4 réacteurs · 900 MW (CP2) 3,62 GW En exploitation

Centrale Nucléaire de Chinon

C'est ici, à Avoine, au bord de la Loire, qu'EDF a produit son premier kilowattheure nucléaire en 1963. Soixante ans plus tard, Chinon aligne quatre réacteurs de 900 MW, des tours de 28 mètres imposées par les châteaux de la Loire — et un musée en forme de boule.

CommuneAvoine
DépartementIndre-et-Loire (37)
Réacteurs4 × 900 MW (CP2)
Puissance3 620 MW
Mise en service1982-1987
RefroidissementLoire · tours de 28 m
Effectifs≈ 1 500 personnes
Production≈ 24 TWh/an

Le tableau des tranches

Réacteurs
A1-A3
FilièreUNGG
Service1963-1990
Arrêtés · en déconstruction
Réacteur
B1
PalierCP2 · 900 MW
Couplage1982
En exploitation
Réacteur
B2
PalierCP2 · 900 MW
Couplage1983
En exploitation
Réacteur
B3
PalierCP2 · 900 MW
Couplage1986
En exploitation
Réacteur
B4
PalierCP2 · 900 MW
Couplage1987
En exploitation

Quatre réacteurs à eau pressurisée du palier CP2 (905 MW nets chacun), environ 3 620 MW au total. Les trois réacteurs graphite-gaz historiques (Chinon A1 à A3, 1963-1990) sont arrêtés et en déconstruction — A1, « la Boule », abrite un musée depuis 1986.

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1963 : le premier kilowattheure nucléaire d'EDF

Tout le nucléaire civil français descend de ce coin de Touraine. Sur la commune d'Avoine (Indre-et-Loire), à 8 km de Chinon, en rive gauche de la Loire, EDF construit à la fin des années 1950 son premier réacteur électrogène : Chinon A1 (EDF1), de la filière nationale uranium naturel-graphite-gaz (UNGG), enfermé dans une spectaculaire sphère métallique surnommée « la Boule ». Divergence en septembre 1962, premiers kilowattheures livrés au réseau le 14 juin 1963 : l'aventure électronucléaire d'EDF commence là. Suivront A2 (1965-1985) et A3 (1966-1990), chacun plus puissant que le précédent.

Dans les années 1980, le site bascule vers la technologie à eau pressurisée : les quatre réacteurs B1 à B4 du palier CP2 (905 MW nets chacun) sont couplés au réseau entre 1982 et 1987. Avec environ 24 TWh par an, Chinon forme, avec Dampierre, Saint-Laurent et Belleville, le « chapelet ligérien » qui fait de la vallée de la Loire l'une des premières régions nucléaires du monde.

Des tours de 28 mètres pour les châteaux de la Loire

Chinon possède une singularité visible entre toutes : ses tours aéroréfrigérantes sont limitées à 28 mètres de hauteur, contre environ 165 mètres pour les tours classiques. Cette contrainte, imposée pour préserver le paysage du Val de Loire et la proximité des châteaux, a conduit à multiplier les cellules de refroidissement basses à tirage forcé — une configuration unique sur le parc français, qui donne à la centrale sa silhouette horizontale, presque industrielle-agricole, au milieu des vignes du Véron.

Le saviez-vous ? « La Boule » de Chinon A1 se visite : transformée en musée en 1986, elle raconte les débuts de l'aventure nucléaire française, salle de commande d'époque comprise. Un réacteur devenu monument — cas unique en France.

La déconstruction des réacteurs A

Les trois réacteurs graphite-gaz de Chinon font partie du programme national de déconstruction des UNGG piloté par EDF — un chantier de très longue haleine, aux côtés de Bugey 1 et de Saint-Laurent A1-A2. Le démantèlement de ces caissons de graphite irradié constitue un défi technique spécifique (volumes importants, déchets de graphite sans filière définitive), qui occupera des équipes spécialisées pendant des décennies. Trois générations de nucléaire cohabitent ainsi sur le même site : les pionniers en déconstruction, les 900 MW en exploitation, et la mémoire du premier kWh dans « la Boule ».

Arrêts de tranche et maintenance

Chaque réacteur B s'arrête périodiquement pour rechargement et maintenance : arrêt pour simple rechargement (ASR), visite partielle (VP) ou visite décennale (VD), le grand réexamen qui conditionne dix ans d'exploitation sous le contrôle de l'ASNR. Le palier CP2 de Chinon suit le programme de quatrièmes visites décennales du 900 MW, engagé sur le parc depuis 2019 (Tricastin en tête de série) : des chantiers de plusieurs mois qui mobilisent des centaines d'intervenants prestataires supplémentaires. Fin d'été 2025, le site a par ailleurs dû gérer un épisode massif de prolifération d'algues dans la Loire, encrassant les filtres de la source froide — une gestion jugée efficace par l'ASNR.

Sûreté et contrôle : ce que dit l'ASNR

Dans son appréciation portant sur l'année 2025, l'Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection (ASNR) juge les performances de Chinon « globalement stables » par rapport à 2024 : la conduite des réacteurs et les essais périodiques restent satisfaisants, et la maîtrise du risque incendie progresse, même si la préparation des équipes doit encore s'améliorer.

La radioprotection recule légèrement : les taux de contamination des travailleurs restent parmi les plus bas du parc EDF et le zonage radiologique est maîtrisé, mais l'autorité attend des progrès sur le confinement des matières radioactives et les chantiers de radiographie industrielle, à l'origine d'événements significatifs en 2025. Les performances environnementales sont globalement satisfaisantes (rejets d'effluents liquides bien gérés), avec un retard pointé sur la gestion des déchets — conditions d'entreposage et résorption de déchets de maintenance accumulés, dont l'élimination a été engagée en 2026.

Travailler à Chinon

Avec environ 1 500 personnes au quotidien — agents EDF et prestataires permanents —, le CNPE de Chinon est l'un des premiers employeurs d'Indre-et-Loire, au cœur d'un bassin qui vit du nucléaire depuis plus de soixante ans. Aux métiers de l'exploitation (conduite, maintenance, robinetterie, soudage-tuyauterie, contrôles non destructifs, radioprotection, logistique nucléaire) s'ajoutent les compétences rares de la déconstruction UNGG : découpe, assainissement, caractérisation et gestion des déchets. L'accès en zone contrôlée exige des habilitations spécifiques et un suivi dosimétrique individuel — voir nos outils dédiés en sidebar.

FAQ — Centrale de Chinon

C'est là qu'EDF a exploité son premier réacteur civil : Chinon A1 (EDF1), divergence en septembre 1962, premiers kWh le 14 juin 1963. Sa sphère « la Boule » est un musée depuis 1986.

Quatre réacteurs à eau pressurisée de 905 MW nets (palier CP2, B1 à B4), couplés entre 1982 et 1987 (~3 620 MW). Les trois UNGG historiques sont arrêtés et en déconstruction.

Limitées à 28 mètres pour préserver le paysage du Val de Loire et la proximité des châteaux — une configuration unique sur le parc français.

Pour 2025 : performances globalement stables, conduite et essais satisfaisants, gestion efficace d'un épisode d'algues fin été 2025 ; radioprotection en léger recul (confinement, radiographie) et retard sur la gestion des déchets, en cours de résorption depuis 2026.

Environ 24 TWh par an, avec quelque 1 500 personnes travaillant sur le site au quotidien.

Arrêtés en 1973, 1985 et 1990, ils sont en déconstruction dans le cadre du programme UNGG d'EDF — un chantier de plusieurs décennies. A1 abrite le musée « la Boule ».

Sources officielles

Dossier documentaire établi à partir de sources publiques officielles (ASNR, EDF, IAEA, débats publics CNDP). Les données d'exploitation évoluent : dernière vérification le 2026-07-25. Cette page ne constitue pas une communication d'EDF ni de l'ASNR.