Article L3245-1 · En vigueur

Article L3245-1 — Prescription de l'action en paiement du salaire (3 ans)

L'article L3245-1 fixe la prescription de l'action en paiement du salaire à 3 ans. Le salarié peut réclamer les salaires, heures supplémentaires et primes impayés des 3 dernières années, ou des 3 ans précédant la rupture du contrat.

Ce que dit l'article L3245-1

Texte officiel en vigueur depuis le 17/06/2013 :

L'action en paiement ou en répétition du salaire se prescrit par trois ans à compter du jour où celui qui l'exerce a connu ou aurait dû connaître les faits lui permettant de l'exercer. La demande peut porter sur les sommes dues au titre des trois dernières années à compter de ce jour ou, lorsque le contrat de travail est rompu, sur les sommes dues au titre des trois années précédant la rupture du contrat.

Source : Légifrance

Nature
Partie législative
Partie III
Durée du travail, salaire, intéressement, participation et épargne salariale
Livre
Livre II
Titre
Titre IV — Paiement du salaire
Chapitre
Chapitre V — Action en paiement et prescription

L'article L3245-1 fixe la prescription de l'action en paiement du salaire à 3 ans. Un salarié peut donc réclamer les salaires, heures supplémentaires et primes impayés des 3 dernières années — une fenêtre cruciale pour récupérer son dû.

Ce que dit l'article L3245-1

Texte officiel en vigueur depuis le 17 juin 2013 :

L'action en paiement ou en répétition du salaire se prescrit par trois ans à compter du jour où celui qui l'exerce a connu ou aurait dû connaître les faits lui permettant de l'exercer. La demande peut porter sur les sommes dues au titre des trois dernières années à compter de ce jour ou, lorsque le contrat de travail est rompu, sur les sommes dues au titre des trois années précédant la rupture du contrat.

Source : Légifrance

En clair, qu'est-ce que ça veut dire ?

Si un salarié n'a pas été payé d'une partie de son salaire (heures supplémentaires, primes, commissions, indemnités…), il dispose de 3 ans pour agir. Et son action peut porter sur les sommes dues des 3 dernières années.

La loi du 14 juin 2013 a raccourci ce délai (auparavant 5 ans). Le point de départ : le jour où le salarié a eu ou aurait dû avoir connaissance des faits permettant d'agir. Si le contrat est rompu, la demande remonte aux 3 ans précédant la rupture.

Qui est concerné ?

  • Tout salarié réclamant un rappel de salaire ou d'élément de rémunération ;
  • Tout employeur souhaitant récupérer un trop-versé (« répétition » du salaire) ;
  • Action devant le conseil de prud'hommes.

Ce que cela implique en pratique

1. Quelles sommes sont concernées ?

  • Salaire de base impayé ou minoré ;
  • Heures supplémentaires et leurs majorations ;
  • Primes contractuelles ou conventionnelles (ancienneté, 13e mois, objectifs…) ;
  • Indemnité de congés payés, prime de précarité, IFM ;
  • Avantages en nature non versés.

2. Le double plafonnement

L'article comporte deux limites cumulatives :

  • Délai pour agir : 3 ans à compter de la connaissance des faits ;
  • Période récupérable : les sommes dues au titre des 3 dernières années (ou les 3 ans précédant la rupture du contrat).

Exemple : un salarié encore en poste qui agit en 2026 récupère les sommes de 2023 à 2026.

3. Distinction avec les autres prescriptions

ActionDélaiArticle
Paiement du salaire3 ansL3245-1
Exécution du contrat (hors salaire)2 ansL1471-1
Rupture du contrat12 moisL1471-1
Discrimination / harcèlement5 ansL1134-5

Points pratiques et risques

  • Interruption : la saisine prud'homale, la reconnaissance écrite de la dette ou une mise en demeure interrompent la prescription (article 2240 et 2244 C. civ.) ;
  • Suspension en cas de médiation conventionnelle (2238 C. civ.) ;
  • Trop-versé par l'employeur : même délai de 3 ans pour réclamer la « répétition » de l'indu ;
  • Action prescrite : irrecevabilité d'office, sans examen au fond.

Cas pratiques

Cas n°1 — Heures supplémentaires sur 5 ans

Un salarié encore en poste a accompli des heures supplémentaires non payées depuis 5 ans. En agissant en 2026, il ne récupère que les 3 dernières années (2023-2026), les deux premières étant prescrites.

Cas n°2 — Contrat rompu

Un salarié dont le contrat a pris fin le 30 juin 2025 réclame un rappel de prime. Il peut agir dans les 3 ans suivant la rupture et récupérer les sommes dues des 3 années précédant le 30 juin 2025.

Cas n°3 — Trop-versé par l'employeur

L'employeur découvre avoir versé par erreur une prime indue pendant 4 ans. Il ne peut récupérer (« répétition ») que les sommes des 3 dernières années (L3245-1).

Cas n°4 — Interruption par mise en demeure

Le salarié adresse une mise en demeure recommandée le 1er mars : la prescription est interrompue, un nouveau délai de 3 ans recommence à courir (article 2244 C. civ.).

Articles connexes du Code du travail

Cet article a une vocation pédagogique. Pour toute application concrète, référez-vous au texte officiel sur Légifrance.
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Cas pratiques

Cas n°1 — Heures sup sur 5 ans

Action en 2026 : récupération limitée aux 3 dernières années (2023-2026), le reste prescrit.

Cas n°2 — Contrat rompu

Rupture le 30 juin 2025 : action dans les 3 ans, récupération des 3 ans précédant la rupture.

Cas n°3 — Trop-versé employeur

Répétition de l'indu limitée aux 3 dernières années (L3245-1).

Cas n°4 — Interruption par mise en demeure

Mise en demeure recommandée : prescription interrompue, nouveau délai de 3 ans (art. 2244 C. civ.).

Questions fréquentes

3 ans à compter du jour où le salarié a connu ou aurait dû connaître les faits permettant d'agir (article L3245-1). La demande peut porter sur les sommes dues au titre des 3 dernières années, ou des 3 années précédant la rupture si le contrat est terminé.

Tous les éléments de rémunération : salaire de base, heures supplémentaires et majorations, primes contractuelles ou conventionnelles (ancienneté, 13ᵉ mois, objectifs), indemnité de congés payés, prime de précarité, avantages en nature non versés.

Non. Avant la loi du 14 juin 2013 (entrée en vigueur le 17 juin 2013), la prescription salariale était de 5 ans. Elle a été ramenée à 3 ans. Des règles transitoires s'appliquent aux prescriptions en cours à cette date.

Deux limites cumulatives : le délai pour agir (3 ans à compter de la connaissance des faits) et la période récupérable (les sommes dues au titre des 3 dernières années). Concrètement, un salarié agissant en 2026 récupère les sommes de 2023 à 2026.

Par la saisine du conseil de prud'hommes, par une reconnaissance écrite de la dette par l'employeur (article 2240 C. civ.), ou par une mise en demeure (article 2244 C. civ.). L'interruption fait courir un nouveau délai de 3 ans. La médiation conventionnelle suspend la prescription (2238 C. civ.).

Oui, l'action en répétition de l'indu (trop-versé de salaire) est soumise au même délai de 3 ans (article L3245-1). L'employeur ne peut récupérer que les sommes versées à tort au cours des 3 dernières années.
Cet article a une vocation pédagogique. Pour toute application concrète à votre situation, référez-vous au texte officiel sur Légifrance et, si nécessaire, consultez un professionnel du droit social.
Page mise à jour le 26/05/2026.