Convention Collective des Salariés des Cabinets d'Avocats 2026 (IDCC 3253) : Salaires du Personnel et des Avocats Salariés

Mise à jour : 15/08/2026 Convention collective

Assistante juridique, secrétaire, clerc, comptable, responsable administratif — ou avocat collaborateur en contrat de travail : les salariés des cabinets d'avocats relèvent depuis le 1ᵉʳ octobre 2025 d'un texte entièrement nouveau, la convention collective nationale des salariés des cabinets d'avocats du 21 juin 2024, identifiée par l'IDCC 3253.

Si vous cherchiez « convention collective 1000 » ou « convention 1850 », vous êtes au bon endroit : ces deux numéros ne correspondent plus à des conventions vivantes. La convention des avocats et de leur personnel de 1979 et celle des avocats salariés de 1995 ont fusionné dans un texte unique, étendu par arrêté du 18 septembre 2025. Un bulletin de paie qui porte encore l'un de ces deux IDCC n'est pas à jour.

Cette page publie les deux grilles applicables — celle du personnel non-avocat, en coefficients et en brut mensuel, et celle des avocats salariés, en rémunération annuelle et distincte entre Paris et la province — et explique une situation que peu de sites signalent : aucune revalorisation n'est intervenue en 2026, et les cadres n'ont rien touché depuis janvier 2024. Chaque valeur est datée et sourcée ; ce qui n'a pas pu être vérifié n'est pas publié.

ÉTAPE 0 : une convention, deux publics très différents

La nouveauté de 2024 est d'avoir réuni dans un seul texte deux populations que tout séparait juridiquement, en conservant à chacune sa grille :

🗂️ Le personnel non-avocat Assistantes et assistants juridiques, secrétaires, clercs, comptables, informaticiens, office managers, responsables administratifs. Grille en coefficients, minima mensuels, du niveau 4 au niveau 1. C'est l'ancien IDCC 1000.
⚖️ Les avocats salariés Avocats liés au cabinet par un contrat de travail, par opposition aux collaborateurs libéraux et aux associés. Grille en rémunération annuelle, avec une distinction Paris / province et une progression par années d'exercice. C'est l'ancien IDCC 1850.

⚠️ Le collaborateur libéral n'est pas concerné. L'immense majorité des avocats qui « travaillent pour un cabinet » exercent en collaboration libérale : ils sont indépendants, facturent des honoraires, et ne relèvent ni du Code du travail ni de cette convention. Seul l'avocat titulaire d'un contrat de travail — avec lien de subordination, bulletin de paie et cotisations salariales — entre dans le champ. La requalification d'une collaboration libérale en contrat de travail est un contentieux fréquent, mais elle se plaide : elle ne se présume pas. Les notaires relèvent pour leur part d'une convention distincte, décryptée dans notre page sur la convention du notariat.

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1. Les IDCC 1000 et 1850 ont disparu : ce qu'il faut retenir

C'est le point le plus important de cette page, et celui que la plupart des comparateurs n'ont pas encore intégré. Deux conventions coexistaient depuis des décennies dans les cabinets d'avocats : celle des avocats et de leur personnel du 20 février 1979 — l'IDCC 1000, étendue dès 1979 — et celle des cabinets d'avocats pour les avocats salariés du 17 février 1995 — l'IDCC 1850, étendue en 1996. Elles ont fusionné.

  • 21 juin 2024 — signature de la convention collective nationale des salariés des cabinets d'avocats, texte unique couvrant le personnel non-avocat et les avocats salariés. L'objectif affiché est de moderniser, simplifier et clarifier les anciens textes tout en préservant les équilibres propres à chacun.
  • 18 septembre 2025arrêté d'extension, publié au Journal officiel du 26 septembre 2025. L'extension rend la convention obligatoire pour tous les cabinets du champ, adhérents ou non d'une organisation signataire.
  • 1ᵉʳ octobre 2025entrée en vigueur, au premier jour du mois suivant la publication de l'arrêté.
  • 25 novembre 2025 — avenant n° 1 relatif aux congés, étendu par arrêté du 26 mars 2026 : le nouveau texte a donc déjà commencé à vivre.

Une réserve d'extension à connaître

L'arrêté du 18 septembre 2025 n'a pas étendu la convention en bloc : certaines stipulations de l'article 2, relatives aux organisations professionnelles d'employeurs et à la représentation syndicale, ont été exclues de l'extension comme contraires au Code du travail. C'est une réserve classique, sans effet sur les grilles de salaires ni sur les droits individuels décrits ici, mais elle rappelle une règle utile : une convention étendue ne l'est pas toujours intégralement, et l'arrêté d'extension fait partie du texte applicable.

2. La grille du personnel non-avocat

Les minima du personnel non-avocat résultent de l'avenant n° 136 du 24 janvier 2025, applicable depuis le 1ᵉʳ janvier 2025 et étendu par arrêté du 9 avril 2025. La grille croise un coefficient et un niveau, du niveau 4 — les emplois d'exécution — au niveau 1, celui des cadres les plus qualifiés.

NiveauCoefficientMinimum mensuel brutRevalorisation de janvier 2025Minimum réellement dû
42071 851,23 €+ 4,00 %SMIC 1 867,02 €
42151 875,00 €+ 3,02 %1 875,00 €
42251 900,00 €+ 2,70 %1 900,00 €
42401 930,00 €+ 2,41 %1 930,00 €
32401 930,00 €+ 2,41 %1 930,00 €
32502 010,00 €+ 2,39 %2 010,00 €
32652 130,00 €+ 2,36 %2 130,00 €
32702 170,00 €+ 2,35 %2 170,00 €
32852 290,00 €+ 2,33 %2 290,00 €
33002 390,00 €+ 1,45 %2 390,00 €
33502 748,35 €aucune2 748,35 €
23852 994,11 €aucune2 994,11 €
24103 188,53 €aucune3 188,53 €
24503 499,61 €aucune3 499,61 €
24803 732,92 €aucune3 732,92 €
15103 966,23 €aucune3 966,23 €
15604 355,07 €aucune4 355,07 €

Avenant n° 136 du 24 janvier 2025 relatif aux salaires minima du personnel salarié non-avocat, applicable au 1ᵉʳ janvier 2025, étendu par arrêté du 9 avril 2025. Montants mensuels bruts. Le coefficient 240 marque la charnière entre les niveaux 4 et 3 et figure à ce titre dans les deux niveaux. SMIC au 1ᵉʳ juin 2026 : 1 867,02 € pour 151,67 heures.

3. Le gel de 2026 — et les cadres oubliés depuis 2024

Deux constats se cumulent, et ils expliquent l'essentiel de la situation salariale de la branche.

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Pas d'accord de salaires pour 2026

À la date de rédaction, aucun accord salarial postérieur aux avenants de janvier 2025 ne figurait parmi les textes attachés à la convention. La grille présentée comme celle de « 2026 » par plusieurs sites est en réalité, à l'euro près, celle du 1ᵉʳ janvier 2025.

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Une revalorisation 2025 réservée au bas de grille

L'avenant n° 136 a concentré l'effort sur les premiers coefficients : + 4 % au coefficient 207, puis des taux décroissants jusqu'à + 1,45 % au coefficient 300. À partir du coefficient 350, soit l'essentiel de l'encadrement, aucune augmentation.

Ce que cela signifie pour un cadre de cabinet

En combinant les deux, le minimum conventionnel d'un salarié classé au coefficient 385 ou au-delà n'a pas bougé depuis le 1ᵉʳ janvier 2024. Sur la même période, le SMIC a été revalorisé plusieurs fois. Un minimum de branche qui stagne pendant que le plancher légal progresse produit toujours le même effet : la grille se tasse par le bas et perd sa fonction de repère. Pour un cadre, la conséquence pratique est claire — la négociation individuelle et l'accord d'entreprise sont désormais les seuls leviers, la branche n'en fournissant plus.

Le contrôle utile pour le personnel non-avocat

Relevez votre coefficient sur le bulletin de paie et comparez au tableau ci-dessus. Si vous êtes au coefficient 207, votre employeur doit vous verser le SMIC, et non les 1 851,23 € de la grille. Et vérifiez surtout que le coefficient correspond aux fonctions réellement exercées : dans une grille figée en haut, le changement de coefficient est devenu le seul mécanisme conventionnel de progression.

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4. Simulateur : votre minimum et ce que vaut un coefficient

Personnel non-avocat

10 h35 h (temps plein)35 h
MINIMUM MENSUEL BRUT DÛ
--

--


--
--
--
--

Estimation indicative pour un salaire de base (net ≈ 78 % du brut). Les heures supplémentaires et les éléments propres au cabinet s'ajoutent au minimum conventionnel.

5. Les minima des avocats salariés : annuels, et à deux vitesses

Le régime des avocats salariés obéit à une autre logique. Les minima sont fixés en rémunération annuelle brute, ils progressent par années d'exercice, et ils distinguent Paris et l'Île-de-France du reste du territoire — une géographie salariale qu'on ne retrouve dans presque aucune autre branche. Ces montants résultent de l'avenant n° 29 du 24 janvier 2025, applicable depuis le 1ᵉʳ janvier 2025.

Ancienneté dans la professionHors Paris et Île-de-FranceParis et Île-de-FranceÉcart
1ʳᵉ année29 134,56 €31 494,44 €+ 2 359,88 €
2ᵉ année31 552,29 €34 488,69 €+ 2 936,40 €
3ᵉ année35 006,34 €39 486,55 €+ 4 480,21 €
Après 3 ans39 311,97 €44 308,81 €+ 4 996,84 €
5 ans d'expérience ou spécialisation48 353,00 €52 131,00 €+ 3 778,00 €

Avenant n° 29 du 24 janvier 2025 relatif aux salaires minima des avocats salariés, applicable au 1ᵉʳ janvier 2025. Montants annuels bruts. Les écarts sont calculés par différence entre les deux zones.

Ce que dit cette géographie salariale

L'écart entre Paris et la province n'est pas linéaire : il vaut 2 360 € la première année, culmine à près de 5 000 € après trois ans d'exercice, puis se resserre à 3 778 € au dernier échelon. Autrement dit, la branche reconnaît que la prime parisienne se joue surtout sur les profils confirmés, ceux que les cabinets se disputent. Rapporté au mois, le minimum d'un avocat salarié débutant en province représente 2 427,88 € bruts sur douze mois, contre 2 624,54 € à Paris.

6. Simulateur : minimum d'un avocat salarié

Avocat salarié

MINIMUM ANNUEL BRUT
--

--


--
--

L'équivalent mensuel est donné pour douze mensualités, à titre de repère : c'est bien le total annuel qui constitue le minimum conventionnel.

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7. Période d'essai, préavis et congés

✍️

La période d'essai n'est jamais automatique

Ni l'essai ni son renouvellement ne se présument : ils doivent être expressément stipulés dans le contrat de travail. Un contrat muet sur ce point signifie qu'il n'y a pas de période d'essai — la rupture obéit alors immédiatement au droit du licenciement.

⚖️

Trois mois de préavis pour l'avocat salarié

Le préavis est réciproque et de trois mois, durée cohérente avec la fonction : il faut transmettre les dossiers en cours, informer les clients et organiser la succession. Pour le personnel non-avocat, les durées varient selon le coefficient et l'ancienneté.

🌴

Congés payés : 2,5 jours ouvrables par mois

Le droit à congés suit la règle des 2,5 jours ouvrables par mois de travail effectif ou de période assimilée. Un avenant du 25 novembre 2025, étendu en mars 2026, est venu compléter ce volet — son détail est signalé plus bas parmi les points à vérifier.

8. Ce que nous ne publions pas — et pourquoi

La convention est récente : entrée en vigueur le 1ᵉʳ octobre 2025, elle n'a pas encore été dépouillée article par article par les sources publiques, et plusieurs comparateurs recyclent encore des dispositions des anciens textes de 1979 et 1995. Nous préférons signaler les zones d'ombre plutôt que de reprendre des valeurs invérifiées.

Les points à faire confirmer

  • Le contenu exact de l'avenant n° 1 du 25 novembre 2025 relatif aux congés, étendu par arrêté du 26 mars 2026 : nous confirmons son existence et son extension, pas son détail ;
  • Les durées de préavis du personnel non-avocat selon le coefficient et l'ancienneté, dont nous n'avons pu vérifier qu'un seul cas de figure ;
  • L'existence d'une prime d'ancienneté, d'un 13ᵉ mois ou de congés d'ancienneté dans le nouveau texte ;
  • Le régime du maintien de salaire en maladie et les durées d'indemnisation ;
  • Les durées de période d'essai propres à chaque catégorie, la convention posant seulement le principe de leur stipulation expresse.

Le réflexe à avoir est simple, et il vaut pour toute convention récente : demandez à votre employeur la version à jour du texte, dont la remise ou la mise à disposition est obligatoire, et vérifiez que la mention portée sur votre bulletin de paie est bien « IDCC 3253 » et non l'un des deux anciens numéros. C'est le premier indice d'un cabinet qui n'a pas encore intégré la réforme.

9. En résumé

3253
le seul IDCC valide depuis le 1ᵉʳ octobre 2025
2
grilles distinctes : personnel et avocats salariés
0 %
de revalorisation des minima en 2026
≥ 350
les coefficients sans hausse depuis janvier 2024
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10. Questions fréquentes

La convention collective nationale des salariés des cabinets d'avocats du 21 juin 2024, identifiée par l'IDCC 3253. Elle a été étendue par arrêté du 18 septembre 2025, publié au Journal officiel du 26 septembre 2025, et est entrée en vigueur le 1ᵉʳ octobre 2025. Elle remplace deux textes historiques : la convention des avocats et de leur personnel du 20 février 1979, l'ancien IDCC 1000, et la convention des cabinets d'avocats pour les avocats salariés du 17 février 1995, l'ancien IDCC 1850. Si votre bulletin de paie mentionne encore l'un de ces deux numéros, il n'est plus à jour.

Parce qu'aucun accord de salaires n'a été conclu pour 2026. Les grilles applicables restent celles des avenants du 24 janvier 2025, entrés en vigueur au 1ᵉʳ janvier 2025 : l'avenant n° 136 pour le personnel non-avocat et l'avenant n° 29 pour les avocats salariés. À la date de rédaction, aucun accord salarial postérieur ne figurait parmi les textes attachés à la convention. La grille dite « 2026 » est donc identique à celle de 2025.

Elle court du coefficient 207 au coefficient 560, répartis en quatre niveaux, du niveau 4 pour les emplois d'exécution au niveau 1 pour les cadres les plus qualifiés. Les montants vont de 1 851,23 € pour le coefficient 207 à 4 355,07 € pour le coefficient 560, en brut mensuel. Ces minima résultent de l'avenant n° 136 du 24 janvier 2025, applicable depuis le 1ᵉʳ janvier 2025 et étendu par arrêté du 9 avril 2025.

Oui. Le coefficient 207 est fixé à 1 851,23 €, alors que le SMIC mensuel s'établit à 1 867,02 € depuis le 1ᵉʳ juin 2026 : c'est donc le SMIC qui constitue le minimum réellement dû, soit 15,79 € de plus par mois que ne l'indique la grille. Dès le coefficient 215, à 1 875 €, le barème conventionnel repasse au-dessus du salaire minimum légal. Comme aucune revalorisation n'est intervenue en 2026, l'écart se réduira mécaniquement à chaque hausse du SMIC.

Les minima des avocats salariés sont fixés en rémunération annuelle brute et varient selon la zone géographique. Hors Paris et Île-de-France, ils vont de 29 134,56 € la première année à 39 311,97 € après trois ans, et atteignent 48 353 € pour un avocat justifiant de cinq ans d'expérience ou d'une spécialisation. À Paris et en Île-de-France, les mêmes échelons s'établissent à 31 494,44 €, 44 308,81 € et 52 131 €. Ces montants résultent de l'avenant n° 29 du 24 janvier 2025, applicable depuis le 1ᵉʳ janvier 2025.

Non, et c'est une particularité du dernier accord. L'avenant n° 136 du 24 janvier 2025 a concentré la revalorisation sur le bas de la grille : de 4 % au coefficient 207 à 1,45 % au coefficient 300, tandis que les coefficients 350 et au-delà — c'est-à-dire l'essentiel de l'encadrement — n'ont bénéficié d'aucune augmentation. Combinée à l'absence d'accord en 2026, cette décision signifie que les minima des cadres n'ont pas évolué depuis le 1ᵉʳ janvier 2024.

Le préavis réciproque des avocats salariés est de trois mois, une durée nettement supérieure au droit commun et cohérente avec la nature de la fonction, qui suppose la reprise des dossiers en cours et l'information des clients. Pour le personnel non-avocat, les durées varient selon le coefficient et l'ancienneté. La période d'essai, elle, n'est jamais automatique : elle doit être expressément stipulée dans le contrat de travail, tout comme son éventuel renouvellement.

Il l'est au regard du droit du travail — contrat, bulletin de paie, cotisations, conseil de prud'hommes — mais il reste soumis à ses obligations déontologiques et conserve son indépendance dans l'exercice de la profession. C'est ce qui justifie qu'il relève d'une grille distincte de celle du personnel administratif, exprimée en rémunération annuelle et non mensuelle, et que la convention issue de la fusion de 2024 ait pris soin de traiter séparément les deux publics tout en les réunissant dans un même texte.

11. Sources officielles

Page rédigée le 15 août 2026 à partir des textes officiels cités. La convention étant entrée en vigueur le 1ᵉʳ octobre 2025, ses dispositions font l'objet de publications progressives : vérifiez la version à jour du texte et la date du dernier accord de salaires avant tout calcul rétroactif. Travail-Industrie n'est pas un site gouvernemental et ne délivre pas de conseil juridique individualisé.

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