4 réacteurs · 1 300 MW (P4') 5,20 GW En exploitation

Centrale Nucléaire de Cattenom

Quatre réacteurs de 1 300 MW posés sur la Moselle, à dix kilomètres du Luxembourg et de l'Allemagne : Cattenom est à la fois un géant électrique du Grand Est et la centrale la plus scrutée d'Europe par ses voisins.

CommuneCattenom
DépartementMoselle (57)
Réacteurs4 × 1 300 MW (P4')
Puissance5 200 MW
Mise en service1986-1991
RefroidissementMoselle · 4 aéroréfrigérants
Production 201931,12 TWh
ParticularitéFrontières Lux./All. à ~10 km

Le tableau des tranches

Réacteur
1
PalierP4' · 1 300 MW
Service1987
En exploitation
Réacteur
2
PalierP4' · 1 300 MW
Service1988
En exploitation
Réacteur
3
PalierP4' · 1 300 MW
Service1991
En exploitation
Réacteur
4
PalierP4' · 1 300 MW
Service1992
En exploitation

Quatre réacteurs à eau pressurisée du palier P4' (1 300 MW chacun), 5 200 MW au total. Les quatrièmes visites décennales du palier 1 300 MW s'ouvrent sur le parc à partir de 2026 (tête de série : Paluel 1) — celles de Cattenom suivront dans la décennie.

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Histoire : le géant mosellan

Construite sur la commune de Cattenom (Moselle), en rive gauche de la Moselle à une dizaine de kilomètres de Thionville, la centrale a été édifiée dans les années 1980 au cœur d'une région alors marquée par le déclin de la sidérurgie lorraine. Ses quatre réacteurs du palier P4' sont entrés en service entre 1987 et 1992, faisant de Cattenom l'une des toutes dernières grandes réalisations du programme électronucléaire, et l'une des plus puissantes centrales françaises (5 200 MW), derrière Gravelines et Paluel.

Avec une production de l'ordre de 30 TWh par an (31,12 TWh en 2019), le site pèse l'équivalent d'une part majeure des besoins électriques du Grand Est et alimente un réseau fortement interconnecté avec le Luxembourg et l'Allemagne — ironie géographique pour une centrale que ses voisins contestent.

L'eau : Mirgenbach, Pierre-Percée et les étés secs

Contrairement aux centrales littorales, Cattenom dépend d'une rivière au débit modeste : la Moselle. Son refroidissement fonctionne donc en circuit fermé, via quatre tours aéroréfrigérantes de 165 mètres visibles à des dizaines de kilomètres. Deux ouvrages accompagnent le dispositif : la retenue du Mirgenbach, lac artificiel adossé au site qui sert de réserve tampon, et le lac de Pierre-Percée, créé en 1985 dans les Vosges pour soutenir le débit de la Moselle en période d'étiage. La gestion de l'eau — partagée avec l'Allemagne et le Luxembourg en aval — est l'un des enjeux structurants de l'exploitation, étés caniculaires compris : l'instruction relative aux rejets et prélèvements d'eau du site a d'ailleurs abouti en 2025 après consultation du public.

La question frontalière : une centrale sous triple regard

Cattenom est la centrale française la plus proche de deux frontières : le Luxembourg et l'Allemagne sont à une dizaine de kilomètres. En 2012, le parlement luxembourgeois a voté à l'unanimité une résolution demandant sa fermeture, et le Grand-Duché — dont la capitale n'est qu'à une trentaine de kilomètres — reste le critique le plus constant de la poursuite de son exploitation. La coopération transfrontalière s'est institutionnalisée : information mutuelle, exercices de crise communs, participation des voisins aux consultations publiques. Ce contexte fait de chaque événement déclaré à Cattenom un sujet médiatique aux trois frontières.

Le saviez-vous ? Des dizaines de milliers de frontaliers lorrains travaillent au Luxembourg… pendant que le Luxembourg importe une partie de l'électricité produite à Cattenom via le réseau interconnecté européen. La centrale emploie, elle, majoritairement des salariés du bassin thionvillois.

Arrêts de tranche et maintenance

Chaque réacteur s'arrête périodiquement pour rechargement et maintenance : arrêt pour simple rechargement (ASR), visite partielle (VP) ou visite décennale (VD), le grand réexamen qui conditionne dix ans d'exploitation sous le contrôle de l'ASNR. L'année 2025 a été particulièrement chargée à Cattenom : deux arrêts concomitants pour visite partielle, avec des chantiers lourds comme le remplacement de tubes guides de grappe et de mécanismes de commande — une concomitance qui, selon l'ASNR, a fragilisé l'organisation du site. Les quatrièmes visites décennales du palier 1 300 MW, ouvertes sur le parc en 2026 avec Paluel 1 en tête de série, concerneront Cattenom dans les années qui viennent : un horizon de très gros chantiers pour les entreprises prestataires de la région.

Sûreté et contrôle : ce que dit l'ASNR

Dans son appréciation portant sur l'année 2025, l'Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection (ASNR) estime que les performances de sûreté de Cattenom « rejoignent l'appréciation générale » portée sur les centrales d'EDF, tout en notant un « léger retrait par rapport aux années passées », avec une augmentation des événements significatifs lors des redémarrages après maintenance.

Le point noir est la radioprotection, jugée en retrait : un événement de niveau 2 sur l'échelle INES — la contamination cutanée d'un travailleur dépassant la limite réglementaire annuelle — s'est produit en 2025, comme déjà en 2023. L'ASNR attend du site des progrès sur la maîtrise de la dispersion de contamination. Les résultats environnementaux restent « globalement satisfaisants », malgré des faiblesses sur les installations non nucléaires (systèmes antitartre notamment). Historiquement, l'événement le plus notable du site reste celui de février 2012 : l'absence de dispositifs de protection sur des tuyauteries des piscines d'entreposage du combustible, classée au niveau 2 INES.

Travailler à Cattenom

Premier employeur industriel du bassin thionvillois, le site fait vivre plusieurs milliers de personnes entre agents EDF et salariés d'entreprises prestataires, avec des pics marqués lors des arrêts de tranche — et une décennie de VD4 en perspective. Métiers recherchés : conduite, maintenance, robinetterie, soudage-tuyauterie, échafaudage-calorifugeage, contrôles non destructifs, radioprotection, logistique nucléaire. L'accès en zone contrôlée exige des habilitations spécifiques et un suivi dosimétrique individuel : nos outils en sidebar permettent d'en comprendre les règles — un enjeu d'autant plus sensible ici que l'ASNR pointe précisément la maîtrise de la contamination.

FAQ — Centrale de Cattenom

Quatre réacteurs à eau pressurisée de 1 300 MW (palier P4'), mis en service entre 1987 et 1992, soit 5 200 MW — l'une des plus puissantes centrales de France.

Elle se situe à une dizaine de kilomètres des frontières luxembourgeoise et allemande. En 2012, le parlement du Luxembourg a voté à l'unanimité une résolution demandant sa fermeture.

Par l'eau de la Moselle en circuit fermé (4 tours aéroréfrigérantes), avec la retenue du Mirgenbach en tampon et le lac de Pierre-Percée (1985) pour soutenir le débit en période de sécheresse.

Pour 2025 : sûreté dans l'appréciation générale du parc mais en léger retrait (événements aux redémarrages) ; radioprotection en retrait avec un événement INES 2 en 2025 comme en 2023 (contaminations cutanées) ; environnement globalement satisfaisant.

Février 2012 : absence de dispositifs de protection sur des tuyauteries des piscines d'entreposage du combustible, classée niveau 2 INES.

De l'ordre de 30 TWh par an (31,12 TWh en 2019), l'équivalent d'une part majeure de la consommation du Grand Est.

Sources officielles

Dossier documentaire établi à partir de sources publiques officielles (ASNR, EDF, IAEA, débats publics CNDP). Les données d'exploitation évoluent : dernière vérification le 2026-07-25. Cette page ne constitue pas une communication d'EDF ni de l'ASNR.