Convention ALISFA 2026 (IDCC 1261) : Salaires et Droits des Centres Sociaux et Crèches Associatives

Mise à jour : 07/08/2026 Convention collective

Éducatrice de jeunes enfants en crèche associative, auxiliaire de puériculture en halte-garderie, animateur famille, directrice de centre social, comptable ou chargée d'accueil d'une association de quartier : plus de 86 000 salariés — dont 86 % de femmes — travaillent sous la convention collective nationale des acteurs du lien social et familial du 4 juin 1983, dite ALISFA (IDCC 1261, brochure 3218). Une convention de l'économie sociale et solidaire qui couvre trois familles de structures : les centres sociaux et socioculturels, les établissements associatifs d'accueil de jeunes enfants, et les associations de développement social local.

Depuis le 1ᵉʳ janvier 2024, cette branche a un fonctionnement salarial unique en son genre : plus de grille par coefficients, mais un salaire socle identique pour tous (23 000 € brut par an en 2026), complété par la « pesée » de votre emploi — un nombre de points valorisés 55 € chacun — et des points d'ancienneté et de compétences. Un système déroutant au premier abord, souvent mal expliqué (beaucoup de sites décrivent encore l'ancien système, aboli), mais qui se lit très bien une fois qu'on a la clé. Ce guide décortique le mécanisme, les valeurs en vigueur, et tous les droits qui font la spécificité de la branche : 8 jours de congés supplémentaires, 10 jours d'enfant malade rémunérés, indemnité de licenciement doublée par rapport au légal. Tout est vérifié sur les textes officiels.

ÉTAPE 0 : Qui relève de l'ALISFA (et qui n'en relève pas) ?

Le champ d'application couvre trois familles de structures, essentiellement associatives et à but non lucratif — et exclut plusieurs voisines qu'on confond souvent avec elles :

🏘️ Centres sociaux et socioculturels Structures agréées par la CAF au titre de l'animation globale et coordination (≈ 28 % des salariés)
🧸 Accueil de jeunes enfants Crèches, haltes-garderies et multi-accueils associatifs (enfants de moins de 6 ans) — la moitié des effectifs de la branche
🤝 Développement social local Associations de quartier, espaces de vie sociale, fédérations de la branche (NAF fréquents : 88.91A, 94.99Z, 88.99B)

⚠️ N'en relèvent pas : les crèches municipales (fonction publique territoriale, pas de convention collective), les crèches privées lucratives (autres textes), les structures gérées directement par les CAF, et la plupart des centres de loisirs, MJC et associations d'éducation populaire, qui relèvent de la branche ÉCLAT (ex-animation, IDCC 1518). Le réflexe qui tranche tout : la convention applicable figure obligatoirement sur votre bulletin de paie (article R3243-1 du Code du travail).

Publicité

1. Le système de rémunération 2024 : socle + pesée + points

L'avenant n° 10-22 du 6 décembre 2022, consolidé par l'avenant n° 01 du 2 octobre 2023 et étendu par arrêté du 11 décembre 2023 (JORF du 16 décembre 2023), a réécrit entièrement les chapitres classification et rémunération de la convention. Depuis le 1ᵉʳ janvier 2024, l'ancien système — rémunération de base par emploi + « RIS » (rémunération individuelle supplémentaire) + valeur de point mensuelle — n'existe plus. Si un site ou une fiche de poste vous parle encore de RIS, l'information est périmée. Le salaire annuel brut d'un temps plein, payé par douzièmes, se construit désormais en trois briques :

Salaire socle
23 000 €/an
+ Pesée de l'emploi × 55 € + Points d'ancienneté et de compétences × 55 €
🧱

Le salaire socle conventionnel

Le plancher absolu de la branche, identique pour tous les emplois : 23 000 € brut par an en 2026 (1 916,67 €/mois pour un temps plein). Toute rémunération le comprend obligatoirement, quel que soit le poste.

⚖️

La pesée de l'emploi

Votre emploi est « pesé » sur une grille de cotation à 8 critères : la somme des points obtenus, multipliée par la valeur du point (55 € brut par an), forme le salaire additionnel. La pesée doit vous être communiquée par écrit (contrat ou annexe).

📈

L'expérience professionnelle

1 point par année d'ancienneté de branche + jusqu'à 8 points de compétences sur 72 mois, valorisés eux aussi 55 € annuels par point — c'est le moteur d'évolution du salaire (détail en section 3).

Les valeurs 2024-2027 ne relèvent pas d'une négociation annuelle classique : elles sont inscrites dans une « montée en charge » pluriannuelle fixée à l'article 2 de l'avenant n° 01 du 2 octobre 2023. Il n'y a donc pas eu d'avenant salaires séparé en 2024, 2025 ni 2026 — et aucun avenant salaires signé en attente d'extension au 7 août 2026 :

Année Salaire socle (annuel brut, temps plein) Équivalent mensuel Valeur du point (annuelle)
202422 100 €1 841,67 €55 €
202522 600 €1 883,33 €55 €
2026 (en vigueur)23 000 €1 916,67 €55 €
202723 300 €1 941,67 €55 €

Montée en charge fixée par l'avenant n° 01 du 2 octobre 2023 à l'avenant n° 10-22 (art. 2), étendu par arrêté du 11 décembre 2023 (JORF du 16 décembre 2023) — texte sur Légifrance · arrêté d'extension. Valeurs confirmées par la version consolidée de la CCN publiée par Elisfa (avril 2026).

Aucun salaire ALISFA n'est sous le SMIC

Le socle 2026 (1 916,67 €/mois) dépasse d'environ 2,7 % le SMIC en vigueur depuis le 1ᵉʳ juin 2026 (1 867,02 € pour 151,67 h, arrêté du 22 mai 2026). Comme le socle est le plancher de toute rémunération et que chaque point de pesée s'y ajoute, la question du « coefficient rattrapé par le SMIC », classique dans d'autres branches, ne se pose pas ici. Point de vigilance pour 2027 : le socle passera à 1 941,67 €/mois — une revalorisation du SMIC de plus de 4 % le rattraperait, scénario improbable mais surveillé par les partenaires sociaux.

Les 8 critères de la pesée

Chaque emploi est coté critère par critère. Le premier — la formation requise par le poste — compte 7 niveaux (de 0 à 120 points) ; les sept autres suivent la même logique de niveaux croissants. La branche a défini 15 emplois repères répartis en 5 familles de métiers (animation sociale et socioculturelle ; petite enfance ; encadrement et direction ; administratif et financier ; services et technique), chacun assorti d'une pesée minimale et maximale que l'employeur doit respecter — les fourchettes exactes figurent à l'article 4.2 de l'avenant n° 01 du 2 octobre 2023, consultable gratuitement sur Légifrance.

1Formation requise
2Complexité de l'emploi
3Autonomie
4Relations avec le public
5Responsabilités financières
6Responsabilités humaines
7Sécurité des personnes et biens
8Contribution au projet
Salarié présent avant 2024 : vérifiez votre « indemnité de maintien »

Les salariés embauchés avant le 1ᵉʳ janvier 2024 dont l'ancienne rémunération dépassait le résultat du nouveau calcul perçoivent une indemnité de maintien de salaire (ou indemnité compensatoire), figée en euros — et réduite à proportion des augmentations ultérieures de pesée ou de points (annexe 2 de l'avenant, mesures transitoires). Concrètement : tant que cette indemnité n'est pas résorbée, vos gains de points n'augmentent pas votre paie. Ce mécanisme de « gel » est contesté par les organisations syndicales, mais il est bien celui du texte étendu. Vérifiez la ligne correspondante sur votre bulletin.

2. Simulateur : calculez votre salaire ALISFA 2026

Munissez-vous de votre pesée (elle figure dans votre contrat de travail ou son annexe — c'est une obligation conventionnelle) et de votre ancienneté dans la branche : le simulateur applique les valeurs 2026 (socle 23 000 €, point 55 €) et votre quotité de travail.

Votre situation

La somme des points des 8 critères, communiquée par écrit par l'employeur.
10 %Temps plein (100 %)100 %
BRUT MENSUEL ESTIMÉ (2026)
--

socle + pesée + expérience, payé par douzièmes


--
--
--
--
--

Estimation indicative (net ≈ 78 % du brut, secteur associatif non cadre). Les salariés présents avant 2024 peuvent avoir en plus une indemnité de maintien de salaire. Le résultat est plafonné au SMIC minimum pour la quotité choisie.

Exemple concret : une auxiliaire petite enfance à temps plein dont l'emploi est pesé 40 points, avec 3 ans d'ancienneté de branche et aucun point de compétences, perçoit en 2026 : 23 000 € + (40 × 55 €) + (3 × 55 €) = 25 365 € brut par an, soit environ 2 113,75 € brut mensuels. La même salariée à mi-temps percevrait la moitié du socle et de la pesée, mais ses points d'ancienneté seraient comptés à 100 % (quotité ≥ 0,50 ETP).

Publicité

3. Points d'ancienneté et de compétences : le moteur d'évolution

Dans l'ancien système, l'ancienneté passait par la « RIS » ; aujourd'hui, elle passe par des points, plus lisibles. Chaque année, à la date anniversaire de votre embauche, vous gagnez 1 point d'ancienneté (55 € brut annuels, soit environ 4,58 € brut par mois). Petite subtilité pour les temps très partiels : le point est proratisé — 25 % du point en dessous de 0,23 ETP (8 h/semaine), 50 % entre 0,23 et 0,50 ETP, et le point entier à partir du mi-temps. Si vous changez d'employeur au sein de la branche, votre ancienneté est reprise, dans la limite d'1 point par année.

S'y ajoute l'acquisition de compétences : jusqu'à 8 points sur 72 mois (pour les salariés à au moins 0,50 ETP), débloqués par paliers, à condition de suivre les journées de formation prévues et de passer l'entretien annuel d'évaluation — que l'employeur doit conduire au plus tard le 30 novembre. Le 4ᵉ palier, qui valorise les anciennetés longues dans l'emploi, a été créé par l'avenant n° 06-24 du 17 décembre 2024, étendu par arrêté du 15 mai 2025. Si votre entretien annuel n'a pas lieu, vous perdez potentiellement des points : c'est un droit à réclamer, pas une option.

Ce que ça change à l'embauche

Négocier son salaire ALISFA, c'est négocier la pesée — pas un « coefficient » ni un forfait. Avant de signer, demandez : la pesée proposée, sa position dans la fourchette de l'emploi repère (l'employeur doit rester entre le minimum et le maximum conventionnels), et la reprise de votre ancienneté si vous venez d'une autre structure de la branche. Ces trois paramètres, multipliés par 55 €, font l'essentiel de l'écart entre deux offres.

4. Primes et compléments : ce qui existe vraiment (et ce qui n'existe pas)

C'est l'un des points où les idées reçues sont les plus tenaces, car beaucoup de contenus en ligne recopient l'ancien système ou confondent l'ALISFA avec des branches voisines. Le texte consolidé est pourtant clair : la convention ne prévoit ni 13ᵉ mois, ni prime de vacances, ni prime d'ancienneté en euros — l'ancienneté est valorisée en points (section 3), et les éventuelles primes versées dans votre structure relèvent d'un accord d'entreprise ou d'un usage local, pas de la branche. Voici ce que la convention garantit réellement :

🔁

Indemnité différentielle de missions temporaires

Si l'on vous confie des missions supplémentaires relevant d'un emploi mieux pesé pendant plus de 2 semaines, une indemnité différentielle est due, versée pendant 12 mois maximum (sauf remplacement d'un salarié absent). Chapitre V, article 3.

🌙

Dimanche ou jour férié travaillé

Pas de majoration en euros, mais un repos compensateur de remplacement majoré de 50 % : 1 heure travaillée un dimanche ou un férié = 1 h 30 de repos. Le travail dominical reste l'exception (voir section 5).

🎂

Indemnité de départ à la retraite

1/60ᵉ de la rémunération annuelle par année de présence, dans la limite de 15 ans, calculée sur la valeur du point au moment du départ — sans jamais pouvoir être inférieure à l'indemnité légale. Chapitre X.

🚗

Frais professionnels

Le chapitre VII encadre le remboursement des frais de déplacement et de mission (véhicule personnel, repas, hébergement) selon les barèmes en vigueur dans la branche — à distinguer du salaire : ce sont des remboursements, pas des primes.

La « RIS » n'existe plus depuis le 1ᵉʳ janvier 2024

La rémunération individuelle supplémentaire (RIS) et la valeur de point mensuelle de l'ancien système ont été supprimées par l'avenant n° 10-22. Plusieurs sites de paie continuent pourtant de les présenter comme en vigueur. Si votre bulletin comporte encore une ligne « RIS » calculée comme avant 2024 sans mention d'indemnité de maintien, faites vérifier votre paie par vos représentants du personnel.

5. Temps de travail : 35 h, contingent réduit, dimanche protégé

La durée conventionnelle est de 35 heures par semaine (151,67 h par mois), mais la branche a des garde-fous plus stricts que la loi, pensés pour des structures qui accueillent du public en horaires étendus. Le repos quotidien est de 12 heures consécutives (contre 11 h légales), l'amplitude de la journée est limitée à 10 heures (12 h à titre exceptionnel), la journée s'organise en une ou deux périodes de travail — exceptionnellement trois — et toute pause de 20 minutes est rémunérée si vous ne pouvez pas vous éloigner de votre poste, situation courante en crèche. Le repos hebdomadaire est de 2 jours consécutifs comprenant le dimanche ; il ne peut y être dérogé qu'avec votre accord écrit au contrat.

Côté heures supplémentaires, la convention affiche la couleur : elles doivent rester exceptionnelles. Le contingent annuel est limité à 60 heures — presque quatre fois moins que les 220 heures applicables à défaut d'accord — avec des majorations de 25 % de la 36ᵉ à la 43ᵉ heure et 50 % au-delà, remplacées en priorité par un repos compensateur majoré à prendre dans le mois. Les structures peuvent aménager le temps de travail sur tout ou partie de l'année (modulation avec lissage de la rémunération) ; les heures complémentaires des salariés à temps partiel aménagé sont limitées au tiers de la durée contractuelle et majorées de 15 %. Un forfait annuel en jours est possible pour l'encadrement.

Temps partiel : des planchers dérogatoires très bas

La branche déroge à la durée minimale légale de 24 h/semaine : 1 h par semaine pour l'emploi repère d'intervenant technique (quelle que soit la taille de la structure) et, dans les entreprises de moins de 20 ETP, 5 h par semaine pour la plupart des emplois (animateurs, auxiliaires et éducateurs petite enfance, chargés d'accueil, comptables, personnels administratifs et de service…) et 17,5 h pour les coordinateurs. Ces planchers, taillés pour les petites associations, sont contestés par les syndicats et en cours de renégociation (CPPNI de décembre 2025) — nous mettrons cette page à jour si un avenant est étendu.

6. Congés : jusqu'à 8 jours en plus, enfant malade rémunéré

C'est l'un des vrais points forts de la convention. Aux 25 jours ouvrés de congés payés annuels (l'équivalent des 5 semaines légales, décompté en jours ouvrés), le chapitre VI ajoute des congés supplémentaires conventionnels : 1 jour par mois travaillé entre le 1ᵉʳ octobre et le 31 mai, soit jusqu'à 8 jours par an pour un salarié présent sur toute la période (prorata pour les temps partiels). Ces jours se prennent entre le 1ᵉʳ novembre et le 30 juin ; à défaut, ils sont reportés ou payés. Sur une année complète, un salarié ALISFA cumule donc l'équivalent de plus de 6 semaines et demie de congés.

Autre avantage rare dans le privé : le congé enfant malade rémunéré. Pour un enfant de moins de 16 ans, sur certificat médical, la convention finance jusqu'à 10 jours ouvrés par an (décomptés de date à date, quel que soit le nombre d'enfants, pour la mère, le père ou la personne ayant la charge habituelle de l'enfant). La loi, elle, ne garantit que 3 jours non rémunérés : l'écart est considérable pour les parents de jeunes enfants — qui sont précisément le cœur des effectifs de la branche.

Congés pour événements familiaux : appliquez toujours le plus favorable

Le barème conventionnel date pour partie d'anciennes rédactions, et la loi l'a dépassé sur plusieurs événements. La règle à retenir : entre la convention et la loi, c'est toujours la disposition la plus favorable qui s'applique. Un avenant « congés » (n° 02-26 du 5 mai 2026) a par ailleurs été signé et attend son extension — ces valeurs pourraient donc évoluer.

Événement CCN ALISFA À appliquer
Mariage du salarié5 jours5 jours (CCN plus favorable)
PACS du salarié3 jours4 jours loi plus favorable
Naissance ou adoption3 jours3 jours
Mariage d'un enfant2 jours2 jours (CCN plus favorable)
Décès du conjoint5 jours5 jours
Décès d'un enfant12 jours ouvrables14 jours ouvrables si l'enfant avait moins de 25 ans loi
Décès père, mère, beaux-parents2 jours3 jours loi plus favorable
Décès frère ou sœur2 jours3 jours loi plus favorable
Décès d'un grand-parent2 jours2 jours (CCN plus favorable)
Déménagement1 jour1 jour (avantage propre à la branche)

CCN ALISFA, chapitre VI (version consolidée avril 2026) ; minima légaux : article L3142-4 du Code du travail. Jours ouvrés sauf mention contraire. La convention liste par ailleurs 10 jours fériés en plus du 1ᵉʳ mai.

Publicité

7. Période d'essai et préavis

La convention distingue simplement non-cadres et cadres (le statut cadre de la branche a été redéfini par l'avenant n° 03-24 du 12 juin 2024, étendu le 7 novembre 2025). À noter, une singularité favorable : pour les techniciens et agents de maîtrise, l'essai conventionnel de 2 mois est plus court que le plafond légal de 3 mois — c'est lui qui s'applique.

Catégorie Période d'essai Renouvellement Maximum
Non-cadres2 mois1 fois 2 mois (si prévu au contrat)4 mois
Cadres4 mois1 fois 4 mois8 mois
Préavis Démission Licenciement
Non-cadres1 mois1 mois, 2 mois à partir de 2 ans d'ancienneté
Cadres3 mois3 mois

CCN ALISFA, chapitre III art. 4 et 7 (non-cadres), chapitre XI art. 3 et 4 (cadres), version consolidée avril 2026. Le CDD transformé en CDI sur le même emploi est dispensé d'essai à hauteur des services déjà accomplis. Le préavis de licenciement d'un non-cadre de plus de 2 ans (2 mois) correspond au minimum légal.

Pendant le préavis, vous disposez de 2 heures par jour ou 1 jour par semaine pour rechercher un emploi — heures rémunérées en cas de licenciement. Et si vous retrouvez un poste en cours de préavis de licenciement, vous pouvez partir sous 24 heures, en n'étant payé que du temps réellement effectué. Pour visualiser vos dates, utilisez notre calculateur de préavis.

8. Indemnité de licenciement : le double du légal (avec plafond)

C'est l'une des dispositions les plus favorables de la convention : un demi-mois de salaire par année de présence (prorata pour l'année incomplète), calculé sur le salaire moyen des 12 ou des 3 derniers mois — le plus avantageux — avec les primes annuelles au prorata. Soit exactement le double de la formule légale (1/4 de mois par année jusqu'à 10 ans) sur les dix premières années. Deux limites à connaître : un plafond de 6 mois de salaire pour les non-cadres et 9 mois pour les cadres — atteint respectivement vers 12 et 18 ans de présence — et des seuils d'ouverture propres (2 ans d'ancienneté pour les non-cadres, 1 an pour les cadres). Entre 8 mois et 2 ans d'ancienneté, un non-cadre perçoit donc l'indemnité légale ; au-delà des plafonds, la convention précise elle-même que le minimum légal s'applique s'il devient supérieur.

Comparez : conventionnel vs légal

Indemnité due (la plus favorable) --
Formule ALISFA (1/2 mois/an, plafonnée) : --
Formule légale (1/4 puis 1/3 mois/an) : --

Estimation hors licenciement pour faute grave ou lourde. En rupture conventionnelle, la CCN précise que seule l'indemnité légale constitue le minimum obligatoire (les employeurs de l'économie sociale ne sont pas signataires de l'ANI de 2008). Détail complet dans notre simulateur d'indemnité de licenciement.

Concrètement, pour un salaire de 2 100 € brut et 8 ans d'ancienneté, la formule conventionnelle donne 8 400 € contre 4 200 € pour la légale : l'écart se chiffre vite en milliers d'euros. C'est à partir de 12 ans (non-cadres) que le plafond de 6 mois gèle la progression et que la formule légale finit, beaucoup plus tard, par redevenir compétitive — la comparaison est alors obligatoire, et le simulateur ci-dessus la fait pour vous.

9. Maladie, prévoyance et mutuelle : le filet de sécurité

Le maintien de salaire en cas d'arrêt maladie (chapitre IX) suppose trois conditions : 4 mois consécutifs d'ancienneté, un arrêt justifié sous 48 heures et le bénéfice des indemnités journalières de la Sécurité sociale. Il est alors très protecteur : aucun jour de carence pour les deux premiers arrêts sur 12 mois glissants (au-delà, le maintien démarre au 4ᵉ jour, sauf accident du travail, maladie professionnelle, affection de longue durée ou grossesse pathologique), puis 90 jours à 100 % de la rémunération nette et 90 jours à 75 %, appréciés sur 12 mois glissants, sous déduction des IJSS et des prestations de prévoyance. Estimez votre part Sécurité sociale avec notre calculateur d'IJSS.

🛡️

Prévoyance (chapitre XIII, refondu en 2026)

Régime obligatoire cadres et non-cadres (décès, rente éducation, incapacité, invalidité), refondu par l'avenant n° 02-25 du 10 octobre 2025, étendu par arrêté du 18 mars 2026 (JORF du 2 avril 2026). Cotisation non-cadres : 1,58 % du brut, répartie 61,67 % employeur / 38,33 % salarié ; cadres : tranche 1 à 2,34 %, 100 % employeur. Organismes recommandés : AG2R, AESIO, APICIL, MUTEX (+ OCIRP pour la rente éducation). Un avenant n° 03-26 signé en mai 2026 attend son extension : les taux peuvent évoluer.

🏥

Complémentaire santé (chapitre XIV)

Obligatoire sans condition d'ancienneté, assistants maternels inclus. Cotisation du régime de base « salarié isolé » : 1,60 % du plafond mensuel de la Sécurité sociale (1,21 % en Alsace-Moselle), prise en charge 60 % employeur / 40 % salarié — l'employeur finance en plus 12 % de la cotisation facultative des deux premiers enfants. Cinq organismes recommandés : AESIO, APICIL, Harmonie Mutuelle, Ociane Matmut, Solimut.

CCN ALISFA consolidée avril 2026 (chap. IX, XIII, XIV) ; avenant prévoyance n° 02-25 du 10 octobre 2025 étendu par arrêté du 18 mars 2026. Attention : certains sites indiquent « 1 mois d'ancienneté » pour le maintien maladie — le texte consolidé exige 4 mois consécutifs.

10. Ce qui bouge dans la branche

La branche — représentée côté employeurs par Elisfa (ex-SNAECSO) — sort d'un cycle de réforme intense et négocie encore sur plusieurs fronts. Voici la chronologie récente, utile pour savoir si votre situation est déjà couverte par un texte étendu ou encore en négociation :

  • 1ᵉʳ janvier 2024 — entrée en vigueur du nouveau système de rémunération (avenants 10-22 et 01-23, étendus le 11 décembre 2023) : socle + pesée + points, suppression de la RIS.
  • 15 mai 2025 — extension de l'avenant n° 06-24 créant le 4ᵉ palier de compétences, qui valorise les anciennetés longues dans l'emploi.
  • 7 novembre 2025 — extension des avenants n° 03-24 (nouveau statut cadre de la branche) et n° 04-24 (assistants maternels).
  • 2 avril 2026 — publication de l'extension de l'avenant n° 02-25 refondant la prévoyance (arrêté du 18 mars 2026).
  • Signés, en attente d'extension (au 7 août 2026) : avenant n° 01-26 (formation, période de reconversion), n° 02-26 (congés) et n° 03-26 (prévoyance).
  • En négociation : planchers du temps partiel, congé menstruel, travail de nuit, épargne salariale, fins de carrière — et la contestation syndicale du gel des indemnités de maintien issues de la bascule 2024. Les syndicats revendiquent aussi une augmentation générale au-delà de la montée en charge ; rien n'est signé au-delà des valeurs 2027.

JORF (arrêté du 15 mai 2025 · arrêté du 7 novembre 2025 · arrêté du 18 mars 2026) ; comptes rendus de la CPPNI de la branche (décembre 2025).

11. Questions fréquentes

Il n'y a plus de grille par coefficients depuis le 1ᵉʳ janvier 2024. Le salaire se calcule à partir du socle conventionnel (23 000 € brut/an en 2026, soit 1 916,67 €/mois à temps plein), auquel s'ajoutent la pesée de votre emploi × 55 € et vos points d'ancienneté et de compétences × 55 €. Ces valeurs sont déjà fixées jusqu'en 2027 (socle : 23 300 €) par l'avenant n° 01 du 2 octobre 2023, étendu fin 2023.

Oui : le socle 2026 (1 916,67 €/mois) dépasse d'environ 2,7 % le SMIC du 1ᵉʳ juin 2026 (1 867,02 €). Le socle étant le plancher absolu de toute rémunération de la branche, et chaque point de pesée s'y ajoutant, aucun salarié ALISFA à temps plein ne peut être payé sous le SMIC.

La pesée est déterminée par l'employeur à partir de la grille de cotation à 8 critères et doit obligatoirement vous être communiquée par écrit — dans le contrat de travail ou en annexe. Elle doit rester dans la fourchette (minimum-maximum) fixée par la convention pour votre emploi repère. Si elle ne figure nulle part, demandez-la : c'est un droit, et c'est la base de votre salaire.

Pas au titre de la branche : la convention ALISFA ne prévoit ni 13ᵉ mois, ni prime de vacances, ni prime d'ancienneté en euros. L'ancienneté rapporte 1 point par an (55 € brut annuels), plus jusqu'à 8 points de compétences sur 72 mois. Si vous percevez un 13ᵉ mois, il vient d'un accord d'entreprise ou d'un usage propre à votre structure.

25 jours ouvrés de congés payés + 1 jour supplémentaire par mois travaillé d'octobre à mai, soit jusqu'à 8 jours conventionnels en plus (prorata pour les temps partiels), à prendre entre le 1ᵉʳ novembre et le 30 juin. S'y ajoutent jusqu'à 10 jours ouvrés rémunérés par an pour enfant malade de moins de 16 ans, sur certificat médical.

Non. L'ALISFA couvre les crèches, haltes-garderies et multi-accueils associatifs. Une crèche municipale relève de la fonction publique territoriale (pas de convention collective), et une crèche privée lucrative relève d'autres textes. Même métier, trois régimes différents : vérifiez la convention mentionnée sur votre bulletin de paie (article R3243-1 du Code du travail).

Oui, car il conditionne vos points de compétences : les paliers (jusqu'à 8 points sur 72 mois, soit 440 € brut annuels à terme) supposent des journées de formation et un entretien annuel d'évaluation, que l'employeur doit conduire au plus tard le 30 novembre. Sans entretien, vous risquez de ne pas débloquer vos paliers. Réclamez-le par écrit et alertez vos représentants du personnel si rien ne bouge.

12. Sources officielles

Données vérifiées le 7 août 2026 sur les textes officiels (avenants étendus et version consolidée de la convention). Ce site n'est pas un site gouvernemental : pour un conseil individuel, rapprochez-vous de vos représentants du personnel, d'un syndicat ou d'un avocat en droit social.

Publicité