusionnés en 2012, les pâtes en 2024
Avant 2012, les industries alimentaires dites « diverses » vivaient sous plusieurs conventions anciennes, devenues difficiles à appliquer. Le préambule du texte du 21 mars 2012 l'explique : les partenaires sociaux ont voulu un texte unique, qui se substitue intégralement, à compter de son extension, à trois conventions nationales. La première était celle des industries alimentaires diverses du 27 mars 1969 (IDCC 504). La deuxième, celle des industries des produits exotiques du 1er avril 1969. La troisième, celle des biscotteries, biscuiteries, céréales prêtes à consommer ou à préparer, chocolateries, confiseries, aliments de l'enfance et de la diététique, préparations pour entremets et desserts ménagers, glaces, sorbets et crèmes glacées du 17 mai 2004 (IDCC 2410).
Le nombre « 5 » du titre ne correspond donc à aucune liste écrite dans la convention : ni le préambule, ni l'article 1.1, ni les accords récents n'énumèrent cinq branches. La convention a été signée côté employeurs par l'Alliance 7, qui fédère les syndicats de la biscuiterie, de la chocolaterie, de la confiserie, des céréales, de l'enfance et de la diététique, et par neuf autres organisations professionnelles, dont le syndicat des fabricants industriels de glaces et la chambre syndicale française de la levure ; côté salariés, par la CFDT, FO, la CFE-CGC, la CGT et la CFTC. Elle a été étendue par arrêté du 24 mai 2013 et s'impose depuis à toutes les entreprises de son champ.
Deux évolutions récentes comptent. Par un arrêté du 3 juin 2024, le ministère du Travail a fusionné le champ de la convention des pâtes alimentaires sèches et du couscous non préparé (IDCC 1987) avec celui de la 3109, sur le fondement de l'article L. 2261-32 du code du travail. Une période de transition de cinq ans court jusqu'au 20 juin 2029 : les fabricants de pâtes appliquent déjà les règles de nuit, de suppléance et de compte épargne-temps de la 3109 depuis le 1er septembre 2025, mais gardent leur grille horaire et leur classification jusqu'au 1er janvier 2027. Ensuite, l'avenant n° 32 du 6 mars 2026 renomme la convention « industries alimentaires diverses » et réécrit son champ dans la nomenclature NAF 2025, en y ajoutant la fabrication industrielle de pains préemballés vendus en libre-service.
Tant que l'avenant n° 32 n'est pas étendu, la convention garde son intitulé historique pour les entreprises non adhérentes, et l'ancienne liste d'activités reste la référence. Un avis d'extension a été publié au Journal officiel du 18 avril 2026 ; aucun arrêté n'avait suivi au 2 octobre 2026. La différence a une portée concrète pour une seule activité : les pains de mie, pains festifs et pains burgers préemballés, rangés par la nomenclature de 2008 dans la fabrication industrielle de pain (NAF 10.71A), qui n'entrent dans le champ de la 3109 qu'avec l'avenant n° 32.
Sources : conteneur de la convention IDCC 3109, texte de base du 21 mars 2012 (préambule, article 1.1, signataires, annexe) ; arrêté du 3 juin 2024 portant fusion de champs conventionnels ; accord du 26 juin 2025 (application au périmètre des pâtes, étendu par arrêté du 26 mars 2026) ; avenant n° 32 du 6 mars 2026 ; consultés le 2 octobre 2026.
2. Grille des salaires 2026 étendue : l'avenant n° 31
La convention ne fixe pas un seul minimum, mais trois barèmes, définis à l'article 6.1. La ressource mensuelle garantie hiérarchisée (RMGH) est le minimum brut mensuel pour 151,67 heures, soit 35 heures par semaine ; elle comprend le salaire de base et toutes les primes de l'entreprise, sauf la prime d'ancienneté, les remboursements de frais et les primes liées à des conditions de travail particulières. La ressource conventionnelle annuelle (RCA) est le minimum sur l'année ; elle est garantie après un an d'ancienneté et régularisée au 31 décembre. Le barème d'assiette de primes (BAP), enfin, ne sert qu'à calculer certaines primes, dont la prime d'ancienneté.
La grille en vigueur est celle de l'avenant n° 31 du 16 janvier 2026, applicable au 1er janvier 2026 dans les entreprises adhérentes aux organisations signataires, puis dans toute la branche depuis la publication de l'arrêté d'extension du 2 avril 2026, au Journal officiel du 17 avril 2026. Au 2 octobre 2026, aucun avenant salarial postérieur n'a été déposé ni soumis à extension. Pour une durée du travail inférieure à 35 heures, la RMGH se réduit au prorata ; les heures supplémentaires s'y ajoutent.
| Niveau, échelon | Points | RMGH mensuelle | Écart au SMIC | RCA annuelle, 3 ans et plus | Barème d'assiette (BAP) |
|---|---|---|---|---|---|
| N1 E1 | 12 à 15 | 1 841,03 € | − 25,99 € | 23 933,39 € | 970,63 € |
| N1 E2 | 16 à 19 | 1 859,03 € | − 7,99 € | 24 167,39 € | 1 028,97 € |
| N1 E3 | 20 à 23 | 1 877,03 € | + 10,01 € | 24 401,39 € | 1 082,02 € |
| N2 E1 | 24 à 27 | 1 899,03 € | + 32,01 € | 24 687,39 € | 1 140,36 € |
| N2 E2 | 28 à 31 | 1 928,03 € | + 61,01 € | 25 064,39 € | 1 150,97 € |
| N2 E3 | 32 à 35 | 1 967,03 € | + 100,01 € | 25 571,39 € | 1 156,27 € |
| N3 E1 | 36 à 39 | 2 013,03 € | + 146,01 € | 26 169,39 € | 1 177,49 € |
| N3 E2 | 40 à 43 | 2 054,03 € | + 187,01 € | 26 702,39 € | 1 182,79 € |
| N3 E3 | 44 à 47 | 2 100,03 € | + 233,01 € | 27 300,39 € | 1 198,70 € |
| N4 E1 | 48 à 51 | 2 165,03 € | + 298,01 € | 28 145,39 € | 1 214,62 € |
| N4 E2 | 52 à 55 | 2 233,03 € | + 366,01 € | 29 029,39 € | 1 326,00 € |
| N5 E1 | 56 à 59 | 2 324,03 € | + 457,01 € | 30 212,39 € | 1 432,08 € |
| N5 E2 | 60 à 63 | 2 464,03 € | + 597,01 € | 32 032,39 € | 1 543,46 € |
| N6 E1 | 64 à 67 | 2 610,03 € | + 743,01 € | 33 930,39 € | 1 649,54 € |
| N6 E2 | 68 à 71 | 2 870,03 € | + 1 003,01 € | 37 310,39 € | 1 766,23 € |
| N7 E1 | 72 à 75 | 2 974,03 € | + 1 107,01 € | 38 662,39 € | — |
| N7 E2 | 76 à 79 | 3 078,03 € | + 1 211,01 € | 40 014,39 € | — |
| N8 E1 | 80 à 83 | 3 202,03 € | + 1 335,01 € | 41 626,39 € | — |
| N8 E2 | 84 à 87 | 4 248,03 € | + 2 381,01 € | 55 224,39 € | — |
| N9 E1 | 88 à 90 | 5 294,03 € | + 3 427,01 € | 68 822,39 € | — |
Source : avenant n° 31 du 16 janvier 2026 relatif aux salaires minima conventionnels au 1er janvier 2026, annexe (barème de ressources garanties, barème d'assiettes de primes, indemnité d'habillage), étendu par arrêté du 2 avril 2026 (JORF du 17 avril 2026) ; grille relue le 2 octobre 2026. Niveaux 1 à 3 : ouvriers et employés ; 4 à 6 : techniciens et agents de maîtrise ; 7 à 9 : cadres. Écarts au SMIC de 1 867,02 € calculés par nos soins.
RMGH 2026 par échelon (barres) et SMIC mensuel du 1er juin 2026 (ligne).
Le graphique montre deux choses que le tableau dit moins bien. D'abord, le bas de la grille est très resserré : 259 € seulement séparent le premier échelon des ouvriers (1 841,03 €) du dernier (2 100,03 €), et les deux premières marches passent sous le SMIC. Ensuite, la grille se creuse brutalement chez les cadres : 1 046 € entre les deux échelons du niveau 8, puis encore 1 046 € jusqu'au niveau 9. Pour un ouvrier, la progression passe donc surtout par la pesée de l'emploi, qui fait gagner un échelon, et par les primes de branche décrites plus bas.
La ressource annuelle : ce que l'employeur doit atteindre sur l'année
Pour les ouvriers, employés, techniciens et agents de maîtrise, la RCA est égale à douze RMGH plus la prime annuelle, qui dépend de l'ancienneté : 70 % de la RMGH entre un et deux ans, 90 % entre deux et trois ans, 100 % au-delà. La RCA d'un N1E1 vaut ainsi 23 381,08 € la deuxième année, 23 749,29 € la troisième et 23 933,39 € ensuite. Pour les cadres, la RCA est égale à treize RMGH, quelle que soit l'ancienneté. Toutes les primes versées dans l'année, quel que soit leur nom, comptent pour atteindre la RCA, à l'exception de la prime d'ancienneté et des primes liées à des conditions de travail particulières.
Deux échelons sous le SMIC depuis le 1er juin 2026
Calée sur le SMIC de janvier 2026, la grille n'a pas résisté à la revalorisation du 1er juin (12,31 € de l'heure, 1 867,02 € par mois) : le N1E1 (1 841,03 €) et le N1E2 (1 859,03 €) sont en dessous. L'arrêté d'extension de 2013 réserve l'application du SMIC, et la règle est mensuelle : le salarié doit toucher au moins 1 867,02 € chaque mois pour 35 heures, même si sa ressource annuelle, prime annuelle comprise, dépasse douze fois le SMIC (22 404,24 €).
Exemple chiffré : un opérateur de conditionnement au niveau 2 échelon 2, 4 ans d'ancienneté
Sa RMGH est de 1 928,03 € par mois. Il touche une prime d'ancienneté de 3 % de 1 150,97 €, soit 34,53 €, et une prime annuelle de 100 % de sa RMGH, 1 928,03 €. Son minimum sur douze mois atteint 25 478,75 € brut (13 × 1 928,03 + 12 × 34,53). Le net mensuel correspondant, hors prime annuelle, est d'environ 1 531 € (estimation au coefficient 0,78, à affiner avec la calculatrice brut / net).
L'annexe fixe aussi une indemnité d'habillage et de déshabillage de 8,40 € brut par mois, due au salarié qui doit revêtir une tenue de travail dans l'entreprise, dès lors qu'il a travaillé dans le mois. Ce montant est inchangé depuis 2025, comme le barème d'assiette de primes : la hausse de 2026 porte sur la RMGH et la RCA, pas sur les primes qui en découlent. D'un an sur l'autre, le premier échelon a progressé de 22,23 € (1 818,80 € en 2025) et le niveau 9 de 54,35 € (5 239,68 €).
3. Classification : neuf niveaux, vingt échelons et une pesée en points
La classification de la branche, issue de l'accord du 4 novembre 2008 et intégrée au chapitre 5 de la convention, ne range pas les salariés d'après une liste de métiers. Elle classe l'emploi, indépendamment de la personne qui l'occupe : l'employeur décrit les activités, puis note six critères classants, chacun sur neuf degrés. Un comité paritaire de classification, dans l'entreprise, valide les descriptions et les pesées, et chaque titulaire reçoit par écrit la description de son emploi, la pesée par critère et son niveau-échelon. La classification est réexaminée quand l'emploi évolue, et revue entièrement tous les cinq ans.
Connaissances requises
Diplôme, expérience équivalente ou habilitation interne : du degré 2 (CAP, BEP, CQP) au degré 7 (bac + 4 ou bac + 5). Les CQP de la filière ont été reclassés par l'avenant n° 23 de 2024.
Technicité et complexité
Difficulté et diversité des situations, polycompétence sur plusieurs postes de l'emploi.
Initiative et autonomie
Du travail fait sur consignes précises à l'emploi qui fixe ses propres priorités.
Responsabilité
Portée des décisions et de leurs effets, de l'environnement immédiat du poste à l'entreprise.
Animation et encadrement
De l'accueil d'un nouveau sur le poste à l'encadrement de cadres encadrants.
Communication
De l'échange ponctuel d'informations avec l'équipe à la négociation interne et externe.
Chaque degré rapporte un nombre de points : 2 au degré 1, puis 4, 6, 8, 10 et 12 jusqu'au degré 6, 13 au degré 7, 14 au degré 8 et 15 au degré 9. Le total des six critères, compris entre 12 et 90 points, donne le niveau et l'échelon, par tranches de quatre points jusqu'au niveau 8 et de trois points pour le niveau 9. Les échelons ne dépendent donc pas de l'ancienneté : un salarié passe à l'échelon supérieur quand son emploi est mieux pesé, par exemple parce qu'il maîtrise davantage de postes. La mise en œuvre de cette classification ne pouvait pas réduire la rémunération acquise avant son entrée en vigueur.
Niveaux 1 à 3, trois échelons chacun, de 12 à 47 points. C'est là que se trouvent la plupart des emplois de fabrication, de conditionnement et de logistique : agent de production, opérateur de ligne, conducteur de machine, préparateur de commandes. La convention ne rattache aucun intitulé de poste à un niveau ; seule la pesée de l'emploi dans l'entreprise compte.
Fiches métier liées : agent de production, opérateur de ligne, conducteur de ligne agroalimentaire, conducteur de machine de conditionnement.
Niveaux 4 à 6, deux échelons chacun, de 48 à 71 points. La période d'essai et le préavis varient à l'intérieur de la catégorie : un mois d'essai au N4E1, deux mois au N4E2 et au niveau 5, trois mois au niveau 6. Les agents de maîtrise classés au N6E1 ou au-dessus doivent être affiliés au régime de retraite complémentaire des cadres (article 4.14).
Fiches métier liées : chef d'équipe de production, électromécanicien.
Niveaux 7 à 9, de 72 à 90 points ; le niveau 9 n'a qu'un échelon et correspond aux cadres supérieurs ou dirigeants. Les cadres n'ont ni prime d'ancienneté ni prime annuelle, mais leur RCA est égale à treize mois de RMGH, et leurs garanties de rupture sont nettement plus élevées que celles des autres catégories.
Fiche métier liée : ingénieur R&D agroalimentaire.
Sources : chapitre 5 du texte de base (articles 5.1 à 5.8, matrice des critères et des points), accord du 4 novembre 2008 relatif aux classifications, avenant n° 23 du 11 avril 2024 (CQP) ; consultés le 2 octobre 2026.
Exemple : une conductrice de ligne qui gagne un échelon
Son emploi est pesé à 38 points : niveau 3 échelon 1, 2 013,03 € par mois. Formée à deux postes supplémentaires de la ligne, elle gagne un degré en technicité et un en autonomie : 4 points de plus, soit 42 points et le N3E2, à 2 054,03 €. Le gain mensuel est de 41 € sur la RMGH, et sa prime annuelle suit, puisqu'elle est calculée sur la RMGH de l'échelon.
4. Simulateurs : votre salaire minimum et votre indemnité de licenciement
Le premier simulateur part de votre niveau-échelon. Il applique la grille de l'avenant n° 31, la proratise selon votre durée hebdomadaire, la compare au SMIC, ajoute la prime d'ancienneté pour les non-cadres et, si vous travaillez de nuit, la majoration de 20 %. Il donne aussi la ressource annuelle garantie selon votre ancienneté. Le second compare l'indemnité de licenciement de la convention, par catégorie, à l'indemnité légale, et retient la plus favorable.
Salaire minimum — avenant n° 31, en vigueur
Constantes du 02/10/2026 : grille de l'avenant n° 31 (effet 01/01/2026) ; prime d'ancienneté de l'article 6.2.2 (3 à 15 % du barème d'assiette, non-cadres) ; prime annuelle de l'article 6.2.3 (70, 90 ou 100 % de la RMGH) ; majoration de nuit de 20 % du taux horaire de base (article 7.1.8), calculée ici sur le minimum ; SMIC de 12,31 €/h depuis le 01/06/2026 ; net estimé avec un coefficient de 0,78. Résultat indicatif. Pour un calcul plus fin, utilisez la calculatrice brut / net.
Indemnité de licenciement : convention ou loi ?
Convention : article 4.12, dès plus d'un an d'ancienneté, prorata de la dernière année incomplète ; plafond de 15 mois pour les cadres, appliqué ici après la majoration d'âge (lecture prudente, le texte ne tranche pas l'ordre) ; majoration écartée en cas d'allocation de préretraite. Loi : article R. 1234-2, dès 8 mois, au prorata des mois. Hors faute grave ou lourde, hors indemnité de préavis et de congés payés. Résultat indicatif.
5. Prime annuelle : le 13e mois des ouvriers, employés et agents de maîtrise
La convention des 5 branches ne parle pas de « 13e mois », mais elle en crée l'équivalent pour les non-cadres. L'article 6.2.3, dans la rédaction de l'avenant n° 22 du 19 janvier 2024, accorde dans chaque établissement une prime annuelle aux ouvriers, employés, techniciens et agents de maîtrise qui ont au moins un an d'ancienneté. Son montant dépend de l'ancienneté et se calcule sur la RMGH de l'intéressé, c'est-à-dire sur le minimum mensuel de son niveau-échelon, et non sur son salaire réel.
| Ancienneté | Prime annuelle | Exemple au N1E1 (1 841,03 €) | Exemple au N3E2 (2 054,03 €) | Exemple au N5E2 (2 464,03 €) |
|---|---|---|---|---|
| Moins d'un an | aucune | — | — | — |
| 1 an à moins de 2 ans | 70 % de la RMGH | 1 288,72 € | 1 437,82 € | 1 724,82 € |
| 2 ans à moins de 3 ans | 90 % de la RMGH | 1 656,93 € | 1 848,63 € | 2 217,63 € |
| 3 ans et plus | 100 % de la RMGH | 1 841,03 € | 2 054,03 € | 2 464,03 € |
Source : article 6.2.3 de la convention, rédaction de l'avenant n° 22 du 19 janvier 2024, étendu sous réserve de l'article L. 1132-1 du code du travail (arrêté du 28 juin 2024) ; RMGH de l'avenant n° 31 ; montants pour une année complète à temps plein, calculés par nos soins.
La prime est calculée au prorata du temps de travail effectif sur la période de référence de l'établissement. Le texte prend en compte les arrêts pour accident du travail ou de trajet dans la limite d'un an, la maladie justifiée dans la limite de deux mois et les autres périodes assimilées pour les congés payés ; l'arrêté d'extension a cependant rappelé la jurisprudence selon laquelle toutes les absences non assimilées par la loi doivent produire les mêmes effets. La prime peut être versée en plusieurs fois, selon un calendrier fixé avec les représentants du personnel, et le salarié qui part en cours d'année reçoit la fraction acquise, quel que soit le motif du départ.
Elle ne s'ajoute pas à une prime d'entreprise qui a le même objet : un 13e mois, une prime de fin d'année ou tout autre versement annuel et non aléatoire s'impute sur elle, à concurrence de son montant. En revanche, elle ne peut pas réduire un avantage acquis avant sa création. Pour les cadres, aucun article ne prévoit de prime annuelle, mais leur ressource annuelle garantie vaut treize fois leur RMGH : l'employeur peut verser ce treizième mois sous la forme qu'il veut, à condition d'atteindre le total sur l'année.
Exemple : un agent de maîtrise embauché il y a 18 mois
Classé au N4E1 (2 165,03 €), il a entre un et deux ans d'ancienneté : sa prime annuelle minimale est de 70 % × 2 165,03 € = 1 515,52 € pour une année complète de travail effectif. L'année suivante, elle passera à 90 % (1 948,53 €), puis à 100 % à partir de trois ans. Le calculateur de 13e mois refait le prorata pour une année incomplète.
6. Prime d'ancienneté : 3 à 15 % du barème d'assiette, sauf pour les cadres
L'article 6.2.2 attribue une prime d'ancienneté à toutes les catégories de personnel, à l'exception des cadres. Son taux progresse par paliers de trois ans, jusqu'à 15 % après quinze ans. La particularité de la branche tient à l'assiette : le taux ne s'applique ni au salaire réel ni à la RMGH, mais au barème d'assiette de primes de l'échelon, nettement plus bas que le minimum mensuel. C'est l'erreur la plus fréquente sur les bulletins et dans les guides en ligne : appliquer 15 % au salaire revient à presque doubler la prime réellement due par la convention.
| Ancienneté | Taux | N1E1 (BAP 970,63 €) | N2E2 (BAP 1 150,97 €) | N3E2 (BAP 1 182,79 €) | N5E2 (BAP 1 543,46 €) |
|---|---|---|---|---|---|
| Après 3 ans | 3 % | 29,12 € | 34,53 € | 35,48 € | 46,30 € |
| Après 6 ans | 6 % | 58,24 € | 69,06 € | 70,97 € | 92,61 € |
| Après 9 ans | 9 % | 87,36 € | 103,59 € | 106,45 € | 138,91 € |
| Après 12 ans | 12 % | 116,48 € | 138,12 € | 141,93 € | 185,22 € |
| Après 15 ans | 15 % | 145,59 € | 172,65 € | 177,42 € | 231,52 € |
Sources : article 6.2.2 du texte de base ; barème d'assiettes de primes de l'avenant n° 31, inchangé depuis 2025 ; montants mensuels à temps plein calculés par nos soins, arrondis au centime.
Le montant de la prime est adapté à l'horaire de travail : il se réduit pour un temps partiel et supporte les majorations pour heures supplémentaires. Il doit figurer sur une ligne distincte du bulletin de paie. La prime ne compte pas pour vérifier que la RMGH et la RCA sont atteintes : un employeur ne peut pas s'en servir pour combler un salaire de base trop faible. Elle suit l'échelon : un salarié qui passe du N2E2 au N3E1 voit son assiette passer de 1 150,97 € à 1 177,49 €.
L'ancienneté se calcule selon l'article 4.10 : présence continue depuis l'engagement, sans exclure les périodes de suspension (maladie, accident, maternité, paternité, congés de formation, de solidarité familiale ou de soutien familial), plus la durée des contrats antérieurs dans les sociétés du groupe, sauf rupture pour faute grave ou lourde. Les missions d'intérim effectuées chez l'employeur dans les trois mois précédant l'embauche comptent aussi, et le congé parental d'éducation pour moitié. Le calculateur d'ancienneté donne la date exacte de chaque palier, et le simulateur de prime d'ancienneté refait le calcul si vous saisissez l'assiette du BAP.
Fabricants de pâtes : un autre barème jusqu'en 2027
Dans le périmètre de l'ancienne convention des pâtes alimentaires sèches, la prime d'ancienneté des ouvriers et employés suit les mêmes taux de 3 à 15 %, mais appliqués au montant horaire de leur coefficient, fixé par l'accord du 5 mars 2026, étendu par arrêté du 20 mai 2026. La grille et la classification de la 3109 ne s'y appliqueront qu'au 1er janvier 2027.
7. Travail de nuit, travail posté et dimanche : ce que la branche impose
Les lignes de biscuiterie, de chocolaterie ou de céréales tournent souvent en deux ou trois équipes, parfois en continu. La convention n'invente pas de « prime de poste » en pourcentage pour le 2×8, le 3×8 ou le 5×8 : ces primes, quand elles existent, viennent d'accords d'entreprise. Elle fixe en revanche plusieurs règles chiffrées, sur la nuit, les pauses, les repos et le dimanche, qui s'imposent à toutes les entreprises de la branche. L'article 7.1.8 reprend la plage de nuit de 21 heures à 6 heures de l'article L. 3122-2 du code du travail, et l'employeur y retient une plage de 8 heures pour le calcul des contreparties.
Majoration de 20 %
Chaque heure travaillée sur la plage de 8 heures retenue entre 21 h et 6 h est majorée de 20 % du taux horaire de base ; 75 % pendant une semaine si le passage de nuit n'a pas été annoncé 3 jours ouvrés avant.
Panier de nuit
Dès 4 heures de travail effectif sur cette plage : un repas fourni ou une indemnité égale à 2,65 fois le minimum garanti (article L. 3231-12). Gardiens et veilleurs exclus.
Repos du travailleur de nuit
2 jours de repos payé par an pour 1 582 heures de nuit, au prorata ; pas de conversion en argent. Surveillance médicale au moins tous les 6 mois.
Est travailleur de nuit le salarié qui effectue, au moins deux fois par semaine, trois heures de son temps de travail sur la plage de nuit, ou au moins 300 heures de nuit dans l'année civile. Sa durée de travail ne peut dépasser 8 heures par nuit, 9 heures pour les travaux de sécurité, les denrées périssables ou l'absence de relève, et 12 heures pour la maintenance, trois fois par semaine et douze semaines par an au plus. La moyenne hebdomadaire est limitée à 40 heures, 42 heures par dérogation. À partir de 7 h 30 de travail, il a droit à une pause casse-croûte de 30 minutes, non payée. Le passage d'un poste de jour à un poste de nuit exige son accord exprès si le contrat ne le prévoit pas, et il peut le refuser pour une obligation familiale impérieuse, comme la garde d'un enfant de moins de 6 ans. Le travailleur de nuit au sens de l'article L. 3122-5 est prioritaire pour revenir sur un poste de jour.
Exemple chiffré : un conducteur de ligne de nuit au N3E1
Payé au minimum de son échelon, son taux horaire de base est de 13,27 € (2 013,03 € / 151,67). Sur un mois de 18 nuits de 8 heures sur la plage retenue, la majoration de 20 % représente 144 heures × 20 % × 13,27 € = 382,25 € brut, à quoi s'ajoutent 18 paniers ou repas. Le simulateur d'heures de nuit refait le calcul avec votre planning en saisissant le taux de 20 %.
Pauses et repos des salariés postés
Le salarié posté dont la journée est organisée sur une amplitude de 8 heures bénéficie d'une pause casse-croûte de 30 minutes d'un seul tenant, qui n'est pas payée ; aucune séquence de 6 heures ne peut se passer sans pause d'au moins 20 minutes, comme le prévoit l'article L. 3121-33. En contrepartie, l'article 7.3 accorde trois repos propres à la branche, qui ne se cumulent pas avec les contreparties équivalentes d'entreprise.
| Situation | Ce que prévoit la convention | Article |
|---|---|---|
| Salarié posté, 600 heures de travail effectif dans le semestre | 1 jour de repos compensateur par semestre de travail posté | 7.3.2 |
| Travail de nuit, habituel ou occasionnel, et équipes alternantes en 3×8 | Repos payé de 1/50 d'heure par heure de travail effectif | 7.3.3 a |
| Équipes alternantes en 2×8 | Repos payé de 1/100 d'heure par heure de travail effectif | 7.3.3 b |
| Travail à la chaîne à cadence ininterrompue | Pauses totalisant un quart d'heure par jour, sans allonger la période | 7.3.1 |
| Cycle continu | 35 heures en moyenne, 2 jours de repos consécutifs par semaine, heures du dimanche majorées de 30 % | 7.1.5 |
| Équipe de suppléance de fin de semaine (24 heures sur 2 ou 3 jours) | Rémunération majorée d'au moins 50 %, pauses de 30 minutes ou 2 × 20 minutes | 7.1.1 |
Source : articles 7.1.1, 7.1.5, 7.1.6, 7.1.8 et 7.3 du texte de base, consultés le 2 octobre 2026. Le minimum garanti est fixé par décret ; sa valeur n'est pas reproduite ici.
Pour un salarié en 3×8 qui travaille 1 600 heures dans l'année, le repos de 1/50 représente 32 heures de repos payé sur l'année. Ces repos se prennent en principe par journée entière, à une date fixée d'un commun accord. Pour comparer les rotations d'un atelier, le simulateur de planning d'équipe met côte à côte 2×8, 3×8 et 5×8.
Dimanche et jours fériés
Le travail du dimanche, dans les cas où la loi autorise une dérogation au repos dominical, est majoré de 75 % quand il est exceptionnel, en plus d'une éventuelle majoration d'heures supplémentaires, et de 30 % quand il est habituel, sauf si la rémunération fixée par écrit à l'embauche en tenait déjà compte. Les jours fériés sont chômés et payés ; le salarié qui doit en travailler un reçoit de préférence un jour de repos compensateur sans perte de salaire, et à défaut l'indemnisation prévue pour le 1er Mai par l'article L. 3133-6. Le calculateur des heures majorées de nuit et du dimanche additionne les deux contreparties sur un même mois.
8. Froid, chaleur, habillage et pénibilité : les règles de l'atelier
Les ateliers de la branche cumulent des contraintes connues : froid des chambres de stockage et des lignes de glaces, chaleur des fours et des cuiseurs, tenues d'hygiène à enfiler à chaque prise de poste, cadences sur ligne. La convention y répond par une prime de froid et de chaleur, une contrepartie d'habillage et des règles d'hygiène, mais elle ne crée pas de majoration générale « froid » en pourcentage du salaire. Les éventuelles primes plus élevées viennent d'accords d'entreprise.
Prime uniforme de froid et de chaleur
6 % de l'équivalent horaire du barème d'assiette du N1E2 (1 028,97 €), soit environ 0,41 € de l'heure, pour un travail dans une température artificielle inférieure à − 5 °C ou supérieure à 35 °C. Dans les glaces, dès que la température est inférieure à + 5 °C ou supérieure à 36 °C.
Habillage et déshabillage : 8,40 € par mois
Indemnité forfaitaire mensuelle due dès que la tenue de travail s'enfile dans l'entreprise et que le salarié a travaillé dans le mois, sur une ligne à part du bulletin (article 6.2.4, article L. 3121-3).
La prime de froid et de chaleur se calcule sur la base d'une demi-journée pour le salarié exposé au moins 2 heures par jour, et d'une journée entière à partir de 4 heures ; le texte ne précise pas la durée retenue pour une « journée », qui se lit avec l'horaire de l'établissement. La contrepartie d'habillage ne se cumule pas avec une contrepartie d'entreprise ou d'usage qui a le même objet. L'article 11.3 ajoute que les salariés affectés à des travaux particulièrement salissants peuvent prendre une douche chaque jour un quart d'heure avant la fin du travail, payé comme du temps de travail, et l'article 11.4 impose un local de restauration dès 25 salariés concernés.
Sources : articles 6.2.1, 6.2.4, 11.3 et 11.4 du texte de base ; indemnité d'habillage de l'avenant n° 31 ; équivalent horaire (1 028,97 € / 151,67 × 6 % = 0,4071 €) calculé par nos soins.
Pénibilité : ce qui ouvre des points sur le compte professionnel de prévention
Le compte professionnel de prévention ne dépend pas de la convention, mais de seuils fixés par l'article D. 4163-2 du code du travail. Plusieurs concernent directement les usines de la branche : les températures inférieures ou égales à 5 °C ou au moins égales à 30 °C pendant 900 heures par an, le bruit d'au moins 81 décibels sur huit heures pendant 600 heures par an, le travail répétitif sous cadence contrainte pendant 900 heures par an, le travail de nuit à partir de 100 nuits par an et les équipes successives alternantes à partir de 30 nuits par an. Les manutentions, les postures et les vibrations ne donnent plus de points depuis l'ordonnance du 22 septembre 2017.
Seuils de nuit : 100 et 30 nuits, plus 120 et 50
Beaucoup de pages citent encore 120 nuits pour le travail de nuit et 50 nuits pour les équipes alternantes. Ces seuils sont périmés : depuis le 1er septembre 2023, l'exposition est déclarée à partir de 100 nuits par an, et de 30 nuits pour un salarié en équipes successives alternantes, comme en 3×8, avec au moins une heure de travail entre minuit et 5 heures.
La convention renforce aussi la prévention : formation pratique à la sécurité, gestes et postures compris, pour tout nouvel embauché et à chaque changement de poste, renouvelée au moins tous les cinq ans ; formation renforcée pour les salariés en contrat court sur des postes à risques ; siège mis à disposition quand le travail le permet. Les jeunes de moins de 18 ans sont exclus du travail de nuit (article 12.3), et les salariées enceintes de quatre mois peuvent arriver 5 minutes après et partir 10 minutes avant le reste du personnel, sans perte de salaire (article 12.2). Une formation en ligne est consacrée au travail au froid et à la chaleur.
9. Congés payés, congés d'ancienneté et événements familiaux
Pour les congés payés, la convention renvoie à la loi : 2,5 jours ouvrables par mois de travail, soit 30 jours par an (article L. 3141-3). Elle ajoute ses propres périodes assimilées à du travail effectif : le congé de maternité, l'accident du travail ou de trajet dans la limite d'un an, la maladie justifiée dans la limite de deux mois pour les salariés d'au moins un an d'ancienneté, et les absences pour événements familiaux. L'ordre des départs est affiché au plus tard le 1er avril, les conjoints de la même entreprise partent ensemble, et un salarié rappelé pendant ses congés gagne 2 jours ouvrés de congé supplémentaires, frais de voyage remboursés.
| Ancienneté | Ouvriers et employés de moins de 55 ans | Ouvriers et employés de plus de 55 ans | Techniciens, maîtrise et cadres |
|---|---|---|---|
| 10 ans | — | 1 jour | 1 jour |
| 15 ans | — | 2 jours | 2 jours |
| 20 ans | 2 jours | 3 jours | 3 jours |
| 25 ans | 4 jours | 4 jours | 5 jours |
| 30 ans | 6 jours | 6 jours | 6 jours |
Source : article 8.2 du texte de base (congés d'ancienneté ; pour les ouvriers et employés de moins de 55 ans, jours de congé ou indemnité compensatrice au choix de l'employeur) ; articles 8.1.2 à 8.1.6 ; consultés le 2 octobre 2026.
Les absences pour événements familiaux de l'article 8.5.1 sont accordées sans condition d'ancienneté et sans retenue de salaire. La grille a été modifiée par l'avenant n° 15 du 19 mars 2021, puis par l'avenant n° 22 de 2024, qui a porté le congé pour le décès d'un enfant de 7 jours ouvrés à 15 jours ouvrables. Sur deux points, la loi a depuis dépassé la convention ; c'est alors elle qui s'applique, en vertu de l'article L. 3142-4 dans sa version issue de la loi n° 2026-492 du 12 juin 2026.
| Événement | Convention (art. 8.5.1) | Minimum légal (L. 3142-4) | Ce qui s'applique |
|---|---|---|---|
| Mariage ou PACS du salarié | 1 semaine calendaire | 4 jours | Convention |
| Mariage d'un enfant | 2 jours, 3 jours à plus de 200 km | 1 jour | Convention |
| Naissance ou adoption | 3 jours | 3 jours | Identique |
| Décès du conjoint ou du partenaire de PACS, du père, de la mère, d'un beau-parent, d'un frère ou d'une sœur | 3 jours | 3 jours | Identique |
| Décès d'un enfant | 15 jours ouvrables | 12 jours, 14 jours si l'enfant avait moins de 25 ans ou était lui-même parent | Convention, plus le congé de deuil de 8 jours |
| Décès d'un grand-parent | 1 jour, 2 jours à plus de 200 km | — | Convention |
| Décès d'un beau-frère, d'une belle-sœur ou d'un petit-enfant | 1 jour | — | Convention |
| Annonce du handicap, d'une pathologie chronique ou d'un cancer chez un enfant | 2 jours (handicap) | 10 jours | Loi : 10 jours |
| Journée défense et citoyenneté | 1 jour | — | Convention |
Sources : article 8.5.1 dans la rédaction de l'avenant n° 15 du 19 mars 2021 et de l'avenant n° 22 du 19 janvier 2024 ; article L. 3142-4 du code du travail, version issue de la loi n° 2026-492 du 12 juin 2026 ; congé de deuil : article L. 3142-1-1.
La convention prévoit aussi 10 jours d'absence par an pour soigner un enfant malade de moins de 16 ans, sur certificat médical ; les parents isolés sont indemnisés à 50 % du salaire pour un enfant de moins de 14 ans. Le congé de maternité est indemnisé à 90 % du salaire brut, ce qui maintient le salaire net dans la limite du plafond de la Sécurité sociale. Le parent qui a au moins un an d'ancienneté peut prendre, après le congé de maternité ou de paternité, un congé sans solde jusqu'au premier anniversaire de l'enfant, avec garantie de retrouver son emploi. Le simulateur de congés payés fait le décompte des jours acquis.
10. Maladie, accident du travail et prévoyance
En cas d'arrêt pris en charge par la Sécurité sociale, le chapitre 9 garantit un complément de salaire calculé sur le brut que le salarié aurait perçu, sous déduction des indemnités journalières et de la part employeur d'un régime de prévoyance, sans pouvoir dépasser le net qu'il aurait touché en travaillant. Les droits diffèrent selon la catégorie : l'article 9.2 vise les ouvriers et employés, les articles 9.3 et 9.4 les techniciens et agents de maîtrise puis les cadres. Le texte rappelle lui-même que la loi peut s'avérer plus favorable à partir d'une certaine ancienneté ; l'article L. 1226-1 sert alors de plancher.
| Ouvriers et employés (art. 9.2) | Ancienneté requise | À 90 % | À 75 % | Point de départ |
|---|---|---|---|---|
| Accident du travail avec hospitalisation | aucune | 180 jours | — | jour de prise en charge |
| Accident du travail sans hospitalisation | 2 mois | 180 jours | — | jour de prise en charge |
| Accident de trajet | 6 mois | 150 jours, 180 si hospitalisation | — | jour de prise en charge |
| Maladie avec hospitalisation | 6 mois | 45 jours | 135 jours | jour de prise en charge |
| Maladie sans hospitalisation | 1 an | 45 jours | 105 jours | 8e jour |
- Moins d'un an : mêmes droits que les ouvriers et employés ;
- après 1 an : 45 jours à 100 %, puis 105 jours à 75 % (135 en cas d'hospitalisation) ;
- après 5 ans : 60 jours à 100 %, puis 90 jours à 75 % (120 en cas d'hospitalisation) ;
- après 10 ans : 90 jours à 100 %, puis 90 jours à 75 %.
- Moins de 6 mois : mêmes droits que les ouvriers et employés ;
- après 6 mois : 30 jours à 100 % puis 30 jours à 75 % ; après 1 an : 45 + 45 jours ; après 2 ans : 60 + 60 jours ;
- après 3 ans : 90 + 90 jours ; après 5 ans : 120 + 120 jours ; après 10 ans : 150 + 150 jours ;
- à partir de 15 ans : 180 jours à 100 % puis 180 jours à 75 %.
Source : articles 9.1 à 9.8 du texte de base ; durées maximales par année civile, tous arrêts confondus (le plafond de l'accident s'applique en cas de maladie et d'accident successifs) ; consultés le 2 octobre 2026.
Pour un ouvrier, la différence avec la loi se joue surtout au début de l'arrêt : la convention verse 90 % du brut dès le premier jour d'un accident du travail et pendant 180 jours, quand la loi exige un an d'ancienneté et s'arrête, au départ, à 30 jours à 90 % puis 30 jours aux deux tiers. Pour une maladie ordinaire, le complément démarre au 8e jour dans les deux cas. L'article 8.5.6 protège aussi l'emploi : une absence pour maladie ne rompt pas le contrat avant 3 mois (1 à 3 ans d'ancienneté), 6 mois (3 à 10 ans) ou 9 mois (plus de 10 ans), et 12 mois pour un accident du travail. Le simulateur d'indemnités journalières estime la part de la Sécurité sociale.
Prévoyance des non-cadres
Régime obligatoire, sans condition d'ancienneté : capital décès de 150 % du salaire de référence, majoré de 30 % par personne à charge depuis le 1er janvier 2026 (avenant n° 30), versé aussi en cas d'invalidité permanente et totale, avec double effet au décès du conjoint.
Obsèques et rente éducation
Allocation obsèques de 150 % du plafond mensuel de la Sécurité sociale au décès du salarié, 100 % pour un conjoint ou une personne à charge ; rente éducation de 10 % du salaire jusqu'à 16 ans (2 400 € par an au moins), puis 12 % (2 800 € au moins).
Les cotisations sont partagées à parts égales entre l'employeur et le salarié, la part affectée à l'incapacité de travail restant à la charge du salarié. La convention désignait à l'origine deux organismes assureurs ; depuis la décision du Conseil constitutionnel du 13 juin 2013 sur les clauses de désignation, les entreprises choisissent librement leur organisme, à condition d'offrir des garanties au moins équivalentes. Les cadres relèvent d'un régime de prévoyance distinct, créé par l'avenant n° 24 du 13 juin 2024 et applicable depuis le 1er janvier 2025, dont le détail n'est pas repris ici.
Sources : chapitre 10 du texte de base, articles 10.1 à 10.11, dans la rédaction de l'avenant n° 27 du 15 novembre 2024 et de l'avenant n° 30 du 5 novembre 2025, étendu par arrêté du 18 mars 2026 (JORF du 2 avril 2026).
11. Période d'essai, préavis, indemnité de licenciement et retraite
Les règles d'entrée et de sortie varient par catégorie et, pour les techniciens et agents de maîtrise, par niveau. La période d'essai des contrats à durée indéterminée reste dans les plafonds des articles L. 1221-19 et L. 1221-21 ; le salaire minimum de l'emploi est garanti pendant l'essai, et l'engagement définitif est confirmé par écrit dans les huit jours. Le préavis court à partir de la présentation de la lettre recommandée, et ne commence qu'au retour des congés payés si le salarié est en vacances.
| Catégorie | Période d'essai (art. 4.3.3) | Préavis de licenciement (art. 4.9) | Préavis de démission |
|---|---|---|---|
| Ouvriers, employés, niveau 1 | 1 mois | 1 mois ; 2 mois après 2 ans | 8 jours avant 6 mois d'ancienneté, 15 jours ensuite |
| Ouvriers, employés, niveaux 2 et 3 | 1 mois | 1 mois ; 2 mois après 2 ans | 1 mois |
| Techniciens, maîtrise, N4E1 | 1 mois | 2 mois | 2 mois |
| Techniciens, maîtrise, N4E2 et niveau 5 | 2 mois | 2 mois | 2 mois |
| Techniciens, maîtrise, niveau 6 | 3 mois | 3 mois | 3 mois |
| Cadres, niveaux 7 et 8 | 3 mois, renouvelable une fois (6 mois au plus) | 3 mois | 3 mois |
| Cadres supérieurs ou dirigeants, niveau 9 | 4 mois, renouvelable une fois (8 mois au plus) | 3 mois | 3 mois |
Source : articles 4.3.3, 4.9.1 à 4.9.6 du texte de base ; préavis légal de l'article L. 1234-1 ; consultés le 2 octobre 2026.
Pendant l'essai, la rupture respecte des délais de prévenance de 24 heures pendant les sept premiers jours, puis 48 heures, et, quand l'employeur rompt, deux semaines entre un et trois mois de présence et un mois au-delà, conformément à l'article L. 1221-25. Pour les cadres, un accord particulier peut fixer un autre préavis, mais jamais inférieur au minimum légal en cas de licenciement. Pendant tout préavis travaillé d'au moins huit jours, le salarié peut s'absenter 2 heures par jour pour chercher un emploi, groupables en une journée par semaine ; ces heures sont payées, sauf en cas de démission. Licencié et embauché ailleurs, il peut partir sans payer le reste du préavis. Le calculateur de préavis donne la date de fin du contrat.
Indemnité de licenciement : la loi l'emporte souvent pour les ouvriers
L'article 4.12 accorde une indemnité aux salariés licenciés, sauf faute grave, qui ont plus d'un an d'ancienneté continue et n'ont pas l'âge d'une retraite à taux plein. Le salaire de référence est le douzième des douze derniers mois ou, si c'est plus avantageux, le tiers des trois derniers mois, primes annuelles comptées au prorata. L'indemnité est majorée de 25 % pour le salarié âgé de 50 à 57 ans et demi et de 20 % au-delà, sauf versement d'une allocation de préretraite. En cas de licenciement collectif, elle peut être versée en trois mois au plus, mais au moins l'indemnité légale doit être payée à la rupture.
| Catégorie | Convention (art. 4.12) | Loi (R. 1234-2) | Résultat |
|---|---|---|---|
| Ouvriers, employés | 2/10 de mois par année | 1/4 de mois par année jusqu'à 10 ans, 1/3 au-delà | Loi plus favorable, sauf égalité de 50 à 57 ans et demi jusqu'à 10 ans |
| Agents de maîtrise, techniciens | 2/10 jusqu'à 15 ans, puis 3/10 | idem | Loi plus favorable, sauf majoration d'âge et très longue ancienneté |
| Cadres | 4/10 jusqu'à 15 ans, puis 6/10, 15 mois au plus | idem | Convention nettement plus favorable |
Source : articles 4.12 à 4.12.4 du texte de base, qui renvoient à la comparaison avec les dispositions légales ; articles L. 1234-9 et R. 1234-2 du code du travail ; comparaisons calculées par nos soins.
Deux exemples à 12 ans d'ancienneté
Un opérateur de 45 ans, salaire de référence de 2 000 € : la convention donne 12 × 2/10 = 2,4 mois, soit 4 800 € ; la loi donne 10 × 1/4 + 2 × 1/3 = 3,17 mois, soit 6 333,33 €, et c'est elle qui s'applique. Une responsable qualité cadre, salaire de référence de 3 500 € : la convention donne 12 × 4/10 = 4,8 mois, soit 16 800 €, contre 11 083,33 € par la loi. Le simulateur de la section 4 refait le calcul ; l'outil d'indemnité de licenciement traite aussi la rupture conventionnelle.
En cas de licenciement économique, les salariés bénéficient d'une priorité de réembauche pendant un an s'ils la demandent, et l'employeur doit les informer des postes devenus disponibles dans leur qualification (article 4.11). Le technicien, l'agent de maîtrise ou le cadre muté pour les besoins du service et licencié dans les trois ans voit ses frais de retour et de déménagement remboursés, sauf faute grave (article 4.6.2).
Départ et mise à la retraite
Le départ volontaire d'un salarié qui liquide une retraite à taux plein n'est pas une démission. La convention lui accorde la moitié de l'indemnité conventionnelle de licenciement correspondant à son ancienneté, sans majoration d'âge, mais cette clause a été exclue de l'extension par arrêté du 15 janvier 2020 : elle ne s'impose qu'aux employeurs adhérents d'une organisation signataire. Ailleurs, le salarié reçoit au moins l'indemnité légale de départ de l'article L. 1237-9, soit un demi-mois après 10 ans, un mois après 15 ans, un mois et demi après 20 ans et deux mois après 30 ans. Le préavis de départ est celui de la loi.
La mise à la retraite à l'initiative de l'employeur suit l'article L. 1237-5. L'indemnité est aussi égale à la moitié de l'indemnité conventionnelle de licenciement, mais elle ne peut jamais être inférieure à l'indemnité légale de licenciement, comme le prévoit l'article L. 1237-7. L'employeur doit respecter un préavis égal à celui du licenciement, porté à 3 mois pour les techniciens et agents de maîtrise et à 6 mois pour les cadres. Pour connaître la date à laquelle vous pouvez partir, le simulateur d'âge légal de départ tient compte de votre année de naissance.
Source : articles 4.13 à 4.13.2 du texte de base (article 4.13.1.1 exclu de l'extension par l'arrêté du 15 janvier 2020) ; consultés le 2 octobre 2026.
Questions fréquentes sur la convention collective des 5 branches industries alimentaires
Les questions ci-dessous reprennent les points les plus recherchés sur la convention : grille, champ d'application, prime annuelle, prime d'ancienneté, nuit, préavis et accès au texte officiel. Les réponses renvoient aux articles cités plus haut, dans leur version applicable au 2 octobre 2026.
Le lien direct vers le texte officiel est donné dans les sources ci-dessous : convention IDCC 3109 sur Légifrance.
Sources officielles
Toutes les valeurs de cette page ont été relues le 2 octobre 2026 dans le texte intégral de la convention et de ses avenants, tel que diffusé en données ouvertes par la Direction de l'information légale et administrative, et dans les arrêtés et avis publiés au Journal officiel jusqu'au 2 octobre 2026. Nous ne publions ni l'effectif de la branche, ni le montant du minimum garanti, ni le détail du régime de prévoyance des cadres et des frais de santé, faute de source officielle consolidée lisible.
- Convention collective nationale des 5 branches industries alimentaires diverses du 21 mars 2012 (IDCC 3109, brochure 3384), texte de base, étendu par arrêté du 24 mai 2013, chapitres 1 à 13.
- Salaires : avenant n° 31 du 16 janvier 2026, étendu par arrêté du 2 avril 2026 (JORF du 17 avril 2026) ; avenant n° 22 du 19 janvier 2024 (prime annuelle, décès d'un enfant).
- Classification : accord du 4 novembre 2008 ; avenant n° 23 du 11 avril 2024.
- Congés et prévoyance : avenant n° 15 du 19 mars 2021 ; avenant n° 30 du 5 novembre 2025, étendu par arrêté du 18 mars 2026.
- Champ et fusion : arrêté du 3 juin 2024 portant fusion de champs conventionnels ; accord du 26 juin 2025 ; accord du 5 mars 2026 (périmètre des pâtes) ; avenant n° 32 du 6 mars 2026, non étendu au 2 octobre 2026. Convention voisine : IDCC 1396.
- SMIC : arrêté du 22 mai 2026.
- Code du travail : articles L. 1132-1, L. 1221-19, L. 1221-21, L. 1221-25, L. 1226-1, L. 1234-1, L. 1234-9, R. 1234-2, L. 1237-5, L. 1237-7, L. 1237-9, L. 2261-32, L. 3121-3, L. 3121-33, L. 3122-2, L. 3122-5, L. 3133-6, L. 3141-3, L. 3142-1-1, L. 3142-4, L. 3231-12, D. 4163-2 et R. 3243-1.