Réduction Fillon
Réduction générale de cotisations patronales (ex-réduction Fillon)
La réduction générale (ex-Fillon) est un allègement dégressif des cotisations patronales sur les salaires entre 1 et 1,6 SMIC, créé en 2003 et refondu en 2019.
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Réduction générale Réduction Fillon Réduction générale de cotisations RGCS Allègement généralQu'est-ce que c'est ?
La réduction générale de cotisations patronales, plus connue sous le nom de réduction Fillon, est un allègement de charges sociales pour les employeurs sur les bas salaires. Elle vise à réduire le coût du travail au voisinage du SMIC pour soutenir l'emploi peu qualifié.
Concrètement, l'employeur applique un coefficient de réduction dégressif sur le salaire brut annuel du salarié. La réduction est maximale au niveau du SMIC, puis diminue au fur et à mesure que le salaire augmente, jusqu'à devenir nulle à 3 SMIC depuis la réforme du 1er janvier 2026 (contre 1,6 SMIC auparavant).
Créée en 2003 par la loi Fillon, ce dispositif a connu plusieurs refontes importantes : pacte de responsabilité 2014-2015, intégration en 2019 du CICE et extension aux cotisations chômage et retraite complémentaire AGIRC-ARRCO. Depuis le 1er janvier 2026, ce dispositif est fusionné avec les anciens « bandeaux » de réduction des cotisations maladie et famille au sein de la Réduction Générale Dégressive Unique (RGDU), avec un coefficient maximal relevé (0,3981 / 0,4021) et un seuil de sortie porté à 3 SMIC : se référer au BOSS — Allègements généraux pour les valeurs en vigueur.
Comment c'est calculé ?
Depuis le 1er janvier 2026, l'ancienne réduction Fillon est remplacée par la Réduction Générale Dégressive Unique (RGDU), qui fusionne en un seul dispositif l'ancienne réduction générale et les anciens « bandeaux » de réduction des cotisations d'assurance maladie et d'allocations familiales.
Formule générale
Le montant annuel de la réduction se calcule ainsi :
Réduction = Coefficient × Rémunération annuelle brute
Le coefficient est maximal au niveau du SMIC, puis décroît de façon dégressive (formule non linéaire fixée par le BOSS) jusqu'à devenir nul à 3 SMIC — contre 1,6 SMIC avant la réforme.
Coefficient maximal (au niveau du SMIC), valeurs 2026 :
- Entreprises de moins de 50 salariés (FNAL à 0,10 %) : 0,3981
- Entreprises de 50 salariés et plus (FNAL à 0,50 %) : 0,4021
La formule exacte du coefficient (paramètres Tmin, Tdelta et exposant de dégressivité) ainsi que la valeur du SMIC de référence retenue dans le calcul sont fixées par le BOSS et peuvent être ajustées en cours d'année. Pour un montant précis à un salaire donné, utilisez le simulateur officiel de l'URSSAF.
Cotisations couvertes
La RGDU porte sur la quasi-totalité des cotisations et contributions patronales sur les salaires concernés :
- Assurance maladie, maternité, invalidité, décès ;
- Assurance vieillesse plafonnée et déplafonnée ;
- Allocations familiales ;
- Accidents du travail / maladies professionnelles (dans la limite d'un taux fixé par arrêté) ;
- Contribution solidarité autonomie (CSA) et FNAL ;
- Cotisations d'assurance chômage ;
- Retraite complémentaire AGIRC-ARRCO (y compris la contribution d'équilibre général).
Qui paie ? Salarié, employeur, ou les deux ?
La réduction Fillon est un dispositif exclusivement employeur. Elle n'apparaît pas sur la part salariale du bulletin de paie : c'est l'employeur qui voit sa charge de cotisations patronales diminuée.
Elle s'applique aux employeurs du secteur privé ainsi qu'à certains employeurs publics, pour les salariés relevant à titre obligatoire de l'assurance chômage (article L241-13 du Code de la sécurité sociale).
Salariés éligibles
- Salariés en CDI ou CDD, à temps plein ou partiel
- Salariés non-cadres et cadres (depuis l'extension 2019 à l'AGIRC-ARRCO)
- Salariés intérimaires (via l'entreprise de travail temporaire)
- Apprentis et contrats de professionnalisation : régimes spécifiques (cumul possible ou exclusif selon les cas)
Salariés exclus
- Mandataires sociaux non titulaires d'un contrat de travail
- Salariés dont la rémunération dépasse 1,6 SMIC annuel (coefficient nul)
À quoi sert cette cotisation ?
La réduction générale poursuit un objectif macroéconomique de soutien à l'emploi peu qualifié. En diminuant fortement le coût du travail au niveau du SMIC, elle vise à :
- Réduire le coin fiscalo-social sur les bas salaires, là où l'élasticité de l'emploi à son coût est la plus forte
- Encourager l'embauche des salariés peu qualifiés et lutter contre le chômage structurel
- Améliorer la compétitivité des secteurs intensifs en main-d'œuvre (industrie, BTP, services à la personne, hôtellerie-restauration)
- Limiter les effets de seuil liés à un SMIC élevé en pourcentage du salaire médian français
Le dispositif est l'un des principaux leviers de la politique de l'emploi en France : son coût budgétaire annuel se chiffre en dizaines de milliards d'euros, compensés à la Sécurité sociale par l'État (rapports annuels du réseau URSSAF et de la Direction de la Sécurité sociale).
Évolutions récentes
Les grandes étapes
- 2003 — Loi Fillon : création de la « réduction Fillon » par la loi du 17 janvier 2003, fusionnant et harmonisant les dispositifs antérieurs (ristourne Juppé, allègement Aubry).
- 2014-2015 — Pacte de responsabilité : élargissement du dispositif et instauration du « zéro charges URSSAF » au niveau du SMIC sur les cotisations de Sécurité sociale.
- 1er janvier 2019 : intégration de l'allègement issu de la suppression du CICE (Crédit d'Impôt Compétitivité Emploi). Le coefficient passe à environ 0,2809.
- 1er janvier 2019 : extension de la réduction à la retraite complémentaire AGIRC-ARRCO (et à la contribution d'équilibre général).
- 1er octobre 2019 : extension de la réduction aux cotisations d'assurance chômage. Le coefficient T atteint ses valeurs actuelles (~0,3194 / ~0,3234).
- 1er janvier 2026 — Réduction Générale Dégressive Unique (RGDU) : la LFSS 2025 puis la LFSS 2026 ont fusionné la réduction générale et les anciens « bandeaux » de cotisations maladie et famille en un dispositif unique, pour limiter les « trappes à bas salaires ». Le coefficient maximal est relevé (0,3981 pour les entreprises de moins de 50 salariés, 0,4021 au-delà) et le seuil de sortie passe de 1,6 à 3 SMIC.
Cas pratiques
Exemples indicatifs pour une entreprise de moins de 50 salariés (coefficient maximal 0,3981). Les montants exacts doivent être vérifiés avec le simulateur URSSAF.
Cas 1 — Salarié au SMIC (1,0 SMIC)
Le coefficient est maximal : environ 0,3981, soit près de 39,8 % de la rémunération brute exonérée de cotisations patronales. C'est le niveau où l'allègement est le plus fort.
Cas 2 — Salaire intermédiaire (entre 1 et 3 SMIC)
Le coefficient devient partiel et décroît de façon dégressive à mesure que le salaire augmente. La réduction reste significative sur les bas salaires puis se réduit progressivement en approchant de 3 SMIC. La courbe n'étant pas linéaire, le montant exact se calcule via le simulateur officiel.
Cas 3 — Salaire égal ou supérieur à 3 SMIC
À partir de 3 SMIC (soit 5 601,06 € brut/mois sur la base du SMIC à 1 867,02 € en 2026), le coefficient est nul : aucune réduction n'est applicable.
Questions fréquentes
Sources officielles
Page mise à jour le 09/07/2026.