Salaire brut
Salaire brut total — rémunération avant cotisations
Le salaire brut est la rémunération totale due au salarié avant prélèvement des cotisations sociales. Il sert d'assiette à la quasi-totalité des cotisations salariales et patronales.
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Salaire brut Salaire brut total Total brut Rémunération brute Brut soumis à cotisationsQu'est-ce que c'est ?
Le salaire brut désigne la rémunération totale due au salarié avant tout prélèvement de cotisations et de contributions sociales. Il figure en haut du bulletin de paie et sert de base au calcul de la quasi-totalité des cotisations salariales et patronales.
Il intègre le salaire de base (taux horaire × heures travaillées, ou rémunération mensualisée), auquel s'ajoutent les éléments variables du mois : heures supplémentaires, heures complémentaires, primes (ancienneté, performance, treizième mois prorata…), majorations (nuit, dimanche, jours fériés), avantages en nature évalués (logement, véhicule, repas).
Le salaire brut ne doit pas être confondu avec le net à payer (ce que le salarié perçoit effectivement) ni avec le net imposable (base de l'impôt sur le revenu) ni avec le net social (montant déclaré pour les aides sociales depuis juillet 2023).
Comment c'est calculé ?
Le salaire brut est la somme arithmétique de tous les éléments de rémunération soumis à cotisations dus au titre du mois :
Salaire brut = Salaire de base + Heures supplémentaires/complémentaires + Primes + Majorations + Avantages en nature
Exemple chiffré (à titre indicatif — 2026)
Un salarié non-cadre rémunéré sur la base de 35 h/semaine au SMIC mensuel :
- Salaire de base 151,67 h × 11,88 € (taux horaire SMIC au 1er janvier 2025, en vigueur jusqu'à la revalorisation annuelle suivante) = 1 801,84 € brut.
- + 10 heures supplémentaires majorées à 25 % : 10 × 11,88 × 1,25 = 148,50 €.
- + Prime exceptionnelle de 100 € soumise à cotisations = 100,00 €.
Total salaire brut = 1 801,84 + 148,50 + 100,00 = 2 050,34 € (chiffre indicatif à vérifier auprès du service paie).
C'est ce montant qui servira d'assiette aux cotisations salariales (CSG/CRDS, vieillesse, AGIRC-ARRCO, chômage…) et patronales (maladie, famille, AT-MP, FNAL, versement mobilité…).
Qui paie ? Salarié, employeur, ou les deux ?
Le salaire brut n'est pas une cotisation : c'est l'assiette (la base de calcul) sur laquelle sont prélevées la quasi-totalité des cotisations.
À partir du salaire brut, deux flux distincts se déclenchent :
- Part salariale (déduite du brut pour aboutir au net) : CSG, CRDS, vieillesse plafonnée et déplafonnée, AGIRC-ARRCO, chômage (depuis 2018, la part salariale assurance chômage et maladie a été supprimée et remplacée par une hausse de la CSG), part salariale de la complémentaire santé et de la prévoyance le cas échéant.
- Part patronale (à la charge de l'employeur, n'impacte pas le net) : maladie, famille, AT-MP, FNAL, versement mobilité, contribution solidarité autonomie, forfait social, taxe d'apprentissage, etc.
L'employeur déclare et reverse les deux parts via la Déclaration Sociale Nominative (DSN) à l'URSSAF, à l'AGIRC-ARRCO et aux autres organismes concernés.
À quoi sert cette cotisation ?
Le salaire brut a trois fonctions essentielles :
- Base de calcul des cotisations : la quasi-totalité des cotisations salariales et patronales sont calculées en appliquant un taux au salaire brut (ou à une fraction de ce brut : tranche 1, tranche 2, plafond mensuel de la Sécurité sociale, etc.).
- Référence contractuelle : c'est le montant inscrit dans le contrat de travail. Il sert de référence pour les négociations salariales, les augmentations, l'ancienneté, la base de calcul des indemnités de licenciement et de l'indemnité de congés payés (article L3141-24 du Code du travail).
- Base des droits sociaux : il alimente les compteurs de droits à la retraite (cotisations vieillesse), au chômage, à la formation (CPF), aux indemnités journalières de Sécurité sociale en cas d'arrêt maladie.
Le brut est aussi la grandeur affichée dans les offres d'emploi et dans les conventions collectives (grilles de salaires minimaux par coefficient ou niveau).
Évolutions récentes
Le salaire brut en tant que tel n'a pas évolué dans sa définition, mais sa présentation sur le bulletin de paie a été profondément remaniée par plusieurs textes successifs :
- Décret n° 2016-190 du 25 février 2016 — Mise en place du bulletin de paie simplifié, regroupant les cotisations par grandes rubriques (santé, accidents du travail, retraite, famille, chômage, autres contributions, cotisations statutaires). Le brut apparaît plus clairement en tête de bulletin.
- Loi de financement de la Sécurité sociale 2018 — Suppression des cotisations salariales maladie et chômage compensée par une hausse de la CSG de 1,7 point. Le brut reste inchangé mais sa décomposition vers le net a été simplifiée.
- Arrêté du 31 janvier 2023 — Introduction du net social obligatoire sur le bulletin depuis le 1er juillet 2023, montant déclaré aux organismes pour le calcul des prestations sociales (RSA, prime d'activité). Il s'agit d'un nouveau repère à côté du brut, du net imposable et du net à payer.
La fiche officielle service-public.fr détaille les mentions obligatoires du bulletin (article R3243-1 du Code du travail).
Cas pratiques
Cas 1 — Mois avec heures supplémentaires
Un opérateur de production en CDI à 35 h, payé 12,50 € de l'heure, effectue 8 heures supplémentaires majorées à 25 % :
- Base mensuelle : 151,67 × 12,50 = 1 895,88 €
- Heures sup : 8 × 12,50 × 1,25 = 125,00 €
- Salaire brut du mois = 2 020,88 € (montant indicatif)
Les heures supplémentaires bénéficient d'une réduction de cotisations salariales et d'une exonération d'impôt sur le revenu plafonnée à 7 500 € par an depuis 2022 (à vérifier sur BOSS).
Cas 2 — Mois avec prime de fin d'année
Une technicienne de maintenance perçoit en décembre son salaire mensualisé de 2 400 € + une prime de fin d'année conventionnelle de 1 800 € :
- Salaire brut du mois de décembre = 4 200 €
La prime est intégralement soumise à cotisations sociales (sauf cadre particulier de la prime de partage de la valeur — PPV). Elle augmente donc à la fois les cotisations et l'impôt prélevé à la source.
Cas 3 — Avantage en nature véhicule
Un commercial dispose d'un véhicule de fonction pour ses déplacements professionnels et personnels. L'avantage en nature, évalué selon le barème URSSAF (forfait ou valeur réelle), s'ajoute au salaire brut :
- Salaire mensuel : 3 200 €
- Avantage en nature véhicule (forfait) : 270 € (valeur indicative)
- Salaire brut = 3 470 €
L'avantage en nature est inclus dans le brut pour le calcul des cotisations puis déduit du net à payer (il n'est pas versé en argent).
Questions fréquentes
Sources officielles
Page mise à jour le 26/05/2026.