Le tableau des tranches
Quatre réacteurs à eau pressurisée du palier P4 (1 330 MW nets chacun), 5 320 MW au total — la deuxième centrale de France par la puissance. La VD4 du réacteur 1, ouverte le 3 janvier 2026, est la première du palier 1 300 MW.
Histoire : la première des 1 300 MW
Construite à partir de 1977 dans la vallée de la Durdent, sur la commune de Paluel (Seine-Maritime), à une quarantaine de kilomètres de Dieppe, la centrale s'ouvre sur la Manche entre les falaises du pays de Caux, qui lui fournissent son refroidissement en circuit ouvert. Paluel fut la tête de série du palier P4, le premier étage des réacteurs de 1 300 MW : ses quatre tranches ont été couplées au réseau entre 1984 et 1986, inaugurant la génération qui compte aujourd'hui vingt réacteurs en France.
Avec 5 320 MW et 32,5 TWh produits en 2023, Paluel est la deuxième centrale française par la puissance et l'un des poumons électriques de la Normandie — une région qui concentre, avec Penly et Flamanville, une densité nucléaire unique. Le site héberge aussi l'une des bases régionales de la Force d'action rapide du nucléaire (FARN), créée après Fukushima pour intervenir sur n'importe quelle centrale en situation d'urgence.
VD4 : Paluel ouvre le « au-delà de 40 ans » des 1 300 MW
Après les réacteurs de 900 MW, place aux 1 300 : le 3 janvier 2026, Paluel 1 a engagé la première quatrième visite décennale du palier 1 300 MW — un jalon industriel et réglementaire majeur, qui ouvrira (ou non) la voie de l'exploitation au-delà de 40 ans aux vingt réacteurs du palier. Au programme de ce chantier de plusieurs mois : réexamen complet de sûreté sous le contrôle de l'ASNR, modernisations, et des opérations lourdes comme le remplacement de tubes de condenseur et de rotors. L'ASNR a explicitement demandé au site de garantir la qualité documentaire et la qualité des interventions, et d'appliquer aux trois autres réacteurs les enseignements de cette tête de série.
Autre première : en février 2025, EDF a été autorisée à charger à titre expérimental quatre assemblages de combustible MOX (mélange d'oxydes d'uranium et de plutonium) dans le réacteur 4 — le MOX était jusqu'ici réservé aux réacteurs de 900 MW.
2016 : la chute du générateur de vapeur
Paluel reste associée à l'un des accidents de manutention les plus spectaculaires de l'histoire du parc : en 2016, pendant la deuxième visite décennale du réacteur 2, un générateur de vapeur usagé d'environ 400 tonnes a chuté lors de son extraction dans le bâtiment réacteur. L'accident n'a fait ni victime ni rejet radiologique — le réacteur était à l'arrêt et déchargé — mais les dégâts matériels et les vérifications ont immobilisé la tranche 929 jours, jusqu'en juillet 2018. Le dossier a même soulevé une question juridique inédite : la réglementation considérant qu'un réacteur arrêté plus de deux ans est réputé définitivement à l'arrêt, EDF a dû obtenir un traitement spécifique pour redémarrer.
Sûreté et contrôle : ce que dit l'ASNR
Dans son appréciation portant sur l'année 2025, l'Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection (ASNR) juge les performances de sûreté de Paluel « stables et globalement satisfaisantes », tout en attendant davantage de rigueur dans la préparation des activités de conduite et le suivi des défaillances des matériels de contrôle-commande.
La radioprotection s'améliore et est jugée globalement satisfaisante ; l'ASNR demande de poursuivre le renforcement de la culture de sûreté avant l'intense activité industrielle de 2026 (VD4 en tête). Le point faible de l'année est environnemental : une fuite non contrôlée d'acide sulfurique et de soude à la station de déminéralisation a conduit l'autorité à demander une revue approfondie de l'exploitation et une meilleure gestion des équipements de rétention.
Travailler à Paluel
Avec environ 1 422 salariés EDF et 750 prestataires permanents, Paluel est l'un des premiers employeurs de Seine-Maritime — et la décennie qui s'ouvre sera exceptionnelle : quatre VD4 successives, des remplacements de gros composants, la base FARN. Les besoins couvrent toute la palette des métiers du nucléaire : conduite, maintenance, robinetterie, soudage-tuyauterie, levage et manutention de gros composants (compétence devenue emblématique du site depuis 2016), contrôles non destructifs, radioprotection, logistique nucléaire. L'accès en zone contrôlée exige habilitations et suivi dosimétrique individuel — voir nos outils dédiés en sidebar.
FAQ — Centrale de Paluel
Sources officielles
Dossier documentaire établi à partir de sources publiques officielles (ASNR, EDF, IAEA, débats publics CNDP). Les données d'exploitation évoluent : dernière vérification le 2026-07-25. Cette page ne constitue pas une communication d'EDF ni de l'ASNR.