Convention Courtage d'Assurances 2026 (IDCC 2247) : Salaires et Droits en Cabinet

Mise à jour : 07/08/2026 Convention collective

Chargé de clientèle en cabinet de courtage, gestionnaire de sinistres, souscripteur, courtier grossiste, responsable de portefeuille entreprises ou assistant commercial : les salariés des cabinets de courtage relèvent de la convention collective nationale des entreprises de courtage d'assurances et/ou de réassurances du 18 janvier 2002 (IDCC 2247, brochure 3110), étendue par arrêté du 14 octobre 2002 et entrée en vigueur le 6 mars 2003. C'est une branche à part dans l'assurance : celle des intermédiaires mandataires du client, à distinguer nettement des sociétés d'assurances qui portent le risque et des agences générales qui représentent un assureur.

Sa singularité tient en une phrase : ici, les minima conventionnels ne sont pas mensuels mais annuels — huit classes de A à H, exprimées en rémunération annuelle brute — et cette rémunération intègre votre part variable. Dans un métier où les commissions et primes sur objectifs pèsent lourd, la conséquence est directe : votre fixe mensuel peut être modeste sans que votre employeur soit en faute, tant que le total annuel atteint le minimum de votre classe. Encore faut-il savoir le vérifier — c'est l'objet du simulateur de cette page.

Au-delà des salaires, la convention réserve deux bonnes surprises rarement mises en avant : une indemnité de licenciement qui grimpe jusqu'à 75 % d'un mois par année d'ancienneté et une indemnité de départ volontaire à la retraite plusieurs fois supérieure au barème légal. Elle a aussi ses angles morts, que nous signalons plutôt que de les meubler : pas de 13ᵉ mois, pas de prime d'ancienneté — contrairement à ce qu'affichent quantité de sites de paie — et un avenant de janvier 2026 qui réécrit précisément les articles sur le licenciement et la retraite, sans être encore étendu. S'ajoute enfin une contrainte propre au métier, souvent mal comprise côté salarié : les 15 heures annuelles de formation DDA. Tout ce qui suit est vérifié sur les textes officiels.

ÉTAPE 0 : Qui relève de l'IDCC 2247 (et qui n'en relève pas) ?

La convention vise les entreprises immatriculées sous la mention « courtage d'assurances et/ou de réassurances » et l'ensemble de leur personnel, quelle que soit sa catégorie :

🤝 Cabinets de courtage Intermédiaires mandataires du client, immatriculés à l'ORIAS en catégorie courtier (NAF 66.22Z à titre indicatif)
🏢 Courtage de réassurance Intermédiation entre assureurs et réassureurs, expressément visée par l'intitulé de la convention
👥 Tout le personnel du cabinet Commercial, gestion, sinistres, back-office, fonctions support : la CCN vise « le personnel de toutes catégories »

⚠️ N'en relèvent pas : les sociétés d'assurances, qui portent le risque et dépendent de la convention des sociétés d'assurances (IDCC 1672) ; le personnel des agences générales d'assurances (IDCC 2335), l'agent général étant mandataire exclusif d'un assureur et non du client ; et les mutuelles relevant du Livre II du Code de la mutualité (IDCC 2128). Le code NAF n'est qu'un indice — le texte d'origine visait d'ailleurs l'ancien code 67.2Z, aujourd'hui remplacé par le 66.22Z. Ce qui compte est l'activité réelle et l'immatriculation ; en cas de doute, la convention appliquée figure obligatoirement sur votre bulletin de paie (article R3243-1 du Code du travail).

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1. Le minimum annuel : le mécanisme que personne n'explique

Commençons par ce qui déroute tout le monde à la première lecture d'un bulletin de paie de courtier. La quasi-totalité des conventions collectives françaises publient des minima mensuels : on compare la ligne « salaire de base » de son bulletin à un montant, et l'affaire est réglée. Le courtage a fait un autre choix, cohérent avec la réalité économique du métier : l'article 22 fixe les minima sous forme de rémunération annuelle brute, par classe de A à H (annexe IV). La comparaison ne se fait donc pas mois par mois mais sur l'année entière.

Salaire fixe annuel + variable, commissions, primes récurrentes + avantages individuels minimum de votre classe

Ce qui entre dans l'assiette de comparaison : le salaire fixe, la rémunération variable, les primes récurrentes et les avantages individuels. Ce qui en est exclu : les heures supplémentaires et les primes à caractère exceptionnel. Autrement dit, si vous êtes chargé de clientèle avec un fixe de 1 950 € et 6 000 € de commissions dans l'année, votre employeur compare 23 400 + 6 000 = 29 400 € au minimum de votre classe — et non votre seul fixe. C'est parfaitement légal, et cela explique pourquoi les cabinets de courtage peuvent afficher des fixes plus bas que les sociétés d'assurances à poste comparable.

Le SMIC, lui, reste un plancher mensuel

Attention à ne pas confondre les deux logiques. Le minimum conventionnel est annuel, mais le SMIC est d'ordre public et se vérifie chaque mois : quelle que soit votre part variable, votre rémunération d'un mois donné ne peut jamais être inférieure à 1 867,02 € brut pour un temps plein (SMIC au 1ᵉʳ juin 2026, arrêté du 22 mai 2026). Une année « rattrapée » en décembre par un gros bonus ne régularise pas des mois payés sous le SMIC. Et si vous êtes à temps partiel, le minimum conventionnel de votre classe se proratise à due proportion.

2. La grille des 8 classes A à H (avenant du 19 juin 2025)

La classification de la branche (article 21) répartit les emplois en huit classes désignées par des lettres, de A à H — et non en niveaux chiffrés, contrairement à ce que publient plusieurs sites. Ces classes structurent tout le reste de la convention : ce sont elles qui déterminent votre minimum, mais aussi la durée de votre période d'essai et de votre préavis. En pratique, les classes A à D correspondent aux fonctions d'exécution, de gestion et de technicité croissante, tandis que les classes E à H regroupent l'encadrement — leur régime de préavis est aligné sur celui des cadres.

Les minima en vigueur résultent de l'avenant du 19 juin 2025, qui a revalorisé l'ensemble de la grille de +1,5 % avec effet au 1ᵉʳ juillet 2025. Il a été étendu par arrêté du 2 septembre 2025 (JORF du 4 septembre 2025) et s'impose donc à toutes les entreprises de la branche, adhérentes ou non aux organisations signataires. Aucun avenant salaires plus récent n'était enregistré au 7 août 2026 — la branche négociant traditionnellement en juin pour une application au 1ᵉʳ juillet, une nouvelle grille est attendue.

Classe Positionnement Minimum ANNUEL brut Repère mensuel (÷ 12)
APremier niveau d'entrée23 076 €≈ 1 923 €
BEmployé qualifié24 268 €≈ 2 022 €
CEmployé confirmé25 784 €≈ 2 149 €
DTechnicien / gestionnaire confirmé28 704 €≈ 2 392 €
EEncadrement — premier niveau32 700 €≈ 2 725 €
FEncadrement confirmé38 803 €≈ 3 234 €
GCadre de direction45 050 €≈ 3 754 €
HDirection55 221 €≈ 4 602 €

Rémunérations minimales annuelles brutes (annexe IV), base temps plein. Avenant du 19 juin 2025 relatif aux salaires (+1,5 %), effet au 1ᵉʳ juillet 2025, étendu par arrêté du 2 septembre 2025 (JORF du 4 septembre 2025)texte sur Légifrance. Le « repère mensuel » est un calcul de notre part (minimum annuel ÷ 12) donné pour situer les ordres de grandeur : la convention ne fixe aucun minimum mensuel. Les intitulés de positionnement sont indicatifs — les critères précis figurent à l'article 21 et dans votre contrat.

Aucune classe sous le SMIC — mais la classe A n'a que 3 % d'avance

Rapportée au SMIC annuel du 1ᵉʳ juin 2026 (22 404,24 € pour un temps plein), la grille tient : la classe A la dépasse de 672 € sur l'année, soit environ 3 % — l'équivalent de 56 € par mois. C'est une situation plus saine que dans beaucoup de branches où le bas de grille est rattrapé, mais la marge est étroite : sans nouvelle négociation, la prochaine revalorisation du SMIC pourrait absorber l'écart. Les classes B et suivantes conservent des marges confortables (de 8 % à plus de 140 % pour la classe H).

3. Simulateur : votre rémunération respecte-t-elle le minimum conventionnel ?

C'est le calcul que personne ne fait, et pourtant le seul qui vaille dans cette branche. Renseignez votre fixe mensuel, le nombre de mensualités versées par votre cabinet et votre variable annuel réel : l'outil reconstitue votre rémunération annuelle au sens de l'article 22 et la confronte au minimum de votre classe.

Votre rémunération

Hors heures supplémentaires et primes exceptionnelles, exclues de l'assiette.
20 %Temps plein100 %
VOTRE RÉMUNÉRATION ANNUELLE
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Estimation indicative fondée sur l'article 22 (minimum annuel incluant fixe, variable, primes récurrentes et avantages individuels). Le minimum de classe est proratisé selon la quotité ; le SMIC est vérifié sur le seul fixe mensuel, puisqu'il doit être atteint chaque mois indépendamment du variable.

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4. Ce que la convention ne prévoit pas — et que l'on vous vend pourtant

Il faut ici prendre le contre-pied de la plupart des pages consacrées à cette convention. Plusieurs sites de paie très bien référencés publient sur le courtage une grille à « cinq niveaux » avec des minima mensuels de 1 747 € à 3 100 €, une prime d'ancienneté de 3 à 12 %, un 13ᵉ mois et des congés d'ancienneté. Rien de tout cela n'existe dans la convention — et le détail qui devrait alerter n'importe quel lecteur, c'est que le prétendu premier niveau à 1 747 € serait aujourd'hui inférieur au SMIC, ce qui est impossible pour une grille étendue. Voici ce qu'il faut retenir, article en main :

Pas de 13ᵉ mois

Aucune disposition de branche. C'est cohérent avec la logique du minimum annuel : celui-ci s'apprécie tous éléments confondus, mensualités supplémentaires comprises. Un 13ᵉ mois relève de votre contrat, d'un accord d'entreprise ou d'un usage.

Pas de prime d'ancienneté

Les barèmes « 3 % / 6 % / 9 % / 12 % » qui circulent ne se rattachent à aucun article de la convention. L'ancienneté joue ici sur les indemnités de rupture et de retraite, pas sur une prime mensuelle.

Pas de prime de vacances

Contrairement à la convention Syntec à laquelle elle est parfois confondue, la CCN du courtage n'impose aucune prime de vacances. Vérifiez votre accord d'entreprise si votre cabinet en verse une.

Pas de congés d'ancienneté

L'article 28 s'aligne sur le minimum légal (2,5 jours ouvrables par mois). Les « jours supplémentaires après 10 ou 20 ans » annoncés ici ou là sont contredits par le texte.

Ce constat n'est pas un procès fait à la branche : c'est un choix de construction. En fixant un minimum annuel tous éléments confondus, les partenaires sociaux ont délibérément remplacé la mécanique des primes fléchées par une garantie globale — qui laisse aux cabinets la liberté d'architecturer fixe et variable comme ils l'entendent, à condition d'atteindre le seuil. Le vrai levier conventionnel du salarié n'est donc pas la chasse aux primes, mais le positionnement dans la classification (article 21) : passer de la classe C à la classe D, c'est près de 3 000 € de minimum annuel supplémentaire. Si vos fonctions ont évolué — portefeuille plus large, autonomie, encadrement, technicité —, c'est sur ce terrain qu'il faut discuter, en vous appuyant sur les critères de classification et sur votre fiche de poste.

5. Congés payés et événements familiaux

L'article 28 fixe les congés payés à 2,5 jours ouvrables par mois de travail effectif ou assimilé, soit 30 jours ouvrables (25 jours ouvrés) pour une année complète — l'équivalent des cinq semaines légales, sans jour supplémentaire d'ancienneté. La période de référence court du 1ᵉʳ juin au 31 mai et la période normale de prise du 1ᵉʳ mai au 31 octobre ; au-delà de 12 jours pris, le fractionnement est possible avec votre accord et ouvre droit aux jours supplémentaires correspondants.

Congés pour événements familiaux : le barème de 2002 est dépassé par la loi

La convention comporte son propre tableau d'autorisations d'absence, mais il date de la rédaction d'origine de 2002 et n'a pas suivi les réformes successives du Code du travail. Sur plusieurs événements, la loi est aujourd'hui plus favorable et s'applique donc : c'est le cas notamment du décès d'un enfant, pour lequel l'article L3142-4 garantit désormais 5 jours ouvrables, portés à 7 jours ouvrés si l'enfant avait moins de 25 ans (ou en cas de décès d'une personne à charge de moins de 25 ans), auxquels s'ajoute le congé de deuil de 8 jours. Règle à retenir : entre le texte conventionnel et la loi, c'est toujours la disposition la plus favorable qui s'impose — demandez à votre service RH le barème conventionnel à jour avant de poser une absence, et comparez-le aux minima légaux.

6. Préavis, période d'essai et départ anticipé

Le préavis suit la logique des classes, avec un régime nettement plus favorable pour l'encadrement : les classes E à H bénéficient de trois mois réciproques, là où le Code du travail n'impose que deux mois aux cadres licenciés. Les classes A à C sont sur un mois, porté à deux mois en cas de licenciement à partir de deux ans d'ancienneté, et la classe D sur deux mois.

Classe Licenciement Démission Minimum légal (licenciement)
A, B, C1 mois — 2 mois à partir de 2 ans d'ancienneté1 mois1 puis 2 mois
D2 mois2 mois1 puis 2 mois
E, F, G, H3 mois3 mois2 mois
Départ ou mise à la retraite : 6 mois de prévenance de part et d'autre — très au-delà du délai légal.

Deux dispositions méritent d'être connues avant toute négociation de départ. D'abord, les 2 heures par jour de recherche d'emploi pendant le préavis, cumulables par demi-journées, fixées d'un commun accord ou à défaut alternativement par l'employeur et par vous, sans réduction de rémunération. Ensuite — et c'est la clause qui rend service — le salarié qui retrouve un emploi pendant son préavis peut partir en prévenant 24 heures à l'avance, sans devoir l'indemnité de préavis normalement due par la partie défaillante. Une souplesse rare, précieuse dans un marché de l'emploi où les cabinets recrutent vite. Pour visualiser vos dates, utilisez notre calculateur de préavis.

Côté période d'essai, la convention module également les durées par classe (articles 18 et 19), avec un renouvellement possible sur demande écrite avant le terme initial et accord signé des deux parties. Ces deux articles ont toutefois été réécrits par un avenant du 24 avril 2025, et nous ne publions pas de durées chiffrées tant que nous n'avons pas lu la rédaction en vigueur : demandez le texte à jour à votre employeur ou vérifiez sur Légifrance, en gardant à l'esprit les plafonds légaux de référence (2 mois pour les employés, 3 mois pour les techniciens et agents de maîtrise, 4 mois pour les cadres, renouvellement compris dans les conditions de l'article L1221-21).

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7. Indemnité de licenciement : un barème qui récompense les longues carrières

L'article 37 construit l'indemnité par tranches d'ancienneté, avec une progression qui s'accélère nettement au fil du temps. Point important pour cette branche : le salaire de référence intègre la rémunération variable — « la rémunération fixe brute ainsi que la rémunération variable, hors éléments de rémunération à caractère exclusivement collectif » —, calculé selon la formule la plus favorable au salarié. Un commercial dont la moitié de la rémunération vient des commissions n'est donc pas pénalisé, contrairement à ce qui se pratique dans beaucoup de branches où seul le fixe est retenu.

Ancienneté Indemnité conventionnelle Barème légal comparé
8 à 18 mois50 % du salaire mensuel de référence1/4 de mois par année
18 mois à 3 ans100 % du salaire mensuel de référence1/4 de mois par année
3 à 10 ans25 % de mois par année1/4 de mois par année
10 à 20 ans50 % de mois par année1/3 de mois par année
Au-delà de 20 ans75 % de mois par année1/3 de mois par année
Plafond conventionnel : 15 mois de salaire. Indemnité exclue en cas de faute grave ou lourde. L'indemnité conventionnelle ne peut jamais être inférieure à l'indemnité légale : on applique la plus favorable.

CCN 2247, article 37 (version en vigueur du 25 décembre 2020 au 27 mars 2026). Le barème s'articule par tranches successives et son résultat se compare à l'indemnité légale (article R1234-2 du Code du travail) : chiffrez votre situation avec notre simulateur d'indemnité de licenciement et demandez à votre employeur le détail du calcul conventionnel.

Un avenant du 12 janvier 2026 réécrit cet article — il n'est pas encore étendu

Un avenant signé le 12 janvier 2026 modifie l'article 37 (licenciement) et l'article 39 (retraite) ; les versions ci-dessus sont horodatées jusqu'au 27 mars 2026, date à laquelle la nouvelle rédaction prend effet entre les organisations signataires. Cet avenant n'était pas étendu au 7 août 2026 : il ne s'impose donc pas encore aux cabinets non adhérents. Nous ne publions pas de barème pour la version nouvelle tant que nous n'avons pas lu son contenu chiffré. Si votre rupture intervient après mars 2026, demandez à votre employeur quelle version s'applique — un second avenant du même jour modifie par ailleurs l'article 13 relatif au CSE.

8. Retraite : l'atout majeur, et le plus ignoré, de cette convention

Si un salarié du courtage ne devait retenir qu'une seule ligne de sa convention collective, ce serait celle-ci. En cas de départ volontaire à la retraite — possible à partir de 62 ans, en informant l'employeur par écrit avec six mois de prévenance —, l'article 39 accorde 20 % d'un mois de salaire de référence par année d'ancienneté jusqu'à 20 ans, 25 % par année de 20 à 30 ans, puis 30 % au-delà de 30 ans, dans la limite d'une année de salaire. Le barème légal, lui, plafonne à un demi-mois après 10 ans, un mois après 15 ans et un mois et demi après 20 ans (article D1237-1 du Code du travail). Autrement dit, un salarié partant après 20 ans de maison touche de l'ordre de quatre mois de salaire au lieu d'un mois et demi — une différence qui se chiffre en dizaines de milliers d'euros pour un cadre.

Situation Barème conventionnel (art. 39) Plafond
Départ volontaire
à partir de 62 ans, 6 mois de prévenance
20 % de mois par année jusqu'à 20 ans
25 % de 20 à 30 ans · 30 % au-delà de 30 ans
1 an de salaire
Mise à la retraite par l'employeur
accord du salarié requis de 67 à 69 ans, d'office à 70 ans
1/4 de mois par année jusqu'à 10 ans
1/3 de mois par année au-delà
1 an de salaire

CCN 2247, article 39 (version en vigueur du 25 décembre 2020 au 27 mars 2026) — modifié par l'avenant du 12 janvier 2026 non étendu (voir l'encadré ci-dessus). L'indemnité conventionnelle n'est pas cumulable avec l'indemnité légale mais doit lui être supérieure. Entre 67 et 69 ans, l'employeur doit vous interroger chaque année trois mois avant la date d'accès au taux plein et ne peut vous mettre à la retraite qu'avec votre accord ; à 70 ans, la mise à la retraite d'office est possible avec six mois de prévenance.

Ce que cela change dans une négociation de fin de carrière

Beaucoup de salariés proches de la retraite négocient une rupture conventionnelle en pensant y gagner. Or dans cette branche, le départ volontaire à la retraite est exceptionnellement bien indemnisé, et la mise à la retraite par l'employeur — qui suppose votre accord avant 70 ans — ouvre un barème distinct. Avant de signer quoi que ce soit, faites chiffrer les trois scénarios (rupture conventionnelle, départ volontaire, mise à la retraite) : l'écart peut atteindre plusieurs mois de salaire. Pensez aussi à la retraite progressive, qui permet de réduire son activité sans renoncer à l'indemnité le moment venu.

9. Prévoyance et frais de santé : un régime de branche refondu en 2024

Le titre V de la convention organise la retraite complémentaire (article 40, annexe 5) ainsi que la prévoyance et les frais médicaux (article 41, annexes 6 et 7) : la branche dispose donc bien d'un régime obligatoire, ce qui n'est pas le cas partout dans les services. Ce dispositif a été entièrement refondu par un avenant du 27 juin 2024, étendu par arrêté du 25 septembre 2024, pour se mettre en conformité avec la nouvelle définition réglementaire des catégories objectives de salariés applicable depuis le 1ᵉʳ janvier 2025 — celle qui conditionne les exonérations sociales des régimes de protection sociale complémentaire. Concrètement, cette réforme a pu modifier le périmètre des catégories bénéficiaires (cadres, assimilés, ensemble du personnel) dans votre cabinet.

Nous ne publions pas ici de taux de cotisation, de répartition employeur/salarié ni de niveaux de garanties : ces éléments figurent dans les annexes 5 à 7, qui ne sont pas librement consultables en ligne, et les chiffres qui circulent sur les sites généralistes (« invalidité 60 % », « décès deux fois le salaire annuel ») ne sont rattachés à aucune source vérifiable. Deux repères fiables tout de même : la cotisation patronale de 1,50 % sur la tranche 1 affectée en priorité au risque décès pour les cadres est une obligation interprofessionnelle (issue de la convention de 1947, reprise par l'accord national du 17 novembre 2017) et non une spécificité du courtage ; et la complémentaire santé doit être financée à hauteur d'au moins 50 % par l'employeur. Pour vos propres garanties, demandez la notice d'information de votre régime : c'est le document qui fait foi. Estimez par ailleurs votre revenu en cas d'arrêt avec notre calculateur d'indemnités journalières.

10. Les 15 heures de formation DDA : une obligation du Code des assurances

C'est la contrainte la plus structurante du quotidien d'un salarié de cabinet — et elle ne vient pas de la convention collective, mais du Code des assurances. Depuis la transposition de la directive européenne sur la distribution d'assurances (DDA), l'article L511-2 impose aux distributeurs et à leur personnel de posséder les connaissances et aptitudes appropriées, et d'entretenir ces compétences par une formation continue dont la durée ne peut être inférieure à quinze heures par an (article R512-13-1). Le périmètre est large : toute personne physique qui conseille, présente, propose ou aide à conclure des contrats d'assurance est concernée, que ce soit à titre principal ou accessoire, à temps plein ou à temps partiel.

Qui paie, et est-ce du temps de travail ?

L'obligation pèse sur le distributeur, c'est-à-dire votre cabinet, pas sur vous à titre personnel : c'est à lui d'organiser et de financer ces heures, et de conserver la preuve de leur réalisation — les justificatifs sont exigibles en cas de contrôle de l'ACPR. Suivie à la demande de l'employeur pendant les horaires de travail, cette formation constitue du temps de travail effectif : elle est rémunérée comme tel. Si l'on vous demande de « faire vos 15 heures » le week-end ou le soir sur votre temps personnel, sans contrepartie, la pratique est contestable. La branche a par ailleurs son propre accord sur les taux de contribution à la formation professionnelle (21 décembre 2023, période 2023-2026) et relève de l'OPCO Atlas, dont les dispositifs peuvent financer bien au-delà des 15 heures réglementaires : renseignez-vous avant de renoncer à une formation certifiante.

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11. Ce qui bouge dans la branche

La commission paritaire du courtage négocie à un rythme régulier, avec une revalorisation salariale annuelle calée sur le mois de juin pour une application au 1ᵉʳ juillet. Le secteur, très atomisé — d'après le rapport de branche publié par l'OPCO Atlas et Planète CSCA en juin 2024, 3 % des entreprises comptent 50 salariés ou plus mais concentrent 62 % des effectifs —, connaît par ailleurs une croissance continue de l'emploi et une concentration accélérée par les rachats de portefeuilles. Les textes récents :

  • 27 juin 2024 — avenant salaires (+3,2 % au 1ᵉʳ juillet 2024) et, le même jour, refonte complète du titre V (retraite, prévoyance, frais de santé), étendue par arrêté du 25 septembre 2024.
  • 24 avril 2025 — avenant réécrivant les articles 18 et 19 (embauche en CDI et CDD, période d'essai) ; un second texte du même jour porte sur les congés de maternité, paternité et adoption.
  • 19 juin 2025 — avenant salaires : +1,5 % sur toute la grille au 1ᵉʳ juillet 2025, étendu par arrêté du 2 septembre 2025 (JORF du 4 septembre). C'est la grille en vigueur.
  • Fin 2025 — avenant complétant les articles 18-19 sur l'information obligatoire du salarié à l'embauche, étendue à toutes les entreprises de la branche.
  • 12 janvier 2026 — deux avenants : l'un réécrit les articles 37 (licenciement) et 39 (retraite), l'autre l'article 13 relatif au CSE. Effet entre signataires au 27 mars 2026, extension non parue au 7 août 2026.

À surveiller dans les prochains mois : la négociation salariale 2026, qui devrait suivre le calendrier habituel — aucun texte n'était enregistré au 7 août 2026 —, et surtout l'extension des avenants de janvier 2026, qui déterminera à partir de quand les nouveaux barèmes de licenciement et de retraite s'imposeront à l'ensemble des cabinets. Nous mettrons cette page à jour dès leur publication au Journal officiel.

12. Questions fréquentes

Des minima annuels, par classe : A 23 076 €, B 24 268 €, C 25 784 €, D 28 704 €, E 32 700 €, F 38 803 €, G 45 050 €, H 55 221 €. Ils résultent de l'avenant du 19 juin 2025 (+1,5 %), étendu par arrêté du 2 septembre 2025 et applicable depuis le 1ᵉʳ juillet 2025. Aucune classe n'est sous le SMIC ; la classe A conserve environ 3 % d'avance sur le SMIC annuel (22 404,24 €).

Oui. Le minimum de l'article 22 est une rémunération annuelle qui intègre le fixe, la rémunération variable, les primes récurrentes et les avantages individuels ; seules les heures supplémentaires et les primes exceptionnelles en sont exclues. Votre fixe peut donc être modeste si le variable complète. Mais le SMIC reste un plancher mensuel : 1 867,02 € brut minimum chaque mois pour un temps plein.

Pas au titre de la branche : la convention ne prévoit ni 13ᵉ mois, ni prime d'ancienneté, ni prime de vacances, ni congés d'ancienneté. C'est la contrepartie logique du minimum annuel tous éléments confondus. Les barèmes d'ancienneté « 3 % à 12 % » publiés par certains sites ne renvoient à aucun article. Ces avantages, s'ils existent chez vous, viennent du contrat, d'un accord d'entreprise ou d'un usage.

Barème de l'article 37, sur un salaire de référence incluant votre variable : 50 % d'un mois entre 8 et 18 mois d'ancienneté, 100 % entre 18 mois et 3 ans, puis 25 % de mois par année de 3 à 10 ans, 50 % de 10 à 20 ans et 75 % au-delà, plafonné à 15 mois. L'indemnité légale s'applique si elle est plus favorable. Attention : un avenant du 12 janvier 2026 réécrit cet article (effet 27 mars 2026 entre signataires, non étendu).

Beaucoup plus que le légal. Départ volontaire (dès 62 ans, 6 mois de prévenance) : 20 % de mois par année jusqu'à 20 ans, 25 % de 20 à 30 ans, 30 % au-delà, plafonné à un an de salaire — soit environ 4 mois après 20 ans, contre 1,5 mois au barème légal. Mise à la retraite par l'employeur : 1/4 de mois par année jusqu'à 10 ans, 1/3 au-delà. Entre 67 et 69 ans, votre accord est obligatoire.

Oui lorsqu'elles sont suivies à la demande de l'employeur : l'obligation de 15 heures annuelles (articles L511-2 et R512-13-1 du Code des assurances) pèse sur le cabinet, qui doit les organiser, les financer et en conserver la preuve. Le temps de formation est alors du temps de travail effectif, donc rémunéré. La branche relève par ailleurs de l'OPCO Atlas, qui finance des parcours bien plus larges.

Par le statut de votre employeur : cabinet de courtage (mandataire du client, immatriculé ORIAS courtier) → IDCC 2247 ; société d'assurances (elle porte le risque) → IDCC 1672 ; agence générale (mandataire exclusif d'un assureur) → IDCC 2335 pour son personnel ; mutuelle du Livre II → IDCC 2128. Le code NAF (66.22Z) n'est qu'indicatif : fiez-vous à l'IDCC porté sur votre bulletin de paie.

13. Sources officielles

Données vérifiées le 7 août 2026 sur les textes officiels (grille recopiée du texte de l'avenant du 19 juin 2025 ; articles 28, 37 et 39 lus directement sur Légifrance). Nous ne publions volontairement aucun chiffre pour les éléments que les sources ouvertes ne permettent pas de confirmer : durées de la période d'essai depuis l'avenant du 24 avril 2025, barème des congés pour événements familiaux, modalités du maintien de salaire en cas de maladie, taux et garanties des annexes 5 à 7. Ce site n'est pas un site gouvernemental : pour un conseil individuel, rapprochez-vous de vos représentants du personnel, d'un syndicat ou d'un avocat en droit social.

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