Mentions du bulletin · 2026

Salaire brut

Salaire brut total — rémunération avant cotisations

Le salaire brut est la rémunération totale due au salarié avant prélèvement des cotisations sociales. Il sert d'assiette à la quasi-totalité des cotisations salariales et patronales.

Catégorie Mentions du bulletin
Taux salarial néant (assiette)
Taux patronal néant (assiette)
Assiette Rémunération totale due (salaire de base + variables + avantages en nature)
Millésime 2026

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Salaire brut Salaire brut total Total brut Rémunération brute Brut soumis à cotisations

Qu'est-ce que c'est ?

Le salaire brut désigne la rémunération totale due au salarié avant tout prélèvement de cotisations et de contributions sociales. Il figure en haut du bulletin de paie et sert de base au calcul de la quasi-totalité des cotisations salariales et patronales.

Il intègre le salaire de base (taux horaire × heures travaillées, ou rémunération mensualisée), auquel s'ajoutent les éléments variables du mois : heures supplémentaires, heures complémentaires, primes (ancienneté, performance, treizième mois prorata…), majorations (nuit, dimanche, jours fériés), avantages en nature évalués (logement, véhicule, repas).

Le salaire brut ne doit pas être confondu avec le net à payer (ce que le salarié perçoit effectivement) ni avec le net imposable (base de l'impôt sur le revenu) ni avec le net social (montant déclaré pour les aides sociales depuis juillet 2023).

Comment c'est calculé ?

Le salaire brut est la somme arithmétique de tous les éléments de rémunération soumis à cotisations dus au titre du mois :

Salaire brut = Salaire de base + Heures supplémentaires/complémentaires + Primes + Majorations + Avantages en nature

Exemple chiffré (à titre indicatif — 2026)

Un salarié non-cadre rémunéré sur la base de 35 h/semaine au SMIC mensuel :

  • Salaire de base 151,67 h × 11,88 € (taux horaire SMIC au 1er janvier 2025, en vigueur jusqu'à la revalorisation annuelle suivante) = 1 801,84 € brut.
  • + 10 heures supplémentaires majorées à 25 % : 10 × 11,88 × 1,25 = 148,50 €.
  • + Prime exceptionnelle de 100 € soumise à cotisations = 100,00 €.

Total salaire brut = 1 801,84 + 148,50 + 100,00 = 2 050,34 € (chiffre indicatif à vérifier auprès du service paie).

C'est ce montant qui servira d'assiette aux cotisations salariales (CSG/CRDS, vieillesse, AGIRC-ARRCO, chômage…) et patronales (maladie, famille, AT-MP, FNAL, versement mobilité…).

À noter : certains éléments ne sont pas inclus dans le brut soumis à cotisations sociales mais apparaissent sur le bulletin (remboursements de frais professionnels au réel, indemnités kilométriques dans la limite du barème URSSAF, indemnités de transport domicile-travail…). Vérifiez la documentation BOSS sur les frais professionnels.
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Qui paie ? Salarié, employeur, ou les deux ?

Le salaire brut n'est pas une cotisation : c'est l'assiette (la base de calcul) sur laquelle sont prélevées la quasi-totalité des cotisations.

À partir du salaire brut, deux flux distincts se déclenchent :

  • Part salariale (déduite du brut pour aboutir au net) : CSG, CRDS, vieillesse plafonnée et déplafonnée, AGIRC-ARRCO, chômage (depuis 2018, la part salariale assurance chômage et maladie a été supprimée et remplacée par une hausse de la CSG), part salariale de la complémentaire santé et de la prévoyance le cas échéant.
  • Part patronale (à la charge de l'employeur, n'impacte pas le net) : maladie, famille, AT-MP, FNAL, versement mobilité, contribution solidarité autonomie, forfait social, taxe d'apprentissage, etc.

L'employeur déclare et reverse les deux parts via la Déclaration Sociale Nominative (DSN) à l'URSSAF, à l'AGIRC-ARRCO et aux autres organismes concernés.

À quoi sert cette cotisation ?

Le salaire brut a trois fonctions essentielles :

  1. Base de calcul des cotisations : la quasi-totalité des cotisations salariales et patronales sont calculées en appliquant un taux au salaire brut (ou à une fraction de ce brut : tranche 1, tranche 2, plafond mensuel de la Sécurité sociale, etc.).
  2. Référence contractuelle : c'est le montant inscrit dans le contrat de travail. Il sert de référence pour les négociations salariales, les augmentations, l'ancienneté, la base de calcul des indemnités de licenciement et de l'indemnité de congés payés (article L3141-24 du Code du travail).
  3. Base des droits sociaux : il alimente les compteurs de droits à la retraite (cotisations vieillesse), au chômage, à la formation (CPF), aux indemnités journalières de Sécurité sociale en cas d'arrêt maladie.

Le brut est aussi la grandeur affichée dans les offres d'emploi et dans les conventions collectives (grilles de salaires minimaux par coefficient ou niveau).

Évolutions récentes

Le salaire brut en tant que tel n'a pas évolué dans sa définition, mais sa présentation sur le bulletin de paie a été profondément remaniée par plusieurs textes successifs :

  • Décret n° 2016-190 du 25 février 2016 — Mise en place du bulletin de paie simplifié, regroupant les cotisations par grandes rubriques (santé, accidents du travail, retraite, famille, chômage, autres contributions, cotisations statutaires). Le brut apparaît plus clairement en tête de bulletin.
  • Loi de financement de la Sécurité sociale 2018 — Suppression des cotisations salariales maladie et chômage compensée par une hausse de la CSG de 1,7 point. Le brut reste inchangé mais sa décomposition vers le net a été simplifiée.
  • Arrêté du 31 janvier 2023 — Introduction du net social obligatoire sur le bulletin depuis le 1er juillet 2023, montant déclaré aux organismes pour le calcul des prestations sociales (RSA, prime d'activité). Il s'agit d'un nouveau repère à côté du brut, du net imposable et du net à payer.

La fiche officielle service-public.fr détaille les mentions obligatoires du bulletin (article R3243-1 du Code du travail).

Cas pratiques

Cas 1 — Mois avec heures supplémentaires

Un opérateur de production en CDI à 35 h, payé 12,50 € de l'heure, effectue 8 heures supplémentaires majorées à 25 % :

  • Base mensuelle : 151,67 × 12,50 = 1 895,88 €
  • Heures sup : 8 × 12,50 × 1,25 = 125,00 €
  • Salaire brut du mois = 2 020,88 € (montant indicatif)

Les heures supplémentaires bénéficient d'une réduction de cotisations salariales et d'une exonération d'impôt sur le revenu plafonnée à 7 500 € par an depuis 2022 (à vérifier sur BOSS).

Cas 2 — Mois avec prime de fin d'année

Une technicienne de maintenance perçoit en décembre son salaire mensualisé de 2 400 € + une prime de fin d'année conventionnelle de 1 800 € :

  • Salaire brut du mois de décembre = 4 200 €

La prime est intégralement soumise à cotisations sociales (sauf cadre particulier de la prime de partage de la valeur — PPV). Elle augmente donc à la fois les cotisations et l'impôt prélevé à la source.

Cas 3 — Avantage en nature véhicule

Un commercial dispose d'un véhicule de fonction pour ses déplacements professionnels et personnels. L'avantage en nature, évalué selon le barème URSSAF (forfait ou valeur réelle), s'ajoute au salaire brut :

  • Salaire mensuel : 3 200 €
  • Avantage en nature véhicule (forfait) : 270 € (valeur indicative)
  • Salaire brut = 3 470 €

L'avantage en nature est inclus dans le brut pour le calcul des cotisations puis déduit du net à payer (il n'est pas versé en argent).

Questions fréquentes

Le salaire brut est la rémunération avant prélèvement des cotisations sociales salariales (CSG, CRDS, vieillesse, AGIRC-ARRCO, etc.). Le salaire net à payer est obtenu après déduction de ces cotisations et du prélèvement à la source de l'impôt sur le revenu. L'écart représente environ 23 à 28 % selon le statut (cadre ou non-cadre) et la situation.

Oui, le salaire brut intègre l'ensemble des éléments de rémunération du mois : salaire de base, heures supplémentaires et complémentaires majorées, primes (ancienneté, performance, treizième mois prorata), majorations pour travail de nuit, dimanche, jours fériés, et avantages en nature évalués (logement, véhicule, repas).

Depuis le 1er juillet 2023, le bulletin de paie doit afficher un montant net social, qui correspond au revenu pris en compte pour le calcul de certaines prestations sociales (RSA, prime d'activité). Il est différent du net à payer et du net imposable. C'est l'employeur qui le déclare automatiquement à la CAF et à la MSA depuis 2024.

Oui, le total du salaire brut figure parmi les mentions obligatoires du bulletin de paie listées à l'article R3243-1 du Code du travail. Il est généralement présenté en tête du bulletin, avant le détail des cotisations salariales et patronales, conformément au modèle simplifié issu du décret n° 2016-190 du 25 février 2016.

Oui. L'indemnité légale de licenciement se calcule à partir de la moyenne des salaires bruts des 12 derniers mois (ou des 3 derniers mois si elle est plus favorable au salarié), conformément à l'article R1234-4 du Code du travail. Les conventions collectives peuvent prévoir un calcul plus favorable.

Non. Le salaire brut sert d'assiette à la plupart des cotisations, mais certains dispositifs prévoient des exonérations ou des assiettes réduites : heures supplémentaires (réduction de cotisations salariales et exonération fiscale plafonnée), prime de partage de la valeur (PPV) dans certaines limites, indemnités de frais professionnels au réel ou au forfait URSSAF. Vérifiez les règles sur boss.gouv.fr.
Information à titre indicatif : les taux, plafonds et assiettes mentionnés sont ceux en vigueur au 2026. Vérifiez systématiquement la dernière version sur BOSS et URSSAF. Pour une analyse personnalisée de votre bulletin, consultez votre service paie ou un expert-comptable.
Page mise à jour le 26/05/2026.