Avantages en nature · 2026

Titres-restaurant

Titres-restaurant — part patronale, part salariale et retenue sur le net

La retenue « titres-restaurant » de votre bulletin n'est pas une cotisation : c'est votre quote-part (40 à 50 % de la valeur des titres), prélevée après le calcul du net imposable. En face, la part payée par l'employeur est exonérée de cotisations et d'impôt jusqu'à 7,32 € par titre en 2026, à condition de représenter 50 à 60 % de la valeur du titre.

Catégorie Avantages en nature
Taux salarial part salariale 40 à 50 % de la valeur, retenue sur le net à payer
Taux patronal part patronale 50 à 60 %, exonérée jusqu'à 7,32 €/titre (2026)
Assiette Valeur faciale du titre, cofinancée par l'employeur et le salarié
Plafond 7,32 € par titre en 2026 (7,26 € en 2025) — valeur du titre de 12,20 € à 14,64 € pour une exonération maximale
Millésime 2026

Comment cette ligne apparaît sur votre bulletin

Titres-restaurant Tickets restaurant Titre restaurant TR Part salariale TR

Qu'est-ce que c'est ?

Les titres-restaurant (couramment « tickets restaurant ») sont un avantage facultatif permettant au salarié de payer ses repas. Ils sont cofinancés : l'employeur prend en charge 50 à 60 % de la valeur du titre, le salarié paie le reste.

Pourquoi voyez-vous une retenue « titres-restaurant » sur votre bulletin ? Parce que vous financez vous-même 40 à 50 % de vos titres. Cette ligne n'est pas une cotisation : c'est le prélèvement de votre quote-part, opéré après le calcul du net imposable, tout en bas du bulletin. Elle réduit votre net à payer, mais elle ne réduit ni votre brut, ni votre net imposable, ni vos droits sociaux.

La contrepartie est nettement à votre avantage : la part payée par l'employeur est exonérée de cotisations sociales et d'impôt sur le revenu, dans la limite de 7,32 € par titre en 2026 (7,26 € en 2025). C'est un complément de pouvoir d'achat que vous ne verrez jamais dans votre brut — et sur lequel vous ne serez jamais imposé.

Sur le bulletin, la ligne apparaît sous des libellés variables selon le logiciel de paie : « Titres-restaurant », « Tickets restaurant », « Part salariale TR », « Retenue TR », parfois simplement « TR » suivi du nombre de titres du mois.

Comment c'est calculé ?

Deux règles distinctes commandent l'exonération de la part patronale, et c'est leur confusion qui explique la plupart des redressements Urssaf. Il faut respecter les deux en même temps.

Règle 1 — la fourchette (une condition)

La participation de l'employeur doit représenter entre 50 % et 60 % de la valeur du titre. C'est une condition d'accès à l'exonération : hors de cette fourchette, la participation patronale perd le bénéfice de l'exonération et est réintégrée dans l'assiette des cotisations.

Règle 2 — le plafond (un écrêtement)

La part patronale n'est exonérée que jusqu'à 7,32 € par titre en 2026. Au-delà, seul l'excédent est réintégré dans l'assiette des cotisations : l'exonération n'est pas perdue, elle est plafonnée.

Les chiffres 2026

Élément202420252026
Plafond d'exonération de la part patronale, par titre7,18 €7,26 €7,32 €
Valeur du titre permettant l'exonération maximale11,97 € à 14,36 €12,10 € à 14,52 €12,20 € à 14,64 €
Participation de l'employeur exigéeentre 50 % et 60 % de la valeur du titre
Plafond d'utilisation par jour25 €

Plafond 2026 applicable aux titres émis à compter du 1er janvier 2026. Source : service-public.gouv.fr — Titres-restaurant : augmentation du plafond d'exonération (publié le 07/01/2026) et Urssaf.

La fourchette et le plafond ne disent pas la même chose. Un titre de 20 € avec 60 % de participation respecte la fourchette, mais la part patronale (12 €) dépasse largement le plafond : 7,32 € restent exonérés, 4,68 € par titre repartent dans le brut. À l'inverse, un titre de 10 € avec 70 % de participation reste sous le plafond (7 €) mais sort de la fourchette — et l'exonération est perdue.

Décoder la ligne de votre bulletin

Renseignez ce que prévoit votre entreprise : l'outil reconstitue les trois informations que votre bulletin ne détaille jamais — ce qui vous est retenu sur le net, ce que l'employeur paie en franchise de cotisations, et l'éventuel excédent réintégré dans votre brut.

Ma ligne « titres-restaurant » ce mois-ci — barème 2026

Calcul indicatif au barème 2026 (plafond d'exonération 7,32 €/titre). Le nombre de titres dépend de vos jours de travail effectifs comportant une pause repas : seul votre service paie connaît le décompte retenu.

Pour comparer plusieurs valeurs faciales, chiffrer le coût employeur annuel ou mesurer l'économie par rapport à une prime équivalente, utilisez le calculateur de tickets-restaurant, plus complet sur le volet budgétaire.
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Qui fait quoi ?

Le titre-restaurant est le seul élément du bulletin où salarié et employeur paient chacun une part de la même chose. D'où une lecture souvent contre-intuitive.

La part employeur (50 à 60 %) — invisible et non imposée

  • Exonérée de cotisations sociales jusqu'à 7,32 € par titre en 2026, sous réserve du respect de la fourchette 50-60 %
  • Exonérée d'impôt sur le revenu : elle n'entre pas dans votre net imposable et n'est pas à déclarer
  • Elle n'apparaît généralement pas comme une ligne chiffrée sur votre bulletin : c'est un coût employeur, pas un élément de votre rémunération
  • L'excédent éventuel au-delà du plafond est réintégré dans le brut et supporte alors cotisations, CSG-CRDS et impôt

La part salarié (40 à 50 %) — la retenue que vous voyez

  • Déduite du net à payer, en bas du bulletin, après le calcul du net imposable
  • Ce n'est ni une cotisation, ni une charge sociale : c'est l'achat de vos titres, prélevé sur salaire pour vous éviter de les payer de votre poche
  • Elle ne réduit pas votre net imposable : vous êtes imposé sur un revenu dont cette somme a été retirée du versement
  • Elle n'a aucun effet sur vos droits à la retraite, au chômage ou à la maladie

Où la ligne se situe exactement sur le bulletin

Étage du bulletinLes titres-restaurant y figurent-ils ?
Salaire brutNon — sauf excédent de part patronale au-delà du plafond, qui y est réintégré
Cotisations salariales et patronalesNon — la part salariale n'est pas une cotisation
Net imposableNon — la retenue intervient après, elle ne le diminue pas
Net à payer avant impôt / Net à payerOui — c'est ici que la retenue apparaît et diminue le versement

Combien de titres, et ce qui les fait varier

La règle est d'un titre par jour de travail effectif comportant une pause repas. Le nombre de titres varie donc chaque mois, ce qui explique qu'une retenue change d'un bulletin à l'autre sans que rien d'autre n'ait bougé :

  • Congés payés, RTT, absences, arrêt maladie : pas de titre pour ces jours
  • Jours de télétravail : titre dû dans les mêmes conditions qu'un jour sur site, dès lors que la journée comporte une pause repas
  • Déjeuner déjà pris en charge (repas d'affaires remboursé, indemnité de repas, cantine) : pas de cumul pour le même repas
  • Régularisation : les titres étant souvent distribués le mois précédent, un mois d'absence imprévue se rattrape par une régularisation sur le bulletin suivant

L'avantage est facultatif pour l'employeur. S'il le met en place, il doit en faire bénéficier tous les salariés dans les mêmes conditions. La part exonérée est déclarée en DSN.

À quoi ça sert ?

Les titres-restaurant financent le repas des salariés qui ne disposent pas d'un restaurant d'entreprise. Leur intérêt réel tient à un mécanisme fiscal simple : l'employeur vous verse un avantage sur lequel personne ne prélève rien.

Pourquoi c'est plus avantageux qu'une prime

Comparez, pour un employeur qui veut vous donner 146 € par mois (20 titres à 7,32 € de part patronale) :

  • En titres-restaurant : les 146 € arrivent intacts, sans cotisations salariales, sans CSG-CRDS et sans impôt sur le revenu
  • En prime : les mêmes 146 € bruts supportent les cotisations salariales puis l'impôt — il en reste couramment 80 à 105 € selon votre taux de prélèvement à la source

La contrepartie est l'affectation : un titre-restaurant ne s'utilise que pour se nourrir, dans un réseau d'enseignes acceptées et dans une limite journalière.

Les règles d'utilisation à connaître

  • 25 € par jour maximum de paiement en titres-restaurant
  • Jours ouvrables uniquement : usage interdit les dimanches et jours fériés, sauf pour les salariés qui travaillent ces jours-là
  • Tout produit alimentaire jusqu'au 31 décembre 2026 : la dérogation permettant d'acheter des produits non directement consommables (pâtes, riz, farine, œufs) en grande distribution a été prolongée jusqu'à cette date. Sans nouvelle prolongation, l'usage redeviendra limité aux repas et aux produits directement consommables
  • Validité : les titres d'une année civile restent utilisables jusqu'à la fin du mois de février suivant ; passé ce délai, ils peuvent être échangés auprès de l'émetteur contre des titres de l'année en cours
  • Un titre par repas : ils ne sont pas cessibles et sont strictement personnels

Ne pas confondre avec les autres dispositifs « repas »

DispositifQui paieTraitement sur le bulletin
Titre-restaurantEmployeur 50-60 % + salarié 40-50 %Retenue de la part salariale sur le net à payer
Prime de panier / indemnité de repasEmployeur seulRemboursement de frais, versé au salarié — exonéré dans la limite du barème Urssaf
Avantage en nature repas (cantine, repas fourni)Employeur seulÉvalué forfaitairement et ajouté au brut, donc soumis à cotisations et impôt

Cette distinction a une conséquence concrète : contrairement à l'avantage en nature repas, le titre-restaurant n'augmente pas votre revenu imposable.

Sources : service-public.gouv.fr — plafond d'exonération des titres-restaurant · Urssaf — Titres-restaurant · economie.gouv.fr · article L3262-1 du Code du travail.

Évolutions récentes

Le titre-restaurant est un dispositif ancien, mais ses règles d'usage ont beaucoup bougé depuis 2020 :

  • 1967 : création du titre-restaurant en France, inspiré du luncheon voucher britannique.
  • 2020-2021 : pendant la crise sanitaire, le plafond d'utilisation quotidienne est porté à 38 € dans les restaurants et l'usage est ouvert le week-end, pour soutenir la restauration.
  • 1er octobre 2022 : le plafond d'utilisation quotidienne de droit commun passe de 19 € à 25 € (décret n° 2022-1266).
  • 2022-2024 : une dérogation autorise l'achat de tout produit alimentaire, y compris non directement consommable (pâtes, riz, farine), en grande distribution.
  • Janvier 2025 : cette dérogation est prolongée jusqu'au 31 décembre 2026 par une loi promulguée au Journal officiel du 22 janvier 2025.
  • Dématérialisation : les cartes titres-restaurant remplacent progressivement les carnets papier, ce qui a rendu le plafond de 25 € par jour réellement contrôlable.

Le plafond d'exonération, revalorisé chaque 1er janvier

AnnéePlafond d'exonération de la part patronaleValeur du titre pour une exonération maximale
20247,18 €11,97 € à 14,36 €
20257,26 €12,10 € à 14,52 €
20267,32 €12,20 € à 14,64 €
Deux échéances à surveiller. Le plafond d'exonération est revalorisé chaque 1er janvier : un accord d'entreprise qui fige une valeur faciale finit par décrocher du plafond optimal. Et la dérogation « tous produits alimentaires » s'éteint le 31 décembre 2026 à défaut de nouvelle prolongation.

Sources : service-public.gouv.fr (publié le 07/01/2026) · Urssaf — barème des frais professionnels · economie.gouv.fr.

Cas pratiques

Quatre lectures de bulletin, rejouables dans l'outil ci-dessus.

Cas 1 — La configuration optimale : titre à 12,20 €, employeur à 60 %

C'est le réglage qui épuise exactement le plafond 2026, pour 20 titres dans le mois :

  • Part employeur : 7,32 € par titre, soit 146,40 € — intégralement exonérés de cotisations et d'impôt
  • Part salarié : 4,88 € par titre, soit 97,60 € retenus sur votre net à payer
  • Votre net imposable est inchangé : les 97,60 € sont prélevés après son calcul
  • Bilan : 146,40 € de pouvoir d'achat alimentaire pour 97,60 € décaissés

Cas 2 — Titre à 10 €, participation 50/50 : ce que vous voyez vraiment

  • Part employeur : 5 € par titre (sous le plafond, exonérée) — invisible sur votre bulletin
  • Part salarié : 5 € par titre, soit 100 € retenus pour 20 titres
  • C'est cette ligne de 100 € que beaucoup lisent comme une « charge » supplémentaire : ce n'en est pas une, c'est l'achat de 200 € de titres pour 100 €

Cas 3 — Le plafond est dépassé : titre à 15 €, employeur à 60 %

La fourchette est respectée (60 %), mais la part patronale atteint 9 € par titre, au-delà de la limite de 7,32 € :

  • Fraction exonérée : 7,32 € par titre
  • Excédent réintégré dans le brut : 1,68 € par titre, soit 33,60 € pour 20 titres
  • Ces 33,60 € supportent cotisations salariales et patronales, CSG-CRDS et impôt sur le revenu : ils apparaissent dans votre brut et dans votre net imposable
  • Part salarié retenue sur le net : 6 € × 20 = 120 €

Cas 4 — La fourchette n'est pas respectée : titre à 10 €, employeur à 70 %

La part patronale (7 €) reste sous le plafond, mais la participation dépasse 60 % de la valeur du titre :

  • La condition d'exonération n'est pas remplie : la participation patronale est réintégrée dans l'assiette des cotisations
  • C'est le piège classique de l'employeur « trop généreux » : mieux vaut relever la valeur faciale que la part patronale au-delà de 60 %
  • Pour 7 € de part patronale, le réglage conforme est un titre à 11,67 € au minimum (7 ÷ 0,60)
Le contrôle à faire sur votre bulletin : divisez la retenue du mois par le nombre de titres reçus. Vous obtenez votre part unitaire ; le complément jusqu'à la valeur faciale est la part employeur. Si cette part employeur sort de la fourchette 50-60 % ou dépasse 7,32 €, le montage n'est pas optimal — un sujet à porter à vos représentants du personnel plutôt qu'à votre gestionnaire de paie, qui ne fait qu'appliquer l'accord en place.

Questions fréquentes

Parce que vous en financez 40 à 50 % de la valeur. La ligne que vous voyez en bas de bulletin n'est pas une cotisation : c'est le prélèvement de votre quote-part, qui vous évite d'acheter vos titres de votre poche. Pour 20 titres de 12,20 € financés à 60 % par l'employeur, la retenue est de 97,60 € et vous recevez 244 € de titres.

Non. Elle est prélevée après le calcul du net imposable, tout en bas du bulletin : elle diminue votre net à payer mais pas le revenu sur lequel vous êtes imposé. Elle n'a également aucun effet sur vos droits à la retraite, au chômage ou à la maladie.

7,32 € par titre pour les titres émis à compter du 1er janvier 2026, contre 7,26 € en 2025. Au-delà de ce plafond, seul l'excédent est réintégré dans le brut et soumis à cotisations, CSG-CRDS et impôt sur le revenu.

L'employeur doit financer entre 50 % et 60 % de la valeur du titre. C'est une condition de l'exonération, distincte du plafond : une participation supérieure à 60 % ou inférieure à 50 % fait perdre le bénéfice de l'exonération, même si le montant reste sous les 7,32 €. Pour exonérer 7,32 € tout en respectant la fourchette, la valeur du titre doit se situer entre 12,20 € et 14,64 €.

Un titre par jour de travail effectif comportant une pause repas. Les congés payés, RTT, absences et arrêts maladie n'ouvrent pas droit à un titre, ce qui explique qu'une retenue varie d'un mois à l'autre. Les jours de télétravail, en revanche, donnent droit à un titre dans les mêmes conditions qu'un jour sur site.

Parce que le nombre de titres suit vos jours travaillés. Un mois avec des congés génère moins de titres, donc une retenue plus faible. Les titres étant souvent distribués par avance, un écart entre les titres remis et les jours réellement travaillés donne lieu à une régularisation sur le bulletin suivant.

Non, c'est un avantage facultatif : rien n'oblige un employeur à en proposer. S'il le fait, il doit en faire bénéficier tous les salariés dans les mêmes conditions, y compris les télétravailleurs.

Oui, jusqu'au 31 décembre 2026. La dérogation autorisant l'achat de tout produit alimentaire, y compris non directement consommable, a été prolongée par une loi publiée au Journal officiel du 22 janvier 2025. Sans nouvelle prolongation, l'usage redeviendra limité aux repas et aux produits directement consommables, dans la limite de 25 € par jour.
Information à titre indicatif : les taux, plafonds et assiettes mentionnés sont ceux en vigueur au 2026. Vérifiez systématiquement la dernière version sur BOSS et URSSAF. Pour une analyse personnalisée de votre bulletin, consultez votre service paie ou un expert-comptable.
Page mise à jour le 03/09/2026.