4 réacteurs · 900 MW (CP1) 3,66 GW En exploitation

Centrale Nucléaire du Tricastin

Au bord du canal de Donzère-Mondragon, au cœur de la plus grande plateforme nucléaire d'Europe, le Tricastin a ouvert en 2019 la voie de l'exploitation au-delà de 40 ans pour tout le parc français.

CommuneSaint-Paul-Trois-Châteaux
DépartementDrôme (26)
Réacteurs4 × 900 MW (CP1)
Puissance3 660 MW
Mise en service1980-1981
RefroidissementCanal de Donzère-Mondragon
Production 202123,79 TWh
Particularité1re VD4 de France (2019)

Le tableau des tranches

Réacteur
1
PalierCP1 · 900 MW
Service1980
VD4 réalisée (2019) — 1re de France
Réacteur
2
PalierCP1 · 900 MW
Service1980
En exploitation
Réacteur
3
PalierCP1 · 900 MW
Service1981
En exploitation
Réacteur
4
PalierCP1 · 900 MW
Service1981
En exploitation

Quatre réacteurs à eau pressurisée du palier CP1 (915 MW nets chacun), 3 660 MW au total. Le réacteur 1 a été le premier de France à passer sa quatrième visite décennale (achevée en décembre 2019), le réexamen qui ouvre l'exploitation au-delà de 40 ans.

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Histoire : née pour alimenter l'enrichissement

Implantée sur 55 hectares à Saint-Paul-Trois-Châteaux (Drôme), en bord du canal de Donzère-Mondragon — un canal de dérivation du Rhône — à 28 km au sud de Montélimar, la centrale du Tricastin a été construite à partir de 1974 avec une mission singulière : fournir l'électricité colossale qu'exigeait l'usine d'enrichissement d'uranium Eurodif, sa voisine immédiate, dont la consommation équivalait à la production de plusieurs réacteurs. Ses quatre tranches du palier CP1 ont été mises en service en 1980 (réacteurs 1 et 2) et 1981 (réacteurs 3 et 4).

Refroidie en circuit ouvert par l'eau du canal, sans tours aéroréfrigérantes, la centrale produit de l'ordre de 25 TWh par an (23,79 TWh en 2021). Depuis l'arrêt d'Eurodif en 2012 — remplacée par l'usine Georges Besse II, bien plus sobre —, cette production alimente le réseau national et le tissu industriel rhodanien.

La plateforme du Tricastin : une ville nucléaire

La centrale EDF n'est qu'une pièce d'un ensemble beaucoup plus vaste, à cheval sur la Drôme et le Vaucluse : la plateforme nucléaire du Tricastin, longtemps considérée comme la plus grande d'Europe. S'y concentrent les installations du cycle du combustible exploitées par Orano — conversion et enrichissement de l'uranium (usine Georges Besse II, qui a succédé à Eurodif), laboratoires, entreposages — et un écosystème dense de sous-traitants. Des milliers de salariés du nucléaire se croisent chaque jour sur ce périmètre de quelques kilomètres carrés, ce qui en fait l'un des premiers bassins d'emploi de la filière en France.

Le saviez-vous ? Le nom « Tricastin » ne désigne pas une commune mais un petit pays historique de la Drôme provençale, l'ancien territoire de la cité gallo-romaine d'Augusta Tricastinorum (aujourd'hui Saint-Paul-Trois-Châteaux).

VD4 : le pionnier de l'après-40 ans

Le Tricastin occupe une place à part dans l'histoire réglementaire du parc : son réacteur 1 a été le premier réacteur français à passer sa quatrième visite décennale, achevée en décembre 2019 — le réexamen qui conditionne l'exploitation au-delà de 40 ans. Ce chantier tête de série a intégré des améliorations de sûreté majeures rapprochant le réacteur des standards des réacteurs de troisième génération : renforcements face aux agressions externes, diesels d'ultime secours, dispositifs de gestion d'accident grave. La démarche, validée par l'Autorité de sûreté pour la poursuite d'exploitation, a servi de modèle aux VD4 de tout le palier 900 MW — dont celles de Gravelines ou du Bugey — avant que Paluel n'ouvre en 2026 le même chapitre pour les 1 300 MW.

Comme partout, ces visites décennales et les arrêts de tranche courants (simple rechargement, visites partielles) rythment la vie du site et de ses prestataires : plusieurs mois d'arrêt, des centaines d'intervenants supplémentaires, des chantiers de robinetterie, de soudage et de contrôles non destructifs en continu.

Sûreté et contrôle : ce que dit l'ASNR

Dans son appréciation portant sur l'année 2025, l'Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection (ASNR) juge les performances de sûreté du Tricastin satisfaisantes et comparables à celles du reste du parc EDF, sans amélioration notable par rapport à 2024 : « une vigilance particulière doit être portée sur la qualité de la préparation des activités » d'exploitation courante et d'essais.

En radioprotection, le site revient de loin : après des insuffisances relevées en 2024, un plan d'action dédié a produit ses premiers résultats en 2025, mais « la situation reste fragile » et la culture de radioprotection des intervenants doit continuer à se renforcer en 2026. À l'inverse, les performances en matière de protection de l'environnement « se distinguent favorablement » de l'appréciation générale du parc. Point d'attention hors nucléaire : la sécurité au travail classique s'est dégradée (chutes, gestes et postures), sans accident grave.

Travailler au Tricastin

Entre la centrale EDF, les usines Orano et leurs sous-traitants, la plateforme du Tricastin constitue l'une des plus fortes concentrations d'emplois nucléaires de France — un bassin qui irrigue tout le couloir rhodanien, de Montélimar à Orange. Métiers recherchés côté centrale : conduite, maintenance, robinetterie, soudage-tuyauterie, échafaudage-calorifugeage, contrôles non destructifs, radioprotection, logistique nucléaire ; côté cycle du combustible s'y ajoutent chimie, procédés et exploitation d'usine. L'accès en zone contrôlée exige des habilitations spécifiques et un suivi dosimétrique individuel — un point que l'ASNR surveille précisément sur ce site : voir nos outils dédiés en sidebar.

FAQ — Centrale du Tricastin

Quatre réacteurs à eau pressurisée de 915 MW nets (palier CP1), mis en service en 1980 et 1981, soit 3 660 MW, sur 55 hectares à Saint-Paul-Trois-Châteaux (Drôme).

Son réacteur 1 a été le premier réacteur français à passer sa quatrième visite décennale (achevée en décembre 2019), ouvrant la voie de l'exploitation au-delà de 40 ans pour tout le palier 900 MW.

Un vaste complexe à cheval sur la Drôme et le Vaucluse, longtemps la plus grande plateforme nucléaire d'Europe : centrale EDF + installations du cycle du combustible d'Orano (dont l'usine d'enrichissement Georges Besse II, qui a succédé à Eurodif, arrêtée en 2012).

En circuit ouvert par l'eau du canal de Donzère-Mondragon, un canal de dérivation du Rhône — sans tours aéroréfrigérantes.

Pour 2025 : sûreté satisfaisante et comparable au parc (vigilance sur la préparation des activités), radioprotection en nette amélioration après 2024 mais encore fragile, performances environnementales qui se distinguent favorablement.

De l'ordre de 25 TWh par an (23,79 TWh en 2021). Historiquement, une grande partie alimentait l'usine d'enrichissement voisine Eurodif.

Sources officielles

Dossier documentaire établi à partir de sources publiques officielles (ASNR, EDF, IAEA, débats publics CNDP). Les données d'exploitation évoluent : dernière vérification le 2026-07-25. Cette page ne constitue pas une communication d'EDF ni de l'ASNR.