Le tableau des tranches
Deux réacteurs à eau pressurisée du palier N4 (~1 450 MW chacun), environ 2 900 MW au total — les plus puissants de France jusqu'au couplage de l'EPR de Flamanville en 2024. Chooz A, premier REP français (305 MW), est en fin de démantèlement.
Chooz A : le pionnier sous la montagne
Avant Fessenheim, avant le palier 900 MW, il y a eu Chooz A. Mis en service le 3 avril 1967 et exploité par la SENA, société d'énergie nucléaire franco-belge, ce réacteur de 305 MW fut le premier réacteur à eau pressurisée de France — la technologie sous licence américaine qui allait, dix ans plus tard, équiper tout le parc. Sa singularité reste inégalée : ses installations nucléaires ont été construites dans des cavernes creusées sous la colline, une configuration unique au monde à cette échelle. Arrêté en 1991, il est en démantèlement depuis 2001 ; l'achèvement du chantier, attendu vers 2026, en ferait le premier réacteur à eau pressurisée français entièrement démantelé — un précédent scruté par toute la filière.
Le palier N4 : la dernière génération du programme historique
Trente ans après le pionnier, Chooz a accueilli la tête de série du palier N4, l'ultime génération du grand programme électronucléaire : Chooz B1 et B2, environ 1 450 MW chacun, couplés au réseau en août 1996 et avril 1997 — les réacteurs les plus puissants de France jusqu'à l'EPR. Conception 100 % française, et une première mondiale pour EDF : la salle de commande entièrement informatisée. La mise au point de ce contrôle-commande numérique explique le long délai entre couplage et mise en service commerciale (mai et septembre 2000).
Implantée sur 200 hectares au creux d'une boucle de la Meuse, dans la pointe de Givet — cette étroite avancée française enserrée dans la Belgique —, la centrale produit de l'ordre de 17 à 18 TWh par an (17,89 TWh en 2019), refroidie par la Meuse via ses tours aéroréfrigérantes. La coopération transfrontalière y est quotidienne : les communes belges voisines participent aux dispositifs d'information et aux exercices de crise.
Arrêts de tranche et maintenance
Chaque réacteur s'arrête périodiquement pour rechargement et maintenance : arrêt pour simple rechargement (ASR), visite partielle (VP) ou visite décennale (VD), le réexamen complet qui conditionne dix années d'exploitation sous le contrôle de l'ASNR. En 2025, le réacteur B1 a réalisé un arrêt majeur de maintenance avec rechargement — des activités globalement maîtrisées, malgré des dysfonctionnements lors des opérations de redémarrage et plusieurs presqu'accidents de manutention (chutes de charge évitées) qui ont conduit l'ASNR à demander de meilleures analyses de risques en amont. Les N4, réacteurs les plus récents du parc historique, passeront leurs troisièmes visites décennales dans les années 2030.
Sûreté et contrôle : ce que dit l'ASNR
Dans son appréciation portant sur l'année 2025, l'Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection (ASNR) situe les performances de sûreté et de protection de l'environnement de Chooz B dans l'appréciation générale portée sur les centrales d'EDF : progrès notables dans le respect des programmes de surveillance et la gestion des alarmes, mais une meilleure coordination entre les équipes de conduite et de maintenance est attendue, plusieurs événements significatifs de l'année étant liés à des procédures inadaptées ou à des défauts de coordination.
La radioprotection des travailleurs se distingue favorablement : les progrès de propreté radiologique engagés en 2024 se sont confirmés, malgré quelques écarts de contrôle de contamination sur des chantiers en 2025.
Travailler à Chooz
Avec plus d'un millier de personnes et environ 75 millions d'euros de retombées fiscales annuelles, la centrale est le poumon économique de la pointe de Givet, territoire rural et frontalier. Situation rare : l'exploitation des deux N4, l'achèvement du démantèlement de Chooz A et la perspective des troisièmes visites décennales y font coexister métiers d'exploitation (conduite, maintenance, robinetterie, contrôle-commande numérique — une spécialité maison), métiers du démantèlement et logistique nucléaire. L'accès en zone contrôlée exige des habilitations spécifiques et un suivi dosimétrique individuel — voir nos outils dédiés en sidebar.
FAQ — Centrale de Chooz
Sources officielles
Dossier documentaire établi à partir de sources publiques officielles (ASNR, EDF, IAEA, débats publics CNDP). Les données d'exploitation évoluent : dernière vérification le 2026-07-25. Cette page ne constitue pas une communication d'EDF ni de l'ASNR.