Le tableau des tranches
Deux réacteurs à eau pressurisée du palier P4' (1 310 MW nets chacun), 2 620 MW au total — parmi les derniers réacteurs mis en service en France avant Chooz et Civaux. Le réacteur 2 a passé sa visite décennale en 2025, avec remplacement de la ligne d'expansion du pressuriseur et épreuve de l'enceinte.
Histoire : un chantier sous tension
Peu de centrales françaises ont une histoire aussi mouvementée. Décidé dans les années 1970 sur la commune de Golfech (Tarn-et-Garonne), en bord de Garonne entre Agen et Toulouse, le projet cristallise très tôt une opposition locale et régionale intense : manifestations massives, votations locales, occupations du chantier et même des tours aéroréfrigérantes en construction. Golfech reste, avec Plogoff et Creys-Malville, l'un des hauts lieux de mémoire des luttes antinucléaires françaises.
Le chantier ira pourtant à son terme : le réacteur 1 diverge en avril 1990 (service commercial en février 1991), le réacteur 2 en mai 1993 (service commercial en mars 1994) — parmi les tout derniers réacteurs du programme, avant les N4 de Chooz et Civaux. Aujourd'hui, la centrale produit de l'ordre de 17 TWh par an, soit environ la moitié de la consommation électrique de l'Occitanie, région par ailleurs pauvre en moyens de production pilotables.
La Garonne et les tours record
Le site de 200 hectares fonctionne en circuit semi-fermé à partir de l'eau de la Garonne, avec deux tours aéroréfrigérantes de 178,5 mètres — parmi les plus hautes d'Europe, visibles de l'autoroute A62 et de la ligne Bordeaux-Toulouse. Le fleuve, au débit estival parfois très bas et aux températures surveillées de près, impose à l'exploitation un cadre hydro-climatique strict : limites de prélèvement et d'échauffement, adaptations de production lors des canicules — un enjeu croissant pour toutes les centrales fluviales du sud de la France.
Arrêts de tranche et visite décennale 2025
Chaque réacteur s'arrête périodiquement pour rechargement et maintenance : arrêt pour simple rechargement (ASR), visite partielle (VP) ou visite décennale (VD), le réexamen complet qui conditionne dix années d'exploitation sous le contrôle de l'ASNR. L'année 2025 a été particulièrement chargée : deux arrêts de réacteur, dont la visite décennale du réacteur 2, marquée par des chantiers lourds — remplacement de la ligne d'expansion du pressuriseur et épreuve de l'enceinte de confinement, réussies. Les quatrièmes visites décennales du palier 1 300 MW, ouvertes en 2026 avec Paluel 1 en tête de série, concerneront Golfech à l'horizon de la décennie 2030.
Incidents notables
Trois événements dominent la chronique publique du site, tous sans conséquence sanitaire recensée hors du site :
- 18 janvier 2010 : fuite d'environ 450 litres d'eau radioactive lors d'un transfert, qui a valu à EDF une condamnation judiciaire ;
- Octobre 2016 : rejet gazeux ponctuel dépassant les seuils autorisés ;
- 8 octobre 2019 : événement classé au niveau 2 de l'échelle INES, affectant directement le circuit primaire.
Sûreté et contrôle : ce que dit l'ASNR
Dans son appréciation portant sur l'année 2025, l'Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection (ASNR) juge les performances de sûreté de Golfech stables, « à un niveau assez satisfaisant », malgré l'intensité de l'activité industrielle de l'année (deux arrêts dont la visite décennale). Points d'amélioration : la surveillance en salle de commande et les démarches de résolution de problèmes.
La radioprotection est jugée assez satisfaisante mais en léger recul : maîtrise de la contamination robuste, mais culture de sûreté insuffisante chez une partie des intervenants, dépassements d'objectifs dosimétriques et écarts significatifs lors de chantiers de radiographie industrielle. Les performances environnementales sont satisfaisantes et en progrès (confinement des pollutions liquides), avec des attentes sur la gestion des substances chimiques et des déchets. En sécurité classique, l'autorité pointe les risques de chute, des incidents de coupure de câbles électriques et les travaux sous haute tension.
Travailler à Golfech
Avec environ 770 salariés EDF et 250 prestataires permanents, la centrale est le premier employeur industriel du Tarn-et-Garonne, à mi-chemin des bassins d'Agen et de Montauban. Les arrêts de tranche — et à terme les VD4 — y appellent régulièrement des centaines d'intervenants : robinetterie, soudage-tuyauterie, échafaudage-calorifugeage, contrôles non destructifs (la radiographie industrielle y est un point de vigilance explicite de l'ASNR), radioprotection, logistique nucléaire. L'accès en zone contrôlée exige des habilitations spécifiques et un suivi dosimétrique individuel : voir nos outils dédiés en sidebar.
FAQ — Centrale de Golfech
Sources officielles
Dossier documentaire établi à partir de sources publiques officielles (ASNR, EDF, IAEA, débats publics CNDP). Les données d'exploitation évoluent : dernière vérification le 2026-07-25. Cette page ne constitue pas une communication d'EDF ni de l'ASNR.