Exonérations & allègements · 2026

Exonération ZFU

Exonération Zone Franche Urbaine

L'exonération Zone Franche Urbaine allège les cotisations patronales d'assurances sociales, d'allocations familiales, de versement mobilité et de FNAL, à taux plein jusqu'à 1,4 SMIC puis de façon dégressive jusqu'à 2 SMIC. Fermée aux implantations depuis le 31 décembre 2014, elle ne survit en 2026 que par la queue dégressive des entreprises de moins de 5 salariés.

Catégorie Exonérations & allègements
Taux salarial néant (exonération patronale uniquement)
Taux patronal exonération des cotisations patronales d'assurances sociales (≤ 1,4 SMIC)
Assiette Rémunération brute, dans la limite de 1,4 SMIC (pleine) à 2 SMIC (dégressive)
Millésime 2026

Comment cette ligne apparaît sur votre bulletin

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Qu'est-ce que c'est ?

L'exonération Zone Franche Urbaine (ZFU) est un dispositif d'allègement de cotisations patronales pour les entreprises implantées dans certains quartiers prioritaires de la politique de la ville dits "ZFU-Territoires entrepreneurs".

Les ZFU sont des quartiers urbains en difficulté économique et sociale, listés par décret. L'objectif est d'encourager l'implantation d'entreprises dans ces zones et l'embauche de salariés résidant à proximité.

L'exonération concerne les cotisations patronales d'assurances sociales (maladie, vieillesse, famille) dans la limite d'un plafond de rémunération, pour les 5 premières années d'implantation, puis avec dégressivité sur 3 à 9 ans selon l'effectif. Elle est soumise à des conditions strictes (emploi local, activité économique éligible).

Comment c'est calculé ?

L'exonération ZFU porte sur les cotisations patronales d'assurance sociale et fonctionne par paliers selon la rémunération et la durée d'implantation.

Exonération pleine (5 premières années)

  • Exonération totale de cotisations patronales d'assurances sociales (maladie, vieillesse, famille) pour la part de rémunération ≤ 1,4 SMIC
  • Exonération dégressive pour la part comprise entre 1,4 et 2 SMIC
  • Au-delà de 2 SMIC : pas d'exonération

Plafond global

L'exonération est plafonnée à 50 salariés, effectif apprécié au premier jour de chaque mois (les temps partiels comptent au prorata). Elle est par ailleurs soumise au règlement européen des aides de minimis, dont le plafond est de 300 000 € sur trois exercices fiscaux glissants depuis le règlement (UE) 2023/2831, applicable au 1er janvier 2024. Le plafond de 200 000 €, encore cité un peu partout, correspond à l'ancien règlement n° 1407/2013 et n'est plus en vigueur.

Dégressivité après 5 ans

Effectif au débutDurée totale d'exonération (5 ans pleins + dégressifs)
Moins de 5 salariés5 ans pleins, puis 9 ans dégressifs : 60 % pendant 5 ans, 40 % pendant 2 ans, 20 % pendant 2 ans — soit 14 ans au total
5 salariés et plus5 ans pleins, puis 3 ans dégressifs : 60 %, puis 40 %, puis 20 % — soit 8 ans au total

Exemple chiffré (à titre indicatif — 2026)

Salarié au SMIC dans une entreprise ZFU dans ses 5 premières années :

  • Cotisations patronales d'assurances sociales normalement dues : ≈ 22 % du brut
  • Avec exonération ZFU : ≈ 0 % (exonération totale jusqu'à 1,4 SMIC)
  • Économie pour l'employeur : ≈ 400 €/mois par salarié au SMIC

Reste-t-il des exonérations ZFU sur les bulletins de paie en 2026 ?

C'est la question que pose réellement un gestionnaire de paie qui tombe sur une ligne « ZFU » aujourd'hui. La réponse tient à trois règles qui se combinent.

  • Aucune implantation postérieure au 31 décembre 2014 n'ouvre de droit. Le dispositif est fermé, définitivement.
  • La période de 5 ans pleins se décompte salarié par salarié : à compter de la date d'implantation, ou de la date d'effet du contrat de travail si elle est postérieure.
  • La dégressivité qui suit dure 3 ans ou 9 ans selon que l'entreprise comptait 5 salariés et plus, ou moins de 5, au moment de l'implantation.

Concrètement : une entreprise d'au moins 5 salariés implantée fin 2014 a épuisé ses droits au titre de sa date d'implantation dès la fin 2022. En revanche, une entreprise de moins de 5 salariés bénéficie d'un cycle de 14 ans, dont la queue peut encore courir en 2026 à taux réduit. Voir la fiche URSSAF — Exonération ZFU.

Ne pas confondre les deux volets. L'exonération sociale de cotisations patronales, celle qui apparaît sur le bulletin de paie, est fermée aux implantations depuis fin 2014. L'exonération fiscale d'impôt sur les bénéfices (ZFU-TE) a suivi un calendrier distinct et a concerné des implantations plus tardives. Une entreprise peut donc très bien relever de l'une sans relever de l'autre.
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Qui fait quoi ?

L'exonération ZFU est un dispositif d'allègement de cotisations patronales uniquement. Les cotisations salariales restent dues normalement.

Conditions d'éligibilité

  • Entreprise implantée dans une ZFU-Territoires entrepreneurs définie par décret
  • Effectif au plus 50 salariés à la création/implantation
  • Activité économique éligible : la plupart des secteurs hors banque, assurance, immobilier, agriculture
  • Implantation effective : siège social ou établissement réel dans la ZFU
  • Clause d'embauche locale : dès lors que l'employeur a déjà procédé à deux embauches ouvrant droit à l'exonération, chaque nouvelle embauche n'y ouvre droit que si la moitié au moins des salariés employés dans ces conditions résident dans une ZFU ou dans un quartier prioritaire de la politique de la ville (QPV) de l'unité urbaine où se situe la zone (article 13 de la loi du 14 novembre 1996). La proportion n'était que d'un tiers pour les entreprises créées avant 2012. La référence aux « zones urbaines sensibles », encore très répandue, est périmée : les ZUS ont été remplacées par les QPV le 1er janvier 2015.

Cotisations exonérées

Côté employeur uniquement. L'article 12 de la loi du 14 novembre 1996 vise quatre familles de cotisations :

  • Assurances sociales : maladie, maternité, invalidité, décès
  • Assurance vieillesse plafonnée et déplafonnée
  • Allocations familiales
  • Versement mobilité (ex-versement transport) et contribution au FNAL

Ces deux derniers postes sont régulièrement oubliés dans les présentations du dispositif, alors qu'ils figurent noir sur blanc dans le texte. C'est une différence notable avec la réduction générale de cotisations patronales, dont le champ obéit à d'autres règles.

Cotisations NON exonérées

  • CSG/CRDS (charges du salarié)
  • Cotisations salariales (intégralement dues)
  • AT/MP, chômage, AGS, CSA, retraite complémentaire (AGIRC-ARRCO), formation professionnelle, taxe d'apprentissage, etc.
  • Forfait social

Le dispositif est déclaré via la DSN avec un code type personnel (CTP) spécifique. L'URSSAF contrôle la conformité aux conditions.

À quoi ça sert ?

L'exonération ZFU vise à revitaliser économiquement les quartiers urbains en difficulté en y attirant les entreprises et en y favorisant l'emploi local.

Objectifs

  • Attirer des entreprises dans les quartiers défavorisés via un avantage fiscal/social significatif
  • Créer de l'emploi local pour les habitants des quartiers concernés
  • Lutter contre la désertification économique et la concentration géographique de la pauvreté
  • Stimuler le tissu de TPE/PME dans les zones prioritaires

Impact

Le dispositif a permis l'installation de plusieurs milliers de TPE/PME dans les ZFU depuis sa création, avec un effet mitigé sur l'emploi local (création d'activité économique mais parfois faible bénéfice direct pour les habitants des quartiers).

Pourquoi un dispositif fermé en 2014 ?

Le dispositif ZFU n'est plus ouvert aux nouvelles implantations depuis le 31 décembre 2014, dans le cadre de la réforme de la politique de la ville (loi Lamy du 21 février 2014). Il a été remplacé par d'autres dispositifs (Bassins d'Emploi à Redynamiser, Quartiers Prioritaires de la Politique de la Ville — QPV) avec des avantages différents (crédit d'impôt, exonérations fiscales).

Aujourd'hui

Les entreprises déjà bénéficiaires continuent à appliquer l'exonération jusqu'à épuisement de leur droit (5 ans pleins + 3 ou 9 ans dégressifs selon l'effectif).

Source : URSSAF — Exonération ZFU.

Évolutions récentes

Les Zones Franches Urbaines sont une création des années 1990 et ont connu plusieurs réformes :

  • 14 novembre 1996 (Pacte de relance pour la ville) : création des premières ZFU (44 zones), avec exonérations sociales et fiscales fortes.
  • 2003-2004 : extension à 41 nouvelles zones (ZFU "2e génération"), puis 19 nouvelles en 2006-2007 (ZFU "3e génération"), portant à 100 le nombre total de ZFU.
  • 2012 : ajustement du dispositif avec recentrage sur les TPE/PME (effectif max 50 salariés).
  • 21 février 2014 (loi Lamy) : réforme de la politique de la ville. Fermeture du dispositif ZFU aux nouvelles implantations au 31 décembre 2014. Création des QPV (Quartiers Prioritaires de la Politique de la Ville).
  • Depuis 2015 : les entreprises déjà bénéficiaires continuent à appliquer l'exonération selon les conditions en vigueur lors de leur entrée dans le dispositif.

L'évaluation du dispositif ZFU a montré des résultats mitigés : succès sur la création d'activité économique, effets limités sur l'emploi local des habitants des quartiers concernés (problématique persistante d'inadéquation entre les profils recherchés et les habitants).

Source : Loi du 21 février 2014 · URSSAF — ZFU.

Cas pratiques

Cas 1 — TPE implantée en ZFU avant 2014

Entreprise de 8 salariés installée en ZFU en 2013, en année 5 de l'exonération :

  • 5e année d'exonération : exonération totale sur salaires ≤ 1,4 SMIC
  • Économie ≈ 22 % du brut sur les cotisations patronales d'assurances sociales
  • Pour 8 salariés au SMIC : ≈ 3 200 €/mois d'économie
  • Année 6-8 : dégressivité (60 %, 40 %, 20 % de l'exonération)

Cas 2 — TPE de moins de 5 salariés

Entreprise de 4 salariés en ZFU bénéficie de la dégressivité longue (9 ans après les 5 années pleines), soit un total de 14 ans d'exonération ZFU.

Cas 3 — Conditions d'emploi local

La condition d'emploi local se déclenche à compter de la troisième embauche : dès que deux salariés ont déjà ouvert droit à l'exonération, chaque nouvelle embauche n'y ouvre droit que si la moitié au moins des salariés employés dans ces conditions résident en ZFU ou dans un quartier prioritaire de la politique de la ville (QPV) de l'unité urbaine. À défaut, l'exonération n'est pas due pour cette embauche.

Deux pièges classiques sur ce point. D'abord, la condition s'apprécie à compter de la troisième embauche, et non « au-delà » : la troisième est déjà concernée. Ensuite, beaucoup de documentations parlent encore de « zone urbaine sensible » : les ZUS ont disparu le 1er janvier 2015 et la référence est désormais le QPV.

Cas 4 — Nouvelle implantation 2026

Une entreprise qui s'installerait aujourd'hui dans une ancienne ZFU ne peut plus bénéficier de l'exonération ZFU (dispositif fermé depuis le 31 décembre 2014). Elle peut éventuellement bénéficier d'autres aides : QPV, crédit d'impôt politique de la ville, exonérations d'impôt sur les bénéfices.

Le dispositif ZFU est fermé aux nouvelles entreprises depuis fin 2014. Si vous êtes une entreprise installée en quartier défavorisé, renseignez-vous sur les dispositifs actuels (QPV, BER, crédit d'impôt politique de la ville) auprès de votre URSSAF ou de votre conseil.

Questions fréquentes

Le dispositif est fermé aux nouvelles implantations depuis le 31 décembre 2014 : aucune entreprise ne peut y entrer aujourd'hui. Les droits ouverts avant cette date continuent de courir jusqu'à épuisement. En pratique, une entreprise d'au moins 5 salariés a épuisé son cycle de 8 ans dès la fin 2022 ; seules les entreprises de moins de 5 salariés, qui bénéficient d'un cycle de 14 ans, peuvent encore avoir une ligne ZFU à taux réduit en 2026.

L'article 12 de la loi du 14 novembre 1996 vise les cotisations patronales d'assurances sociales (maladie, maternité, invalidité, décès, vieillesse plafonnée et déplafonnée), les allocations familiales, le versement mobilité et la contribution au FNAL. Le versement mobilité et le FNAL sont souvent omis à tort. Restent dues : toutes les cotisations salariales, la CSG-CRDS, l'AT/MP, le chômage, l'AGS, la retraite complémentaire et la formation.

Cinq ans à taux plein, décomptés salarié par salarié à partir de la date d'implantation ou de la date d'effet du contrat si elle est postérieure. Vient ensuite une dégressivité : 3 ans (60 %, 40 %, 20 %) pour les entreprises de 5 salariés et plus, soit 8 ans au total ; 9 ans pour les entreprises de moins de 5 salariés (60 % pendant 5 ans, 40 % pendant 2 ans, 20 % pendant 2 ans), soit 14 ans au total.

Dès que l'employeur a procédé à deux embauches ouvrant droit à l'exonération, toute nouvelle embauche n'y ouvre droit que si la moitié au moins des salariés employés dans ces conditions résident en ZFU ou dans un quartier prioritaire de la politique de la ville de l'unité urbaine concernée. La proportion n'était que d'un tiers pour les entreprises créées avant 2012. La référence aux zones urbaines sensibles est périmée depuis la disparition des ZUS le 1er janvier 2015.

L'exonération est totale pour la part de rémunération inférieure ou égale à 1,4 SMIC. Entre 1,4 et 2 SMIC, elle décroît linéairement. Au-delà de 2 SMIC, elle est nulle. L'avantage est en outre plafonné à 50 salariés et soumis au règlement de minimis, dont le plafond est de 300 000 euros sur trois exercices glissants depuis le 1er janvier 2024.

Depuis le règlement (UE) 2023/2831 entré en application le 1er janvier 2024, le plafond des aides de minimis est de 300 000 euros sur trois exercices fiscaux glissants, par entreprise unique. Le montant de 200 000 euros, encore largement repris, correspond à l'ancien règlement n° 1407/2013 et n'est plus en vigueur.
Information à titre indicatif : les taux, plafonds et assiettes mentionnés sont ceux en vigueur au 2026. Vérifiez systématiquement la dernière version sur BOSS et URSSAF. Pour une analyse personnalisée de votre bulletin, consultez votre service paie ou un expert-comptable.
Page mise à jour le 16/09/2026.