4 réacteurs · 900 MW (CP1) 3,56 GW En exploitation

Centrale Nucléaire de Dampierre

Ses quatre tours de 165 mètres dominent la Loire entre Gien et Orléans : Dampierre, l'un des ateliers du palier 900 MW, abrite aussi l'une des bases de la force d'intervention d'urgence du nucléaire français, la FARN.

CommuneDampierre-en-Burly
DépartementLoiret (45)
Réacteurs4 × 900 MW (CP1)
Puissance3 560 MW
Mise en service1980-1981
RefroidissementLoire · 4 tours de 165 m
Effectifs≈ 1 400 personnes
Production 202218,65 TWh

Le tableau des tranches

Réacteur
1
PalierCP1 · 900 MW
Couplage1980
En exploitation
Réacteur
2
PalierCP1 · 900 MW
Couplage1980
En exploitation
Réacteur
3
PalierCP1 · 900 MW
Couplage1981
VD4 réalisée (2023-2024)
Réacteur
4
PalierCP1 · 900 MW
Couplage1981
En exploitation

Quatre réacteurs à eau pressurisée du palier CP1 (890 MW nets chacun), couplés au réseau entre mars 1980 et novembre 1981, soit environ 3 560 MW. Le programme VD4 (exploitation au-delà de 40 ans) s'est déployé sur le site ces dernières années, dont la VD4 du réacteur 3 de septembre 2023 à mars 2024.

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Histoire : l'atelier ligérien du palier CP1

Construite sur la commune de Dampierre-en-Burly (Loiret), en rive droite de la Loire à une cinquantaine de kilomètres en amont d'Orléans, entre Gien et Sully-sur-Loire, la centrale a couplé ses quatre réacteurs du palier CP1 au réseau à un rythme record : entre mars 1980 et novembre 1981, moins de vingt mois pour quatre tranches. Comme sa voisine de Saint-Laurent, elle dépend d'un fleuve au débit modeste : son refroidissement fonctionne en circuit fermé, l'eau de la Loire étant captée par un canal d'amenée d'environ un kilomètre puis refroidie par quatre tours aéroréfrigérantes de 165 mètres — le panorama emblématique du val de Loire nucléaire, visible depuis des kilomètres de levées.

Avec 18,65 TWh produits en 2022 et environ 22 TWh en 2023, Dampierre est l'un des quatre maillons du « chapelet ligérien » (avec Belleville, Saint-Laurent et Chinon) qui fait de la région Centre-Val de Loire l'une des premières régions productrices d'électricité nucléaire au monde.

La base FARN : les pompiers du nucléaire

Dampierre héberge l'une des bases régionales de la Force d'action rapide du nucléaire (FARN), la force spéciale créée par EDF après l'accident de Fukushima (2011). Sa mission : être capable d'intervenir sur n'importe quelle centrale française accidentée et d'y rétablir en moins de 24 heures les alimentations en eau, en air et en électricité, avec ses propres moyens autonomes — camions tout-terrain, pompes, groupes électrogènes, moyens de levage héliportables. Les équipiers FARN, agents EDF volontaires, s'entraînent en continu à des scénarios extrêmes : une composante méconnue mais centrale de la défense en profondeur du parc, dont Dampierre est l'un des points d'appui avec Paluel, Civaux et Bugey.

Repère : la FARN compte environ 300 équipiers répartis sur ses bases régionales, dimensionnés pour intervenir simultanément sur plusieurs réacteurs d'un même site — le scénario de Fukushima, où quatre tranches étaient en difficulté en même temps.

Arrêts de tranche et visites décennales

Chaque réacteur s'arrête périodiquement pour rechargement et maintenance : arrêt pour simple rechargement (ASR), visite partielle (VP) ou visite décennale (VD), le réexamen complet qui conditionne dix années d'exploitation sous le contrôle de l'ASNR. Dampierre déroule son programme de quatrièmes visites décennales dans le cadre du grand carénage du palier 900 MW ; celle du réacteur 3 s'est tenue de septembre 2023 à mars 2024. Ces chantiers de plusieurs mois — renforcements post-Fukushima, diesels d'ultime secours, rénovations lourdes — font régulièrement doubler la population du site avec les intervenants des entreprises prestataires.

Côté historique, deux événements ont été classés au niveau 2 de l'échelle INES : une erreur sur une vanne de sécurité en 2000, et une erreur de chargement de combustible en 2001, reclassée au niveau 2 en 2007 — sans conséquence radiologique hors du site dans les deux cas.

Sûreté et contrôle : ce que dit l'ASNR

Dans son appréciation portant sur l'année 2025, l'Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection (ASNR) juge les performances de sûreté de Dampierre « en retrait par rapport à l'appréciation générale » portée sur les centrales d'EDF : l'année a été marquée par un nombre élevé d'événements significatifs, liés notamment aux groupes électrogènes de secours, par des lacunes de surveillance en salle de commande et par des défauts de gestion documentaire — même si la maîtrise des configurations de circuits et du contrôle de la réactivité progresse.

Le tableau n'est pas uniforme : la radioprotection rejoint la moyenne nationale et s'améliore par rapport à 2024, avec des taux de contamination parmi les plus bas du parc (vigilance demandée sur les contrôles radiologiques des matériels sortant de zone contrôlée), et les performances environnementales « se distinguent favorablement » — gestion du risque microbiologique, maîtrise des rejets de cuivre et de zinc, gestion des déchets. En matière de sécurité classique du travail, l'ASNR note des points de vigilance (atmosphères explosives, appareils de levage) et un accident du travail grave instruit en 2025.

Travailler à Dampierre

Avec environ 1 400 personnes — agents EDF et prestataires permanents —, le CNPE de Dampierre est un pilier de l'emploi du Giennois, complété par les équipiers de la base FARN. Les arrêts de tranche et le programme VD4 y appellent régulièrement des centaines d'intervenants supplémentaires : robinetterie, soudage-tuyauterie, échafaudage-calorifugeage, contrôles non destructifs, radioprotection, logistique nucléaire, maintenance des diesels et matériels électriques — un domaine que l'ASNR surveille particulièrement sur ce site. L'accès en zone contrôlée exige des habilitations spécifiques et un suivi dosimétrique individuel : voir nos outils dédiés en sidebar.

FAQ — Centrale de Dampierre

Quatre réacteurs à eau pressurisée de 890 MW nets (palier CP1), couplés entre mars 1980 et novembre 1981, soit environ 3 560 MW, à Dampierre-en-Burly (Loiret).

La Force d'action rapide du nucléaire, créée par EDF après Fukushima : des équipes capables de rétablir en moins de 24 heures l'eau et l'électricité sur n'importe quelle centrale accidentée. Dampierre héberge l'une de ses bases régionales.

En circuit fermé par l'eau de la Loire (canal d'amenée d'environ 1 km) avec quatre tours aéroréfrigérantes de 165 mètres.

Le programme s'est déployé sur le site ces dernières années ; la VD4 du réacteur 3 s'est déroulée de septembre 2023 à mars 2024.

Pour 2025 : sûreté en retrait (événements significatifs nombreux, notamment sur les groupes électrogènes de secours, surveillance en salle de commande à renforcer), mais radioprotection en amélioration et performances environnementales qui se distinguent favorablement.

Deux événements de niveau 2 INES : une erreur sur une vanne de sécurité en 2000 et une erreur de chargement de combustible en 2001 (reclassée en 2007), sans conséquence radiologique hors du site.

Sources officielles

Dossier documentaire établi à partir de sources publiques officielles (ASNR, EDF, IAEA, débats publics CNDP). Les données d'exploitation évoluent : dernière vérification le 2026-07-25. Cette page ne constitue pas une communication d'EDF ni de l'ASNR.