Article L2311-2 · En vigueur

Article L2311-2 — Seuil de 11 salariés pour la mise en place du CSE

L'article L2311-2 impose la mise en place d'un comité social et économique (CSE) dans toute entreprise d'au moins 11 salariés. L'obligation n'est effective que si l'effectif est atteint pendant 12 mois consécutifs. Calcul de l'effectif selon les articles L1111-2 et L1251-54.

Ce que dit l'article L2311-2

Texte officiel en vigueur depuis le 01/01/2018 :

Un comité social et économique est mis en place dans les entreprises d'au moins onze salariés.

Sa mise en place n'est obligatoire que si l'effectif d'au moins onze salariés est atteint pendant douze mois consécutifs.

L'effectif est calculé conformément aux dispositions des articles L. 1111-2 et L. 1251-54.

Source : Légifrance

Nature
Partie législative
Partie III
Durée du travail, salaire, intéressement, participation et épargne salariale
Livre
Livre III
Titre
Titre Ier : Champ d'application
Chapitre
Chapitre Ier : Champ d'application

L'article L2311-2 du Code du travail fixe le seuil d'effectif déclenchant l'obligation de mettre en place un comité social et économique (CSE) : 11 salariés atteints pendant 12 mois consécutifs. En dessous, aucune représentation du personnel n'est imposée. Au-dessus, l'absence de CSE constitue un délit d'entrave.

Texte officiel

« Un comité social et économique est mis en place dans les entreprises d'au moins onze salariés.
Sa mise en place n'est obligatoire que si l'effectif d'au moins onze salariés est atteint pendant douze mois consécutifs.
L'effectif est calculé conformément aux dispositions des articles L. 1111-2 et L. 1251-54. »

En clair

Le CSE est la seule instance représentative du personnel en France depuis le 1ᵉʳ janvier 2020 (issu des ordonnances Macron du 22 septembre 2017). Il remplace les anciens DP, CE et CHSCT. Sa mise en place suit un mécanisme à deux temps : franchissement du seuil + maintien pendant 12 mois consécutifs.

Le calcul du seuil de 11 salariés

L'effectif est calculé selon l'article L1111-2 :

Salariés intégralement comptés
  • CDI à temps plein
  • Représentants du personnel et délégués syndicaux
  • Mandataires sociaux titulaires d'un contrat de travail
Salariés au prorata
  • CDD et intérimaires : au prorata de leur temps de présence sur les 12 derniers mois
  • Temps partiel : au prorata de leur durée de travail
  • Salariés à temps partagé : selon les règles spécifiques
Salariés exclus
  • Apprentis
  • Contrats de professionnalisation
  • Contrats aidés (CUI-CAE, CIE)
  • Remplaçants de salariés absents (durée de l'absence)
Cas particulier intérimaires

Comptabilisés à la fois chez l'entreprise utilisatrice (au prorata) et chez l'ETT (à 100 % selon L1251-54), pour éviter les détournements du seuil par recours systématique à l'intérim.

Calendrier de mise en place

ÉtapeDélaiArticle
Atteinte du seuil de 11 salariésMois ML2311-2
Maintien du seuil pendant 12 mois consécutifsM+12L2311-2
Information du personnel et invitation des syndicats à négocier le PAP+ 30 joursL2314-4 et 5
Élection du CSE (1ᵉʳ tour)+ 90 jours après l'invitationL2314-4
2ᵉ tour si quorum non atteint+ 15 joursL2314-29

Composition selon l'effectif

EffectifNb de titulairesHeures de délégationAttributions
11 à 24110 h/moisRéclamations individuelles
25 à 49210 h/moisRéclamations + santé/sécurité
50 à 74418 h/moisPleines attributions (économique, social, santé)
75 à 99519 h/moisPleines attributions
100 à 1996 à 921-22 h/moisPleines attributions
200+ salariés9+22-34 h/moisPleines attributions + représentants syndicaux

À partir de 50 salariés : budget de fonctionnement (0,20 % de la masse salariale) + budget ASC (selon usage), commission SSCT, expert-comptable.

Sanctions : délit d'entrave

L'absence de mise en place du CSE alors que le seuil est atteint constitue un délit d'entrave au fonctionnement de l'institution (art. L2317-1) : 7 500 € d'amende pour la personne physique (1 an d'emprisonnement supprimé en 2015 pour cette infraction, maintenu pour l'entrave au CSE constitué). Outre la sanction pénale, l'employeur s'expose à l'action en référé devant le tribunal judiciaire pour ordonner la tenue des élections sous astreinte.

Articles connexes

Vulgarisation à but informatif. Le calcul précis de l'effectif et l'organisation des élections sont des étapes critiques qui exposent à un fort contentieux. Pour mettre en place un CSE, consultez un avocat en droit social, votre OPCO ou un cabinet spécialisé en relations sociales.

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Cas pratiques

Cas 1 — PME franchissant le seuil de 11

Une PME passe de 9 salariés à 12 en mars 2025 suite à 3 embauches. Elle doit maintenir ce seuil pendant 12 mois consécutifs (jusqu'en mars 2026) pour que l'obligation se déclenche. À partir de mars 2026, elle dispose de 90 jours pour organiser les élections du CSE. Avant cette date, aucune obligation.

Cas 2 — Effectif fluctuant : 12, 9, 13, 10…

Une entreprise saisonnière oscille entre 8 et 14 salariés selon les mois. Le seuil de 11 doit être atteint pendant 12 mois consécutifs. Si un seul mois sur les 12 redescend sous 11, le compteur repart à zéro. Une entreprise saisonnière échappera souvent à l'obligation, sauf si elle a un noyau stable suffisant.

Cas 3 — Recours massif à l'intérim

Une entreprise a 8 CDI et utilise en permanence 5 intérimaires. Ces intérimaires comptent au prorata de leur temps de présence : si chacun est présent 11 mois sur 12, ils valent 5 × (11/12) = 4,58 ETP. Total : 8 + 4,58 = 12,58 ETP. Seuil franchi → obligation de CSE après 12 mois consécutifs.

Cas 4 — Délit d'entrave

Une entreprise de 25 salariés depuis 3 ans n'a jamais organisé les élections du CSE. Un syndicat saisit l'inspection du travail et le tribunal judiciaire. Délit d'entrave constitué (art. L2317-1). L'employeur est condamné à 7 500 € d'amende et le tribunal lui ordonne d'organiser les élections sous astreinte de 500 €/jour de retard.

Cas 5 — Carence d'élections

Une PME de 15 salariés organise les élections. Aucun candidat ne se présente. Procès-verbal de carence dressé, transmis à la Dreets (L2314-9). L'entreprise est dispensée de remettre en place le CSE pendant 4 ans, mais doit conserver le PV. À l'issue, nouvelle obligation d'organiser des élections (puisque la durée du mandat est de 4 ans).

Cas 6 — Franchissement du seuil de 50 en cours de mandat

Une entreprise de 35 salariés a un CSE « réduit » (réclamations seulement). Elle passe à 55 salariés et le maintient 12 mois. Le CSE doit alors être réorganisé avec pleines attributions (art. L2312-2) : nouveau règlement intérieur, budget de fonctionnement (0,20 % de la masse salariale), commission SSCT, possible recours à expert-comptable. Le mandat des élus en cours se poursuit toutefois jusqu'à son terme.

Bonne pratique RH

Mettre en place un tableau de suivi de l'effectif mensuel (intégrant CDI, CDD, intérimaires, temps partiels au prorata) dès que l'entreprise approche du seuil de 11. Anticiper de 3 mois la procédure : un délai trop court expose à l'irrégularité des élections. Et garder en mémoire qu'à 49 salariés on n'est pas à 50 : le franchissement déclenche tout un nouveau régime (budget, expert, commission SSCT).

Questions fréquentes

11 salariés atteints pendant 12 mois consécutifs (art. L2311-2). En dessous, aucune obligation. Au-dessus, l'employeur doit organiser les élections dans les 90 jours suivant l'information du personnel et l'invitation aux syndicats.

Selon l'article L1111-2 : CDI à temps plein comptés à 1, CDD et intérimaires au prorata de leur temps de présence sur les 12 derniers mois, salariés à temps partiel au prorata de leur durée. Apprentis, contrats de professionnalisation et contrats aidés sont exclus. Les intérimaires sont aussi comptés à 100 % chez l'ETT (art. L1251-54).

Le compteur de 12 mois redémarre. Si l'effectif redescend une seule fois sous 11, l'entreprise échappe temporairement à l'obligation. Pour les CSE déjà constitués qui passent durablement sous 11, le mandat des élus continue jusqu'à son terme et n'est pas renouvelé.

Le franchissement du seuil de 50 (sur 12 mois consécutifs) transforme le CSE : pleines attributions (économique, social, santé), budget de fonctionnement de 0,20 % de la masse salariale, budget activités sociales et culturelles selon usage, commission SSCT obligatoire, recours possible à un expert-comptable (art. L2315-91 et s.).

Délit d'entrave (art. L2317-1) : 7 500 € d'amende pour défaut de mise en place du CSE alors que l'obligation est née. Le tribunal judiciaire peut être saisi en référé pour ordonner les élections sous astreinte. Tout licenciement d'un salarié pour avoir réclamé la mise en place du CSE est nul.

Un procès-verbal de carence est dressé (art. L2314-9) et transmis à la Dreets. L'entreprise est dispensée de remettre en place le CSE pendant la durée du mandat qu'aurait eu l'institution (4 ans), mais doit conserver le PV pour preuve. Nouvelles élections obligatoires à l'issue de cette période.
Cet article a une vocation pédagogique. Pour toute application concrète à votre situation, référez-vous au texte officiel sur Légifrance et, si nécessaire, consultez un professionnel du droit social.
Page mise à jour le 29/05/2026.