Convention Esthétique-Cosmétique 2026 (IDCC 3032) : Salaires et Droits en Institut, Spa et École
Esthéticienne en institut, spa praticienne, prothésiste ongulaire d'un bar à ongles, maquilleuse conseil, responsable d'exploitation ou formatrice d'une école privée d'esthétique : environ 62 000 salariés — répartis pour les deux tiers dans des entreprises de moins de 10 personnes — relèvent de la convention collective nationale de l'esthétique-cosmétique et de l'enseignement technique et professionnel lié aux métiers de l'esthétique et de la parfumerie du 24 juin 2011 (IDCC 3032, brochure 3123).
C'est la convention d'un secteur de TPE, féminisé et à forte proportion de temps partiel, où la connaissance de ses droits fait une vraie différence : une prime d'ancienneté forfaitaire en euros (44 à 206 € mensuels) que beaucoup d'employeurs « oublient », un dimanche payé double et strictement volontaire, des jours fériés travaillés plafonnés à trois par an, et une grille de salaires dont les deux premiers coefficients viennent d'être rattrapés par le SMIC — au jour près : la grille signée en janvier 2026 est entrée en vigueur le 1ᵉʳ juin, date de la revalorisation du SMIC qui l'a aussitôt dépassée sur son bas de tableau. Particularité méconnue : la convention couvre aussi les écoles privées d'esthétique, avec une grille propre aux formateurs.
Ce guide publie les deux grilles issues de l'avenant n° 43 (étendu par arrêté du 18 mai 2026), le barème exact de la prime d'ancienneté, les majorations de dimanche et de jours fériés, les règles de rupture — en corrigeant au passage la formule d'indemnité de licenciement périmée qui circule encore en ligne — et le régime maladie. Tout est vérifié sur les textes officiels, et ce qui ne l'est pas n'est pas publié.
ÉTAPE 0 : Qui relève de l'IDCC 3032 (et qui n'en relève pas) ?
Le critère est l'activité principale réelle : le soin esthétique du visage et du corps, et l'enseignement qui y prépare :
⚠️ N'en relèvent pas : le commerce de détail de parfumerie (parfumeries et chaînes de distribution sélective, expressément hors champ), les salons de coiffure — qui dépendent de la convention de la coiffure (IDCC 2596), un institut mixte suivant son activité principale — et les centres de bronzage. Le code APE ne suffit pas : c'est l'activité réellement exercée qui compte, et la convention appliquée figure obligatoirement sur votre bulletin de paie (article R3243-1 du Code du travail).
Sommaire
- La grille des coefficients 135 à 300
- La grille des écoles d'esthétique (échelons A/B)
- Simulateur : salaire + ancienneté + dimanches
- La prime d'ancienneté (44 à 206 €)
- Dimanche double, fériés +50 %
- Durée du travail et temps partiel
- Congés et événements familiaux
- Période d'essai et préavis
- Licenciement et retraite
- Maladie, prévoyance, mutuelle
- Ce qui bouge dans la branche
- Questions fréquentes
- Sources officielles
1. La grille des coefficients 135 à 300 (avenant n° 43)
La classification s'échelonne du coefficient 135 — l'entrée dans le métier sans diplôme — au coefficient 300 (direction d'exploitation), la progression suivant pour l'essentiel le diplôme (CAP, puis niveaux bac et bac+2 esthétique-cosmétique) et l'expérience ; la branche a en outre créé quatre CQP rattachés à la grille (maquilleur conseil, spa praticien, spa manager, styliste ongulaire). Les minima en vigueur résultent de l'avenant n° 43 du 22 janvier 2026 (+1,83 % en moyenne), étendu par arrêté du 18 mai 2026 (JORF du 28 mai 2026) et applicable à toutes les entreprises depuis le 1ᵉʳ juin 2026. Aucun avenant salaires plus récent n'était signé au 7 août 2026.
| Coefficient | Repère usuel (cf. annexe classification) | Minimum au 01/06/2026 |
|---|---|---|
| 135 | Entrée dans le métier, non diplômé(e) | |
| 150 | Titulaire du CAP esthétique (ou CQP) | |
| 160 | CAP + spécialisation (soins du corps…) | 1 877 € |
| 175 | Niveau bac (BP/bac pro) avec expérience, spa praticien | 1 895 € |
| 180 | Niveau bac confirmé | 1 917 € |
| 200 | Niveau bac+2 (BTS) avec expérience | 1 995 € |
| 230 | Responsable adjoint(e) | 2 072 € |
| 250 | Responsable d'exploitation, spa manager | 2 300 € |
| 270 | Direction (cadre) | 2 834 € |
| 300 | Direction d'exploitation (cadre) | 3 875 € |
Salaires minima bruts mensuels, base 151,67 h, filière esthétique-cosmétique. Avenant n° 43 du 22 janvier 2026, étendu par arrêté du 18 mai 2026 (JORF du 28 mai 2026), effet au 1ᵉʳ juin 2026 — conteneur Légifrance de la CCN 3032. Repères d'emplois indicatifs : reportez-vous à l'annexe classification pour votre positionnement exact.
Calendrier cruel : la grille est entrée en vigueur le 1ᵉʳ juin 2026, jour de la revalorisation du SMIC (1 867,02 €, arrêté du 22 mai 2026) qui a immédiatement rattrapé les coefficients 135 (1 848 €) et 150 (1 861 €). Ces salariés — dont les titulaires du CAP au coefficient 150 — doivent percevoir au moins le SMIC. L'arrêté d'extension le rappelle expressément : la branche est tenue de renégocier (article L2241-10 du Code du travail), une nouvelle grille est donc attendue. Nous mettrons cette page à jour dès son extension.
2. La grille des écoles d'esthétique : échelons A et B
Originalité de cette convention : elle couvre aussi les écoles privées d'esthétique et leurs personnels — formateurs, mais aussi administratifs. La filière enseignement reprend les coefficients de la grille générale, y ajoute deux coefficients propres aux formateurs (240 et 245) et double chaque position de deux échelons : A (standard) et B (environ +2 %, pour les salariés justifiant d'une expertise pédagogique confirmée). Aux valeurs du 1ᵉʳ juin 2026 : coefficient 240 à 2 122 € (A) ou 2 165 € (B), coefficient 245 à 2 159 € / 2 203 €, et l'échelon B commence dès le coefficient 135 (1 885 € — au-dessus du SMIC, lui) pour culminer à 3 953 € au coefficient 300. Si vous enseignez en école d'esthétique, vérifiez sur votre bulletin votre coefficient et votre échelon : le passage en B est l'un des rares leviers de progression salariale conventionnelle de la filière.
3. Simulateur : salaire + ancienneté + dimanches travaillés
Choisissez votre coefficient, votre ancienneté et vos heures de dimanche ou de jour férié du mois : le simulateur applique le plancher SMIC, le barème forfaitaire de la prime d'ancienneté et les majorations de l'article 10.
Votre situation
base + prime d'ancienneté + majorations
Estimation indicative pour un temps plein (net ≈ 78 % du brut ; prime d'ancienneté proratisée à temps partiel). Le dimanche travaillé suppose votre volontariat, et les fériés travaillés sont plafonnés à 3 par an.
4. La prime d'ancienneté : des euros, pas des pourcentages
Contrairement à la plupart des branches, l'esthétique verse une prime d'ancienneté en montants forfaitaires — le même montant quel que soit votre coefficient. Elle s'ajoute au salaire de base, doit figurer sur une ligne distincte du bulletin et se proratise à temps partiel — un point décisif dans un secteur qui compte 15 % de salariés à temps partiel. Le barème, inchangé par l'avenant n° 43 :
Concrètement, une esthéticienne au coefficient 160 avec 9 ans de maison doit percevoir 1 877 € + 111 € = 1 988 € brut minimum — et le forfait pèse proportionnellement plus lourd sur les petits coefficients : à 9 ans d'ancienneté, la prime représente près de 6 % du salaire d'entrée de grille. C'est l'erreur de paie la plus fréquente du secteur, en particulier dans les TPE qui gèrent la paie sans expert : si la ligne n'apparaît pas sur votre bulletin alors que vous avez 3 ans d'ancienneté, réclamez le rappel — la prescription des salaires est de 3 ans. À noter : la convention ne prévoit en revanche ni 13ᵉ mois, ni prime sur objectifs ou sur chiffre d'affaires, ni avantage en soins ou produits — ces éléments, courants dans les instituts et les spas, relèvent du contrat, d'un accord d'entreprise ou d'un usage.
5. Dimanche payé double (et volontaire), fériés +50 %
L'article 10 de la convention encadre strictement les ouvertures dominicales, fréquentes en période de fêtes et dans les zones touristiques : le travail du dimanche repose sur le strict volontariat — un refus ne peut justifier ni sanction ni licenciement — et les heures accomplies le dimanche sont rémunérées au moins au double (majoration de 100 %). Les jours fériés travaillés sont majorés de 50 %, cette majoration s'ajoutant le cas échéant à celle des heures supplémentaires, avec un garde-fou original : au maximum 3 jours fériés travaillés par an et par salarié. Et si un jour férié tombe un dimanche travaillé, les deux majorations se cumulent. Le 1ᵉʳ mai reste payé double, obligation légale. Pour chiffrer vos heures majorées, utilisez notre outil de majorations dimanche/nuit/férié.
6. Durée du travail et temps partiel
La durée conventionnelle est de 35 heures, régie par l'accord de branche du 28 janvier 2010 : contingent d'heures supplémentaires de 200 heures par an (inférieur aux 220 heures supplétives), majorations légales de 25 % (36ᵉ à 43ᵉ heure) et 50 % au-delà, remplaçables par un repos compensateur équivalent majoré — à chiffrer avec notre calculateur d'heures supplémentaires. Le temps partiel est une réalité structurelle du secteur : l'accord de 2010 encadre les plannings et leur modification, et la durée minimale applicable s'apprécie au regard de la loi (24 heures hebdomadaires, sauf demande écrite du salarié ou dérogations) — si l'on vous impose un contrat très court avec des coupures à répétition, faites vérifier sa conformité. Dans les écoles d'esthétique, le rythme suit le calendrier scolaire, avec les règles de congés spécifiques décrites ci-dessous.
7. Congés et événements familiaux
Les congés payés suivent le régime légal — 2,5 jours ouvrables par mois, 30 jours par an — avec une particularité pour les établissements d'enseignement : la prise est encadrée à raison de 4 semaines l'été, 1 semaine à Noël et 1 semaine au printemps, calquée sur le calendrier scolaire. Pour les événements familiaux, le texte de 2011 (mariage 4 jours, naissance 3 jours, décès du conjoint ou d'un enfant 3 jours, PACS 1 jour) a été dépassé par la loi sur plusieurs événements : appliquez toujours le plus favorable — soit aujourd'hui 4 jours pour un PACS, 3 jours pour le décès d'un parent, et pour le décès d'un enfant 5 jours minimum, portés à 7 jours ouvrés s'il avait moins de 25 ans, plus le congé de deuil de 8 jours (article L3142-4 du Code du travail). Un avenant « maternité-parentalité » a par ailleurs été signé fin 2025 et attend son extension : les droits des parents pourraient être améliorés prochainement.
8. Période d'essai et préavis
| Rupture | < 6 mois d'ancienneté | 6 mois à 2 ans | ≥ 2 ans |
|---|---|---|---|
| Démission (LRAR) | 1 semaine | 1 mois | 1 mois |
| Licenciement | 1 semaine | 1 mois | 2 mois |
CCN 3032, article 8, rédaction de l'avenant n° 31 du 14 avril 2022 (étendu par arrêté du 14 décembre 2022) — texte sur Légifrance. Périodes d'essai : alignées sur les plafonds légaux (2 mois employés, 3 mois agents de maîtrise, 4 mois cadres, renouvellement compris dans les limites légales).
Point favorable à connaître : un salarié démissionnaire avec moins de 6 mois d'ancienneté ne doit qu' 1 semaine de préavis — utile dans un secteur à fort turnover de début de carrière. En cas de licenciement, vous disposez d'heures de recherche d'emploi pendant le préavis : l'équivalent de votre durée hebdomadaire de travail par mois de préavis (2 heures par jour si le préavis est inférieur à un mois). Visualisez vos dates avec notre calculateur de préavis.
9. Licenciement au barème légal — retraite mieux traitée
Attention aux informations périmées : depuis l'avenant n° 31 du 14 avril 2022, la convention renvoie au barème légal pour l'indemnité de licenciement — 1/4 de mois de salaire par année d'ancienneté jusqu'à 10 ans, 1/3 au-delà, dès 8 mois d'ancienneté. L'ancienne formule conventionnelle (1/5 de mois plus 2/15 au-delà de 9 ans) qui s'affiche encore sur plusieurs sites de paie n'est plus en vigueur. Chiffrez votre cas avec notre simulateur d'indemnité de licenciement. Le départ volontaire à la retraite (article 9) est en revanche mieux traité que le minimum légal : 1 mois de salaire après 10 ans (contre 0,5), 2 mois après 20 ans (contre 1,5) et 3 mois après 30 ans (contre 2), calculés sur la moyenne des 12 derniers mois — ou des 3 derniers si c'est plus favorable.
10. Maladie, prévoyance, mutuelle
Le maintien de salaire en cas d'arrêt maladie suppose 1 an d'ancienneté : l'employeur complète alors les indemnités journalières de la Sécurité sociale en deux périodes — à 90 % puis 80 % de la rémunération brute, sur des durées qui progressent avec l'ancienneté. Ce taux de 80 % en seconde période est plus favorable que les deux tiers prévus par la loi ; les durées exactes par tranche d'ancienneté figurent dans le texte consolidé, auquel il faut se reporter pour votre cas. S'y ajoutent les régimes de branche : la prévoyance issue de l'accord du 16 mars 2009 (indemnités journalières complémentaires, invalidité, capital décès, rente éducation, et pour les cadres la cotisation employeur de 1,50 % de la tranche A affectée en priorité au décès) et la complémentaire santé obligatoire issue de l'accord du 7 octobre 2015, modifié en dernier lieu par l'avenant n° 5 du 6 juin 2024 (étendu par arrêté du 25 septembre 2024), financée au moins à 50 % par l'employeur. La branche n'impose pas d'assureur : les offres « conformes CCN 3032 » du marché ne sont pas des recommandations officielles.
11. Ce qui bouge dans la branche
La branche — où siègent notamment la CNAIB-SPA côté instituts et les organisations de l'enseignement privé esthétique — révise ses minima à un rythme quasi annuel : grille au 1ᵉʳ janvier 2025 (avenant n° 38, étendu en décembre 2024), puis grille au 1ᵉʳ juin 2026 (avenant n° 43, étendu le 18 mai 2026). Le rattrapage immédiat des coefficients 135 et 150 par le SMIC du 1ᵉʳ juin déclenche l'obligation légale de renégocier — l'arrêté d'extension le vise expressément — et rend une nouvelle grille probable fin 2026 ou début 2027. À suivre également : un avenant maternité-parentalité signé le 25 novembre 2025, en attente d'extension, la définition des assimilés cadres (avenant n° 39, étendu fin 2024) et le transfert de la collecte du paritarisme à l'OPCO EP (avenant n° 40, 2025). Le rapport de branche 2024 dresse le portrait d'un secteur de 62 200 salariés dont 64 % travaillent dans des entreprises de moins de 10 personnes — un tissu de TPE où la convention collective est souvent le seul filet social effectif. Nous mettrons cette page à jour à chaque avenant étendu.
12. Questions fréquentes
13. Sources officielles
- CCN de l'esthétique-cosmétique et de l'enseignement technique et professionnel lié aux métiers de l'esthétique et de la parfumerie du 24 juin 2011 (Légifrance, IDCC 3032, brochure 3123) — art. 10 (dimanche, fériés, congés) · art. 9 (départ à la retraite) · avenant n° 31 du 14 avril 2022 (préavis, indemnité de licenciement)
- Avenant n° 43 du 22 janvier 2026 relatif aux salaires (+1,83 %), étendu par arrêté du 18 mai 2026 (JORF du 28 mai 2026), effet au 1ᵉʳ juin 2026 — avec réserve de renégociation (article L2241-10) pour les coefficients passés sous le SMIC · avenant n° 38 du 17 septembre 2024 (grille 2025), étendu par arrêté du 11 décembre 2024
- Accord du 28 janvier 2010 relatif à la durée du travail (contingent 200 h) · accord prévoyance du 16 mars 2009 · accord frais de santé du 7 octobre 2015, modifié par l'avenant n° 5 du 6 juin 2024, étendu par arrêté du 25 septembre 2024
- Fiche IDCC 3032 — Code du travail numérique (Ministère du Travail) · CNAIB-SPA (grilles et rapport de branche 2024 : 62 200 salariés fin 2023) · SMIC au 1ᵉʳ juin 2026 : arrêté du 22 mai 2026 (JORF du 24 mai 2026)
Données vérifiées le 7 août 2026 sur les textes officiels (grilles recoupées sur deux sources concordantes avec l'arrêté d'extension ; barème d'ancienneté recoupé sur trois sources dont la CNAIB). Les durées exactes du maintien maladie par tranche d'ancienneté figurent dans le texte consolidé. Ce site n'est pas un site gouvernemental : pour un conseil individuel, rapprochez-vous de vos représentants du personnel, d'un syndicat ou d'un avocat en droit social.