Article L3221-3 · En vigueur

Article L3221-3 — Définition de la rémunération

L'article L3221-3 définit la rémunération comme le salaire ordinaire de base ou minimum et tous les autres avantages et accessoires payés, directement ou indirectement, en espèces ou en nature, par l'employeur au salarié en raison de l'emploi. Définition large servant de référence pour cotisations, indemnités, égalité H/F.

Ce que dit l'article L3221-3

Texte officiel en vigueur depuis le 01/05/2008 :

Constitue une rémunération au sens du présent chapitre, le salaire ou traitement ordinaire de base ou minimum et tous les autres avantages et accessoires payés, directement ou indirectement, en espèces ou en nature, par l'employeur au salarié en raison de l'emploi de ce dernier.

Source : Légifrance

Nature
Partie législative
Partie II
Les relations collectives de travail
Livre
Livre II
Titre
Titre II : Détermination du salaire
Chapitre
Chapitre Ier : Principes

L'article L3221-3 du Code du travail donne une définition très large de la rémunération : elle inclut le salaire de base et tous les avantages et accessoires payés directement ou indirectement, en espèces ou en nature. Cette définition d'ordre public sert de référence pour le calcul des cotisations, des indemnités, et pour l'appréciation de l'égalité H/F.

Texte officiel

« Constitue une rémunération au sens du présent chapitre, le salaire ou traitement ordinaire de base ou minimum et tous les autres avantages et accessoires payés, directement ou indirectement, en espèces ou en nature, par l'employeur au salarié en raison de l'emploi de ce dernier. »

En clair

La rémunération au sens du Code du travail n'est pas limitée au salaire de base. Elle inclut tout ce que l'employeur verse au salarié en raison de son emploi, sous toutes les formes possibles. Cette définition extensive a des conséquences majeures sur les cotisations sociales, l'égalité H/F, le SMIC, et de nombreux droits du salarié.

Composantes incluses dans la rémunération

Espèces / virement
  • Salaire de base mensuel
  • Heures supplémentaires et majorations
  • Primes (ancienneté, vacances, 13ᵉ mois, performance, exceptionnelle)
  • Commissions, intéressement, participation
  • Indemnité de fin de contrat (CDD)
Avantages en nature
  • Logement de fonction
  • Voiture de fonction (usage privé)
  • Tickets-restaurant (part employeur)
  • Chèques-vacances, chèques-cadeaux
  • Mutuelle, prévoyance, retraite supplémentaire (part employeur)
Indirect
  • Indemnités de mobilité, déménagement
  • Indemnités de fonction (panier, salissure)
  • Bonus différés (stock-options, actions gratuites — partiel)
Exclus de la rémunération
  • Remboursements de frais professionnels réels
  • Dommages-intérêts pour rupture
  • Indemnité légale de licenciement (caractère indemnitaire)
  • Allocations spécifiques (familiales, etc.)

Application : 5 utilisations clés de la définition

DomaineApplication de L3221-3
Égalité H/F (art. L3221-2)Comparaison de la rémunération totale, pas seulement du salaire de base
Cotisations sociales (Code SS)Toutes les composantes de la rémunération sont assujetties (avec exonérations partielles pour certaines)
Calcul du SMICBase salaire horaire de base + certaines primes (variabilité jurisprudentielle)
Indemnité de licenciementSalaire de référence = moyenne des 12 ou 3 derniers mois (toutes composantes incluses)
Saisie sur salaireAssiette élargie incluant les primes et avantages

Le test du « lien avec l'emploi »

« En raison de l'emploi »

La fin de l'article L3221-3 fait référence aux sommes versées « en raison de l'emploi ». La jurisprudence retient la rémunération de toute somme dont la cause est l'exécution du contrat de travail, par opposition aux sommes versées pour un autre motif (remboursement de frais, libéralité pure, etc.). Le caractère obligatoire pour l'employeur est un indice.

Articles connexes

Vulgarisation à but informatif. La qualification d'un avantage comme rémunération ou non a des conséquences cotisations, fiscalité, indemnités. Pour toute question, consultez un expert-comptable ou un avocat en droit social.

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Cas pratiques

Cas 1 — Comparaison H/F : rémunération totale

Une cadre constate que son salaire de base est identique à celui de son collègue masculin, mais qu'elle ne reçoit pas certaines primes commerciales qu'il perçoit. Pour l'égalité H/F (L3221-2), la comparaison se fait sur la rémunération totale au sens de L3221-3, incluant primes, commissions et avantages en nature. Rappel de salaire ordonné par les prud'hommes sur 3 ans.

Cas 2 — Voiture de fonction

Un cadre dispose d'une voiture de fonction d'une valeur d'usage personnel évaluée à 350 €/mois (carburant compris). Cette voiture est un avantage en nature au sens de L3221-3, intégrée au salaire pour les cotisations sociales et pour le calcul de l'indemnité de licenciement éventuelle. Évaluation forfaitaire ou réelle selon barèmes URSSAF.

Cas 3 — Prime d'ancienneté incluse

Un salarié touche une prime d'ancienneté contractuelle de 200 €/mois en plus de son salaire de base. Composante de la rémunération (L3221-3). Conséquences : intégrée au calcul du SMIC (sous conditions), au calcul de l'indemnité de licenciement, au calcul des indemnités congés payés. Soumise à cotisations sociales et fiscales comme le salaire de base.

Cas 4 — Titre-restaurant (part employeur)

Un salarié reçoit 20 titres-restaurant/mois à 10 € (5 € employeur + 5 € salarié). La part employeur (5 € × 20 = 100 €/mois) est un avantage assimilé à de la rémunération au sens de L3221-3, mais bénéficiant d'une exonération sociale partielle (plafond 6,91 € par titre en 2024). Au-delà du plafond, la fraction excédentaire est intégrée au salaire imposable et soumise à cotisations.

Cas 5 — Remboursement de frais : exclu

Un commercial perçoit chaque mois 400 € de remboursement de frais réels (déplacements, repas client). Pas une rémunération au sens de L3221-3 car ce n'est pas un avantage en raison de l'emploi, c'est la compensation de dépenses engagées pour le compte de l'employeur. Conséquence : exclu du calcul du SMIC, des indemnités de licenciement, et des cotisations sociales (sous certaines limites).

Cas 6 — Cadeau du CSE : à analyser

Le CSE remet à chaque salarié un chèque-cadeau de 150 € à Noël. Non assimilé à la rémunération de l'employeur car versé par le CSE (et non l'employeur). Mais en pratique, les chèques-cadeaux du CSE bénéficient d'une exonération URSSAF dans la limite de 5 % du PMSS (plafond mensuel Sécurité sociale) par évènement. Au-delà, intégration possible dans l'assiette sociale.

Vérifier ses bulletins de paie

Pour le salarié, il est utile de connaître tous les éléments de sa rémunération au sens de L3221-3 : (1) identifier sur le bulletin les primes, indemnités, avantages en nature, (2) vérifier la prise en compte dans les calculs (SMIC, congés payés, indemnité de licenciement), (3) conserver les bulletins sur 5 ans pour preuve. En cas de doute sur la qualification d'un avantage, demander des précisions au service paie ou consulter un avocat.

Questions fréquentes

Selon L3221-3 : le salaire ordinaire de base ou minimum + tous les autres avantages et accessoires payés directement ou indirectement, en espèces ou en nature, par l'employeur au salarié en raison de l'emploi. Concrètement : salaire de base, primes, commissions, intéressement, avantages en nature (voiture, logement, tickets-restaurant), cotisations à mutuelle ou prévoyance (part employeur).

Non. Les remboursements de frais professionnels réels (déplacements, repas, équipement) ne sont pas une rémunération au sens de L3221-3 car ils ne sont pas versés « en raison de l'emploi » mais en compensation de dépenses engagées pour le compte de l'employeur. Conséquence : exclus du calcul du SMIC, des indemnités de licenciement, et exonérés de cotisations sociales dans certaines limites.

Cinq utilisations majeures : (1) appréciation de l'égalité H/F (L3221-2) — comparaison sur la rémunération totale, pas seulement le salaire de base, (2) assujettissement aux cotisations sociales, (3) calcul du SMIC (pour vérifier le respect du minimum), (4) salaire de référence pour les indemnités de licenciement, (5) assiette des saisies sur salaire.

Oui, expressément (« en espèces ou en nature »). Voiture de fonction à usage personnel, logement de fonction, tickets-restaurant (part employeur), chèques-vacances, mutuelle ou prévoyance financée par l'employeur sont des composantes de la rémunération. Leur valorisation est faite selon des barèmes URSSAF (forfaitaires ou réels).

Non. L'indemnité légale ou conventionnelle de licenciement (L1234-9) a un caractère indemnitaire (réparation d'un préjudice), pas de rémunération en raison de l'emploi. Elle n'entre donc pas dans l'assiette des cotisations sociales (sauf au-delà de plafonds spécifiques) et n'est pas comprise dans le salaire de référence pour calculer une nouvelle indemnité de licenciement.

Selon les barèmes URSSAF : (1) voiture de fonction : forfait basé sur le coût d'achat HT × 9 %/an + carburant ou évaluation réelle, (2) logement de fonction : forfait selon revenus du salarié et localité, (3) tickets-restaurant : valeur nominale, (4) téléphone/internet pro à usage privé : forfait 10 % du coût total ou réel. Les sommes sont intégrées au bulletin de paie pour calcul des cotisations.
Cet article a une vocation pédagogique. Pour toute application concrète à votre situation, référez-vous au texte officiel sur Légifrance et, si nécessaire, consultez un professionnel du droit social.
Page mise à jour le 29/05/2026.