Convention Négoce de l'Ameublement 2026 (IDCC 1880) : Salaires et Droits en Magasin de Meubles

Mise à jour : 07/08/2026 Convention collective

Vendeur-conseil dans un magasin de meubles ou de literie, concepteur-vendeur chez un cuisiniste, chauffeur-livreur-monteur, magasinier d'un entrepôt d'ameublement, technicien SAV, chef de rayon ou directeur de magasin : tous relèvent de la convention collective nationale du négoce de l'ameublement du 31 mai 1995 (IDCC 1880, brochure 3056), qui couvre le commerce de détail et de gros du meuble, de la literie, des cuisines, des luminaires et des tapis — un secteur structuré autour de grandes enseignes spécialisées et d'un maillage de magasins indépendants.

C'est une convention taillée pour les réalités du commerce spécialisé : une grille unique de 9 groupes et 25 niveaux valable du magasinier au directeur, des garanties spécifiques pour les vendeurs payés à la commission — dont beaucoup ignorent que le minimum conventionnel leur reste opposable —, un dimanche exceptionnel payé double avec repos compensateur encadré par des accords départementaux de fermeture dominicale, et une prime d'ancienneté qui grimpe jusqu'à 15 %. Elle a aussi ses absences notables : aucun 13ᵉ mois conventionnel, une indemnité de licenciement calée sur le légal — mais une indemnité de départ à la retraite nettement plus favorable, surtout pour les cadres.

Ce guide publie la grille complète issue de l'accord du 19 mars 2026 (étendu en juin 2026), explique ce qui entre — ou pas — dans le calcul de votre minimum, détaille les droits des commissionnés, les congés, la maladie et les règles de rupture, avec les références d'articles pour tout vérifier. Comme toujours : uniquement des valeurs sourcées sur les textes officiels.

ÉTAPE 0 : Qui relève de l'IDCC 1880 (et qui n'en relève pas) ?

Le critère est l'activité principale réelle : le négoce — la vente — de meubles et d'équipement de la maison, du détail à l'entrepôt :

🛋️ Magasins de meubles et literie Commerce de détail de l'ameublement, sièges, matelas (NAF 47.59A notamment)
🍳 Cuisinistes et aménagement Vente et conception de cuisines — la branche a créé un CQP « vendeur conseil cuisines et aménagement intérieur »
📦 Gros, entrepôts, luminaires, tapis Commerce de gros de l'ameublement, entrepôts, négoce de luminaires, tapis et revêtements

⚠️ N'en relèvent pas : la fabrication de meubles, qui dépend de la convention de la fabrication de l'ameublement (IDCC 1411) ; les grandes surfaces de bricolage (IDCC 1606) ; le commerce d'électroménager et d'équipement audiovisuel (IDCC 1686) ; et les VRP statutaires, expressément exclus par l'article 1ᵉʳ. Un magasin d'usine d'un fabricant suit l'activité principale de l'entreprise. En cas de doute, l'IDCC appliqué figure obligatoirement sur votre bulletin de paie (article R3243-1 du Code du travail).

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1. La grille des 9 groupes et 25 niveaux (accord du 19 mars 2026)

La classification, issue de l'avenant du 17 janvier 2001, est l'une des plus simples du commerce : une grille unique pour tous les métiers, du groupe 1 (emplois d'exécution) au groupe 9 (direction), chaque groupe comptant 2 ou 3 niveaux. Le positionnement se fait sur 5 critères classants d'égale importance — autonomie, connaissances, complexité, impact, information-communication — appliqués aux emplois repères de la branche (vendeur, chauffeur-livreur, magasinier, technicien SAV, chef de rayon, directeur de magasin…). Les minima en vigueur résultent de l'accord du 19 mars 2026 (revalorisation moyenne d'environ 2 %, qui annule et remplace la grille de mai 2024), signé par la CNEF côté employeurs : applicable au 1ᵉʳ mai 2026 pour ses adhérents, il a été étendu par arrêté du 11 juin 2026 (JORF du 27 juin 2026) et s'impose depuis à toutes les entreprises de la branche. Aucun avenant salaires plus récent n'était signé au 7 août 2026.

Groupe · niveau Repère indicatif Minimum au 01/05/2026
1Emploi d'exécution (agent de nettoyage…)1 830 € 1 867,02 € (SMIC)*
2.1Employé débutant1 835 € 1 867,02 € (SMIC)*
2.2Employé (caisse, administratif)1 839 € 1 867,02 € (SMIC)*
2.3Employé confirmé1 845 € 1 867,02 € (SMIC)*
3.1Magasinier, chauffeur-livreur1 863 € 1 867,02 € (SMIC)*
3.2Vendeur débutant1 885 €
3.3Vendeur1 916 €
4.1Vendeur confirmé, technicien SAV1 956 €
4.2Vendeur qualifié1 986 €
4.3Vendeur hautement qualifié2 016 €
5.1Vendeur expert, ébéniste2 098 €
5.2Agent de maîtrise2 139 €
5.3Chef de dépôt2 244 €
6.1Chef de rayon2 395 €
6.2Maîtrise confirmée2 468 €
6.3Responsable de secteur2 541 €
7.1Cadre débutant2 725 €
7.2Cadre3 129 €
7.3Cadre confirmé3 354 €
8.1Directeur de magasin3 545 €
8.2Directeur confirmé3 862 €
9.1Cadre supérieur4 507 €
9.2Cadre de direction4 970 €

Salaires minima bruts mensuels, base 151,67 h. Accord du 19 mars 2026 relatif aux salaires minima pour 2026, étendu par arrêté du 11 juin 2026 (JORF du 27 juin 2026), effet au 1ᵉʳ mai 2026 — conteneur Légifrance de la CCN 1880. Repères indicatifs d'après les emplois repères de l'avenant classification du 17 janvier 2001.

* Cinq niveaux sous le SMIC — et une règle d'assiette à connaître

Le SMIC du 1ᵉʳ juin 2026 (1 867,02 €, arrêté du 22 mai 2026) a rattrapé le groupe 1, tout le groupe 2 et le niveau 3.1 : pour ces salariés, l'employeur doit verser au moins le SMIC. Autre point décisif (article 30) : le minimum conventionnel s'apprécie hors prime d'ancienneté, majorations de nuit/dimanche/férié, heures supplémentaires et remboursements de frais — mais les commissions et gueltes comptent dans l'assiette. Et si vous êtes occupé plus de 50 % de votre temps sur un emploi d'une qualification supérieure, c'est le minimum de cette catégorie supérieure qui vous est dû.

2. Simulateur : votre minimum + prime d'ancienneté

Choisissez votre groupe et votre ancienneté : le simulateur applique le plancher SMIC et le barème exact de la prime d'ancienneté de l'article 32 (réservée aux ouvriers, employés, techniciens et agents de maîtrise — les cadres ont des congés supplémentaires à la place).

Votre situation

0 an5 ans20 ans
MINIMUM MENSUEL BRUT (2026)
--

minimum conventionnel + prime d'ancienneté


--
--
--
--

Estimation indicative (net ≈ 78 % du brut). Prime calculée sur le minimum conventionnel du niveau, non due aux cadres (congés supplémentaires à la place). Vos commissions entrent dans l'atteinte du minimum, la prime d'ancienneté s'y ajoute.

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3. Vendeurs commissionnés : vos garanties méconnues

Dans l'ameublement, une grande partie des vendeurs est rémunérée au fixe + commissions (ou « gueltes »). La convention ne crée pas de statut spécifique du commissionné, mais elle pose des garde-fous que peu de salariés connaissent. D'abord, le minimum conventionnel de votre niveau vous est opposable quel que soit votre mode de rémunération : les commissions comptent dans l'assiette de comparaison (article 30), et si un mois de faible activité ne vous amène pas au minimum — ou au SMIC —, l'employeur doit compléter. Ensuite, tout ce qui se calcule sur « votre salaire » intègre la part variable via la moyenne des 12 derniers mois : maintien de salaire maladie (article 36), indemnités de rupture (article 43), congés payés. Un vendeur en arrêt maladie ne perd donc pas ses commissions moyennes.

Enfin, les majorations des dimanches et jours fériés sont exprimées en garantie plancher pour les commissionnés : un dimanche exceptionnel travaillé rapporte au moins le double de votre rémunération horaire moyenne des 12 derniers mois (article 33 B), un jour férié travaillé au moins 1,5 fois cette moyenne (article 33 C) — commission comprise, donc, et non sur le seul fixe. À l'embauche, vérifiez trois choses sur le contrat : votre groupe/niveau de classification, le taux et l'assiette des commissions, et la référence à la CCN 1880. Les VRP statutaires, eux, sont hors du champ de la convention et relèvent de leur statut propre.

4. Primes réelles — et le faux 13ᵉ mois

Le pilier des compléments de branche est la prime d'ancienneté (article 32), due aux ouvriers, employés, techniciens et agents de maîtrise à partir de 3 ans d'ancienneté. Son barème est un escalier à paliers — et non une progression annuelle continue, contrairement à ce que laissent entendre certains résumés : 3 % à 3 ans, 4 % à 4 ans, 5 % à 5 ans, 6 % à 6 ans, puis un saut tous les trois ans — 9 % à 9 ans, 12 % à 12 ans, 15 % à 15 ans (plafond). Elle se calcule sur le minimum conventionnel de votre coefficient (pas sur le salaire réel ni les commissions), est attribuée le 1ᵉʳ jour du mois qui suit l'acquisition du palier, se proratise à temps partiel et doit apparaître sur une ligne distincte du bulletin. Un vendeur au niveau 3.3 avec 12 ans de maison touche ainsi 1 916 € × 12 % = 229,92 € de prime mensuelle. Les cadres n'y ont pas droit : ceux qui n'ont pas de prime intégrée bénéficient en compensation de congés supplémentaires (1 jour après 5 ans, 2 jours après 10 ans).

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Pas de 13ᵉ mois conventionnel

Aucune disposition de la CCN 1880 ne prévoit de 13ᵉ mois ni de prime de vacances. Si votre enseigne en verse un, il vient d'un accord d'entreprise, de votre contrat ou d'un usage — pas de la branche.

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Médailles d'honneur du travail

L'accord du 14 juin 2018 (étendu) garantit une gratification nette : 100 € pour la médaille d'argent (20 ans), 150 € vermeil (30 ans), 200 € or (35 ans), 250 € grande or (40 ans).

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Frais de repas en déplacement

Un repas pris à l'extérieur par nécessité de service (livraison, tournée) est remboursé sur justificatifs dans la limite de 4 fois le minimum garanti (article 31). La branche a aussi un accord facilitant la prime de partage de la valeur (accord du 23 octobre 2025, étendu en avril 2026).

5. Dimanche payé double, jours fériés, travail de nuit

Le meuble est l'un des secteurs emblématiques de la question dominicale — et sa convention est plus protectrice que beaucoup d'autres branches du commerce. Pour tout travail exceptionnel du dimanche, dans le cadre des dérogations légales, l'article 33 B garantit une majoration de 100 % — au moins le double de la rémunération horaire moyenne des 12 derniers mois pour les commissionnés — plus un repos compensateur équivalent aux heures travaillées. La branche a en outre signé de nombreux accords départementaux de fermeture dominicale (Hérault, Isère, Gironde, Ille-et-Vilaine, Haute-Garonne, Vendée, Aisne…) qui limitent les ouvertures à une poignée de dimanches par an et posent le principe du volontariat : le refus de travailler un dimanche ne peut motiver ni sanction ni licenciement. Le régime réel dépend donc aussi de votre département — renseignez-vous sur l'accord local applicable.

Côté jours fériés (article 33 C) : outre le 1ᵉʳ mai chômé et payé, la convention garantit 3 fériés légaux chômés payés par an — choisis par l'employeur avant le 1ᵉʳ février après consultation des représentants du personnel — portés à 4 dans les établissements de plus de 20 salariés et 5 au-delà de 30. Un férié travaillé est majoré de 50 % (garantie 1,5 fois la moyenne pour les commissionnés). Le travail de nuit (21 h - 6 h), exceptionnel dans ce secteur, est également majoré par l'article 33 A — son extension étant assortie de réserves légales, reportez-vous au texte pour votre situation. Calculez vos heures majorées avec notre outil de majorations dimanche/nuit/férié.

6. Temps partiel : un régime de branche complet

L'accord du 20 mai 2014 (étendu) organise le temps partiel du secteur — fréquent en caisse et en administratif. Il autorise une durée minimale dérogatoire de 16 heures par semaine (au lieu des 24 heures légales) dans des cas encadrés, notamment sur demande écrite et motivée du salarié. En contrepartie, il borne l'organisation : une seule interruption d'activité par jour, limitée à 2 heures, des heures complémentaires plafonnées au tiers de la durée contractuelle et majorées 10 % dès la première heure (25 % au-delà du dixième), et des compléments d'heures par avenant également majorés de 10 %. Si vous êtes à temps partiel subi, ces règles sont vos leviers : un employeur qui multiplie les coupures ou les heures complémentaires non majorées est en infraction avec l'accord de branche.

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7. Congés : ancienneté, famille, enfant malade

Aux 5 semaines légales, la convention ajoute des congés d'ancienneté : 1 jour à partir de 15 ans, 2 jours à partir de 20 ans, 3 jours à partir de 25 ans (article 37 C), indemnisés s'ils ne peuvent être pris. Détail apprécié des salariés rappelés en pleine plage estivale : un rappel en cours de congé ouvre droit à 1 jour supplémentaire (si vous aviez plus de 2 jours de présence) ou 2 jours (plus de 10 jours), frais de déplacement remboursés. L'indemnité de congés retient la formule la plus favorable entre le dixième et le maintien de salaire — moyenne des 12 derniers mois incluse pour les commissionnés.

Les congés pour événements familiaux (article 38.1, rédaction issue de l'avenant du 29 mars 2017) sont accordés sans condition d'ancienneté : mariage ou PACS 4 jours (5 jours après un an d'ancienneté), naissance ou adoption 3 jours, mariage d'un enfant 2 jours, décès du conjoint, du partenaire, du concubin ou d'un enfant 5 jours (pour le décès d'un enfant, la loi — jusqu'à 7 jours ouvrés si l'enfant avait moins de 25 ans, plus le congé de deuil — s'applique si plus favorable), décès des parents, beaux-parents, frères et sœurs 3 jours, autre ascendant ou descendant 1 jour — le tout majoré d'1 jour si l'événement impose un déplacement de plus de 300 km. La branche a aussi ses touches sociales : 2 heures rémunérées pour la rentrée scolaire (maternelle, CP, 6ᵉ), 2 jours en cas d'annonce d'un handicap chez un enfant, 1 jour de déménagement après un an d'ancienneté, et un dispositif de don de jours de repos. Le congé enfant malade (article 38.2) reste en revanche non rémunéré : 4 jours par an (5 si l'enfant a moins d'un an ou en présence de 3 enfants de moins de 16 ans), plus 4 jours en cas d'hospitalisation.

8. Période d'essai et préavis

Catégorie Essai initial Avec renouvellement (max)
Ouvriers / Employés1 mois2 mois
Techniciens / Agents de maîtrise2 mois4 mois
Cadres3 mois6 mois
Préavis (art. 41) < 2 ans d'ancienneté ≥ 2 ans
Ouvriers / Employés / TAM (démission comme licenciement)1 mois2 mois
Cadres3 mois3 mois

CCN 1880, art. 19 (essai, rédaction de l'avenant du 24 juin 2009) et art. 41 (préavis) ; avenant Cadres du 31 mai 1995, art. 3 et 7. L'essai conventionnel initial est plus court que les plafonds légaux pour les trois catégories ; le renouvellement doit être écrit, et pour les cadres notifié 2 semaines avant la fin de l'essai initial. Un stage de fin d'études est déduit de l'essai (dans la limite de la moitié).

Pendant le préavis, la convention accorde des heures de recherche d'emploi rémunérées généreuses : 24 heures par mois pour les ouvriers, employés et agents de maîtrise (groupables en demi-journées) et 50 heures par mois pour les cadres. Le point de départ du préavis est la première présentation de la lettre recommandée, et il ne se cumule pas avec les congés payés. Visualisez vos dates avec notre calculateur de préavis.

9. Licenciement au niveau légal — mais une retraite bien mieux payée

Soyons directs : l'indemnité conventionnelle de licenciement (article 43) n'apporte rien de plus que la loi — même formule (1/5 de mois par année, plus 2/15 au-delà de 10 ans), avec un salaire de référence calculé sur les 3 ou 12 derniers mois selon le plus favorable, part variable incluse. Utilisez notre simulateur d'indemnité de licenciement pour la chiffrer. Le vrai avantage de la branche est ailleurs : l'indemnité de départ volontaire à la retraite dépasse nettement le barème légal. Pour les non-cadres (article 44), elle démarre à 0,3 mois après 5 ans, atteint 1 mois à 15 ans, 1,5 mois à 20 ans, puis progresse de +0,1 mois par année au-delà (2,5 mois à 30 ans, contre 2 au légal). Pour les cadres (avenant Cadres, article 9), le barème s'envole : 2 mois à 10 ans, puis +0,2 par an jusqu'à 6 mois de salaire à 30 ans — le triple du légal — et encore +0,2 par année au-delà.

Départ volontaire à la retraite : conventionnel vs légal

Indemnité due (la plus favorable) --
Barème conventionnel : --
Barème légal (D1237-1) : --

Estimation pour un départ volontaire à la retraite (base : salaire moyen le plus favorable, part variable comprise). La mise à la retraite par l'employeur suit d'autres règles.

10. Maladie, prévoyance et mutuelle

Le maintien de salaire des non-cadres (article 36) exige 1 an d'ancienneté et la prise en charge par la Sécurité sociale. L'indemnisation démarre au 4ᵉ jour d'arrêt (maladie et accident de trajet) mais dès le 1ᵉʳ jour en accident du travail ou maladie professionnelle, en pourcentage du salaire que vous auriez perçu — part variable comprise via la moyenne des 12 derniers mois, déduction faite des IJSS et des prestations de prévoyance financées par l'employeur. Les cadres sont indemnisés sans carence, avec des paliers propres (jusqu'à 60 jours à 100 % + 30 jours à 90 % après 8 ans). La convention y ajoute une garantie d'emploi pendant la maladie : 6 mois entre 1 et 5 ans d'ancienneté, 1 an au-delà de 5 ans (article 35).

Ancienneté (non-cadres) Indemnisation (après déduction des IJSS)
1 à 3 ans30 jours à 90 % + 30 jours à 70 %
3 à 5 ans60 jours à 90 %
5 ans et plus75 jours à 100 %
28 ans et plus80 jours à 100 %
33 ans et plus90 jours à 100 %
+ 30 jours à 70 % par période de 5 ans d'ancienneté (dans la limite de 90 jours supplémentaires)

CCN 1880, art. 36 (rédaction en vigueur au 1ᵉʳ juillet 2010) — texte sur Légifrance. Cadres : avenant Cadres, art. 6.

Côté protection sociale complémentaire, la branche a un régime de prévoyance historique (accord du 29 mai 1989, dernier avenant tarifaire n° 10 de 2020) : cotisation globale de 1,69 % du salaire brut, répartie 0,89 % employeur / 0,80 % salarié — avec une particularité à connaître, la garantie incapacité (0,61 %) est intégralement à la charge du salarié. Les organismes historiques de branche sont AG2R Prévoyance et l'OCIRP (rentes de conjoint et d'éducation), les clauses de désignation n'étant toutefois plus opposables depuis 2013 : l'entreprise garde le libre choix de l'assureur à garanties équivalentes. Les frais de santé relèvent de l'accord du 30 juin 2015 (complété « 100 % santé » en 2019) : mutuelle obligatoire de branche financée au moins à 60 % par l'employeur. Un accord du 10 septembre 2024 a mis les catégories de bénéficiaires en conformité avec les règles des « catégories objectives ».

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11. Ce qui bouge dans la branche

La branche a changé de visage côté patronal : la CNEF (Confédération nationale de l'équipement du foyer), adhérente à la convention depuis juillet 2023, a pris le relais de la FNAEM — c'est elle qui a signé seule l'accord salaires 2026. La négociation est active : accord salaires du 19 mars 2026 étendu en juin, accord prime de partage de la valeur du 23 octobre 2025 étendu par arrêté du 26 mars 2026, avenant dialogue social étendu en février 2026, accords participation et intéressement « clés en main » (novembre 2024) et épargne salariale (2023-2024) pour équiper les petites structures. En toile de fond, un serpent de mer : le projet de convention collective commune de l'« équipement de la maison » avec la branche du commerce d'électroménager (IDCC 1686), engagé dès 2018-2019 et resté inabouti à ce jour — s'il ressurgissait, il pourrait à terme redessiner la couverture conventionnelle du secteur. Nous mettrons cette page à jour à chaque avenant étendu.

12. Questions fréquentes

Celle de l'accord du 19 mars 2026 (+2 % en moyenne), applicable au 1ᵉʳ mai 2026 et étendu par arrêté du 11 juin 2026 (JORF du 27 juin) : 9 groupes et 25 niveaux, de 1 830 € (groupe 1) à 4 970 € brut mensuel (groupe 9 niveau 2). Les 5 premiers niveaux sont sous le SMIC du 1ᵉʳ juin 2026 (1 867,02 €) : c'est alors le SMIC qui s'applique.

Barème de l'article 32, par paliers : 3 % à 3 ans, 4 % à 4 ans, 5 % à 5 ans, 6 % à 6 ans, puis 9 % à 9 ans, 12 % à 12 ans et 15 % à 15 ans (plafond). Elle se calcule sur le minimum conventionnel de votre coefficient — pas sur le salaire réel — et doit figurer sur une ligne distincte du bulletin. Les cadres n'y ont pas droit (congés supplémentaires à la place).

Le minimum conventionnel de votre niveau vous reste dû quel que soit le mode de rémunération : si les commissions ne l'atteignent pas, l'employeur complète. Maladie, congés et indemnités de rupture intègrent votre variable via la moyenne des 12 derniers mois. Dimanche exceptionnel : au moins le double de votre moyenne horaire ; férié travaillé : au moins 1,5 fois.

Oui, pour le travail exceptionnel du dimanche : majoration de 100 % + repos compensateur équivalent (article 33 B). De nombreux accords départementaux de la branche organisent en outre la fermeture dominicale et posent le volontariat : le refus de travailler un dimanche ne peut justifier ni sanction ni licenciement. Le régime précis dépend de votre département.

Non — aucun 13ᵉ mois ni prime de vacances dans la CCN 1880. Les avantages de branche sont ailleurs : prime d'ancienneté jusqu'à 15 %, congés d'ancienneté (1 à 3 jours après 15/20/25 ans), dimanche double, gratifications de médaille du travail (100 à 250 €) et indemnité de départ à la retraite supérieure au légal. Un 13ᵉ mois éventuel relève de votre enseigne.

Avec 1 an d'ancienneté, complément employeur à partir du 4ᵉ jour (dès le 1ᵉʳ jour en AT/MP, et sans carence pour les cadres) : 30 jours à 90 % + 30 jours à 70 % (1-3 ans), 60 jours à 90 % (3-5 ans), 75 jours à 100 % au-delà de 5 ans, renforcé après 28 et 33 ans. Votre part variable est intégrée via la moyenne des 12 derniers mois, et vous bénéficiez d'une garantie d'emploi de 6 mois à 1 an.

Par l'activité principale réelle de l'entreprise : vente de meubles, literie, cuisines, luminaires, tapis (détail, gros, entrepôts) → IDCC 1880 ; fabrication de meubles → IDCC 1411 ; grandes surfaces de bricolage → IDCC 1606 ; électroménager → IDCC 1686. Les VRP statutaires sont hors champ. L'IDCC appliqué figure sur votre bulletin de paie.

13. Sources officielles

Données vérifiées le 7 août 2026 sur les textes officiels (grille recopiée du texte conventionnel de l'accord du 19 mars 2026, barèmes recopiés des articles cités). Ce site n'est pas un site gouvernemental : pour un conseil individuel, rapprochez-vous de vos représentants du personnel, d'un syndicat ou d'un avocat en droit social.

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