4 réacteurs · 900 MW (CP1) 3,64 GW En exploitation

Centrale Nucléaire du Blayais

Posée sur les marais de la rive droite de la Gironde, entre Bordeaux et Royan, la centrale du Blayais alimente la Nouvelle-Aquitaine — et porte dans son histoire la nuit de tempête qui a changé la sûreté de toutes les centrales françaises.

CommuneBraud-et-Saint-Louis
DépartementGironde (33)
Réacteurs4 × 900 MW (CP1)
Puissance3 640 MW
Mise en service1981-1983
RefroidissementEstuaire de la Gironde
Effectifs≈ 2 000 permanents
Production 202222,2 TWh

Le tableau des tranches

Réacteur
1
PalierCP1 · 900 MW
Couplage1981
En exploitation
Réacteur
2
PalierCP1 · 900 MW
Couplage1982
En exploitation
Réacteur
3
PalierCP1 · 900 MW
Couplage1983
En exploitation
Réacteur
4
PalierCP1 · 900 MW
Couplage1983
VD4 achevée (2025)

Quatre réacteurs à eau pressurisée du palier CP1 (910 MW nets chacun), couplés au réseau entre juin 1981 et août 1983, soit 3 640 MW. La VD4 du réacteur 4 s'est achevée en 2025 dans des conditions jugées satisfaisantes par l'ASNR.

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Histoire : une centrale dans les marais de l'estuaire

Construite à partir de 1976 sur la commune de Braud-et-Saint-Louis (Gironde), au cœur des marais de la rive droite de la Gironde — à 45 km en aval de Bordeaux et 50 km en amont de Royan —, la centrale du Blayais a couplé ses quatre réacteurs du palier CP1 au réseau entre juin 1981 et août 1983. Refroidie en circuit ouvert par l'eau du plus grand estuaire d'Europe occidentale, elle n'a pas de tours aéroréfrigérantes : le site s'étale, bas et discret, derrière ses digues, au milieu d'une zone humide dont une partie est aujourd'hui gérée comme espace naturel.

Avec 22,2 TWh produits en 2022 — de l'ordre de 5 % de la production nucléaire française —, le Blayais couvre l'équivalent d'une part majeure de la consommation régionale et reste le premier site de production d'électricité de Nouvelle-Aquitaine.

1999 : la tempête qui a fait école

Dans la nuit du 27 décembre 1999, la tempête Martin balaie le Sud-Ouest avec des vents exceptionnels. Dans l'estuaire, la conjonction de la marée haute, de la surcote et des vagues submerge une partie des digues du site : des galeries souterraines et des locaux abritant des équipements sont inondés, mettant hors service certains matériels de sauvegarde ; deux réacteurs sont mis à l'arrêt en urgence. L'événement, sans conséquence radiologique, est classé au niveau 2 de l'échelle INES.

Ses suites ont marqué toute l'industrie : l'« inondation du Blayais » est devenue le cas d'école qui a conduit à réévaluer le risque d'inondation externe sur l'ensemble des centrales françaises — rehaussement et renforcement des digues du site, révision des référentiels de protection (le « référentiel inondation » de l'Autorité de sûreté), bien avant que Fukushima ne rappelle, en 2011, la vulnérabilité des sites côtiers aux agressions naturelles extrêmes.

Le saviez-vous ? La centrale cohabite avec un site naturel remarquable : les marais du Blayais accueillent une biodiversité importante, et une partie des terrains autour du CNPE est gérée en partenariat avec des associations naturalistes. L'eau tiède rejetée par la centrale attire quant à elle une faune aquatique très étudiée par les scientifiques de l'estuaire.

Arrêts de tranche et visites décennales

Comme tout le palier 900 MW, le Blayais déroule son programme de quatrièmes visites décennales (VD4), adossé au grand carénage : plusieurs mois d'arrêt par réacteur, un réexamen complet de sûreté sous contrôle de l'ASNR et des modernisations majeures pour l'exploitation au-delà de 40 ans. La VD4 du réacteur 4 s'est achevée en 2025, avec des activités d'arrêt dont la maîtrise a été saluée par l'autorité — signe du redressement du site après des années 2022-2024 plus difficiles. Ces grands arrêts, ainsi que les arrêts courants (simple rechargement, visites partielles), font travailler des centaines d'intervenants supplémentaires venus de toute la région.

Sûreté et contrôle : ce que dit l'ASNR

Dans son appréciation portant sur l'année 2025, l'Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection (ASNR) estime que les performances du Blayais « rejoignent l'appréciation générale » portée sur les centrales d'EDF — un redressement notable après la dégradation constatée de 2022 à 2024. L'autorité relève une « baisse du nombre et de l'importance des événements significatifs », de nets progrès en maintenance, notamment pendant les arrêts de réacteur, et le déploiement d'un plan de rigueur sur la maîtrise du risque incendie.

En radioprotection, les résultats se redressent également après le recul de 2024, mais l'ASNR pointe que les « fondamentaux de la radioprotection ne sont pas respectés par de trop nombreux intervenants » — un enjeu qui concerne au premier chef les salariés d'entreprises prestataires. Les performances environnementales sont jugées stables, avec des points de vigilance sur les rejets de fluides frigorigènes et la résorption de pollutions historiques.

Et demain ? La piste EPR2

Le Blayais fait partie des sites évoqués pour accueillir une future paire de réacteurs EPR2, au-delà des trois premiers sites décidés (Penly, Gravelines, Bugey), avec le soutien affiché d'élus locaux. Aucune décision n'est prise à ce jour : le sujet dépend de la suite donnée au programme de relance après les trois premières paires. Pour le territoire de la Haute Gironde, où la centrale est de très loin le premier employeur, l'enjeu économique d'un tel chantier serait considérable.

Travailler au Blayais

Avec 1 337 salariés EDF et environ 700 prestataires permanents, le CNPE du Blayais est le premier employeur de la Haute Gironde, à mi-chemin entre les bassins de Bordeaux et de Royan-Saintes. Les arrêts de tranche et le programme VD4 y font régulièrement travailler des centaines d'intervenants supplémentaires : robinetterie, soudage-tuyauterie, échafaudage-calorifugeage, contrôles non destructifs, radioprotection, logistique nucléaire. Le rappel de l'ASNR sur les fondamentaux de la radioprotection concerne directement ces métiers : l'accès en zone contrôlée exige des habilitations spécifiques et un suivi dosimétrique individuel — voir nos outils dédiés en sidebar.

FAQ — Centrale du Blayais

Quatre réacteurs à eau pressurisée de 910 MW nets (palier CP1), couplés entre juin 1981 et août 1983, soit 3 640 MW, à Braud-et-Saint-Louis (Gironde), sur l'estuaire de la Gironde.

Dans la nuit du 27 décembre 1999, la tempête Martin a partiellement inondé le site (digues submergées, galeries noyées, deux réacteurs arrêtés en urgence). Classé niveau 2 INES, sans conséquence radiologique, l'événement a conduit à réévaluer le risque d'inondation sur toutes les centrales françaises.

En circuit ouvert par l'eau de l'estuaire de la Gironde, sans tours aéroréfrigérantes.

Pour 2025 : des performances qui rejoignent l'appréciation générale du parc, en nette amélioration après 2022-2024 ; vigilance maintenue sur les fondamentaux de la radioprotection, insuffisamment respectés par certains intervenants.

La quatrième visite décennale du réacteur 4 s'est achevée en 2025 dans des conditions jugées satisfaisantes par l'ASNR.

Le site est évoqué comme candidat pour une future paire d'EPR2, avec le soutien d'élus locaux, mais aucune décision n'est prise — les trois premiers sites sont Penly, Gravelines et Bugey.

Sources officielles

Dossier documentaire établi à partir de sources publiques officielles (ASNR, EDF, IAEA, débats publics CNDP). Les données d'exploitation évoluent : dernière vérification le 2026-07-25. Cette page ne constitue pas une communication d'EDF ni de l'ASNR.