2 réacteurs · 1 300 MW (P4') 2,62 GW En exploitation

Centrale Nucléaire de Belleville

Dernière-née du chapelet nucléaire de la Loire, aux confins du Cher, du Loiret et de la Nièvre, Belleville a connu l'épreuve rare de la surveillance renforcée de l'ASN (2017-2020) — avant de rentrer dans le rang.

CommuneBelleville-sur-Loire
DépartementCher (18)
Réacteurs2 × 1 300 MW (P4')
Puissance2 620 MW
Mise en service1987-1988
RefroidissementLoire · 2 aéroréfrigérants
Effectifs≈ 1 050 permanents
Production 201914,51 TWh

Le tableau des tranches

Réacteur
1
PalierP4' · 1 300 MW
Couplageoct. 1987
En exploitation
Réacteur
2
PalierP4' · 1 300 MW
Couplagejuil. 1988
En exploitation

Deux réacteurs à eau pressurisée du palier P4' (1 310 MW nets chacun), 2 620 MW au total. Les quatrièmes visites décennales du palier 1 300 MW, ouvertes en 2026 avec Paluel 1 en tête de série, concerneront Belleville dans la décennie.

Publicité

Histoire : la dernière-née du chapelet ligérien

Construite à partir de 1979 sur la commune de Belleville-sur-Loire (Cher), en rive gauche de la Loire face à Neuvy-sur-Loire, aux confins du Cher, du Loiret et de la Nièvre, la centrale a couplé ses deux réacteurs du palier P4' au réseau en octobre 1987 et juillet 1988 — les dernières tranches mises en service dans la vallée de la Loire, après Dampierre, Saint-Laurent et Chinon. Le débit du fleuve imposant un refroidissement en circuit fermé, ses deux tours aéroréfrigérantes dominent le val entre Sancerre et Briare.

Avec de l'ordre de 15 à 16 TWh par an (14,51 TWh en 2019), Belleville complète le « chapelet ligérien » qui fait de la région Centre-Val de Loire l'une des premières zones de production nucléaire mondiales. Pour ce territoire rural, la centrale est un pilier économique massif : environ un millier d'emplois permanents et plusieurs dizaines de millions d'euros de retombées fiscales annuelles pour les collectivités.

2017-2020 : l'épreuve de la surveillance renforcée

Belleville a connu une situation rare sur le parc : de septembre 2017 à janvier 2020, l'Autorité de sûreté a placé la centrale sous surveillance renforcée, constatant une dégradation continue de ses performances depuis 2016 — rigueur d'exploitation insuffisante, retards de maintenance, écarts mal traités. Concrètement : des inspections supplémentaires, un suivi rapproché de la direction du site et l'obligation d'un plan de redressement. Le dispositif a été levé début 2020 après amélioration durable — un cas d'école, régulièrement cité, de la manière dont le gendarme du nucléaire peut mettre un site « sous tutelle de fait » sans l'arrêter.

Le saviez-vous ? Belleville avait aussi été pressentie pour accueillir une piscine centralisée d'entreposage de combustible usé, destinée à désaturer les piscines de La Hague. EDF a abandonné le projet sur ce site en juin 2020.

Arrêts de tranche et visites décennales

Chaque réacteur s'arrête périodiquement pour rechargement et maintenance : arrêt pour simple rechargement (ASR), visite partielle (VP) ou visite décennale (VD), le réexamen complet qui conditionne dix années d'exploitation sous le contrôle de l'ASNR. Belleville a passé ses troisièmes visites décennales dans les années 2020 et se prépare désormais à l'échéance majeure du palier 1 300 MW : les quatrièmes visites décennales, ouvertes sur le parc en janvier 2026 avec Paluel 1 en tête de série. Pour un site à deux tranches, chaque VD4 — plusieurs mois d'arrêt, des centaines d'intervenants supplémentaires — représente un pic d'activité considérable à l'échelle du bassin d'emploi.

Sûreté et contrôle : ce que dit l'ASNR

Dans son appréciation portant sur l'année 2025, l'Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection (ASNR) juge la conduite en salle de commande « maintenue à un niveau satisfaisant », avec des progrès dans la gestion des configurations de circuits, mais demande une meilleure maîtrise des arrêts automatiques non programmés. Le point noir de l'année est la maintenance, en dégradation : « préparation insuffisante des activités » et défauts sur des matériels importants pour la sûreté — l'un d'eux ayant provoqué un arrêt automatique de réacteur et d'importants dégâts au condenseur.

La radioprotection reste stable : les fondamentaux sont correctement déployés et un événement significatif (épandage de résines radioactives) a été géré de manière appropriée. Côté environnement, l'ASNR salue la mise en œuvre de la stratégie nationale de confinement des effluents liquides et la rénovation anticipée de la station de déminéralisation ; en revanche, la nouvelle installation de traitement contre les légionelles et amibes n'a pas empêché des dépassements de seuils réglementaires en 2025, et la sécurité classique (installations électriques, vérification des appareils de levage) doit progresser.

Travailler à Belleville

Avec 781 salariés EDF et environ 265 prestataires permanents (chiffres 2016), la centrale est le premier employeur d'un vaste territoire rural entre Sancerrois et Puisaye — et l'un des premiers contributeurs fiscaux des collectivités locales. Les arrêts de tranche et, bientôt, les VD4 du palier 1 300 MW y appellent régulièrement des centaines d'intervenants : robinetterie, soudage-tuyauterie, échafaudage-calorifugeage, contrôles non destructifs, radioprotection, logistique nucléaire, maintenance électrique — un domaine que l'ASNR surveille particulièrement ici. L'accès en zone contrôlée exige des habilitations spécifiques et un suivi dosimétrique individuel : voir nos outils dédiés en sidebar.

FAQ — Centrale de Belleville

Deux réacteurs à eau pressurisée de 1 310 MW nets (palier P4'), couplés en octobre 1987 et juillet 1988, soit 2 620 MW, à Belleville-sur-Loire (Cher).

De septembre 2017 à janvier 2020, l'ASN a renforcé sa surveillance après une dégradation des performances de sûreté constatée depuis 2016 (rigueur d'exploitation, maintenance, traitement des écarts). Le dispositif a été levé après redressement.

En circuit fermé par l'eau de la Loire, avec deux tours aéroréfrigérantes.

Pour 2025 : conduite satisfaisante et gestion des effluents saluée, mais maintenance en dégradation — préparation insuffisante et défauts sur des matériels importants pour la sûreté, dont un arrêt automatique de réacteur avec dégâts au condenseur.

Le projet de piscine centralisée d'entreposage de combustible usé étudié à Belleville a été abandonné en juin 2020.

De l'ordre de 15 à 16 TWh par an (14,51 TWh en 2019 ; 16,47 TWh de moyenne 2015-2019).

Sources officielles

Dossier documentaire établi à partir de sources publiques officielles (ASNR, EDF, IAEA, débats publics CNDP). Les données d'exploitation évoluent : dernière vérification le 2026-07-25. Cette page ne constitue pas une communication d'EDF ni de l'ASNR.