Forfait télétravail
Allocation forfaitaire de télétravail — barème URSSAF 2026 : 2,70 €/jour (3,30 € avec accord collectif)
L'allocation forfaitaire de télétravail rembourse les frais engagés à domicile (électricité, chauffage, internet, fournitures). Elle est exonérée de cotisations et d'impôt jusqu'à 2,70 €/jour ou 11 €/mois par jour de télétravail hebdomadaire — et jusqu'à 3,30 €/jour ou 13,20 €/mois lorsqu'un accord collectif en fixe le montant.
Comment cette ligne apparaît sur votre bulletin
Forfait télétravail Allocation télétravail Indemnité télétravail Frais télétravail Allocation forfaitaire télétravail Remb. frais télétravailQu'est-ce que c'est ?
L'allocation forfaitaire de télétravail est une somme versée par l'employeur pour couvrir les frais professionnels que le salarié engage chez lui : électricité, chauffage, abonnement internet, fournitures, quote-part du logement transformé en espace de travail. Ce n'est pas un complément de salaire mais un remboursement de frais — d'où son traitement particulier sur le bulletin.
On l'appelle couramment prime de télétravail ou indemnité de télétravail, et les bulletins portent l'un ou l'autre libellé. Le mot « prime » est trompeur : une prime est un élément de salaire, soumis à cotisations et à l'impôt, qui entre dans l'assiette des congés payés. Ce n'est pas le cas ici, et c'est toute la différence — y compris le jour où l'URSSAF contrôle.
Dans la limite de barèmes fixés chaque année, cette allocation est exonérée de cotisations sociales et d'impôt sur le revenu, et surtout elle est réputée utilisée conformément à son objet : ni l'employeur ni le salarié n'ont de justificatif à produire. C'est ce qui explique le succès du forfait par rapport au remboursement au réel.
Peut-on se faire rembourser sa facture d'électricité à la place ?
Oui, le remboursement au réel reste possible et n'est pas plafonné par ces barèmes : l'employeur rembourse alors la quote-part professionnelle des dépenses effectivement supportées — électricité, chauffage, internet, voire une fraction du loyer et de la taxe d'habitation résiduelle le cas échéant. En pratique, c'est rarement retenu : il faut produire les factures, établir une clé de répartition défendable (surface dédiée sur surface totale, nombre de jours télétravaillés) et conserver l'ensemble en cas de contrôle. Le forfait dispense de tout cela. Les deux modes ne se cumulent pas sur une même dépense.
Pour chiffrer votre situation, notre simulateur d'indemnité de télétravail applique les deux méthodes forfaitaires et retient la plus favorable.
| Mode de versement | Sans accord collectif | Prévu par accord collectif |
|---|---|---|
| Par jour de télétravail | 2,70 € / jour plafond 59,40 €/mois |
3,30 € / jour plafond 72,60 €/mois |
| Par mois, selon le nombre de jours hebdomadaires | 11 € / mois par jour de télétravail par semaine | 13,20 € / mois par jour de télétravail par semaine |
Le barème majoré s'applique dès lors que le montant de l'allocation est prévu par une convention collective de branche, un accord professionnel ou interprofessionnel, ou un accord de groupe. Beaucoup de salariés y ont droit sans le savoir : vérifiez votre accord d'entreprise ou votre charte de télétravail avant de considérer que 2,70 € est votre plafond.
Au-delà de ces limites, l'excédent n'est pas automatiquement perdu : il reste exonéré si l'employeur est en mesure de justifier les frais réellement engagés. À défaut, il est réintégré dans le brut et soumis à cotisations. Sur le bulletin, la ligne apparaît dans le bloc « Frais professionnels », après le net imposable, et vient s'ajouter au net à payer.
Comment c'est calculé ?
Deux méthodes sont admises, et l'employeur choisit celle qu'il applique. Elles ne se cumulent pas.
Méthode 1 — au nombre de jours réellement télétravaillés
2,70 € par jour de télétravail effectif, dans la limite de 59,40 €/mois (ce plafond correspond à 22 jours). Si le montant est prévu par un accord collectif : 3,30 €/jour, plafond 72,60 €/mois.
Cette méthode suppose de décompter les jours mois par mois. Elle est la plus juste quand le rythme de télétravail varie.
Méthode 2 — au forfait mensuel, selon le rythme hebdomadaire
11 € par mois et par jour de télétravail par semaine : 11 € pour 1 jour/semaine, 22 € pour 2 jours, 33 € pour 3 jours. Avec un accord collectif, la base passe à 13,20 € : 13,20 € pour 1 jour, 26,40 € pour 2 jours, 39,60 € pour 3 jours.
Cette méthode est forfaitaire : elle se verse tous les mois au même montant, sans décompte, tant que le rythme convenu ne change pas.
| Rythme | Sans accord collectif | Avec accord collectif |
|---|---|---|
| 1 jour / semaine | 11,00 €/mois | 13,20 €/mois |
| 2 jours / semaine | 22,00 €/mois | 26,40 €/mois |
| 3 jours / semaine | 33,00 €/mois | 39,60 €/mois |
| 4 jours / semaine | 44,00 €/mois | 52,80 €/mois |
| 5 jours / semaine | 55,00 €/mois | 66,00 €/mois |
Exemple chiffré
Salarié en télétravail 2 jours par semaine, sans accord collectif prévoyant de montant :
- Méthode 2 : 2 × 11 € = 22 €/mois exonérés, versés chaque mois ;
- Méthode 1 : environ 8 jours télétravaillés par mois × 2,70 € = 21,60 €/mois, variable selon le calendrier.
Les deux méthodes aboutissent à des montants voisins. Le forfait mensuel est plus simple à gérer ; le décompte journalier est plus favorable les mois comptant beaucoup de jours télétravaillés.
Et si l'allocation dépasse le barème ?
L'excédent reste exonéré à condition que l'employeur justifie les frais réellement engagés par le salarié — factures d'électricité, d'abonnement internet, quote-part de loyer calculée au prorata de la surface. À défaut de justification, l'excédent est réintégré dans l'assiette des cotisations et devient imposable pour le salarié.
Attention à un point souvent négligé : le matériel mis à disposition (ordinateur, écran, fauteuil, bureau) ne relève pas de l'allocation forfaitaire. Sa prise en charge suit ses propres règles, selon qu'il reste propriété de l'entreprise ou qu'il est acquis par le salarié et remboursé.
Qui fait quoi ?
L'allocation est versée par l'employeur au salarié. Juridiquement, c'est un remboursement de frais professionnels et non un élément de rémunération, ce qui commande tout son traitement :
- Exonérée de cotisations sociales (part salariale et part patronale) dans la limite des barèmes ;
- Exonérée d'impôt sur le revenu dans les mêmes limites, y compris de CSG-CRDS ;
- N'entre ni dans le brut soumis à cotisations, ni dans le net imposable, ni dans l'assiette des congés payés ;
- S'ajoute au net à payer, après le net imposable, dans le bloc « Frais professionnels » du bulletin.
Conditions de l'exonération
- Le salarié doit être effectivement en télétravail : l'allocation ne peut pas être versée forfaitairement à un salarié qui n'y est jamais.
- Dans la limite des barèmes (2,70 € ou 3,30 €/jour, 11 € ou 13,20 €/mois par jour hebdomadaire), aucun justificatif n'est exigé : l'allocation est présumée utilisée conformément à son objet.
- Au-delà, l'employeur doit être en mesure de produire les justificatifs des frais réels, y compris plusieurs années après, en cas de contrôle URSSAF.
Ce que l'allocation ne couvre pas
Elle est distincte de la prise en charge du matériel (ordinateur, écran, siège, bureau) et de la prise en charge directe par l'employeur d'une dépense au nom du salarié — un abonnement internet souscrit par l'entreprise, par exemple. Ces situations relèvent de règles propres : selon les cas, remboursement de frais sur justificatif ou avantage en nature. Cumuler une allocation forfaitaire au plafond et la prise en charge directe des mêmes dépenses expose à une réintégration.
Déclaration en DSN
L'allocation est déclarée en DSN au titre des frais professionnels. Elle n'alimente pas la rubrique de rémunération brute, ce qui la rend invisible dans le calcul des droits (retraite, chômage, indemnités journalières) : c'est la contrepartie logique de son exonération.
Le cas de la fonction publique
Les agents publics ne relèvent pas de ce barème URSSAF mais d'un forfait télétravail propre à la fonction publique, créé par le décret n° 2021-1123 du 26 août 2021. Il fonctionne différemment : montant journalier et plafond annuel fixés par arrêté conjoint des ministres chargés de la fonction publique et du budget, et versement trimestriel. Ces montants ont été modifiés en 2026 : un agent de l'État, territorial ou hospitalier doit donc se référer au texte en vigueur et à son employeur, et non aux montants URSSAF de cette page, qui ne le concernent pas.
À quoi ça sert ?
L'allocation compense les frais que le salarié supporte à la place de l'entreprise dès lors qu'il travaille depuis chez lui. Le principe de fond est simple : les frais professionnels sont à la charge de l'employeur, et la Cour de cassation juge de longue date que le salarié n'a pas à supporter les coûts liés à l'exercice de ses fonctions.
Quels frais sont couverts ?
- Électricité et chauffage consommés pendant les heures de travail — le poste le plus souvent cité, et celui qui a le plus augmenté ces dernières années ;
- Abonnement internet et téléphonie, pour la part correspondant à l'usage professionnel ;
- Fournitures et consommables : papier, cartouches d'encre, petit matériel de bureau ;
- Quote-part du logement affecté à un usage professionnel : loyer, charges, taxe d'habitation le cas échéant, assurance habitation, calculés au prorata de la surface utilisée.
Le forfait est global : il couvre l'ensemble de ces postes d'un bloc. C'est pourquoi une allocation de 22 €/mois peut sembler faible au regard d'une seule facture d'électricité — elle n'est pas censée rembourser le surcoût réel poste par poste, mais offrir une compensation simple et non fiscalisée.
Est-elle obligatoire ?
L'obligation de prise en charge des frais professionnels s'impose à l'employeur, mais aucun texte n'impose la forme du forfait ni son montant. Trois modalités sont possibles et se rencontrent en pratique : l'allocation forfaitaire, le remboursement au réel sur justificatifs, ou la prise en charge directe des dépenses par l'entreprise. Ce sont l'accord collectif, l'accord d'entreprise ou la charte de télétravail qui tranchent.
Concrètement, un salarié dont l'entreprise ne verse rien peut demander l'application de son accord de branche s'il en existe un, ou solliciter le remboursement de frais réels justifiés. En l'absence totale de prise en charge, le litige relève du conseil de prud'hommes.
Télétravail choisi ou imposé : cela change-t-il quelque chose ?
Sur le plan des barèmes d'exonération, non : les montants sont les mêmes. En revanche, la question de l'obligation de prise en charge se pose différemment selon que le télétravail résulte d'une organisation mise en place par l'employeur ou d'une demande du salarié pour convenance personnelle. Les accords collectifs distinguent d'ailleurs fréquemment ces deux situations.
Évolutions récentes
L'encadrement du télétravail, puis celui de son indemnisation, se sont construits par étapes :
- 22 mars 2012 — la loi Warsmann inscrit pour la première fois le télétravail dans le Code du travail.
- 22 septembre 2017 — les ordonnances dites Macron assouplissent le recours au télétravail : un accord collectif ou une simple charte suffit, l'avenant au contrat de travail n'est plus obligatoire.
- 2020 — la crise sanitaire généralise le télétravail. Les allocations forfaitaires se répandent et l'administration précise leur régime social.
- 26 novembre 2020 — l'accord national interprofessionnel sur le télétravail rappelle le principe de prise en charge des frais par l'employeur.
- 26 août 2021 — le décret n° 2021-1123 crée un forfait télétravail propre aux agents publics, distinct du barème URSSAF applicable au secteur privé.
- Depuis 2021 — les limites d'exonération sont publiées au Bulletin officiel de la sécurité sociale (BOSS) et revalorisées chaque année, en principe au 1er janvier.
Barème applicable en 2026
| Mode de versement | Sans accord collectif | Montant prévu par accord collectif |
|---|---|---|
| Par jour de télétravail | 2,70 € (plafond 59,40 €/mois) | 3,30 € (plafond 72,60 €/mois) |
| Par mois et par jour de télétravail hebdomadaire | 11,00 € | 13,20 € |
Les montants étant revalorisés chaque année, un employeur qui a figé le forfait dans un accord d'entreprise signé plusieurs années auparavant verse souvent moins que le plafond exonéré du moment. Ce n'est pas irrégulier — le barème est un plafond d'exonération, pas un minimum dû — mais c'est un point de renégociation classique lors de la révision d'un accord de télétravail.
Cas pratiques
Cas 1 — Télétravail 1 jour par semaine, pas d'accord collectif
Allocation de 11 €/mois, exonérée de cotisations et d'impôt, ajoutée au net à payer. Le bulletin fait apparaître la ligne après le net imposable : le net imposable ne bouge pas, le net à payer augmente de 11 €.
Cas 2 — Télétravail 3 jours par semaine
Sans accord collectif : 3 × 11 = 33 €/mois. Au décompte journalier, environ 12 jours × 2,70 € = 32,40 €/mois. Si un accord de branche prévoit le montant de l'allocation : 3 × 13,20 = 39,60 €/mois, soit près de 80 € de plus par an pour la même situation. D'où l'intérêt de vérifier sa convention collective.
Cas 3 — L'employeur verse plus que le barème
Employeur versant 80 €/mois à un salarié en télétravail 2 jours par semaine, sans accord collectif. Le plafond mensuel exonéré est de 59,40 €. Les 20,60 € excédentaires ne sont exonérés que si l'employeur produit les justificatifs de frais réels correspondants. Sinon, ils sont réintégrés dans le brut : le salarié paie des cotisations et de l'impôt dessus, et l'employeur des cotisations patronales.
Cas 4 — Cumul avec les titres-restaurant
Un télétravailleur peut percevoir l'allocation télétravail et des titres-restaurant : les deux couvrent des frais différents, les frais de domicile d'un côté, les frais de repas de l'autre. Le salarié en télétravail a droit aux titres-restaurant dans les mêmes conditions que s'il était sur site, dès lors que son horaire de travail comprend une pause repas.
Cas 5 — L'employeur ne verse rien
Aucun texte n'impose un montant, mais l'obligation de prise en charge des frais professionnels demeure. Le salarié peut d'abord vérifier si sa convention collective ou un accord d'entreprise prévoit une allocation, puis demander le remboursement de frais réels justifiés. Un refus persistant se conteste devant le conseil de prud'hommes.
Cas 6 — Et côté impôt sur le revenu ?
L'allocation perçue dans la limite des barèmes est exonérée : elle ne figure pas dans le montant prérempli de la déclaration. Si le salarié opte pour la déduction des frais réels plutôt que pour l'abattement de 10 %, il ne peut pas déduire une seconde fois des frais déjà couverts par une allocation exonérée. En revanche, un salarié qui n'a perçu aucune allocation peut déduire ses frais de télétravail au réel, en les justifiant. Les deux options ne se cumulent pas sur les mêmes dépenses.
Questions fréquentes
Sources officielles
Page mise à jour le 18/09/2026.