2 réacteurs · 1 450 MW (N4) 2,90 GW En exploitation

Centrale Nucléaire de Chooz

Au creux d'une boucle de la Meuse, dans la pointe de Givet enclavée dans la Belgique, Chooz cumule la tête de série des réacteurs N4 — les plus puissants de France avant l'EPR — et le tout premier réacteur à eau pressurisée du pays, caché sous la montagne.

CommuneChooz
DépartementArdennes (08)
Réacteurs2 × 1 450 MW (N4)
Puissance2 900 MW
Mise en service1996-1997
RefroidissementMeuse · tours aéroréfrigérantes
Effectifs> 1 000 personnes
Production 201917,89 TWh

Le tableau des tranches

Réacteur
A
FilièreREP · 305 MW
Service1967-1991
Démantèlement en achèvement
Réacteur
B1
PalierN4 · 1 450 MW
Couplage1996
En exploitation
Réacteur
B2
PalierN4 · 1 450 MW
Couplage1997
En exploitation

Deux réacteurs à eau pressurisée du palier N4 (~1 450 MW chacun), environ 2 900 MW au total — les plus puissants de France jusqu'au couplage de l'EPR de Flamanville en 2024. Chooz A, premier REP français (305 MW), est en fin de démantèlement.

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Chooz A : le pionnier sous la montagne

Avant Fessenheim, avant le palier 900 MW, il y a eu Chooz A. Mis en service le 3 avril 1967 et exploité par la SENA, société d'énergie nucléaire franco-belge, ce réacteur de 305 MW fut le premier réacteur à eau pressurisée de France — la technologie sous licence américaine qui allait, dix ans plus tard, équiper tout le parc. Sa singularité reste inégalée : ses installations nucléaires ont été construites dans des cavernes creusées sous la colline, une configuration unique au monde à cette échelle. Arrêté en 1991, il est en démantèlement depuis 2001 ; l'achèvement du chantier, attendu vers 2026, en ferait le premier réacteur à eau pressurisée français entièrement démantelé — un précédent scruté par toute la filière.

Le palier N4 : la dernière génération du programme historique

Trente ans après le pionnier, Chooz a accueilli la tête de série du palier N4, l'ultime génération du grand programme électronucléaire : Chooz B1 et B2, environ 1 450 MW chacun, couplés au réseau en août 1996 et avril 1997 — les réacteurs les plus puissants de France jusqu'à l'EPR. Conception 100 % française, et une première mondiale pour EDF : la salle de commande entièrement informatisée. La mise au point de ce contrôle-commande numérique explique le long délai entre couplage et mise en service commerciale (mai et septembre 2000).

Implantée sur 200 hectares au creux d'une boucle de la Meuse, dans la pointe de Givet — cette étroite avancée française enserrée dans la Belgique —, la centrale produit de l'ordre de 17 à 18 TWh par an (17,89 TWh en 2019), refroidie par la Meuse via ses tours aéroréfrigérantes. La coopération transfrontalière y est quotidienne : les communes belges voisines participent aux dispositifs d'information et aux exercices de crise.

Le saviez-vous ? Héritage de la SENA franco-belge de Chooz A, la Belgique est restée historiquement associée à l'électricité de Chooz : le site est l'un des symboles de l'imbrication énergétique entre les deux pays — la frontière est à moins de cinq kilomètres dans presque toutes les directions.

Arrêts de tranche et maintenance

Chaque réacteur s'arrête périodiquement pour rechargement et maintenance : arrêt pour simple rechargement (ASR), visite partielle (VP) ou visite décennale (VD), le réexamen complet qui conditionne dix années d'exploitation sous le contrôle de l'ASNR. En 2025, le réacteur B1 a réalisé un arrêt majeur de maintenance avec rechargement — des activités globalement maîtrisées, malgré des dysfonctionnements lors des opérations de redémarrage et plusieurs presqu'accidents de manutention (chutes de charge évitées) qui ont conduit l'ASNR à demander de meilleures analyses de risques en amont. Les N4, réacteurs les plus récents du parc historique, passeront leurs troisièmes visites décennales dans les années 2030.

Sûreté et contrôle : ce que dit l'ASNR

Dans son appréciation portant sur l'année 2025, l'Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection (ASNR) situe les performances de sûreté et de protection de l'environnement de Chooz B dans l'appréciation générale portée sur les centrales d'EDF : progrès notables dans le respect des programmes de surveillance et la gestion des alarmes, mais une meilleure coordination entre les équipes de conduite et de maintenance est attendue, plusieurs événements significatifs de l'année étant liés à des procédures inadaptées ou à des défauts de coordination.

La radioprotection des travailleurs se distingue favorablement : les progrès de propreté radiologique engagés en 2024 se sont confirmés, malgré quelques écarts de contrôle de contamination sur des chantiers en 2025.

Travailler à Chooz

Avec plus d'un millier de personnes et environ 75 millions d'euros de retombées fiscales annuelles, la centrale est le poumon économique de la pointe de Givet, territoire rural et frontalier. Situation rare : l'exploitation des deux N4, l'achèvement du démantèlement de Chooz A et la perspective des troisièmes visites décennales y font coexister métiers d'exploitation (conduite, maintenance, robinetterie, contrôle-commande numérique — une spécialité maison), métiers du démantèlement et logistique nucléaire. L'accès en zone contrôlée exige des habilitations spécifiques et un suivi dosimétrique individuel — voir nos outils dédiés en sidebar.

FAQ — Centrale de Chooz

Deux réacteurs N4 d'environ 1 450 MW (B1 et B2), couplés en 1996-1997, en service commercial depuis 2000 — les plus puissants de France jusqu'à l'EPR. Chooz A (305 MW, 1967-1991) est en fin de démantèlement.

Le premier réacteur à eau pressurisée de France, exploité de 1967 à 1991 par la SENA franco-belge, construit dans des cavernes sous la montagne. Son démantèlement, engagé en 2001, doit s'achever vers 2026 — une première pour un REP français.

La dernière génération du programme historique : quatre réacteurs de ~1 450 MW (Chooz B1-B2, Civaux 1-2), de conception 100 % française, avec la première salle de commande entièrement informatisée. Chooz B en fut la tête de série.

Pour 2025 : sûreté et environnement dans l'appréciation générale du parc (coordination conduite-maintenance à renforcer), radioprotection qui se distingue favorablement malgré quelques écarts de contrôle de contamination.

Dans la pointe de Givet (Ardennes), au creux d'une boucle de la Meuse, enclavée dans la Belgique — la frontière est à quelques kilomètres dans presque toutes les directions.

De l'ordre de 17 à 18 TWh par an (17,89 TWh en 2019), avec plus d'un millier de personnes sur site.

Sources officielles

Dossier documentaire établi à partir de sources publiques officielles (ASNR, EDF, IAEA, débats publics CNDP). Les données d'exploitation évoluent : dernière vérification le 2026-07-25. Cette page ne constitue pas une communication d'EDF ni de l'ASNR.