2 réacteurs · 1 300 MW (P4') 2,62 GW En exploitation

Centrale Nucléaire de Nogent-sur-Seine

À 110 kilomètres de Paris, dans la plaine de la Bassée, les deux tours jumelles de Nogent-sur-Seine produisent l'équivalent d'un tiers de l'électricité consommée par l'Île-de-France — la centrale la plus proche de la capitale.

CommuneNogent-sur-Seine
DépartementAube (10)
Réacteurs2 × 1 300 MW (P4')
Puissance2 620 MW
Mise en service1987-1988
RefroidissementSeine · 2 tours de 165 m
Effectifs≈ 700 salariés EDF
Production≈ 16 TWh/an

Le tableau des tranches

Réacteur
1
PalierP4' · 1 300 MW
Couplageoct. 1987
En exploitation
Réacteur
2
PalierP4' · 1 300 MW
Couplagedéc. 1988
En exploitation

Deux réacteurs à eau pressurisée du palier P4' (1 310 MW nets chacun), 2 620 MW au total. Les quatrièmes visites décennales du palier 1 300 MW, ouvertes en 2026 avec Paluel 1 en tête de série, concerneront Nogent dans la décennie.

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Histoire : la Champagne nucléaire

Construite à partir de 1981 sur un site de 212 hectares en rive de Seine, sur la commune de Nogent-sur-Seine (Aube), la centrale a couplé ses deux réacteurs du palier P4' au réseau en octobre 1987 et décembre 1988 — dans l'avant-dernière vague du programme électronucléaire, juste avant Penly et Golfech. Le débit modeste de la Seine à cet endroit impose un refroidissement en circuit fermé : ses deux tours aéroréfrigérantes de 165 mètres, parmi les plus hautes de France, dominent la plaine céréalière de la Bassée et se voient depuis des dizaines de kilomètres — un repère familier des voyageurs de la ligne Paris-Troyes.

La centrale qui éclaire Paris

Nogent détient un titre singulier : c'est la centrale nucléaire la plus proche de Paris, à environ 110 kilomètres au sud-est de la capitale. Sa production — de l'ordre de 16 TWh par an — représente l'équivalent d'un tiers de la consommation électrique de l'Île-de-France, région qui ne produit presque rien de ce qu'elle consomme. Cette proximité en fait aussi un objet récurrent du débat public francilien, des plans d'urgence aux interrogations sur l'approvisionnement de la métropole.

Le saviez-vous ? L'Île-de-France, première région consommatrice d'électricité du pays, dépend presque entièrement des territoires voisins pour son alimentation : Nogent-sur-Seine en est le premier fournisseur nucléaire, complété par le réseau très haute tension qui converge vers la capitale.

Arrêts de tranche et maintenance

Chaque réacteur s'arrête périodiquement pour rechargement et maintenance : arrêt pour simple rechargement (ASR), visite partielle (VP) ou visite décennale (VD), le réexamen complet qui conditionne dix années d'exploitation sous le contrôle de l'ASNR. En 2025, le réacteur 1 a réalisé un arrêt de maintenance et de rechargement dans des conditions jugées globalement satisfaisantes par l'autorité — marqué toutefois par le déclenchement intempestif d'un système de sauvegarde lors d'un essai périodique. Prochaine grande échéance : les quatrièmes visites décennales du palier 1 300 MW, ouvertes en janvier 2026 avec Paluel 1 en tête de série, qui concerneront Nogent dans les années à venir — des chantiers de plusieurs mois, à fort renfort d'intervenants prestataires.

Le site n'a jamais connu d'événement classé au-delà du niveau 1 de l'échelle INES dans les recensements publics : parmi les écarts notables, un assemblage combustible resté accroché lors d'une manutention (1999), une inondation interne de la salle des machines (2006) ou des défauts d'alarmes (2014) — tous sans conséquence hors du site.

Sûreté et contrôle : ce que dit l'ASNR

Dans son appréciation portant sur l'année 2025, l'Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection (ASNR) juge les résultats de Nogent « dans l'ensemble corrects » : les progrès dans la gestion des configurations de circuits se sont confirmés, et l'autorité appelle à une vigilance particulière sur la durée de tenue des postes et le maintien des compétences des équipes de conduite.

La radioprotection des travailleurs reste satisfaisante, notamment la propreté radiologique des chantiers ; l'ASNR note toutefois que « la gestion des sas d'accès aux chantiers de maintenance reste perfectible », en particulier le confinement dynamique. Côté environnement, les efforts continus sur le confinement des pollutions liquides sont salués, avec des améliorations organisationnelles attendues sur la gestion des rejets.

Travailler à Nogent

Avec près de 700 salariés EDF et les équipes des entreprises prestataires permanentes, la centrale est l'un des premiers employeurs industriels de l'Aube, dans un bassin nogentais par ailleurs très rural. Les arrêts de tranche — et bientôt les VD4 du palier 1 300 MW — y appellent régulièrement des centaines d'intervenants supplémentaires : robinetterie, soudage-tuyauterie, échafaudage-calorifugeage, contrôles non destructifs, radioprotection, logistique nucléaire. L'accès en zone contrôlée exige des habilitations spécifiques et un suivi dosimétrique individuel — le point « gestion des sas » soulevé par l'ASNR concerne directement ces métiers : voir nos outils dédiés en sidebar.

FAQ — Centrale de Nogent-sur-Seine

Deux réacteurs à eau pressurisée de 1 310 MW nets (palier P4'), couplés en octobre 1987 et décembre 1988, soit 2 620 MW, sur 212 hectares en bord de Seine (Aube).

Nogent-sur-Seine, à environ 110 km au sud-est de la capitale. Sa production (~16 TWh/an) équivaut à un tiers de la consommation francilienne.

En circuit fermé par l'eau de la Seine, avec deux tours aéroréfrigérantes de 165 mètres, parmi les plus hautes de France.

Pour 2025 : des résultats « dans l'ensemble corrects », progrès confirmés sur les configurations de circuits, vigilance sur le maintien des compétences en conduite ; radioprotection satisfaisante (gestion des sas perfectible) et efforts salués sur le confinement des pollutions liquides.

Aucun événement au-delà du niveau 1 INES n'est recensé publiquement : les écarts notables (1999, 2006, 2014) sont restés sans conséquence hors du site.

Près de 700 salariés EDF, plus les prestataires permanents et les renforts d'arrêts de tranche.

Sources officielles

Dossier documentaire établi à partir de sources publiques officielles (ASNR, EDF, IAEA, débats publics CNDP). Les données d'exploitation évoluent : dernière vérification le 2026-07-25. Cette page ne constitue pas une communication d'EDF ni de l'ASNR.